V. Auriculaire
Pour cette figure (sauf en ce qui concerne les chiffres romains ajoutés pa nous), nous avons gardé la notation de Gegenbaur, mais nous avons été obligé de chauger le sens des lettres de l’avant-bras et du carpe, afin de les mettre en harmonie avec l'anatomie compärée et l’embryogénie. En effet, d'aprés cette figure, le radius, le radial (base du scaphoide) et le carpien 1 (trapèze) et 1: pouce, seraient tournés du côté caudal de l'animal ; le cukitus, le cubital (pyramidai), le carpien 5 et l’auriculaire seraient, au contraire, placés du côté céphalique.
Il faudrait donc retourner cette figure, de façon que son côté droit soit Dee à gauche et réciproquement. C'est ce que nous avons fait, en changeant a signifcation des lettres. :
En outre, nous avons désigné la valeur réelle des doigts en chiffres rcmains.
Enfin, par un pointillé particulier, nous avons indiqué le passage de l'axe primordial, c'est-à-dire de l’axe métaptérygial. On voit qu’il passe par l’humérus, le cubitus et l'intermédiaire, pour aboutir au premier central. À partir de ce point, il se divise en deux branches, dont l’une aboutit au premier carpien (5) et l’autre au deuxième. carpien ou trapézoide (4).
central (partie de la traînée comprise entre l'intermédiaire et le central proprement dit), le central proprement dit (tête du scaphoïde) et aboutit au carpien 1 (trapèze). Sur cette traînée se différencient donc le ménisque cubitoradial, l’intermédiaire (semi-lunaire) et le central (tête du scaphoïde). Mais il s’y différencie aussi, du moins durant la vie fœtale, le deuxième central. Cette pièce, qui généralement disparaît, sans même passer par l’état cartilagineux, peut parfois persister. GRuBER a décrit des cas
F1G. 8 (d'après LEBOUCQ).
Figure schématique de l'extrémité thoracique d'un fœtus humain,
Les parties axiales sont traversées par des lignes continues, les rayons secon-
daires par des lignes interrompues.
Les parties indiquées par des hachures ne se différencient pas comme carti=
lages.
IT. Humérus.
LR. Rndrus.
U, Cubitus (ulna).
r,1,u. O8 CARPIENS de la rangée PROXIMALE. Û
ce. Radial (base du scaphoïde).
i. Intermédiaire (semi-lunaire).
a, Cubiul ou lunaire (pyramidal).
e’. Crntral (tête du scaphoïde).
0’. Traïnée squelettogène relinät le central (tête du scaphoide) à l’intermédiaire (semi-lunaire) et formant le deuxième central.
p', p. Pièces PISIFORMIENNES au mi-
à. lieu de la traînée squelettogène qui relie l'apophyse styloïide du cubitus au radius et à l’intermédiaire.
p’. Noyau cartilagineux proæimal du pisiforme. Ce noyau, qui n'a qu'une existence transitoire, est représenté au pied par l'os trigone, os inconstant, qui se soude
à l’astragale (intermédiaire du pied). La traînée squelettogène deviendra le ménisqué cubito-radial.
p. Noyau cartilagineux dista? du pisiforme, qui deviendra le pisiforme proprement dit,
1, 2,3, 4 CARPIENS de la rangée DISTALE, se différenciänt comme épiphyses des métacarpiens.
1, carpien 1 (trapèze).
2, carpien 2? (trapézoide).
3, carpien 3 (grand os).
4, carpien 4 (os crochu).
1, IT, IT, IV,.V. ler, 2e, 3°, 4e, 5eme.
tacarpiens,
On voit que le carpien 4 (os crochu) ne se troive-en rapport qu'avec le métacarpien IV. Le métacarpien V apparaît hors rang, en dehors de l'os crochu. Son carpien, qui Serait le carpien s,ne se die, rencie point au niveau de son 6x trémité proximale,
durs DER
On voit comment l'axe primordial (métaptérygial) passant par le corps et l'apophyse styloide du cubitus, se continue à travers la traînée squelettogène allant de cette apophyse au radius, au pisiforme et à l'intermédiaire. Sur son trajet, il rencontre le noyau cartilagineux proximal du pisiforme, l'intermédiaire, le deuxième central et il aboutit au premier central où central proprement dit. Là, l’axe se divise en deux branches, dont l'une va au carpien 1, au métacarpien I et au doigt correspondant où pouce; l’autre se rend au carpien ?, au métacarpien II et au doigt correspondant ou index,
On voit aussi comment l'axe passant par le radius vient aboutir au même central, en passant par le radial. N'oublions pas que pour LEBOUCQ, le radius et le radial représentent un rayon surajouté et MT principal est celui que nous avons indiqué le premier.
de persistance du deuxième central. Azsrecnr en à même compté jusqu'à trois. Mais le plus important et le plus intéressant, pour la question qui nous occupe, est sans contredit le premier central, ou central proprement dit (tête du scaphoïde).
Sur le bord dorsal de cette traînée axiale se greffent les carpiens À (trapèze), 2 (trapézoïde, 3 (grand os) 4 (os crochu), ainsi que les doigts 1, 2, 8 et 4, appendices ayant une position proximo-distale, d’après laquelle le pouce est le plus distal. Les carpiens, les métacarpiens et les phalanges digitales se différencient sur les mêmes rayons secondaires. Les carpiens représentent les points d’ossification placés à l’extrémité proximale des métacarpiens, qui sont les premiers munis de cartilage au niveau de leur partie moyenne.
Le métacarpien I fait suite au carpien 1 (trapèze) et au central (tête du scaphoïde);
Le métacarpien Il au carpien 2 (trapézoïde) et aussi au central (tête du scaphoïde), qui est, en quelque sorte, placé à la bifurcation de l’axe au niveau de sa partie terminale.
Le métacarpien [IT au carpien 3 (grand os) et au deuxième central (traînée allant de l’intermédiaire ou semi-lunaire au central proprement dit ou tête du scaphoîïde.
Le métacarpien IV au carpien #(os crochu) et à l’intermédiaire (semi-lunaire).
Quant au métacarpien V, il est d’abord placé latéralement par rapport au carpien À (os crochu). Dans la classe des Mammifères, son rapport avec le carpien est absolument secondaire. Si le carpien 5 correspondant au métacarpien V existait, il serait placé au niveau de l’espace qui sépare le métacarpien du cubital (pyramidal). Mais le carpien ne s’est point différencié de l’extrémité proximale du métacarpien V.
Quantau radius et au radial du carpe (base du seaphoïde), ils semblent être une acquisition nouvelle des Vertébrés supérieurs, peut-être une adaptation aux conditions d'existence nouvelles. Le radius se comporte comme un axe secondaire conjugué avec l’axe principal. Chez les Mammifères, le point d’intersection de cet axe primitif se trouve au niveau de l’os central (tête du scaphoïde). Dans les Batraciens urodèles, ce point est un peu plus distal.
Quoique venu le dernier, le radius tend à prendre le dessus au détriment de l’axe le plus ancien, c’est-à-dire au détriment de l’axe cubital. Tandis que les éléments squelettiques constituant l’axe cubital deviennent les plus instables chez les Vertébrés supérieurs, le radius et le radial (base du scaphoïde) se font, au contraire, remarquer par leur stabilité. En même temps que l’axe de l'organe, autrefois partie principale, semble avoir perdu de son importance dans l’évolution phylogénétique, le développement du rayon secondaire (rayon radial) est devenu prédominant.
Bien que situées sur le prolongement de l’axe radial, les parties constituantes du pouce sont néanmoins très instables. Les rayons du milieu étant, au contraire, les mieux placés pour être utilisés dans la marche, l’adaptation à cette fonction nouvelle les développe d’une manière prédominante. Voici l'ordre, en effet, dans lequel dispa-
em UT —
raissent les rayons digitaux dans la classe des Mammifères :
A Le premier (pouce); — Ex. : Porc.
2 Le cinquième (auriculaire); — Ex. : Rhinocéros. 3° Le deuxième (index); — Ex. : Bœuf.
4 Le quatrième (annulaire); — Ex. : Cheval.
(o FT t | | î , 3? ie 9 F1G. 9 (d'après HŒCKEL).
J MAIN droite des Mammifères.
1. Pouce. 9 C, Main du Rhinocéros, ayant trois 2. Index. doigts (le pouce et l’auriculaire 3. Médius. font défaut). 1 4, Annulaire. D. Main du Bœuf, ayant deux doigts 5. Auriculaire. (manquent le pouce, l’auriculaire : et l'index).
A. Main du Chién, ayant les cinq E. Main du Cheval, ayant un seul doigts. doigt (ont disparu le pouce, l’au- B. Main du Porc,ayant quatre doigts riculaire, l'index et l’annulaire).
(le pouce a disparu).
Cette figure nous montre l'ordre dans lequel disparaissent les rayons digitaux chez les Mammifères ; l'ordre de disparition est le suivant :
lo Le pouce. 30 L'index.
2° L’auriculaire. 4 L'annulaire.
Au pied l’ordre de disparition est le même qu'à la main.
Fos =
Quand il ne reste qu’un seul doigt, comme chezle Cheval, par exemple, le doigt unique persistant est celui du milieu.
Axe du membre abdominal.
Le tarse de l’homme se compose de sept pièces osseuses disposées en trois rangées : F3 La rangée proximale, ou jambière, comprend deux os :
1° L’astragale, du côté tibial;
20 Le calcanéum, du côté péronéal.
La rangée centrale est formée par une seule pièce :
Le scaphoïde.
Enfin, la rangée distale, ou métatarsienne, présente quatre pièces. Ce sont, en allant du bord tibial vers le bord péronéal :
40, 2, 80, les trois cunéiformes;
4° Le cuboïde.
Cette dernière rangée reproduit exactement la rangée distale du carpe. Les trois cunéiformes représentent les trois premiers carpiens (trapèze, trapézoïde, grand os), et le cuboïde le carpien 4, c’est-à-dire l'os crochu.
: Nous verrons plus loin que le scaphoïde du pied répond à celui de la main, l’astragale au semi-lunaire, et le calcanéum aux pyramidal et pisiforme réunis.
Sur un fœtus humain de 18 miliimètres de long, dit Lesouce, le tibia et le péroné sont en contact avec les condyles du fémur. Le péroné, qui n’a que la moitié de la longueur du tibia, est en rapport, par son extrémité distale, avec une zone assez large de tissu squelettogène non encore différencié, d’où les éléments du tarse se détachent en formant deux branches divergentes :
1° L’astragale, dont le dévelippement en étendue égale,
à peu de chose près, celui du péroné, se dirige vers le bord tibial du pied, où il rejoint le scaphoïde ;
2° Le calcanéum, dirigé vers le bord péronéal du pied, est divisé en deux moitiés, proximale et distale, par une traînée de tissu squelettogène.
De même qu’à la main nous avons trouvé un vaisseau, entre l'intermédiaire (semi-lumaire) et le cubital (pyramidal), de même ici nous voyons, entre l’astragale et le calcanéum, un espace beaucoup plus large, et contenant un gros vaisseau fourni par l'artère dorsale externe du tarse. Tandis que le vaisseau correspondant à celui-ci disparaît à la main, ici le vaisseau ne disparaît jamais; il peut même quelquefois, comme l’a prouvé Hyrrz, prendre un développement exagéré et former une large anastomose entre la pédieuse et la plantaire interne. Les considérations précédentes nous permettent certainement de comparer l’astragale à l’intermédiaire (semi-lunaire) ct le calcanéum au cubital (pyramidal).
Mais, nous venons de le voir, le calcanéum, à son origine, est divisé en deux moitiés, distale et proximale. Nous rapprocherons la moitié distale du eubital (pyramidal) et la moitié proximale du pisiforme. Le calcanéum représente done non seulement le eubital (pyramidal), mais aussi le pisiforme.
Au point où le ligament péronéo-astragalien postérieur se fixe sur l’astragale, BARDELEBEN à vu parfois se développer une pièce osseuse, qu’il a fait connaître sous le nom de Trigone. Cette pièce, qui se soude avec l’astragale, est-elle représentée à la main? Elle l'est certainement, mais par une pièce qui apparaît à l’état de nodule cartilagineux et n’a qu'une existence temporaire. Nous voulons parler du nodule qui se montre dans le ménisque eubitoradial, au niveau du point où ce ménisque adhère à l’in-
termédiaire (semi-lunaire). Ce ménisque, d’ailleurs, mérite à tous égards d’être rapproché du ligament péronéo-astragalien postérieur; car, de même que le premier va s’insérer sur le radius, de même l’autre va se terminer sur le tibia, au niveau du bord postérieur de la malléole de cet os.
Par sa position, le scaphoïde du pied rappelle l’os central du carpe (tête du scaphoïde carpien), et à ce titre il mérite d’être considéré comme représentant au pied, sinon la totalité, du moins une partie du scaphoïde de la main. Mais il arrive quelquefois que la tubérosité du scaphoïde tarsien est formée par une pièce distincte. Dans ce cas, que l’on a observé chez l’homme lui-même, cette pièce additionnelle peut être regardée comme correspondant à la pièce radiale (base du scaphoïde) du carpe. Le scaphoïde du pied est donc un tibio-central, comme celui de la main est un radio-central. Seulement, tandis qu’au carpe la pièce centrale est secondaire, au tarse elle constitue, au contraire, la pièce prédominante.
Cela étant donné, nous pouvons, avec Vice n’Azyr, LE- BOUCQ et BARDELEBEN, établir le parallélisme suivant entre les pièces du carpe et du tarse :