AVANT-PROPOS
Près de terminer les études médicales, dont le programme varié tour à tour passionna notre esprit curieux de toute science, nous avons hésité avant d’arrêter notre choix parmi tant d'éléments divers pour y puiser le sujet d’une thèse.
Et, reprenant un à un les thèmes susceptibies de nous intéresser davantage, nous répétions ces vers du poète
« Tout m'attire à la fois et d’un attrait pareil
« Le vrai par ses lueurs, l’inconnu par ses voiles. »
Pourtant, l’Inconnu particulièrement nous captivait. Les travaux de M. le Professeur Charles RICHET sur « La Métapsychique » et « Notre sixième sens », avaient encouragé l'attrait de notre esprit pour le mystère. Une étude sur ces questions transcendantes nous eût vivement intéressée. Mais de sages conseils nous orientèrent ailleurs, et nous crûmes bien faire en remettant à plus tard la publication de nos observations dans le domaine des possibilités conscientes et subconscientes de l’homme.
Ceci dit, faisons un bref retour sur notre passé d’étudiante pour adresser, aux Maîtres qui nous honorèrent de leur sympathie, l'expression de notre reconnaissance.
Que dire à M. le Professeur DESGREZ auquel nous
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devons tant! Il guida le début de nos études et, pour ses conseils combien précieux, à cause de sa science profonde et de sa grande autorité, pour sa paternelle bonté, qui n’a d’égale que cette science inépuisable, nous lui gardons une infinie et respectueuse gratitude.
Nous lui sommes redevables aussi d’avoir aiguillé notre activité vers le service de M. le Docteur LAUBRY, pour y perfectionner notre éducation médicale, et nous initier aux subtiles et délicates questions de la pathologie cardiaque, dont l'utilité nous semble essentielle pour le praticien.
Les heures passées auprès d’un tel Maître, aussi grand par les qualités de l’esprit que par celles du cœur, laissent un ineffaçable souvenir. Dans l’atmosphère attentive qui règne à ses jours de consultation, nous avons recueilli des enseignements qui n’ont pas de prix : clinique, thérapeutique, psychologie du malade, tout est matière à dissertations qui ouvrent des horizons immenses sur ce duel que le médecin doit soutenir contre les forces morbides qui tourmentent les pauvres humains.
À la veille d'entrer dans la lutte, nous saluons ce « Patron » qui réalise cette expression dans toute la beauté de son étymologie, car il est réellement le Pater de ses élèves et de ses malades, enseignant les uns avec une fougue inlassable et se penchant vers les autres avec une virile et tendre bonté.
A ses collaborateurs, à Monsieur WALSER tout particulièrement, à ses assistants, chefs de service, infirmières, nous disons aussi nos remerciements pour la
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bienveillance que nous avons rencontrée auprès de chacun d’eux.
Nous exprimons à M. le Professeur agrégé MOCQUOT, dont les enseignements nous furent si profitables, le souvenir respectueux que nous gardons de notre passage dans son service de gynécologie à l'hôpital Cochin.
M. le Docteur MILIAN a bien voulu s'intéresser à nos progrès dans le vaste domaine de la dermatologie. Nous gardons souvenance des leçons pleine d'humour reçues dans ce service captivant. Nous avons soigneusement noté les importantes notions concernant les méfaits avérés ou occultes du tréponème, et nous avons quelque espoir d’être utile un jour à ceux que le service d'Aphrodite a lésés.
M. le Docteur DEVRAIGNE nous a donné, en sa belle Maternité de l'Hôpital Lariboisière, une très large et très cordiale hospitalité. Nous l’en remercions vivement. Nous y avons travaillé avec ardeur, essayant de graver dans notre esprit les magistrales démonstrations auxquelles nous avons assistées.
À la consultation externe de chirurgie du même hôpital, nous avons beaucoup appris avec M. le Professeur agrégé P. MOULONGUET qui nous accueillit aimablement parmi ses élèves. La sûreté de son diagnostic, la précision de sa technique opératoire, ont contribué à notre perfectionnement en gynécologie et dans la pratique de la petite chirurgie.
Nous avons aussi fréquenté le service de M. le Professeur LEREBOULLET aux Enfants-Malades. La pathologie du nourrisson, celle de l’enfant demande un doigté spécial et nous avons été heureuse de compléter, près
du Maître qui devait être son successeur, les notions lumineuses infusées dans notre esprit par M. le Professeur MARFAN au temps de notre scolarité.
A l'hôpital Cochin, nous avons suivi les cliniques de M. le Professeur-agrégé BRULÉ avec un inlassable intérêt, lorsqu’après la mort du regretté professeur WIDAL il en dirigea le service. Et ce fut une consolation à la brusque disparition d’un tel Maître de voir lui succéder, pour quelques mois encore, l’un de ses élèves préférés, et de retrouver en lui, jointes à son beau talent de clinicien, les traditions de l’éminent disparu.
Aux Maîtres de l’Institut de Médecine Coloniale, à MM. les Professeurs TANON et BRUMPT notamment, nous disons le bon et respectueux souvenir que nous gardons des mois d’études passés sous leur direction. L'amabilité que nous avons rencontrée au laboratoire de parasitologie, la vie familiale vécue au labo de l’Institut Colonial, les enseignements pleins d'originalité et de cordialité que nous y avons reçus comptent parmi les heures les plus intéressantes de ces dix années de préparation.
Enfin, à tous les Maîtres qui nous ont dispensé, soit à l'hôpital, soit à la Faculté, — aux cours de thérapeutique principalement, — les trésors de leur science, nous disons notre admiration pour leurs travaux remarquables. et nous les prions d’agréer nos respectueux senñtiments.
Isabelle d'ORNANO.
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