‹ Du diagnostic clinique de l'Arythmie complèteChapitre 35 sur 63 · IV. — L’ATTEINTE FONCTIONNELLE DU MUSCLE · texte numérisé non relu

IV. — L’ATTEINTE FONCTIONNELLE DU MUSCLE

D'une manière générale, M. LAUBRY l’a désignée sous le nom de myocardie et, dans sa pensée, elle était appitquée surtout aux insuffisances ventriculaires. Néan-

moins, avec M. WALSER, il a bien indiqué que l'atteinte fonctionnelle du cœur pouvait être totale, que l'oreillette pouvait ne pas être épargnée et qu’'ainsi, certaines arythmies complètes pouvaient relever de la myocardie. L'un de ses malades donné en exemple, est typique. Il s'agissait d’un homme de 52 ans, soumis à des chocs émotifs considérables et qui, à la faveur d’un de ceux-ci plus violent que les autres, fit brusquement une crise de tachyarythmie qui marqua son entrée dans l’arythmie complète. Tel n’est pas d’ailleurs toujours l’aspect sous lequel se présente la myocardie auriculaire. La plupart du temps elle complique une insuffisance cardiaque insuffisance ventriculaire gauche, la myocardie devient totale. On assiste à la disparition du galop et à l’instauration de l’arythmie complète. Quelquefois, les ‘signes d'insuffisance ventriculaire — spéciaux aux insuffisances totales et que nous retrouverons au chapitre du pronostic — soulignent, en dehors des troubles périphériques, la gravité de l’affection.

Quand l'insuffisance auriculaire est primitive, elle peut être longtemps tolérée, n'être qu’un syndrome parcellaire qui reste tel longtemps, ou bien au contraire elle se compliquera à brève échéance d'insuffisance ventriculaire.

Quelles que soient les éventualités, il faut se montrer d’une prudence extrême dans le diagnostic de myocardie, en présence d’une arythmie complète. M. LAUBRY insiste déjà sur la nécessité de ne porter un diagnostic de myocardie ventriculaire qu'après une judicieuse élimination de toutes causes capables d’entraîner l'insuf-

son.

fisance du ventrieule; à plus forte raison faut-il apporter cette circonspection et cette réserve au cours de l’insuffisance auriculaire, c’est-à-dire d’une arythmie complète,

Toutefois, il est une exception à cette règle, c’est lorsaw’on est en présence d’une arythmie d’origine thyroïdienne, il ne s’agit pas à proprement parler de myocardie, mais d’une intervention endocrino-sympathique, capable à un moment donné d’en entraîner la réalisation, Nous reviendrons là-dessus dans quelques instants.

, — L’'HYPERTENSION,

On a prétendu que l’hypertension était une des causes possibles d’arythmie complète, Tout d’abord, il faut remarquer que celle-ci est rare au cours du syndrome hypertensif, DONZELOT a cependant signalé des cas où l’arythmie complète survenait d'emblée, précédant l’insuffisance ventriculaire gauche qui se fait sous son masque, insuffisance camouflée, Mais, dans ce cas, on ne saurait rendre à proprement parler, tout au moins pour M. LAUBRY, l'hypertension responsable de la fibrillation auriculaire, Très probablement il y a, d’une part, intervention du trouble circulatoire local avec dénutrition myocardique, d'autre part, intervention de lésions myocardiques concomitantes, Dans tous ces cas, ce diagnostie se confond avec celui d’une affection du myocarde, On s’en souviendra, car en présence d’une hypertension et d’une arythmie complète on saura que, directement ou indirectement, c’est le muscle cardiaque qui est responsable,

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VI, — LES AORTITES,

Ce que nous disons de l'hypertension artérielle est également vrai pour toutes les aortites, qu’elles s’accompagnent ou non d'insuffisance aortique, Ce n’est pas par la lésion valvulaire qu'elles entraînent la fibrillation auriculaire, mais, soit par l'intermédiaire de lésions coronariennes, soit par celui de la myocardite qui leur est associée, Et iei encore, lorsque l'aorte est élargie, quand les artères sont dures, quand il existe un souffle diastolique, c'est au myocarde auriculaire, mal irrigué, qu’en cas d’arythmie complète il faut avant tout songer.

€. — AFFECTIONS DU PERICARDE

L'oreillette peut être sensible aux lésions du péricarde et réagir soit par des crises de trachyarythmie, soit par une arythmie complète continue. Mais, beaucoup plus que pour l’endocarde, la discrimination, entre ce qui revient aux altérations fonctionnelles ou organiques associées du myocarde et à la lésion de la séreuse, est des plus diffeiles.

I, — DANS CERTAINS TRAUMATISMES, avec présence d'un projectile au voisinage de l’oreillette, on a vu se produire des crises d’arythmie complète (LAUBRY). La bénignité des accidents, leur guérison définitive après enkystement probable du corps étranger font penser à l’irritation seule du péricarde auriculaire,

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II. — AU COURS DES PÉRICARDITES AIGUES, l’arythmie complète est rarement notée. Il est très probable qu’elle est la compagne de l'insuffisance ventriculaire gauche, au cas d’altération du myocarde.

III. —— ENFIN DANS LA PÉRICARDITE CHRONIQUE, elle fait partie quelquefois du syndrome d'insuffisance totale des symphyses cardiaques (obs. N° 51) ou de la péricardite tuberculeuse.

Ainsi, nous voyons que la part de ce qui revient au péricarde est des plus discutables dans l’étiologie de l’arythmie complète, en sorte que l’attention du médecin, pour établir le diagnostic, devra se concentrer presque exclusivement sur les affections de l’endocarde et du myocarde.

D. — AFFECTIONS ENDOCRINIENNES

Ce n’est qu'après avoir éliminé les affections précédentes, et en y songeant malgré tout, qu’il faut penser que l’arythmie complète peut être le résultat d’une excitation du système neuro-végétatif. Elle est, comme l'ont si bien dit LAUBRY et ROUTIER, l’arythmie suprême, qui couronne une série du même genre et de même nature qui l’ont précédée (extrasystoles, tachycardie paroxystique). Mais quand elle éclate, que ce soit d’une façon primitive ou secondaire, il faut toujours soupçonner une atteinte du myocarde et £’est là que le mot de myocardie, avec ce sens fort compréhensif, vient à l'esprit

Cette éventualité a une prédilection pour la maladie de Basedow, laquelle fait actuellement l’objet de recherches cliniques et expérimentales, fort intéressantes, de la part d’un interne du Professeur LOEPER et de M. LAU- BRY : M. SOULIÉ. L’arythmie complète serait, d’après lui, selon la communication qu’il a bien voulu faire à notre Maître, le résultat aussi bien de l’hyperthyroïdie que de l’action neuro-végétative. Tantôt, elle s’installe d'emblée, précédée ou non de troubles d’excitabilité et surtout d’extrasystoles, tantôt elle survient par crises, devenant secondairement permanente. Elle se maintient longtemps à l’état de tachyarythmie isolée, sans insuffisance ventriculaire, et ce n’est que plusieurs années après que celle-ci apparaît. II semble, à cet égard, qu’il faille distinguer deux formes d’arythmie complète l’une d'évolution rapide qui témoignerait d’une influence toxique prédominante, l’autre plus longue, mieux tolérée, où l’action du tonus végétatif serait en cause. Enfin, il est une dernière variété que SOULIÉ a bien mise en lumière : c’est celle où l'insuffisance ventriculaire précède l’arythmie complète. La myocardie, avant d’être totale, a ses caractères typiques de myocardie ventriculaire. :

Dans tous ces cas, en dehors de l’allure ou transitoire ou permanente, ou bénigne ou grave de l’arythmie complète, la présence de la tumeur thyroïdienne et les signes classiques du Basedow, orientent le diagnostic. Un métabolisme basal élevé, témoignant de l’hyperthyroïdisme et de la nature toxique de l’arythmie complète, serait un facteur de pronostic sévère que nous retrouverons ultérieurement.

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