INTRODUCTION
Ce travail n’a aucune prétention, il ne saurait être considéré comme une œuvre importante et surtout pleine de données nouveiles sur une des arythmies qui a été la plus étudiée : l’ARYTHMIE COMPLÈTE.
Notre but a été tout autre. Nous avons voulu montrer comment un modeste praticien ne devait pas s’effrayer de la complexité apparente des arythmies, devant lesquelles surgit toujours — pour lui — le barrage important des tracés mécaniques et surtout électrocardiographiques. Certes, un peu d’attention et de travail lui permettraient de savoir que ces techniques ne sont pas inaccessibles, qu’elles sont à sa portée ou du moins qu’il est facile de les comprendre et de saisir les avantages immenses qu’elles procurent à la science cardiologique. Mais, à supposer qu’il n’ait pas le courage de les aborder, il doit savoir qu'avec les ressources seules de la clinique il peut, sur les arythmies, avoir des données suffisantes, voire même importantes, qui lui permettent de faire œuvre de véritable médecin.
C’est ce dont nous nous sommes convaincue en suivant, depuis deux ans, le service de M. LAUBRY. Un peu déconcertée, au premier abord, par les diagnostics inusités et délicats de la cardiologie, nous nous sommes peu à peu familiarisée en voyant notre Maître, à sa
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consultation du jeudi, faire avec les seuls examens cliniques, des diagnostics bien souvent vérifiés par les méthodes moins courantes. Aussi, quand nous lui demandâmes un sujet de thèse et qu’il nous parla du diagnostic clinique de l’arythmie complète, nous nous mîmes à l’œuvre, non pas encore une fois pour apporter des idées neuves, mais pour faire le point sur celles qui nous ont paru le plus facilement abordables.
Comme le disait familièrement M. LAUBRY, nous nous mîmes dans l’état d'esprit du jeune médecin qui pourrait aller exercer dans un village de province ou de notre chère Corse et même plus loin, dans le bled colonial, à distance de tout centre d’exploration techniqu2 moderne, et qui n’hésiterait pas, avec son seul stéthoscope, à pousser un diagnostic cardiologique au delà de ce qui, malheureusement, est trop communément fait.
Et si, par ce modeste travail, nous pouvions engager nos jeunes confrères à imiter notre exemple, nous en retirerions grande satisfaction, en leur souhaitant, bien entendu, la chance de rencontrer un Maître tel que celui qui voulut bien nous accueillir.