Pierre dans le scrotum prise pour un sarco
i46 DES ERREURS
cèle. — Pierceau, chirurgien de marine, extirpa une tumeur du scrotum, qui d’abord prise pour un troisième testicule, fut regardée par lui comme squirrheuse. Pendant l’opération, il aperçut uu canal de communication de la tumeur à l’urètre. Dans la masse extirpée était une pierre du poids de deux onces, un gros. Le malade avait reçu, six ans auparavant, un coup de pied qui probablement avait déchiré l’urètre et permis l’infiltration de l’urine et les dépôts de couches calcaires dans le scrotum. (Acad, chir., t. III. p. 546.)
Obs. 76. — Calcul urétral très-volumineux pris pour un sarcocèle. — Valade, âgé de 68 ans, entra à l’Hôtel-Dieu le 14 décembre i83o, pour une tumeur située dans la partie gauche du scrotum. Cette tumeur fut considérée comme un carcimone du testicule. A l’autopsie, on trouva une tumeur dure, du volume du poing, développée aux dépens de la peau du pénis, offrant en arrière une ouverture fistuleuse, et en avant deux petits corps qui sont les testicules atrophiés ( l’un d’eux aura été pris pendant la vie pour l’épididyme ); les portions prostatique, membraneuse et bulbeuse sont saines, libres, sans rétrécissement, dans l’état normal; la portion spongieuse l’est aussi dans l’étendue de quatre pouces en arrière du gland : mais dans ce point, qui correspond à la cloison des dartos, est une ouverture de huit à dix lignes de diamètre, à circonférence lisse et polie, établissant la communication entre l’urètre et un vaste kyste, formé par du tissu cellulaire induré et épaissi,
DU DIAGNOSTIC. i4 7
doublé d’une membrane lisse, qui se continue sans ligne de démarcation avec la membrane muqueuse de l’urètre; dans ce kyste se trouve un calcul plus gros qu'un oeuf de poule, jaunâtre et dense. Lp point du calcul, qui correspond à l’ouverture, n’est pas lisse ou creusé en gouttière, comme cela a été observé.
Obs. rjrj, —■ Poche résultant de la cicatrice d'une rupture de l’urètre, simulant une hernie périnéale. — On a vu l’urètre se rompre dans la partie membraneuse, se réunir par une espèce de poche formée de fausses membranes, et l’individu guérir en présentant des symptômes d’une hernie périnéale. (Jobert. Thèse
Obs. 78» — Luxation spontanée, prise pour une luxation ordinaire. — Un enfant eut, à la suite d’une chute, les symptômes d’une affection de la hanche du côté droit. Le membre de ce côté se raccourcit ; la pointe du pied se dévia en dedans. Un empirique regarda la maladie comme une luxation, tenta la réduction et appliqua un appareil. Quelque temps après, le malade ayant essayé de marcher par son conseil, éprouva autant de difficultés et des douleurs aussi vives que jamais. Il succomba aux progrès de Taffection : les os étaient cariés. ( Sabatier, Méw» acad. chir. t. y, p. 793 . )
Obs. 79. — Fracture du bassin , prise pour une fracture du fémur. — Un homme de 43 ans se jette de son grenier dans la rue. La cuisse est déviée et raccourcie, on diagnostique une fracture du col du f^mur. A l’autopsie on, reconnaît une fracture du bassin,
enfoncement de la cavité cotyloïde avec passage de la tête du fémur à travers. ( Journal de Leroux , v. 17, p. 2 7 3 . )
Obs. 80. — Fracture de Vos iliaque, simulant une luxation du fémur en bas et en avant. — M. Larrey présente à l’Académie de médecine un militaire guéri d’une fracture de la branche horizontale du pubis et probablement dè la branche ascendante de l’ischion du même côté. Le renversement de l’os coxal en dehors, l’élongation du membre simulaient, ditM Larrey, une luxation du fémur en bas et en dedans. ( Archives , t. xn, p. i 38 . )
Obs . 81. — Cancer encéphaloïde pris pour un engorgement glanduleux. — Une tumeur de l’aisselle, fluctuante, n’offrant pas le moindre battement, mais s’accompagnant de douleurs intolérables, avait acquis en cinq mois le volume d’une tête de veau et était entourée de veines variqueuses. Considérée comme un engorgement glanduleux, elle fut traitée d’abord par les résolutifs, puis par les émolliens 5 ce qui ne l’arrêta pas dans sa marché. Une ponction exploratrice, faite dans le but dé savoir la nature de la tumeur, donna issue à du sang noirâtre. Quelques jours après, une partiede la peau se mortifia, et le malade succomba peu après à l’affaiblissement produit par un écoulement continuel de sang et de sérosité noirâtres. La tumeur était formée par Un tissu spongieux analogue au placenta humain. Mille vaisseaux dilatés lui fournissaient du sang. Il n’y avait pas de glandes malades. ( Scarpa , de Vanévrisme, p. 1 35 . )
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Obs. 82 . — Une femme, de 46 ans, portait depuis plusieurs mois, à la partie externe de la jambe, une tumeur acuminée, molle et fluctuante dans son étendue. La malade souffrait beaucoup, et avait des sueurs et de la diarrhée. A l’ouverture de Ja tumeur, au lieu de pus, il sort un peu de mucosité; et des fongosités viennent chaque jour à l’orifice de la plaie remplacer celles qu’on détruit par les caustiques jusqu’à la mort de la malade. On trouva une tumeur mollasse, comme graisseuse; les os étaient dénudés, les muscles dégénérés. ( Essais d’Edimbourg , t. 1 , p. 279 . )
Obs. 83. — Ostéo-sarcome pris pour un abcès.— Un canonnier, déjà âgé, était entré à l’hôpital pour une petite tumeur qui était survenue depuis une quinzaine de jours à la plante du pied, et qu’il attribuait à un petit gravier qui se trouvait dans son soulier et qui l’avait blessé. Le chirurgien-major, croyant qu’elle contenait du pus, y plongea un bistouri, qui donna seulement issue à un peu de sang noir. Les progrès de la maladie montrèrent un ostéo-sarcome des os du pied. ( Briot, Histoire des progrès de la chirurg. militaire, p. 299 . )
Obs. 8/4. —Pustule maligne prise pour une érysipèle. En 1791 * quatre bouchers et la femme de l’un d’eux achetèrent à Mont-Rouge,‘près Paris, un bœuf mort du charbon, l’habillèrent et le divisèrent par morceaux, qu’ils introduisirent furtivement dans la capitale. Cette viande fut vendue àl’Apport-Paris, et les personnes qui en mangèrent ne furent point incommodées; mais au bout de deux ou trois jours,
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deux des trois bouchers furent attaqués de la pustule maligne; Cette maladie se manifesta entre le menton et l’angle de la mâchoire par un petit bouton surmonté d’une phlyctène. Un médecin et un chirurgien furent appelés, prirent la maladie pour une érysipèle et saignèrent du bras et du pied les deux malades, qui périrent en trois jours. Boyer, t. if, p. 82 .
Obs. 85.— Kyste de l’orbite pris pour une tumeur cancéreuse .—- M. Rieherand raconte qu’un cordonhier 1 ;, âgé Üé ans, avait l’œil gauche saillant et presque chassé de l’orbite; L’ejcôphthâlmie était survenue lentement ét avec doüleut*, mais sans inflammation. L’cëil était chassé de l’orbite par une tumeur dure, siégeant entre le globe de l’œil et la paroi interné de l’orbite. Plusieurs praticiens distingués de la capitale l’avaient considérée comme Carcinomateuse* La vision était abolie. M. Richerând, fort de l’opinion de ces hommes habiléfc, quoique doutant lui-même, proposa l’extirpation de cë prétendu carcinome. La commissure externe dés paupières ayant été agrandie, et la conjonctive palpébrale séparée de la conjonctive oculaire par une incision , il plongea le bistouri dans la tumeur avant dë Continuer l’opération. L’écoulement d’une humeur albumineuse fît reconnaître un kyste qui fut vidé. Ses parois s’agglutinèrent, et la guérison fut complète. Rieherand, 5 e édit., t. III, p. 199 .
Obs. 86 .— Kyste de la mamelle pris pour un cancer .— M. Cruveilhier rapporte l’histoire d’une tumeur enkystée séreuse, développée dans l’épaisseur de la glande mammaire, qui fut prise par un praticien dis-
DXJ DIAGNOSTIC. ,5t
tingué pour une tumeur squirrheuse. «Pendant qu’on » cherchait, dit-il, à isoler de tout côté celte préten- » due glande, le kyste est ouvert; la sérosité s’écoule ;
» un peu de charpie introduite dans le kyste en amène » l’inflammation et l’adhérence. « Sabatier. Édit. Sanson et Bégin , t. III, p. 90.
Obi. 87,-— Lipome situé entre le 'vagin et le rectum pris pour un cancer. — Une femme d’environ 4o ans avait une tumeur qui, sortant de la vulve’ remplissait l’intervalle des grandes lèvres, était alongée et cylindrique. Quelques ulcérations de sa partie inférieure l’avaient fait prendre pour un cancer par des chirurgiens habiles, qui furent trompés en outre par des pertes en blanc continuelles et très-abondantes, et par un écoulement de sang si considérable qu’il n’y avait que peu d’intervalle entre les époques des règles. Pelletan reconnut une tumeur graisseuse enkystée mobile , située entre le rectum et le vagin qui étaient sains; il l’extirpa, et guérit la malade. Pelletan. Clinique c'kirur. I , 2o3;
Obs. 88. — Tumeur formée par la dilatation de l’uretère prise pour une hijdropisie enkystée de l’ovaire. — Desgranges rapporte, dans le t. XCII du Journal de Médecine , l’observation d’une dame qui portait dans la région iliaque gauche une tumeur qui d’abord peu élevée et peu évasée, sans fluctuation, offrit au bout de quelque temps ce phénomène et prit de l’étendue. On la prit pour un kyste de l’ovaire. Le traitement ne calma point les souffrances auxquelles la malade était en proie. La tumeur offrit quelques
alternatives d’augmentation et de diminution. Parfois aussi il y eut un peu de gène dans l’excrétion des urines. À la mort qui survint 5 ans après l’apparition de la tumeur, on trouva qu’elle était formée par l’uretère dilaté dans ses deux tiers supérieurs en forme de poche et du volume d’une boule à jouer, épaissie et contenant du pus, du mucus et de l’urine que l’on faisait couler dans la vessie par la pression, malgré la présence d’un repli valvulaire à l’intérieur du conduit au niveau de la symphyse sacro-iliaque. Boyer , t. VIII, p. 554.
Obs. 89.— Poche résultant de la dilatation de l uretère , •prise pour un abcès froid* Ouverture. Mort. —Un homme de 45 ans qui ne s’était jamais plaint de difficulté d’uriner ni de douleurs de reins,entra à la Charitépour une contusion. Cet homme, qui portait un squirrhe du testicule gauche, éprouvait dans la région iliaque du même côté une douleur sourde. On y sentait une tumeur que Boyer attribua d’abord à l’engorgement du tissu cellulaire qui entoure les vaisseaux spermatiques; mais, qui ayant ensuite, malgré les cataplasmes, augmenté dans l’espace de trois mois, au point d’offrir de la fluctuation, de remplir la fosse illiaque et de s’étendre jusqu’auprès des dernières fausses côtes; qui, ne diminuant pas de volume par la pression et ne s’accompagnant d’aucun symptôme du côté des voies urinaires, fut regardé comme un abcès froid. La ponction en fit sortir, au lieu de pus, trois livres d’urine. La plaie se referma, mais J ouverture d’une nouvelle ponction! resta fis-
DU DIAGNOSTIC. v 55
tuleuse et le malade ne tarda pas à succomber. La fistule communiquait avec l’uretère énormément dilaté, sa partie moyenne très-rétrécie, au contraire, à la partie inférieure. Boyer, t. VIII, p. 559.
Obs. go. — Cancer du sein pris pour une hydatide .—Une femme était affectée d’une tumeur assez volumineuse du.sein. Dupuytren pensant que c’était un squirrhe voulut en faire l’extirpation. Au premier coup de bistouri il s’écoula une grande quantité de sérosité transparente. L’opérateur reconnut alors l’erreur du diagnostic et crut avoir affaire à une hydatide. Il fit donc un pansement simple après l’écoulement de la sérosité, mais bientôt après une hémqrrhagie abondante se manifesta. Dupuytren agrandit l’ouverture, reconnut une tumeur du genre de celle qu’il appelait fongus hématode, en fit l’extirpation à deux reprises différentes, et la malade guérit. (Leçons orales, t. IV , p. 56.)
Obs. 91 .— Rétraction de l'aponévrose palmaire prise pour une rétraction des fléchisseurs. — M. L. voulant soulever une pièce de vin sentit un craquement et une douleur légère à la partie interne de la paume de la main. Quelque temps après il s’aperçut que le doigt annulaire se rétractait. — La rétraction alla toujours croissant de telle sorte que le petit doigt et l’annulaire étaient fortement fléchis sur la paume de la main dont la peau était rétractée. Ayant alors consulté plusieurs médecins, tous furent d’avis que la maladie siégeait dans les fléchisseurs des doigts rétractés et qu’il n’y avait d’autre moyen que
de couper les tendons. M. Maillÿ consulté l’envoya à Dupuytren qui reconnaissant une rétraction de l’aponévrose palmaire y remédia facilement par des incisions habilement ménagées. Dupuytrén, ; clinique chir. t. I, p. i3.
Obs. 92. — Engorgement simple dû testicule pris poùt des cancers. —M. F... âgé de 40 ans, vit /trois mois après son mariage , ses deux testicules se gonfler par degrés, sans douleur et sans inflammation. M. Richerand conseilla le repos et les émolliens ; les testicules revinrent à leur premier état. Mais au bout d’un mois ils sé tuméfièrent de nouveau, et devinrent plus durs, sans causer de douleur cependant. M. Dubois, consulté, ne dissimula point que l’arnpUtation était le seul remède efficace; c’était aussi l’opinion de M. Richerând. Cependant, conservant quelque espoir de résoudre cet engorgement , on soumit le malade aux frictions mercurielles jusqu’à la salivation. On fit en même temps des applications locales ; la salivation dura tin mois entier, et deux mois de traitement amenèrent une guérison radicale. Richerand, nosogr. cliir. , t. IV, p. 419, cinquième édition.
Obs. 93. Cancer dû cordon spermatique , pris pour une hernie. Ouverture. — Pott fut consulté par un homme de 3o ans, pour une tumeur du cordon spermatique, tumeur circonscrite dure, douloureuse pendant long-temps après avoir été maniée. Le testicule était loin. Il conseilla un suspensoir et quelques révuHfs. Un mois après, il lui raconta qu’ayant con-
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suite un docteur herniaire, celui-ci lui avait appliqué un bandage avec un remède extérieur; que la douleur et l’enflure ayant beaucoup augmenté, son docteur lui avait appliqué un emplâtre, et quelques jours après, avait fait une ouverture à la tumeur, ouverture qu 1 n'avait donné issue qü’à du sang y et qu’enfin pendan* plusieurs jourâ, il avait pansé l’ulcère avec le précipité rouge.
Cet ulcère était véritablemén t cancéreux ; l’altération du cordon ne permettait pas de songer it l’opération.
La maladie fit des progrès effrayans, qui enlevèrent bientôt lé malade. (Pott. QEitv. chir. , t. n , p. 241 .)
Obs. 94. -t- Fracture de l’huràêrusprès deè condyies, pr'ûè pour une luædtion. — Une jeune tille de 15 ans se fit en tombant sur le coude Une fracture de l’est— trémité inférieure de VhumérUs près des eondyles. DUpuytren appelé fit la réduction; mais les'os se déplacèrent de nouveau. Un autre chirurgien alors consulté, prononça qu’il y avait une luxation qui s’était reproduite malgré la réduction. Il refit cette réduction et appliqua en conséquence le traitement des luxations. Dupuytreh, ayant examiné trois mois après le coude de la jeune fille qui était morte d’une maladie aiguë, reconnut la fracture que nous avons mentionnée ; il y avait un cal très difforme dû à la reproduction du déplacement. ( Gaz. méd.
Obs. 95. — Fracture de l'extrémité inférieure de ïhumérus prise pour une luxation de l’avant bras en arrière. — On amena à Dupuytren un enfant qui avait fait
une chute un mois auparavant. Un médecin appelé h cette époque avait cru reconnaître tous les symptômes d’uue luxation de l’avant bras en arrière. La réduction avait été faite et suivie de beaucoup de soulagement; puis, le déplacement s’étant reproduit, un gonflement énorme s’était opposé à ce que la seconde réduction fut parfaite. Plus tard le gonflement avait disparu ; mais il restait une difformité qui accusait une fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus vicieusement consolidée. (Gaz. méd., 1833,
Obs. 96. — Tumeur sanguine de la paume de la main prise pour un lipôme. — Un serrurier , âgé de 18 ans, portait dans la paume de la ipain droite, à la base du pouce , une tumeur du volume d’un œuf de poule, aplatie, mollasse au toucher, sans pulsations apparentes et sans changement de couleur à la peau. Dupuytren crut avoir affaire à un lipôme, bien que le malade assurât qu’il portait cette tumeur dès son enfance et qu’elle disparaissait dans certaines circonstances. L’incision faite sur la tumeur laissa aussitôt jaillir le sang avec force. On arrêta l’écoulement par la compression des artères de l’avant-bras, et la poche de la tumeur, qui était une espèce d'éponge constituée par du tissu cellulaire, des artères et des veines dilatées, fut enlevée. Le malade guérit de cette tumeur sanguine , après avoir été en butte d’abord à des hémorrhagies répétées, et plus tard à des fusées de pus dans les
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gaines des tendons. (Rognetta, Gaz. méd. } 1834,
Obs. 97. — Hernie prise pour une hijdrocèle. — Un homme avait une hernie ancienne et réductible. S’étant un jour heurté contre le pommeau de sa selle dans une secousse que lui fit éprouver un cheval fougueux,la tumeur devint gonflée et douloureuse. Un chirurgien la prit pour une hydrocèle et l’ouvrit. Il en sortit un liquide brun, sanieux et fétide. Cinq jours après Pott fut consulté. Le scrotum était enflammé ; il y avait de la fièvre. Ces complications combattues, il ouvrit le scrotum, reconnut L’épi— ploonen partie putréfié. Le malade guérit, après avoir eu beaucoup d’abcès dus à sa résistance à ce que le sac fût ouvert dans toute sa longueur. (Pott, t. i, p. 329.)
Obs. 98. — Tumeur sanguine prise pour une hernie. Opération. — Un journalier s’aperçut, après avoir fait une chute, d’une tumeur dans l’aine. La tumeur paraissait occuper tout le cordon spermatique tellement enflé qu’on ne pouvait sentir son passage à travers l’anneau inguinal. Le testicule était sain et placé au-dessous. Ces circonstances et la suppression des selles, pendant deux jours , firent croire à Freke qu’il avait affaire à une hernie. Après quelques tentatives de réduction, l’opération fut commencée. Arrivé sur une poche qu’il prit pour le sac herniaire, il voulut faire rentrer l’intestin sans ouvrir le sac. Les premières tentatives étant inutiles , il ne se découragea pas ; il incisa l’anneau in-
guinal, et fit en vain tous ses efforts pour réduire l’intestin. Il fut donc forcé d’ouvrir la membranq contenante; il en sortit une grande quantité de sang. La tumeur s’affaissa, laissant le cordon libre, et ne renfermant ni intestin, ni épiploon. La guérison eut lieu en peu de jours. (Pott, QEuv, c!i\r, x t, u,
Obs, 9 g. — Amaurose prise pour une cataracte noire. •—r- Dupuytren racontait souvent que Pelletan et Giraud, croyant trouver une cataracte noire, le prié-» rent de l’examiner. Celui-ci ne reconnut autre chose qu’une amaurose; cependant Pelletan et Giraud, persistant dans leur opinion, songèrent à pratiquer l’opération. L’extraction fut faite, le cristallin était parfais tement sain. Il ne survint aucun accident, mais le malade ne recouvra pas la vue, la rétine étant paralysée. Clinique de Dupuytren, 1 . 1 , p. 38.
§ III. Erreurs de diagnostic,provenant de ce qu'une maladie manque de ses symptômes propres et présente ceux d'une autre.
Les causes d’erreur de ce genre ne sont pas très rares; c’est surtout à l’occasion des tumeurs anévrismales que la méprise a été faite, et souvent les malades ont payé de leur vie la faute du chirurgien. On ne saurait donc apporter trop de soin à l’examen d’une tu* meur placée au voisinage d’une artère ; le commémoratif est d’ailleurs ici la condition essentielle du diagnostic.
m DIAGNOSTIC. i5g
Obi. ioo. Cataracte noire prise pour une amaurose. M. Tonnelier avait perdu la vue, il avait été traité par plusieurs oculistes de la capitale qui avaient regardé sa maladie comme une paralysie du nerf optique. Après avoir épuisé tous les remèdes possibles pendant un espace de temps assez considérable , le malade eut recours a Wenzel père, qui reconnut deux cataractes noires, et pratiqua l’opération , par le fait de laquelle la vue.se rétablit parfaitement. Wenzel, p.
4 1 » 5 e observât.
Obs. ioi .Anévrisme pris pour un abcès. Une fille de dix ans et demi eut une fièvre ataxo adynamique , à la suite de laquelle parurent successivement trois dépôts, l’un à la nuque, l’autre au milieu du dos, le troisième sur le sacrum. Alors seulement les parens s’aperçurent d’une tumeur qui existait à la partie antérieure et supérieure du thorax, s’étendant jusque sur le côté gauche du cou. Un étudiant en médecine qui pansait la malade, apprit que deux jours auparavant, elle avait porté souvent la main dans ce lieu^en se plaignant. U reconnut alors un léger gonflement; la tumeur parut s’étendre de bas en haut, de la deuxième côte gauche à l’apophyse mastoïde; elle’était conoïde, fluctuante, sans changemensde couleur à la peau, ni augmentation de chaleur, ne diminuant pas par la pression, ne causant pas beaucoup de douleur et n’offrant aucun battement. Le jeune homme ne doutant pas que ce ne fût un quatrième abcès, crut qu’il était urgent de l’ouvrir. L’incision donna issue à un jet de sang noir qui ne s’arrêta qu’à l’entière évacuation du foyer. Croyant
alors avoir affaire à un kyste, l’opérateur poussa une liqueur légèrement excitante clans la poche, puis exécuta une compression , qui devait selon lui déterminer l’adhérence des parois du kyste. D’abord aucun accident: pendant lu uit, ma Igré le tamponnement, du sang imbiba les pièces de l’appareil et on trouva le foyer distendu comme la veille. Dupuytren appelé, reconnut alors la maladie et se prononça contre toute opération. M. Breschet qui vit aussi la malade reconnut, d’après quelques légères pulsations, quel? tumeur était formée par du sang artériel. La malade mourut quelques jours après, la tumeur n’ayant fait qu’augmeater. On trouva que la tumeur formée de deux portions, l’une extérieure, l’autre contenue dans la poitrine, communiquant ensemble par le moyen d’une perforation du sternum, était due à l’issue du sang à travers une perforation d’une ligne environ de la face antérieure de l’aorte. Breschet, trad. d’Hogdson, t. 1 p. i3i.
Obs. 10 2 . Anévrisme pris pour un abcès par Dupuytren. Une femme de 66 ans, après des tractions exercées sur le membre supérieur, dans le but de réduire une luxation qui probablement n’existait pas , eut un engorgement de tout ce membre. Bientôt elle se plaignit d’une grosseur sous le creux de l’aisselle. La tumeur occupait la partie antérieure du grand pectoral, tenait le bras éloigné du corps, offrait une fluctuation manifeste sans changement de couleur à la peau, et sans batternens appréciables. Dupuytren crut avoir affaire à un abcès. Le volume de la tumeur et la grande quantité de pus qui devait y être renfermée détermi-
DU DIAGNOSTIC. , 6 i
nèrent à ne faire qu’une ponction pour l’évacuer graduellement. Au lieu de pus, il sortit un jet de sang vermeil que l’on arrêta facilement avec le doigt, et la tumeur fut couverte de diachylon et comprimée. Peiletan, alors chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu, s’opposa à la ligature de l’artère sous-clavière entre les scalènes proposée par Dupuytren. La femme soumise au traitement de Valsalva mourut quelques jours après d’une hémorrhagie déterminée par la gangrène de la surface de la tumeur. Pelletan , clin, chir., t. i ï, p. 83. Sabatier, Sanson etBegin, 1824 , p. 1 3 1 .
Obs. io3.— Anévrisme faux pris pour un abcès. L’artère fut piquée dans une saignée du bras. Celui qui l’avait ouverte méconnut cette blessure et pansa le malade comme si la veine seule eût été ouverte. Quelques jours après il se manifesta au coude une tumeur qui acquit en vingt jours le volume d’une pomme. Un chirurgien, l’ayant prise pour un abcès, y fit une ouverture qui donna issue à une quantité de sang peu considérable, parce que sans doute il fut retenu par quelques caillots. Trois jours après, il parut une forte hémorrhagie qui se reproduisit les jours suivans. Valsalva l’arrêta par la ligature. Morgagni.Ztesef/. et caus. epist. IV. § 7 .
Obs. io4- — Anévrisme pris pour un abcès. Un homme portait deux tumeurs à la cuisse, l’une située vers la fin du muscle triceps ; l’autre, deux tiers de doigt au-dessus du condyle interne du fémur.Ces deux tumeurs étaient peu douloureuses, sans changemens de couleur à la peau et fluctuantes. Les cataplasmes dont
162 ms emëühs
on les avait recouvertes,"dans le but de favoriser la suppuration, n’avaient fait que favoriser leur accroissement. La jambe et le pied étaient œdémateux. Paletta les incisa, mais voyant le tissu cellulaire gorgé de sang, il suspendit l’incision, bien qu’il n’y sentît ni pulsation, ni frémissement. Mais le malade succomba le troisième jour, avec un accroissement de douleur, de l’anxiété et des syncopes. L’artère crurale était ouverte sur sa face antérieure au moment où elle est arrivée derrière le fémur. Les tumeurs étaient formées par l’extravasation du sang. Scarpa. A évrisme.p. ï 74 *
Obs. i o5, —Anévrisme pris pour un abcès ; ouverture ; guérison. On ouvrit à un cocher un anévrisme poplité qui fut pris pour un abcès. L’hémorrhagie violente qui survint fut suspendue par une forte compression, la plaie du jarret suppura et le malade guérit par oblitération de l’artère, comme le démontra la dissection du membre faite à la mort du sujet, qui eut lieu cinq ans après, par toute autre cause. Guattani. 4* observ. citée par Scarpa sur l’anévrisme, p. i56.
Obs. 106. — Anévrysme pris pour un abcès. — On lit dansla Nosographie de M. Richerand que Ferrand , chirurgien en chef de l’Hôtel-Dieu , « croyant » ouvrir un abcès de l’aisselle, plongea son bistouri » dans un anévrisme de Faisselle et tüa le malade. J’ai » été mohmême témoin de semblables erreurs, com- » mises par des praticiens non moins fameux. » Richerand. Nosograph. chirur., cinquième édition, t. IV» P- T 99-
Obs. 107. — Anévrisme pris pour un abcès . De-
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saült filt consulté pouc un anévrisme faux consécutif qu’Un enfant de six ans portait au pli du bras. On allait l’ouvrir comme un abcès et on l’avait traité jusquelà par les maturatifs; l’enfant fut guérie par la compression continuée pendant un an. ( Journal de De saultj t. ii 5 p. 36. )
Obs. 108 .— Anévrisme pris pour un abcès. Quand les battemens de l’anévrisme ne sont plus perceptibles et qu’il présente des signes d’inflammation, on a pu prendre l’anévrisme pour un bubon. Un cas de ce genre est arrivé en 1812 , à l’hôpital des vénériens. L’interne , croyant avoir affaire à une collection de pus fit l’ouverture de la tumeur. L’hémorrhagie qui survint fut arrêtée par le tamponnement qui produisit l’oblitération de Tartère.7%è^e de Paris 1829 , n a 170 , p. î 8 .
Obs. 10g. — Tumeur anévrismale prise pour un abcès. —-Uue femme avait été opérée d’un cancer au sein. Au-dessus et près de l’angle externe de la cicatrice , il se forma une tumeur dure et sans changement de couleur à la peau; on n’y sentait ni battemens ni ondulations. Au bout de quelque temps, elle devint très-douloureuse et on y sentit de la fluctuation. Desault l’incisa. Au lieu de pus , il sortit des caillots et du sang qui ne s’arrêta que par la compression de l’artère axillaire, puis par la ligature de celle des artères thoraciques qui avait été le siège de la tumeur. Cinquante-deux jours après, la malade succomba à l’affaiblissement résultat des hémorrhagies qui survinrent. (M. A. Petit, Journ. de Desault , t. 2 ^ p. 75 .)
Obs. it o. — Anévrisme de l’artère fessière , pris pour un abcès. Une tumenr siégeant à la fesse, au niveau de l’échancrure sciatique, n’offrant point de battemens, fut prise pour un abcès et ouverte : c’était une tumeur anévrismale qni provenait de l’artère fessière. White remédia à cet accident, et sauva le malade parla ligature de l’artère iliaque externe. (JF. Progrès , année 1828 , t. .9 , p. 264 . )
Obs. in. —Anévrisme guéri pris pour une exostose. — Des caillots en se condensant avaient amené la guérison d’un anévrisme; la tumeur fut prise pour une exostose du fémur et l’amputation du membre pratiquée à l’hôpital Sàint-Barlhélemy, de Londres. Dict. en 25 vol., t. IIÎ, p. 3o.
Obs. 112. — Anévrisme occupant la cavité abdominale raité comme un rhumatisme et pour un abcès des lombes. — Un ancien militaire avait une douleur de rein, qui disait-il, se déplaçait. Il fut traité comme pour un rhumatisme. Après un mois et plus de traitemens infructueux, il se manifesta dans la région iliaque droite le long du muscle psoas une tumeur ovale, mal circonscrite , qui offrait une fluctuation manifeste. D’après les commémoratifs et une gibbosité des vertèbres des lombes, il était facile de prendre la tumeur pour un abcès dépendant d’une carie vertébrale dont on faisait remonter la cause à une maladie vénérienne,que le malade avait eue plusieurs années aupararant, Mais des pulsations s’étant manifestées et ayant augmenté de jour en jour, l’anévrisme fut recounu avant la mort. L’autopsie montra
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un" tumeur anévrismale énorme, qui ouverte par sa ; artie postérieure avait détruit le, corps de quatre vertèbres. (Pelletan, Clin, chirur., t. I, p. 97.
O JS. ii 3. — Anévrisme pris pour une hernie. Un paysan , âgé de 5 0 ans, portait depuis trois ans une tumeur à l’aine qui avait paru à la suite d’un effort pour soulever et transporter un poids considérable. Celte tumeur quand elle se manifestaavait, dit le malade, le volume d’un œuf^ et peu à peu avait acquis celui de la tête d’un enfant etétaitdevenue douloureuse. Mayer la voyant placée dans le siège de la hernie crurale la crut telle, et n’àyant pu en faire la réduction, entreprit l’opération en présence du docteur Blumenthal. Après avoir incisé les tégumens, il ouvrit avec précau lion l’aponevrose fascialata ^ qu’il trouvafort tendue. Le sang jaillit comme d’une source. Remarqua ntalors qu’il y avait une véritable, pulsation ; il reconnut un anévrisme, arrêta le sang par la compression et réduisit en peu de temps l’anévrisme au volume d’une pomme Le malade put reprendre ses travaux. ( Scarpa, Anévrisme , p. 33p. )
Obs. 11 4- — Anévrisme pris pour une autre tumeur .— Warner raconte avoir ouvert un anévrisme de l’artère poplitée l’ayant pris pour unetumeur de toute autre nature. Il lit aussitôt l’amputation de la cuisse et sauva le malade. ( Philos. transact ., an 1757 , p. 363, cité par Scarpa. Anévrisme, p. 162.
Obs. 1 15. Abcès par congestion pris pour une hernie étranglée. — Qpération:Xén homme de 5o ans fendait du bois; tout à coup il lui survient à l’aine du côté
droit une tumeur rénitente qui descendait dans les bourses en suivant la direction du conduit spermatique , et s’accompagnait de tension de l’abdompn , de constipation opiniâtre et de vomissemens. Lesaccidens ne cédant point a’ux moyens ordinaires, l’opération fut pratiquée. La tumeur était formée par une grande quantité de pus séreux contenu dans la tuniquecelluleuse du cordon. Les accidens diminuèrent, mais le malade succomba aux accidens résultans de l’abcès par congestion. ( Briot, hist. de l’état et des progrès de la chirurgie militaire pendant la révol. p. 283 . )
Obs. 116 . — Abcès froid pris pour une hernie. Un marin soulève un fardeau.Soudain parait près deTépine iliaque antérieure et supérieure une tumeur grosse comme un œuf, à deux ou trois travers de doigt; plus en dedans. Elle se réduisit en faisant entendre un gargouillement remarquable. Ce signe, le mode de formation de la tumeur, son siège, auraient pu faire croiie que c’était une hernie. Le malade mourut en 4 jours d’une pneumonie violente. On trouva une carie superficielle de la dernière vertèbre des lombes, et du sacrum; du pus étaitaccumiilé sur le psoas.Ceîmarin n’avait jamais accusé de douleurs dans la région des lombes. Il venait de faire une campagne pendant laquelle il s’était bien porté. (Miriel. Thèse i 8 io. n°. 77 . p. 12 .)
Obs. 117 . —Fracture du col du fémur prise pour uneluxation. A.Parédonnaitsessoinsàune dame dont une jambe était plus courte que l’autre et dont le grand trochanter du côté malade faisait saillie sur l’os des îles ; il crut que la cuisse était luxée ; et après avoir
fait des extensions suffisantes pour la réduire, il y appliqua le bandage qu’il jugça convenable. Deux jours après la jambe s’était raccourcie de nouveau. Le pied était tourné en dedans. Les efforts qu’il fit à cette seconde fois pour réduire l’os lui firent sentir de la crépitation et connaître le genre de maladie qu’il avait à traiter. (Sabatier. Mem. acad. chir. T. IV. p. 63a.)
Obs. 118 .—Fracture du col du fémur prise pour une luxation, J. L. Petit, ayant été consulté pour une personne qui avait une fracture au col du fémur, sentit le grand trochanter quatre travers de doigt plus haut qu’il ne devait être, ce qui joint à ce que la pointe du pied et le' genou étaient tournés en dedans, lui fit croire que l’os était luxé en haut et en dehors ; mais ayant pris le pied, il en tourna la pointe en dehors sans résistance et reconnut par là qu’il y avait fracture au col du fémur. (Mal. des os T. II. p. 173 .)
Obs. 11 g. ^-Contraction musculaire simulant une ankylosé , — La cuisse était maintenue fléchie sur le bassin avec une telle force chez; un enfant affecté de coxalgie, que des praticiens habiles crurent à l’existence d’une ankylosé. On aurait soulevé tout le corps en appuyant sur le fessier plutôt que de changer les rapports de ces os avec la cavité cotyloïde. Des ques^tions adressées au malade, et qui fixèrent son attention sur un objet étranger à son affection, permirent d’étendre la cuisse avec facilité, jusqu’au moment où s’apercevant de ce mouvement, l’enfant reprit brusquement sa première position. ( Dict . abrégé des sc. méd., 1 . 1 , p. 6o4- )
§ IV. Erreurs de diagnostic provenant de ce que
deux maladies existent ensemble.
La coexistence de deux maladies peut entraîner des erreurs, soit que le chirurgien, reconnaissant l’une des deux maladies, néglige de continuer des recherches qui lui auraient fait diagnostiquer la seconde : soit que l’une des deux affections présente un ensemble de symptômes qui obscurcissent ou masquent entièrement ceux de l’autre, soit enfin que de la combinaison des accidens il résulte un ensemble de signes qui font croire à une troisième maladie différente des deux premières.
La première source d’erreur découle entièrement de l’inattention du chirurgien; le seconde est bien difficile à éviter : quant à la troisième, on pourra dans quelques cas s’en défendre en ayant égard à ce que les symptômes dus à deux maladies coexistantes s’enchaînent rarement dans l’ordre où on les observe quand ils sont dus à une affection unique; à ce que dans ces cas obscurs , il y a presque toujours une'maladie qui existait depuis assez long-temps.
Obs. i 2 o. —Abcès èntourant un anévrisme , ouverture , mort. — Un homme fut atteint d’un érysipèle au pied, qui s’étendit successivement à la jambe et au jarret; l’engorgement qu’il laissa dans cette dernière région , ne se dissipa pas , et se converiit en une tumeur oui parut passer très-lentement à la suppuration. Près de deux ans après, la fluctuation y était ma-
nifeste , et il n’y avait pas la moindre pulsation ; on fit une ouverture médiocre au centre de celte tumeur, il en sortit une certaine quantité de pus. La tumeur ne diminua pas beaucoup de volume, et les choses restèrent dans cet état, pendant les premiers jours; mais huit jours après, il survint inopinément une hémorrhagie terrible, et le malade expira , la dissection du membre prouva que c’était un anévrisme dont la poche et les caillots qu’elle contenait, avaient été entourés d’un abcès. (Observation de Dehaën rapportée par Boyer , t. 2 , p. 110 .)
Obs. 121 . —- Abcès entourant un anévrisme , ouverture ^ hémorrhagie , amputation. —Un jeune homme, traité par la compression d’un anévrisme faux consécutif du pli du bras, était presque guéri quand il voulut sortir de l’hôpital. Quelques mois après il reçut malheureusement un coup de bâton sur la partieinterne du bras, d’où résulta en peu de jours un phlegmon tout autour de l’articulation du coude. On ne raconta pas à Volpi à qui le malade fut amené , ce qui s’était passé auparavant.il ouvrit l’abcès avec le bistouri, précisément dans le lieu où avait existé l’anévrisme. Une grande quantité de pus sortit, puis quand on eut enlevé un caillot de sang qui existait au fond de la plaie, le sang artériel jaillit avec tant de force que, vu l’état du malade, on fut obligé de pratiquer l’amputation du bras. ( Scarpa, Anévrisme , p. 371 .)
Obs. 122 . —Difficulté du diagnostic résultant de la présence de deux hernies du même côté chez une femme. — Une femme âgée de vingt-six ans,d’un
tempérament fort délicat, qui avait eu plusieurs couches très-laborieuses, était incommodée d’une hernie Crurale , qui s’étrangla. La tumeur située dans le pli delà cuisse était fort saillante au-dehors et avait la forme d’un gros œuf de poule. Arnaud ouvrit le sac , n’y trouva qu’une très-petite anse d’intestin. Cette disproportion de l’intestin avec le volume de la tumeur excita sa curiosité. ïl prolongea l’incision pour la découvritdavantage et il aperçut une autre hernie quatre fois plus grosse qui se portait du côté du pubis. Il ouvrit le sac et y trouva une anse intestinale étranglée par un petit faisceau de fibres tendineuses et non par le ligament de Fallcpe. Dilatation faite de ces Fibres , l’intestin fut repoussé dans le ventre : la malade guérit. (Arnaud, Mém. de chirurgie , t. 11 , p. 6o5.)
Sçarpa qui rapporte ce fait p. 47 du supplément au traité des hernies, pense que le faisceau tendineux dont parle Arnaud, était le pilier inférieur dç l’anneau , et quç de deux hernies l’une était inguinale, l’autre crurale.
Obs. îzZ. -—Hernie inguinale double du même coté. —- Un homme qui déjà dans son enfance avait été guéri d’une hernie fut opérée d’une hernie nouvelle qu’il portait depuis six ou sept ans et qui s’était étranglée à la suite d’un effort. La tumeur remplissait le scrotum et cachait le testicule. Après l’ouverture du sac, il sortit beaucoup d’eau, on débrida l’anneau et on fit rentrer dans le ventre ne anse considérable d’intestin noirâtre qui était en contact avec le testicule. Cependant il restait h l’extérieur de l’anneau, le
long du cordon spermatique, une tuméfaction qui examinée de près, présentait un petit trou d’où sortit une sérosité noiçâtre et fétide. Malgré cette circonstance, le malade fut pansé comme à l’ordinaire. Mais la sérosité continua à baigner l’appareil. Les signes de l’étranglement continuèrent, et le malade mourut vingt heures après l’opération. A l’ouverture du cadavre, on trouva la portion do l’intestin réduit, en ben état; mais il existait une autre portion du même intestin, renfermée dans un autre sac herniaire, étranglée par l’anneau du même côté, et complètement gangrenée. Des deux hernies qui sortaient par le même anneau inguinal, l’une était contenue dans un sac particulier, formé par le péritoine ; l’autre était formée par la descente de$ viscères dans la tunique vaginale du testicule. (Wilmer, pmctical obs. on hernies, p. io4, cité par Scarpa. Traité des hernies , p. 7 9 .)
Obs. 1 — Cystocele existant avec un sarcocèle ,
prise pour un sarcocèle simple -Un pêcheur de la
ville deBàle,qui depuis long temps portait au côté droit du scrotum, une .tumeur que l’on croyait être sarcomateuse, fut attaqué subitement d’une rétention d’urine, à laquelle on ne put remédier, ni par l’introduction de la sonde dans là vessie, ni par les différens moyens usités en pareil cas. Le ventre se tuméfia , devint douloureux, et le malade qui ne pouvait satisfaire, malgré ses efforts , le besoin très-pressant qu’il avait de rendre ses urines; était dans le plus grand danger. Plater pensa que la tumeur du scrotum était la cause de la rétention d’urine, et qu’il était nécessaire d’en
faire la résection. Les tégumens ayant été incisés; la vessie qui formait, sans qu’on le sût, une partie de la tumeur, fut ouverte, cl l’urine sortit aussitôt avec impétuosité. Le malade fut soulagé sur-le-champ. Le testicule qui était peu volumineux, mais squirrheux, fut retranché; l’urine s’écoula par la plaie, qui dégénéra en fistule , et le malade survécut plusieurs années à cet accident. (Félix Plater. Observ. lib. 3 , p. 83 o.)
Obs. 1 25 . — Entéro-hydrocèle prise pour Une hydrocèle. — Bell dit que de très-habiles chirurgiens, voulant opérer la cure radicale par le séton , procédé qui heureusement pour les malades ne fut point employé, incisèrent deux hydrocèles quj étaient complipliquées de hernies de naissance, on vit en opérant que, si l’on se fût servi du séton , l’intestin et l’épiploon auraient certainement été percés de part en part. System of Surgery , t. 1, p. 4 ^ 5 .
Obs. 126. — Hernie crurale masquée par des ganglions engorgés. —■ Else, cité par Scarpa, rapporte qu’une glande inguinale tuméfiée et enflammée lui en a imposé en cachant une petite tumeur herniaire crurale étranglée. A la vérité, il n’avait examiné la maladie qu’une seule fois, et avant que tous les signes de l’étranglement se fussent manisfestés. Scarpa] supplément au traité des Hernies, p. 60 ; Else, Med. Observ. and inquiries , vol iv.
Obs. 127. — Hernie crurale masquée par des ganglions engorgés. — Une femme, dit M. Macilwain, vint me consulter pour une tumeur qu’elle portait dans l’aine. En examinant la malade, je découvris une
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glande engorgée et enflammée dans l’endroit qu’occupe habituellement la hernie crurale, ne présentant rien de remarquable qu’une impulsion trcs-obscure pendant la toux. Je lui ordonnai des cataplasmes, le repos.
quelques laxatifs. Au bout de quelques jours, le gonflement de la glande avait diminué et l’on reconnaissait facilement une hernie crurale intestinale. Arch. 2 e série, t. 6, p. 6.
Obs.i a8. — Hydrocèle enkystée masquée, par une hernie s crotale — Un étudiant en médecine avait une hernie sc rota le du côté droit, qui, après être devenue irréductible, finit par s’étrangler. La tumeur, volumineuse, était tendue et avait une position extraordinaire; son fond était très élevé et paraissait soulevé par un corps qui situé à sa partie postérieure ne pouvait être le testicule, puisqu’on sentait distinctement cet organe dans le scrotum. Après l’opération et la réduction de l’intestin contenu dans le sac,il restait au-dehors une tumeur molle, souple, qui renfermait évidemment un liquide; on l’incisa, il en sortit une certaine quantité de sérosité, et on aperçut dans le fond du kyste une substance vésiculaire qui fut soulevée avec des pinces et emportée d’un coup de ciseaux. Il fut clair alors que la hernie était compliquée d’une hydrocèle enkystée du cordon. Le malade fut guéri en six semaines de ses deux maladies. Scarpa, des Hernies , p. 196.
Obs. 1 29.— Tumeur graisseuse prise pour une hernie. —Un homme de 5 & ans portait une tumeur du volume d’une grosse noix au-dessus de l’ombilic, sur le
1 7 4 des erreurs
trajet de la ligne blanche. Cet homme fut pris, après nombre d’excès, des symptômes de l’étranglement les plus violens. D’après son rapport, la tumeur qui pouvait l'entrer a volonté auparavant et n’avait pas augmenté de volume depuis son apparition, s’accrut tout à coup pendant les vomissemens et devint très douloureuse au toucher. On crut à une hernie épiploïque, la tumeur fut mise à nu par une incision; puis on essaya delaréduire,après des débridemens faits d’abord sur le feuillet antérieur de l’aponévrose abdominale, pois sur toute l’épaisseur de la paroi du ventre, à l’exception du péritoine ; le tout sans qu’on pût faire rentrer la tumeur. Celle-ci, examinée alors avec soin, fut reconnue pour être une tumeur graisseuse extérieure au péritoine. Le malade mourut de la péritonite, cause de tous les symptômes. Ollivier d’Angers, note du supplément au Traité des Hernies de Scarpa , p. 109, Obs. i 3 o. — Tumeur graisseuse de Vombilic prise pour une hernie étranglée. Opération —Une femme portait un peu au dessous de l’ombilic, au côté gauche de la ligne blanche, une tumeur du volume d’une grosse noix, sans aucun changement de couleur à la peau. Elle fut prise d’uneeolique violenté, de nausées, de suppression de selles , etc. Scarpa procéda à l’opération. Mais,après l’incision des tégumens, il ne trouva pas la plus petite trace de sac herniaire. Toute la tumeur consistait en une petite masse de graisse durcie et portée sur un pédicule qui traversait la ligne blanche. Cette masse fut emportée d’un coup de ciseaux ; des bains, des lavemens, l’huile de ricin, rétablirent
le cours des selles et la malade guérit. Scarpa, Traité des Hernies , p. 33g.
Obs. 131. —Inflammation de glandes inguinales prise pour une hernie étranglée. — Un homme âgé dé 48 ans, portait depuis deux jours à la région inguinale une tumeur marronée, dure et rénitente, qui lui était survenue avec le cortège d’accidens caractéristique d’une hernie inguinale étranglée. La tumeur fut irréductible, malgré la saignée, les bains, etc. Cependant le sixième ou septième jour suivant, dès alternatives de bien et de mal, savoir : les vomissemens de matières Fécales et la constipation d’une part, de l’autrè, la suspension des vomissemens, et le retour de quelques selles, furent assez prononcés pour faire retarder l’opération. Cependant, le malade s’affaiblissant, les accidens redoublant d’intensité, elle fut pratiquée par M. Briot, assisté de plusieurs médecins. Incision faite des parties superficielles, on arriva à la tumeur elle-même qui parut formée de deux parties , dont l’une lisse, tendue et enflammée ressemblait aune anse d’intestin dans laquelle il y aurait gu des matières fécales durcies^ l’autre flasque et brunâtre imitait une portion d’épiploon prête à se gangréner. Jusque là tout contribuait à entretenir l’erreur. Mais, le chirurgien étant allé à la recherche de l’anneau inguinal, s’aperçut que cet anneau n’était point dilaté, ne donnait passage à aucune partie sortant du basventre, et que ce qui avait été pris pour une hernie n’était autre chose qu’un engorgement inflammatoire des glandes inguinales, dont quelques-unes étaient
en suppuration et d’autres voisines de la gangrène. L’ablation de ces glandes n’empècha pas le malade de succomber à sa maladie qui était une violente inflammation des gros intestins. Briot, Histoire de l'état et des Progrès de la Chirurgie en France , pendant les guerres de la Révolution , p. 284.
Obs. i 32. —Rétrécissement squirrheux de Tintestin , glandes inguinales engorgées , symptômes d'étranglement. Opération. — Un homme de 5o ans avait tous les symptômes de l’étranglement; Scarpa,en explorant l’abdomen , trouva sous l’arcade fémorale du côtégaucheune petite tumeur de la grosseur d’une noix, dure et douloureuse. Le malade étant dans le délire,son épouse apprit à Scarpa que la tumeur, existant depuis plusieurs années, était douloureuse seulement depuis quelques jours, que les selles habituellement difficiles n’avaient plus lieu malgré les purgatifs et les lavemens. Il fut procédé de suite à l’opération, mais ce fut en vain que le chirurgien chercha un sac herniaire sous la glande inguinale qui formait la tumeur. Le malade mourut. On trouva un rétrécissement squirrheux de la fin du colon, si considérable qu’on pouvait à peine y introduire une sondeordinaire.il n’v avait aucune trace de hernie. Scarpa, Supplément au traité des hernies p. 61.
Obs. i33. — Bubon pris pour une hernie. — Un vieillard de 74 ans i porteur depuis long-temps d’une hernie inguinale droite , est pris de malaise , de vomissemens; puis, en-dehors de la hernie, se manifesta une petite tumeur, que le médecin essaia en vain de réduire , après les renseignemens du malade. Un
DU DIAGNOSTIC. i 77
chancre au gland fit reconnaître l’erreur. Thèse de Paris , 170, p. 16, 1829.
Obs. 1 34 .—Abcès enkysté de Vabdomen pris pour un abcès du foie. Bertrândi cite le cas d’un malade qui ayant eu la jaunisse se plaignait d’une tumeur douloureuse qui s’étendait depuis le cartilage xyphoïde jusqu’à la troisième des fausses côtes. Les chirurgiens d’après la fluctuation et les symptômes pensaient avoir affaire à un abcès du foie qu’il fallait ouvrir. Le malade refusa. A sa mort qui eut lieu 4 mois après on trouva le foie sain, mais à son bord adhérait un abcès enkysté qpi s’étendait jusqu’à l’appendice xyphoide et au bord droit de l’estomac et renfermait une matière épaisse et jaunâtre venant d’une tumeur ulcérée des glandes qui sont vers le pylore, et dont la couleur, supposé qu’on eût ouvert l’abcès , aurait encore contribué à faire croire que la maladie avait son siège dans le foie. Mém. Acad. Chir. T. III. p. 499 -
Obs. i 35 communiquée par M. Maisonneuve. — Un homme de 4° ans arrive à l’hôpital avec une coloration jaune de la peau, une hypertrophie considédérable du foie, une vive douleur dans le flanc, une fièvre vive^, et une diarrhée abondante. Il succomba en quelque jour. A l’autopsie on trouve le foie hypertrophié et contenant dévastés poches purulentes, mais on rencontre aussi une hernie inguinale du colon transverse avec gangrène et péritonite générale. On ne l’avait pas soupçonné pendant la vie.
Obs. 136 . — Ascite faisant méconnaître une grossesse. — Une jeune dame était atteinte d’anasarque et d’as-
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cite. Un médecin très instruit voulait employer dés remèdes actifs contre cette double hydropisie. Morgagni voyant que la daine avait déjà de petits enfatis, soupçonna une grossesse, bièn qu’il ne pût s’en assurer , et conseilla de temporiser. Quelque temps après, la dame accoucha , et fut guérie en même temps de ces maladies. (Morgagni , de sed eicam . Êpisu XLVIII,§III.)
§ V. Erreurs de diagnostic provenant de ce que la maladie reçoit, des parties voisines, des modifie actions qui lui donnent de la ressemblance avec une autre.
Cette erreur est fréquente et souvent difficile à éviter, c’est surtout à propos des tumeurs qui peuvent recevoir des battemens des artères, qu’elle est commise; elle peut encore se présenter dans plusieurs affections, qui ont leur siège au crâne, le long du rachis, aux environs de la poitrine ou de l’abdomen. Les mouvemens d’expansion et d’affaissement que l’acte de la respiration communique aux organes renfermés dans ces grandes cavités, les battemens dont quelques uns sont agités, et qui sont déterminés par les contractions du cœur entraînent des battemens analogues dans les tumeurs voisines ; quelques modifications de la respiration , l’éternuement, la toux, peuvent communiquer à plusieurs maladies, les hernies, les abcès, un choc analogue, qui perçu par la main de l’observateur, ont amené à les confondre. Nous avons déjà fait con-
DU DlAÉÈNOsTlC. r 79
nâitftî colhméht on doit S’y prendre pour éviter l’erreur qtfâftd l’affeCliOrl à Son siège sur lé trajet d’üne artère ; les doubles rtiOtivemens des lUmeurs situées aux environs dû crâne ne permettent guère de les prendre pour les anévrismes OU les tumeurs érectiles^ enfin, dans les autres cas, l’ensemble des symptômes suffira le plus souvent pour empêcher un chirurgien attentif de les confondre.
Obs. i 87. —Empjrèfne pris pour un anévrisme. Un jeune homme) après Une maladie aiguë, vit Une tumeur Se développer rapidement sur la partie antérieure de la poitrine au côté gauche du sternum. Elle était agitée de inouVemens d’expansion et de résserremens isochrones à ceux du pouls. Pendant ce temps le cœur battait sous la clavicule droite. Tout le monde crut à un anévrisme* et l’on voyait avec frayeur arriver le moment où la peau amincie allait sé rompre et donner lieu à une hémorrhagie foudroyante* Le malade seul auquel oh avait caché ce qu’on pensait de son état attendait avec impatience la rupture de la tumeur qu’il regardait comme un abcès^ et voulant hâter le travail de la nature^ il prend une épingle, la plonge dans le sommet de la tumeür^ et se pratique - ainsi l’opération de l’empyème. Le pus sort en petite quantité d’abord, puis à flot, lorsque l’ulcération eut agrandi la plaie. Un élève veut s’assurer avec un stylet que le cœur est revenu à sa place. L’instrument s’échappe, tombe dans la cavité de la poitrine^ y séjourne pendant trois jours au bout desquels il vient faire saillie à travers un espace intercostal dont on le retira par une incision. J’ai vu
depuis ce jeune homme jouissant de la meilleure santé.
Obs. i 38 .— Abcès de la poitrine pris pour un anévrisme. Un homme vint à l’hôtel-Dieu avec une tumeur large, fluctuante et sans changement de couleur à la peau, située vis-à-vis la région du cœur. On y sentait des inégalités qui annonçaient la destruction d’une ou deux côtes dans le trajet du foyer, et des battemens avec ondulât ions,qui firent craindre à Pelletan que la tumeur ne fût un anévrisme du tronc de l’aorte à sa sortie du cœur. Dans cette incertitude partagée par plusieurs consultans, on abandonna à la nature l’ouverture de la tumeur, il en sortit du pus. Le malade étant mort quelque temps après, on trouva à l’autopsie que les battemens, comme on l’avait pensé du vivant du malade, avaient été communiqués à l’abcès symptomatique de la carie des côtes y par l’impulsion du cœur ( Pelletan, Clin, chir ., t. m, p. 254 - )
Obs. 139. — Abcès pris pour un anévrisme. Une jeune fille de dix ans avait sur le côté droit delà poitrine une tumeur extrêmement volumineuse, laquelle allait de la cia vie u le à partie moyenne du sternum. Cette tumeur était presque indolente, sans rougeur et sans chaleur, mais on y sentait des pulsations trèsfortes. On la regarda comme un anévrisme et on n’osa rien y faire. Quelque temps après, la tumeur s’ouvrit d’elle-même et laissa échapper une grande quantité d’humeur assez louable. La jeune malade guérit avec facilité. (j Bibl. chir. de Manget, citée par Sabatiçr,
éd. 1824, p. i 35 .)
Obs. 140.— Fongus de la dure mère pris pour un
anévrisme de Vartere temporale. Une femme dé 22 ans, à la suite de vives douleurs de tête, devint amaurotique, puis elle eut des tintemens d’oreille , elle accusa ensuite un battement au-dessus de l’oreille droite, où l’on voyait une petite tumeur du volume d’une noix, disparaissant et perdant ses battemens par la pression, on ne sentait au toucher aucun bord osseux, ni aucune crépitation. L’artère temporale se rendant à cette tumeur, et la compression de cette artère en faisant cesser en partie les battemens, le chirurgien Orioli crut avoir affaire à un anévrisme de l’artère temporale avec un sac alimenté par d’autres petites artères; l’opération fut jugée nécessaire. Mais la tumeur n’était pas superficielle comme on l’avait cru, il fallut diviser le muscle temporal, le péricràne, alors on trouva la carie. Le fongus adhe'rent à la dure mère fut enlevé, quoique sa base fût large. La gangrène vint détacher les parties que l’instrument n’avait pas enlevées, la plaie se cicatrisa et la malade guérit, en conservant toutefois l’amaurose. Gaz.méd ., 1 834? P- 4 IC * Obs. 1 4 1. — Goitre pris pour un anévrisme. Les artères carotides primitives impriment au goitre, derrière lequel elles sont placées, des pulsations qui ressemblent beaucoup à celles des anévrismes, et lorsque le goitre est borné à un seul côté de la glande thyroïde , on pourrait le prendre pour un anévrisme de la carotide. Je pourrais citer, dit Boyer, plusieurs exemples de celte méprise; j’ai eu dans certains cas de ce genre beaucoup de peine à calmer l’imagination dos malades , justement effrayés et par la gravité de la ma-
182 m§ ERREURS
ladie qu’on leur supposait cl par les remèdes J?£ le régime qu’on leur avait prescrit, (Boyer. T,VII- p. 740
§ VI. Erreurs de diagnostic^ provenant de Q$ qn§ Von attribue, la maladie À m cqrps étranger
qui ri existe pas.
C’est surtout à propos des maladies de la vessie que cette erreur a été commise ; et, comme elle conduit à pratiquer une opération souvent mortelle, le chirurgien ne saurait apporter trop de soins à l’éviter.
Obs. 142.— Tubercules de la vessie pris pour un calcul, taille. Dupuytren raconte cju’un enfant de 2 ans et demi, éprouvait depuis quelque temps de vives douleurs dans la vessie. Déjà on avait cru reconnaître un calcul par la sonde. Dupuytren l’ayant sondé à plusieurs reprises, tantôt trouvait, tantôt ne trouvait pas la pierre. Décidé à l’opérer, il le sonde de nouveau, croit sentir bien distinctement la pierre et pratique la taille sur le champ ; mais malgré les recherches les plus minutieuses il ne trouve aucun calcul. — La plaie fut laissée entr’ouverte et les recherches con-? tinuées avec la sonde qui tantôt rencontrait, tantôt ne rencontrait pas le corps étranger ; ce qui fit croire à Dupuytren qu’il avait affaire à un calcul engagé dans l’uretère droit. Cependant l’enfant dépérissait, quand tout à coup les douleurs disparurent complètement. Quelque temps après l’enfant retomba malade, et mourut à l’hôpital des Enfants; on trouva à droite
DU DIAGNOSTIC. i 85
dans le bas fond de la vessie , des tubercules ramollis. ( Dupuytren, Cliniq. T. II. p. 332 .)
Obs. i 43 . — Taille pour un calcul qui n'existait pas. Un enfant de 3 o mois se tiraillait continuellement la verge et éprouvait, depuis un an, de vives douleurs en urinant. M. Roux le sonda et crut sentir un calcul; le cathétérisme explorateur répété au moment de l’opération donna des résultats obscurs, mais qui toutefois parurent suffisans au chirurgien. La vessie étant ouverte par le procédé d’Hawkins, il futimpossible de trouver le calcul. 'Malheureusement l’ouverture du corps ne put pas être faite. ( Archives T. IL p. 55 7 .)
Obs. 1 44 . — Kyste osseux de la vessie pris pour un calcul. Un kyste osseux développé dans la paroi de la vessie offrait à la sonde une résistance tellement semblable à celle de la pierre, que le malade fut soumis à l’opération. L’ouverture du cadavre fit connaître l’erreur. (Boyer. T. IX. p. 324 -)
Obs. i 45 . — Vessie cartilagineuse. Malade taillé sans avoir la pierre. — Un enfant de cinq ans, avait les signes rationnels de la pierre. Le cathétérisme confirma le chirurgien dans cette idée. L’opération pratiquée, les tenettes introduites dans la vessie purent à peine être ouvertes, mais ne rencontrèrent pas de calcul malgré la sensation de choc d’un corps dur que déterminèrent lès recherches du chirurgien. Le malade succomba au bout de vingt-quatre heures. Il n’existait point de pierre, mais la vessie très rétrécie était comme cartilagineuse, ses parois avaient la consis-
tance de la corne et donnaient, quand on les touchait avec la sonde, la sensation d’un corps dur. ( Journ. de Desault. t. 2. p. i 3 i.
Obs. 146. —Rétroversion de Vutérus. Signes de calcul vésical. Lithotomie. Mort. —Chez une femme morte à la suite d’une opération de lithotomie, faite dans le dessein de la délivrer d’une pierre qu’elle n’avait pas et que l’on croyait enkystée, on trouva la matrice située en travers dans le bassin. Son museau appuyait sur la partie moyenne du rectum et le haut de la partie antérieure de son corps sur le bas fond de la vessie et faisait bosse au dedans de ce viscère en y repoussant ses tuniques, bosse qui avait été prise pour un calcul enkysté. Cette femme avait tous les signes rationnels de la pierre. ( Lassus. Med. Oper.... T. 1. p. 3 i 5 .)
Obs. 147. —Introversion delà vessie causée par la pression de matières stère orales , prise pour un calcul . — Un homme éprouvait des symptômes de pierre dans la vessie ; en le sondant, on jugea qu’il y en avait une. A l’autopsie on vit qu’on s’était trompé, la vessie ne contenait aucun corps étranger. La dureté qu’on y avait sentie par la sonde dépendait d’un amas d’excrémens, endurcis dans le cæcum qui avaient distendu cet intestin et l’avaient poussé contre la vessie, de sorte que leurs pressions sur le fonds de ce viscère causaient des symptômes qui imitaient ceux de la pierre. ( Autty. Voies Urinaires, p. 25 . Cité pat- Boyer. T. IX. p. 87. )
§ VII. — Erreurs de diagnostic provenant de ce que l’on
méconnaît /’existence ou le siège d’un corps étranger.
Si, dans le paragraphe précédent, on a vu des maladies méconnues parce qu’on croyait à des corps étrangers qui n’existaient pas 5 on a bien plus souvent encore commis des erreurs inverses et attribué à toute autre cause les désordres qui résultent de la présence d’un corps étranger. D’autres fois le corps étranger a été soupçonné, mais on a méconnu son siège. Dans ce dernier cas, la présence du corps étranger est plutôt une cause d’incertitude que d’erreur de diagnostic. Dans l’autre la méprise est presqu’iiiévitable, si les signes anamnestiques 11 e mettent le chirurgien sur la voie.
Obs. 148 . — Corps étranger dans l'œil méconnu. — Wenzel fut Un jour consulté pour un jeune enfant, qui portait au centre de la cornée de l’œil gauche, une petite tache d’un blanc jaune, ronde et élevée comme une phlyctène'; de cette tache irradiaient des vaisseaux variqueux, qui couvraient en grande partie la cornée, et empêchait presque complètement la vue de ce côté. Cette maladie avait été prise par les plus célèbres chirurgiens de la capitale pour une véritable phlyctène ; beaucoup de remèdes avaient été déjà employés sans succès. Wenzel examinant l’œil avec soin, en s’aidant d’une petite aiguille d’or, reconnut une coqüe de millet implantée
i86 DES ERREURS
sur la cornée, et en fit l’extraction. Tous les symptômes ne tardèrent pas à disparaître. Wenzel, 62.
Nous avons eu l'occasion de rencontrer un fait à peu près semblable chez un enfant de 12 ans. qui depuis 6 mois environ avait une opthalmie des plus intenses, pour laquelle plusieurs médecins avaient été consultés ; je reconnus la présence d'une élylre d’insecte, j'en fis restriction et l’opthalmie fut promptement guérie. Mon frère a vu un cas analogue. L’ophthalmiq qui datait d'un mois était entretenue par la présence d'un fruit d« graminée. Cette cause avait été méconnue par plusieurs chirurgiens. L'extraction fut pratiquée, l'ophthalmie disparut, mais la cornée resta opaque.
Obs. 149 .—Os dans les brmohesprlspour une pleurésie. —Un soldat en suçant la mofille d’un os fut à l'instant pris de toux, de douleur à la partie latérale gauche de 1% poitrine et d§ erachetnens dé sang. U fut traité pour une pleurésie, Çe ne fut que quelques mois après qu’il rendit Jp çprps étranger ? cause dé tops les accidens qui s’étaient prolongés spuj? forme de phthisie, ç’éfeit un morceau d’o§ pointu, il §ug~ çpnjba. néanmoins trois jours après ; on trouva dans le pouuipngauche Ja cavité ou s’était logé do prime abord le corps étranger, et ofi le nialade avait rapporté le siège de la. douleur. Mém f acaddm. chirur. } t. V, p ? 552.
Obs. J 50,--Mademoiselle C. âgée de %% mois avala un petit os en mangeant la soupe ; quelques accident de sugoçati90 §§ manifestèrent, mais ils di§-
DU PïiÇNQITJÇ. iÿ 7
punirent bientôt 5 quelque temps après la voix devpjit rauque # le çqu s’infléchit à droite. Qn crut à Un croup chronique, Mais nu bout de quelques mois, lq malade rejeta un ps triangulaire, Elle mourut quelque temps après, et l’on trouva le pharynx perforé et les corps des deuxième, troisième et quatrième vertèbres cervicales qm^.Journ. 4 $ Leroux,
01)9, 101, CwpfMMÿeM dm» l’moplwgo méconnu, T* Un jeune homme de 34 ans, dens un repas avale un fragment d’os qui lui fait éprouver une douleur vive en traversant J§ pharynx? pomme il put avaler d’autres bouchés,il crut l’os descendu dans l’estomaç, Toutefois la douleur persista dans un poipt fixe du col et devint asses vivo pour empêcher la déglutition) de la fièvre se développa, on soupçonna une msophagite; plus tard du sang et dn pus furent rendus par la bouche et par les selles j et I e malade suopomha au miUeu d’ueoideu s qu’on traita comme
des accès d’une fièvre rémittente pernicieuse, A l’autopsie, on trouva la cause de tout le désordre dans l’os avalé qui était passé au-dessous de la muqueuse et avait déterminé, sur les côtés du col, sous La couche profonde des muscles, La formation d’un large abcès plein d’une matière noirâtre et boueuse,
M. Uibert, auteur de cette observation ajoute que deux cas analogues lui ont été communiqués par les docteurs FiUeau et Corhy? ( Archives , t. XYII, p. 157).
Obs, t&Z.rr, Corps étranger dans la trachée pris pour un corps étranger dans l’œsophage . Mort, r- Un enfant
DES ERREURS de Dresde jouant avec des fèves s’en jeta une dans la bouche et ne put la repousser au dehors. La face devint bleue et noire en un moment avec une toux Violente qui menaçait de suffocation. Un chirurgien ignorant la cause de la maladie crut à l’existence d’un corps engagé dans l’œsophage et y porta sur le champ un fil de fer garni d’un éponge, ce qui procura la sortie d’une grande quantité de matière muqueuse. La respiration devint libre et l’enfant, qui jusque là n’avait pu dire un mot, recouvra l’usage de la parole sans altération. La nuit d’après il mourut presqu’en un moment dans un accès de toux. Les parens attribuaient cette mort inopinée à un catharre suffocant; mais le chirurgien qui avait appris l’histoire des fèves, après avoir cherché inutilement le corps étranger dans la trachée et les bronches le trouva sous la glotte. (Ephem. Acad. nat. curios. Dec * III Ann. Y et VI, ohs. CCLIII, cité par Louis, t. IV, p. 545.
Ob. 155.—- Corps étranger dans la trachée pris pour
un corps étranger dans l’œsophage Unepetite fille de*
sept ans avala une fève de haricot en jouant; elle fut attaquée sur-le-champ de difficultés de respirer et d’unetoux convulsive. Plusieurs chirurgiens,croyant que le corps avait pénétré dans l’œsophage, s’efforcèrent de le faire descendre par les moyens usités dans ce cas. Louis, appelé le deuxième jour, reconnut que la respiration seule était gênée, et que le siège de la douleur indiqué par l’enfant était la trachée-artère. Il proposa , en conséquence, la firon-
chotomie, qui fut refusée par les consultans, dont plusieurs ne pouvaient croire qu’une fève de haricot pût s’introduire daqs la trachée. On se contenta d’administrer de l’émétique. Le lendemain matin, elle parut mieux, puis mourut le soir. (Louis, Mém. Acad. chir. , t. IV, p. 514.)
O b. 154. — Muys rapporte l’histoire d’un enfant qui, ayant avalé un corps de même nature, fut soumis également à des manœuvres ayant pour but d’enfoncer ce corps dans l’estomac ou de l’extraire du gosier. Tous les accidens s’étaient calmés, lorsque, trois jours après, l’enfant fut repris, en se baissant, de la toux et des mêmes accidens que dans le premier moment, et mourut le cinquième jour. (Muys Pract., Chirur. ration.,dec. VII, ohs. 9; Louis, L.c., p. 521.)
Ob. 155. — Corps étranger dans la trachée méconnu. Mort. — Une petite fille de quatre ans tomba en mangeant des amandes de noyaux d’abricot. Aussitôt toux violente, gêne de la respiration, suffocation imminente. Deux heures après l’accident, il n’y avait plus que delà gêne dans la respiration et un peu de sifflement : ces accidens , ainsi que la douleur de gorge, disparurent même assez complètement pour faire croire à la non-existence du corps étranger, malgré l’avis contraire de plusieurs médecins. Tous les phénomènes revinrent, et la malade mourut suffoquée, soixante heures après l’accident, sans que jamais la toux fût revenue. La moitié d’une amande
ï 9 o DÈS ËMËÜlS
étâit située âiï-<!esSôüS du cartilage cricôïdè. (MêtH. acàd. chit ., t. V, p. £>24.)
Obs. 156. — Corps étranger dans la trachée. Accès dè suffocation pris pôür uü asthme. — Tout le monde cohnàit l’histoire dê éë marchand d’estampes qui, jetant un louis d’or dans sa bouche , le laissa pénétrer dans la trachée-artère. Les symptômes de suffocation qui survinrent ne durèrent qu’un moment, mais le reprirent à différentes fois * dans l’espace de quatre ans* ce qüi fit prendre la maladie pour un asthmé* Louis, fondé sur ce que le malade n’avait pas rendu la pièce d’or* et qu’il disait la sentir distinctement dans la trachéè* proposa la bronchotomie : les autres consültans s’y opposèrent Le malade étaht mort deux ans après, bfi troûva la pièce è’or placée per»* pendiculairement à la première bifurcation de la bronche droite. Le poumon, de ee côté, était désorganisé par la suppuration. ( Mém. acad. chirurg.j t. V* p. 628.)
Obs. 157 . — Corps étranger dans la trachée pris pour une phthisie * — Une femme de Padoue , après avoir ri en avalant un noyau d’aveline, fut attaquée d’une toux violente, qui la tourmenta horriblement pendant deux mois. Ce état causa la fièvre et amena le marasme. Cette femme fut jugée phthisique par un médecin. 3. D. Sala, après plusieurs questions, apprit quelle était la cause de la maladie. Les vomitifs qu’il administra n’eurent à la vérité pas de succès, mais la malade rendit, quelque temps après, le noyau en crachant, et dès ce moment elle recouvra
DU ïrtMflôsfIC. içt
sa santé première. (Th. Bartholïn, tîîsi. ànat., dent. II. hisf. X&Vîlj Louis M ém, Acad. chir. } t. IV,
Ohts. 1 &8.—Haricot dans tes Voiês dériéiîrtès méconnu. •—Un èrtfânt de & ans s’amusait à lancer én l’air des haricots qu’il recevait ensuité dans la bouche. Il fut pris fout â coup de toux èt dé suffocation. Après un accès de colère, il fut Saisi de Vomissement, de tOtiX suffocante ét d’anxiété extrême. Un médecin appelé aussitôt crut qùé le corps étranger était dans l’œsophage, sonda le canal à plusieurs reprises et donna des vomitifs. Cependant le malade étouffant et se plaignant d’une douleur vive à la trachée, il appliqua des Sângsües au cOU. Le cinquième jour, les aecMéns croissant et lâ suffocation étant imminente, l’enfant fut apporté à Dupuytreii qui pratiqua aussitôt la trachéotomie et retira Un haricot fortetement gonflé. La guérison eut lieu. ( Dupuytren, Cliniq. ôhir ., f. ÎII, p. 593.)
Obs. 139.— Corps étranger ayant séjourné 6 ans dans la trachée. — Un garçon de 9 ans, ayant avalé par mégarde un crayon de plomb, fût aussitôt pris de toux, de suffocation et de dyspnée, symptômes qui disparurent au bout dé deux jours sans avoir donné d’inquiétude aux parens. Dans l’espace de six années qui suivirent, cé j eune garçon présenta dé la toux, Un sentiment de suffocation, de la difficulté à respirer et un malaise à la gorge, qui furent attribués à la pésence de vers dans le canal intestinal, et diminués par quelques préparations vermifuges. On
avait entièrement perdu de vue le corps étranger avalé, lorsqu’un jour ce garçon étant penché fortement en avant pour fendre du bois, fut pris d’un accès de toux, dans lequel il se débarrassa du crayon; cause méconnue des accidens. ( Journal des Progrès , t. XIII, p. 269.)
Obs. 160. — Soie de sanglier dans le conduit de Warthon, méconnue pendant trois mois. —Un cordonnier, portier de la maison qu’habitait M. le docteur Robert, avait une des glandes sous-maxillaires triplée de volume, indolente, mais surmontée par une ulcération vers l’orifice du canal de Warthon et par une petite ouverture accidentelle. Consulté , M. Robert soupçonna la présence d’un calcul salivaire dans le conduit, mais le cathétérisme ne lui ayant rien fait sentir, il jugea le malade atteint d’un engorgement inflammatoire chronique de la glande. Trois mois se passèrent sans qu’il se manifestât aucun changement; mais un jour le malade sentit un corps étranger qui sortait par une des ulcérations et lui piquait la langue; c’était un de ces crins dont se servent les cordonniers et qu’ils portent à la bouche pour les couper ; il s’était probablement introduit dans le conduit de Warthon et avait déterminé les accidens observés. M. Robert l’ayant enlevé avec une pince, la maladie fut guérie en huit jours ( Archives , t. XXIV, p. 444.)
Obs . 4 61. — Calcul obstruant le canal de Warthon. Cautérisaton. — Un homme sentit, en proférant un cri, une douleur vive dans la glande sous-maxillaire.
Il survint un gonflement inflammatoire, la glande resta dure et douloureuse. On employa les révulsifs, la potasse caustique fut de même appliquée sans succès. Sabatier consulté reconnut un petit calcul obstruant le canal de Warthou. Une petite incision lui donna issue et tous les accidens cessèrent. La même cause les ayant ramenés, la même opération les fit disparaître. ( Sabatier , Edit. Sanson et Begin, t. II, p. 271.)
Obs. 162.— Eponge dans le vagin prise pour un cancer. — Appelé auprès d’une dame enceinte , et à terme, un praticien de Paris pratique le toucher, et croit reconnaître une dégénérescence cancéreuse , avec procidence du col de l’utérus. Effrayé, il appelle en consultation M. Capuron, qui, considérant l’état de santé de la femme , qui n’était pas en rapport avec l’altération organique présumée , fit un examen plus approfondi des parties, et retii’a une éponge oubliée depuis long-temps. ( Thèses de Paris, 1834, n° 7 , p. 12. )
Obs. 163. —- Végétation entourant un pessaire , prise pour un cancer. — Une femme portait depuis dix ans un pessaire en liège qui n’avait jamais été retiré. Depuis ce temps , la femme n’y pensait plus, et l’avait tout-à-fait oublié. Elle fut prise de douleurs très-aigues dans le canal vulvo-utérin , suivies d’un écoulement sanieux et de mauvaise nature. Le canal était rempli de végétations fongueuses qui recouvraient entièrement le pessaire, d’ailleurs revêtu d’une couche d’incrustations calcaires. M. Cioquet
excisa ces végétations, reconnut le pessaire,en fit l’extraction, et guérit ainsi la femme du cancer vaginal pour lequel on la traitait.
Obs. 164. — Urétrite entretenue par la présence ctune arête de poisson dans l’urètre. — Un individu qui faisait habituellement sa nourriture de poisson fut pris d’un écoulement abondant par l’urètre. Le trajet du canal ne présentait à l’exploration ni corps étranger, ni nodosité ; mais de vives douleurs se faisaient sentir au col de la vessie, avec pesanteur au périnée, fréquens besoins et difficulté d’uriner; un bubon douloureux et enflammé occupait l’aîne gauche.' Sous l’influence d’un traitement antiphlogistique, le bubon disparut promptement par résolution , et les douleurs urétrales diminuèrent; mais l’écoulement persista, se montra parfois sanguinolent , et il y eût même une hématurie qui effraya le malade. Après plusieurs alternatives de bien et de mal, le malade sentît, dans le trajet du canal de l’urètre , un prurit insolite et douloureux. Le chirurgien explorant alors l’urètre, aperçut vers la fosse naviculaire une pointe de corps étranger qu’il saisit, et dont il fit l’extraction : c’était une arête courbe, transparente et longue de dix lignes. ( Arch . t. XVIII, p. 435.)
Obs. i 65 . — Calcul vésical pris pour une tumeur de Vovaire. —■ Une femme, âgée 34 ans, était en travail; la sage-femme et le médecin appelés, découvrirent une tumeur dure, irrégulière, d’environ quatre pouces de longueur sur trois de largeur, située h droite
DU DI 4 PN 0 $TIC. , 9 ô
et près de l’échancrure sacro-sciatique et laissant à peine un espace de deux pouces et demi pour le passage dè la tête. Cette tumeur fut regardée par le chirurgien comme une induration squirrheuse de l’ovaire droit. Mais la malade ayant succombé, bien que la tête de l’enfant eut été perforée et l’accouchement terminé, on découvrit que la tumeur était un énorme calcul contenu dans la vessie. {Archives, t. XIX. p.6io. )
Obs. 166. — Calcul dans une cystocele pris pour un squirrhe. — Dans un cas de cyslocèle inguinale qui descendait au fond du scrotum, au-devant du testicule aplati et atrophié , un calcul urinaire fut pris pour un squirrhe. Pott ne reconnut la nature de la maladie qne pendant ^opération. {OEuv. chirurg. trad. Fr. t.I. p.488.)
Obs. 167. —- Un chirurgien de campagne, voyant une tumeur inguinale, circonscrite sans changement de coulèur à la peau , la crut un bubon vénérien squirrheux. Obtenant peu d’effet des émolliens, il y appliqua un caustique et incisa l’escharre. Il fut bien étonné quand il aperçut une pierre dans le sac qu’il avait ouvert') et quand la sortie de l’urine ne lui laissa plus apcun doute sur l’erreur qu’il avait commise.
Obs. 168. — Uretères dilatés. Erreur de oathété- PÎsmç. — Un jeune homme avait tous les signes de la pierre. J^a sonde pourtant ne put pas ^a rencontrer. A ç seconde tentative la pierre est distinctement sentie, et la vessie,qui avait d’abord paru fort longue, sembla très-petite. D’autres praticiens à qui le malade
fut confié, obtinrent des résultats analogues du cathétérisme. Le malade étant mort sans avoir été opéré, on trouva le calcul dans la vessie qui était très-petite sans cellules et sans appendices; mais Pembouchure des uretères très-rapprochée du col de la vessie était en outre assez dilatée pour offrir un libre passage à la sonde, et induire en erreur le chirurgien le plus expérimenté par cette espèce de fausse route. (Lassus. Méd. opér. T. I. p. 3 1 4 *)
Obs. 169, — Erreurs produites par la dilatation des uretères . — La sonde pénètre dans Vuretère. •— Pierre méconnue trouvée à Vautopsie. Un jeune homme avait les signes de la pierre, le cathétérisme l’avait reconnue. Pelletan l’ayant sondé un jour qu’il avait de la peine à uriner, ne sentit point la pierre, eut de la peine à mouvoir sa sonde, et donna issue seulement à une petite quantité d’urine. A quelques heures de distance, un autre chirurgien évacua par le cathétérisme plus d’une pinte de ce liquide. Le malade étant mort quelques jours après, l’ouverture faite en présence de plusieurs chirurgiens qui avaient pensé, les uns que l’obstacle h la mobilité de la sonde, alors que Pelletan avait sondé, tenait à ce que la pierre était en partie engagée dans le col, les autres, que l’opérateur avait fait une fausse route, fit voir leur erreur et démontra la vérité de l’opinion de Pelletan qui avait pensé que cela tenait à ce que le bec de la sonde s’était introduit dans l’orifice d’un des uretères très-dilatés. Chopartcité par Boyer. T. 8, p. 55 1.
“Obs . 170. — Pierres enkystées, Hollier parle
d’un marchand qui avait tous les signes de la pierre, seulement on ne put jamais la reconnaître par la sonde, il mourut, et on trouva deux pierres enkystées, chacune dans une enveloppe particulière, et pesant chacune deux onces et demie. Mém. de Vacad. de chirurgie , t. i, p. 4 o 3 .
Obs. 171. Pierres enkystées méconnues. Schenkius parle d’un malade qui avait tous les symptômes de la pierre, excepté ceux que la sonde fournit; il fut taillé; on ne trouva aucune pierre : à l’autopsie, on trouva trente-deux pierres enveloppées chacune par une poche particulière. Ces pierres remplissaient toute la cavité de la vessie, il ne restait qu’un passage à l’urine. Mém. de Vacad. de chirurgie. T. 1, p. 4 o 3 .
Obs. 172. — Une tumeur située au-dessus de l’ombilic, chez un officier, ayant été ouverte,il en sortit du pus fétide. Quelques jours après, en sondant la plaie, on sentit, après un trajet sinueux de deux pouces , un corps dur qu’on attira avec des pincettes , et qui fut reconnu pour un calcul biliire. Les adhérences établies permirent au malade de guérir, en conservant toutefois l’ouverture fistuleuse. Mém. acad. chirurgie. T. 3 , p. 470»
Obs. 173.— Ulcères entretenus parla présence d'un corps étranger méconnu. Un homme portait de puis vingt ans entre le grand trochanter et l’ischion un ulcère fistuîeux qui se rouvrait ou se fermait cinq ou six fois chaque année. Cet ulcère survenu à la suite de l’ouverture d’un abcès, fut traité à différentes reprises par plusieurs incisions, sans que jamais la gué-
risôn fut durable. J. L. Petit pensa qü’il devait ÿ avoir un corps étranger ou un sinus oblique qu’il fallait mettre à nu. Il existait effectivement une pièce d’os séparée dépuis long-temps du reste du fémur, (car aucune partie des os de la région n’étâit à nu)* située au fond d’un trajet très oblique, qu’il ne put atteindre que par deux incisions successives. Le malade fut guéri en moins d’un mois. J. L. Petit. T. 2, p. 35 .
Le même auteur rapporte encore deux observations tout-à-fait analogues.
Obs. 174. Concrétions formées dans les fosses nazales autour d’un noyau de cerise prises pour un polype . L’extraction a été suivie de guérison. Savialles. Bulletin de la faculté. T. 4 ? P- 4 II r 1 8 i 5 .
§ VIII. Erreurs de diagnostic , provenant de ce qu’il existe une disposition anormale , congénitale ou acquise dans la partie malade ou dans celle avec laquelle on la compare.
Les vices de conformation originels étant, pour ainsi dire, soumis à des lois, en vertu desquelles ils se reproduisent à peu près toujours les mêmes, le chirurgien évitera d’autant plus sûrement la méprise dans laquelle ils peuvent entraîner qu’il sera plus familier avec l’étude et la connaissance de ces aberrations. Quant aux vices acquis, il est difficile de prévoir toutes les circonstances dans lesquelles ils feront naître l’erreur. Mais celui-là commettra le moins de fautes qui, à la vue d’une partie déformée, n’omettra pas de
s’enquérir s’il n’y avait pas une difformité antérieure et qui fera la même demande en comparant une partie latérale du corps à celle qui lui correspond du côté opposé.
Obs. 175. — Enfoncement ancien du crâne pris pour une fracture récente. — Platnér raconte qu’un homme étant tombé du troisième e'tage d’une maison, perdit le sentiment, et resta quelque temps dans un état de stupeur. Les cheveux étant rasés, on vit un enfoncement large et profond du crâne , sur lequel la peau n’était nullement lésée. Le malade s’étant réveillé , et craignant qu’on 11e lui fit une incision, dit que cet enfoncement n’était point un accident de sa chute , et qu’il le portait depuis son enfance. Il n’éprouva aucun symptôme fâcheux, et se rétablit promptement. Bojer, tome V, p. 62.
Obs. 176. — Plaie de Vête ; suture sagittale prise pour une fracture. — Un enfant de quatre ans et demi reçut, à la partie supérieure du pariétal droit , le choc d’un manteau de cheminée tombant d’une seule pièce; ce qüi lui fit une contusion de la grosseur d’un œuf de poule. Perte subite de connaissance, qui dura deux heures ; écoulement de sang par la bouche. Soupçonnant une fracture, M. Dru découvrit l’os par une incision en T. Le péricrâne fut trouvé intact. Le jour suivant, des mouvemens convulsifs s’étant manifestés, un des consultans voulut qu’on mit l’os à découvert. On détacha donc le péricrâne, et l’on reconnut une fracture. Le lendemain, on reconnut que la prétendue fracture n’était autre
chose qu’une portion de la suture sagittale qui était déviée du côté droit, et qui, au lieu d’être dentée était squammeuse, de telle sorte que le pariétal gauche chevauchait sur le pariétal droit d’environ deux lignes : les accidens augmentant, on trépana , et les accidens se dissipèrent graduellement. Mémoire de l'Acad. de chir. % 1.1, p. 201.
Obs. 177. — Plaie de tête ; suture sagittale prise pour une fracture. — Un garçon de vingt-deux ans fut blessé à la partie supérieure du pariétal droit par un morceau de bois lancé de haut. Perte subite de connaissance, mouvement convulsif. Un chirurgien , sondant la plaie, prit la suture sagittale pour une fracture. M. Feste, se doutant de cette méprise, fit une incision cruciale, et reconnut l’erreur. Les accidens étant très-graves, M. Feste fit une incision sur la partie inférieure dû pariétal, reconnut une double fracture et appliqua le trépan, qui eut un plein succès. Mémoire de l’Acad, de chir. , t. I, p. 21 3 .
Obs. 178.— Saucerotte, p. 362 de ses Mélanges de chirurgie , cite l’observation d’un os wormien qui fut pris pour une fracture, et qui aurait fait pratiquer l’opération du trépan , si Nouvelle ne s’y fût opposé. La mort, survenue six ans après, permit de constater le fait par l’autopsie. Robert, Progrès , t. VII, p. i 85 .
Obs. 179 .—Déviation de là cloison desfosses nasales prise pour un polype. — « Quelquefois , dit » M. Richerand, Nosographie chir., t. IV, p. 325 , la » cloison des fosses nasales est tellement déjclée d’un
aoi
» côté, que l’on croit voir un polype. Un chirurgien » s’y trompa , déchira une portion de la membrane pi- » tuitaire, et mit l’os à nu en voulant arracher le faux » polype à une demoiselle du faubourg Saint-Ger- » main. »
Obs. 180. Sarcocele du testicule resté dans Vaine , pris pour une hernie épiploïque. Un homme d’une cinquantaine d’années portait à l’aine droite une tumeur cancéreuse ulcérée. Ce malade racontait, que lorsque cette tumeur commença à devenir douloureuse,il consulta deux chirurgiens herniaires, dontl’un diagnostiquant une épiplocèle , proposa l’amputation, et dont l’autre lui vendit deux bandages qu’il ne put porter. Enfin un guérisseur de cancers avait appliqué sur cette tumeur un caustique qui avait fait un ravage effrayant. Aucun n’avait remarqué, qu’il n’y avait pas du côté malade de testicule dans le scrotum. — L’état avancé de la maladie engagea Pott et Ilollingworth à se borner aux palliatifs. L’autopsie montra un cancer du testicule non descendu dans les bourses. Pott. œuv. chir. T. II. p. 3 o
Obs. 181 Testicule resté à Vanneau , pris pour une hernie. Pott raconte qu’un, pauvre homme qui vint le consulter pour une enflure qu’il avait à l’aîne avait été traité par des charlatans qui lui avaient appliqué une fouîe’d’emplàtres. Dans sa jeunesse il avait porté un bandage pour contenir cette tumeur, et avait été forcé de l’abandonner sans en éprouver aucun accident. Ayant été atteint d’une gonorrhée qui disparut subitement, il vit la tumeur de l’aîne augmenter.
Pott reconnut uue inflammation du testicule qui céda facilement aux moyens appropriés. Percival, Pott. œuv. chir. T. II. p. 28.
Obs. 182. Contusion du testicule , prise pour une hernie étranglée. Un jeune homme robuste, étant tombé sur une pièce de bois, qui le frappa dans l’aîne, ressentit une douleur si vive qu’il en perdit connaissance, l’aîne se tuméfia rapidement; un apothicaire appelé le saigna, et le lendemain, apprenant du malade qu’il avait dans l’aîne une descente qui n’avait jamais été réduite parfaitement, fit inutilement quelques efforts de réduction, et voyant une tache noire crut à l’existence d’une hernie étranglée et fit appeler Pott. Ce chirurgien trouva la tumeur douloureuse, enflammée ; il y avait des vomissemens, de la constipation. Ces signes et les antécédens lui firent croire à une hernie étranglée , cependant avant d’opérer il voulut essayer un fort purgatif qui produisit une évacuation abondante, on eut ensuite recours aux émolliens, et bientôt on reconnut que tous les accidents étaient dûs à une contusion du testicule, resté à l’anneau. Pott. œuv. chir. T. II. p. 24
Obs. 1 83 . Testicule squirrheux pris pour un bubon. Un homme de moyen âge portait à l’aîne une tumeur ovale,indolente, mobile, plusieurs chirurgiens l’avaient prise pour un bubon ou un buboncèle. La pression exercée pour la réduire devenait le siège de douleurs qui s’étendaient jusque dans le dos. Il n’y avait pas de testicule de ce côté. Depuis deux ans cette tumeur était devenue dure,squirrheuse. Pott reconnut un sarco-
DU DIAbtidSTlC. 203
cèle et voulût l’enlevér. Sur ces entrefaites M. Griffins ayant examiné la tumeUr soutint que c’était une tumeur d’autre espèce, et susceptible de résolution. Sorti de l’hôpital, le malade entra ensuite à l’hôpital Saint Georges ôü il fut opéré : là turriëtir était dti squirrhe. Pott. œuv. chir. T. II. p. 29.
Obs. 184. — împerforation du vagin , âébïderis causés par la rétention des réglés pris pour Une sciatique .— Fabrice d’Aquapendente rapporte cjii’on traita long-tenips comme atteinte d’un goutté sciatique line jeune fille de ï 3 ans chez laquelle l’hymeh imperforé ne permettait pas l’issue libre des réglés. Lés douleurs dans les reins, dans la hanche et dans les cuisses avaient été la cause de cette erreur; la jeûné fille était ail dernier degré du marasme quand Fabrice fut appelé, recorihüt 1 & ihaladie ét la guérit par une opération convenable. Œuvres chirurg. de Fab. d’Aquapendente, Lyon, 1674, p- 74 2 *
Obs. i 85 . — Absence de là partie inférieure du vagin , prise pour Une iriiperforation de l’hymen. — Üné dèhiôisélle dé 21 ans avait employé depuis huit anssàrts succès tous les emménagogues. Le vehtre était irès-gonflé ëtdur, et Une espèce de zône étendué d’un Côté à l’autre, à la hàiilelib du nombril. On reconnût enfin l’imperforation du vagin. On fit uneincisioh qui pénétra dans un grand vide et donna issue à un écoulement de sang assez abondant. On croyait avoir pénétre dans le vàgih ; mais, la malade étant morte trois jouis après, on s’aperçut, à l’ouverture de son corps , que l’incision avait pénétré dans la vessie. Le vagin
ao4 des erreurs
manquait complètement dans sa partie inférieure; sa partie supérieure et la matrice étaient très-dilatées par le sang. De Haen cité par Sabatier, méd. op.
1824, t. IV, p. 4 4 o.
Obs. 186. — Distension énorme des lymphatiques prise pour des hernies. —Tumeurs disparaissant dans la position horizontale, paraissant dans la verticale, développées dans les deux régions inguinales, prises pendant six ans pour des hernies crurales et contenues par un bandage. A la mort, on trouva tous les lymphatiques au-devant de la colonne vertébrale dilatés énormément et remplis de pus; les deux tumeurs, formées par des pelotons de vaisseaux lymphatiques , aussi pleins de pus, offrant des rétrécissemens et des cavités de la capacité d’un noix, communiquant avec les autres par l’arcade crurale. (Amussat, Journ. de physiol ., t. X, p. 22 ). Ces vaisseaux ressemblaient à d’énormes varices ; ils furent insufflés et injectés au mercure.
Obs. 187. Le nommé Ch. se fit rentrer dans
l’abdomen le testicule gauche à l’âge de 7 ans. Dix ans après il fut attaqué de divers symptômes simulant ceux d’une hernie étranglée dans la région crurale ; l’opération pratiquée fit reconnaître le testicule, qui était sorti par l’arcade crurale. Journal de Leroux , t. XVII, p. 34 .
Obs. 188. — Communiquée parM. Maisonneuve.
— Un jeune homme de 22 ans se présenta avec un rétrécissement de l’urètre datant de plusieurs années. Tous les moyens dilatans furent vainement employés, le malade succomba. A l’autopsie on trouva la vessie
hypertrophiée, les uretères énormément dilatés et les reins désorganisés. Le rétrécissement de l’urètre était d’une consistance cartilagineuse, et paraissait produit par la présence d’une stalactite osseuse développée derrière le pubis, et dont la pointe touchait l’urètre. Il y avait eu fracture du pubis.
Obs. 189 — Tumeur avec ecchymose prise pour un anévrisme en raison d’une anomalie artérielle - Un homme à la suite d’une longue marche , ressentit une vive douleur le long delà jambe , au tiers inférieur de laquelle se manifesta une tumeur. La peau qui la recouvrait était jaunie par le sang extravasé, et on y sentait un battement qui soulevait la main. Pelletan prenait cette tumeur pour un anévrisme lorsque, comparant le membre sain au côté malade, il reconnut au premier un battement artériel semblable et dans la même longueur. Il s’assura alors que le battement n’occupait pas la totalité de la largeur de la tumeur, que par conséquent on devait l’attribuer à une position superficielle et anomale de l’artère tibiale antérieure. La tumeur et l’ecchymose, disparurent en effet sous l’influence du repos. Il est probable que la rupture de quelques fibres musculaires fut cause de tous les accidens. Pelletan. Clin. Chir. t. 1. p. 101.
§. IX. — Erreurs de diagnostic , provenant de ce qu’une maladie est excessivement rare ou de ce qu’elle 11’a jamais été observée.
Pour peu qu’une affection de ce genre offre des
2 o6 DES ERREURS
symptômes qui aient quelqu’analogie avec une maladie connue, il sera bien facile de s’y laisser tromper. La rareté d’une maladie est absolue, ou bien elle est relative au chirurgien qui commet la méprise, et dans ce cas, elle reconnaît pour cause son ignorance des faits qui existent dans la science, ou son inexpérience, ou enfin son peu de mémoire ou de sagacité qui ne lui permet pas d’appliquer au cas actuel les notions qu’il a déjà acquises. On conçoit que les découvertes dont s’enrichit la science retirent à une maladie le caractère de rareté qu’elle présentait autrefois.
Le mémoire de Louis sur les tumeurs fongueuses de la dure mère renferme un assez grand nombre d’erreurs de diagnostic, causées par le défaut de connaissances précises sur ce sujet.
Obs. 190 — On prit pour un anévrisme une tumeur pulsative, située ou sommet de là tête d’un homme de 55 ans. Le bandage compressif conseillé en conséquence de cejtte opinion, o e put être supporté. A l’autopsie, on trouva le crâne perforé par une tumeur fongueuse de la dure mère. Loc. Cit. p. 4 .
Obs. 191 .—Ambroise Paré,rapporte qu’une tumeur analogue lui sembla un anévrisme et qu’il empêcha qu’on l’ouvrît, ce que voulaient faire plusieurs médecins , qui pensaient qu’elle contenait du pus. Un barbier en fit l’ouverture quelques jours après. Le malade mourut. Le crâne était perforé. L. G. p. 10 .
Obs. 192 . — Sivert rapporte qu’une tumeur de même nature fut ouverte, et que le malade mourut
DU DIAGNOSTIC. ao 7
d’hémorrhagie malgré les précautions qu’on avait prises pour arrêter le sang. P. 14 .
Obs. 195 . — Une tumeur du mêmegenre chez une femme allait être ouverte, lors que Museux, deRheims s’y opposa; la reconnaissant pour une hernie du cerveau; p. 15 . La même erreur fut commise dans un autre cas , p. 24 .
Obs. 194 . *— On mit à découvert par une incision cruciale une tumeur fongueuse située au niveau du coronal perforé. Immédiatement après, le malade tomba dans le coma; le cinquième jour, il mourut. E. 21.
Obs. 195 .—Une tumeur plate et indolente sur la suture sagittale fut prise pour une loupe. On appliqua sur elle un caustique; quelques jours après il y eut des mouvemens convulsifs. Le malade mourut le huitième jour ; la tumeur était fongueuse et passait à travers une destruction des pariétaux. P. 25 .
Obs. 196 . —- Une tumeur circonscrite existait au sommet de la tête d’un homme de 54 ans. Heister la prit pour une loupe, bien qu’elle fût plus rénitente et moins mobile que les tumeurs extérieures ordinaires, il entama les tégumens avec la pierre à cautère, dont l’üsage lui était familier; le surlendemain le malade mourut. C’était une tumeur fongueuse de la dure mère. Thèses de Haller , t. I. p. 45 . L. C. p. 29 .
Obs. 197 . —-Un enfant de 2 ans portait une tumeur au-dessus de l’oreille droite ; l’incision faite par Contador, n’en fit sortir qu’un peu de sang noir. Le
lendemain l’enfant mourut. Le pariétal était détruit par une tumeur fongueuse de la dure mère. P. 51 .
Obs. 197 .—Saltzman rapporte qu’une tumeur de cette nature fut traitée par l’incision, puis par l’extirpation partielle ; le malade mourut. ( P. 34 . )
Obs. 198 .—Une femme de 47 ans avait une tumeur qui j à la suite de plusieurs contusions , avait acquis un volume énorme, elle était située sur le pariétal. On l’embrassa par une ligature. A la chute de la tumeur on reconnut la nature de la maladie. La malade mourut dans les convulsions. ( Louis. Mém. acad. chir. , t. V. p. 1 .
Obs. 199 .— Êncéphalocèle prise pour une excroissance charnue. — Pigray rapporte qu’il appliqua des caustiques sur une tumeur grosse comme un œuf de pigeon , et en apparence formée de chairs baveuses qu’une petite fille de 6 ou 7 ans portait sur le coronal, où. elle avait eu une fracture un an auparavant. Aussitôt après l’application dtt caustique, l’enfant pâlit, eut des vertiges et les yeux égarés. Je lavai , dit Pigray, aussitôt la tumeur avec du vin pour ôter le plutôt possible le caustique que je venais d’appliquer, et je reconnus que la tumeur était formée par la propre substance du cerveau qui avait soulevé la dure-mère. La maladie fut guérie par l’application de compresses et d’un bandage qui repoussèrent doucement, et de jour en jour, la tumeur dans la cavité du crâne. (Êpitome , livre 4 , chap. IX.)
Obs. . 00 .— Hernie du cervelet chez unefdlede 22 ans. — Lallement présenta à la Société de médecine la
tête d’une fille de 22 ans, qui portait au-dessus de la protubérance occipitale externe une tumeur du volume d’un gros œuf, à base étroite et enfoncée. Elle était formée, en partie, par du tissu cellulaire, et contenait à son centre une portion du cervelet qui passait à travers une ouverture du crâne. ( Bulletin de la Faculté de médecine , 1813 , t. IY, p. 551 . ) Obs. 201. —Encéphalocèle pris pour une tumeur extérieure au crâne. — Une petite négresse naquit sans rien offrir d’anormal. Au bout de quatre semaines on vit apparaître une petite tumeur un peu en dedans de l’apophyse mastoïde droite où elle faisait une saillie d’environ un demi-pouce au-dessous des parties voisines ; elle paraissait très-adhérente à l’os , et resta dans le même état pendant deux ans. Alors croyant avoir affaire à une tumeur extérieure au crâne, on tenta de l’enlever, mais à peine les tégumens étaient-ils divisés qu’une matière médullaire blanchâtre se présenta à la vue de l’opérateur, et en même temps l’enfant cessa de crier, et tomba dans une espèce de coma. Les lèvres de la plaie furent aussitôt rapprochées, et en six semaines l’enfant fut rétabli. C’était une hernie du cervelet, comme le démontrèrent un examen plus attentif de cette tumeur qui grossit considérablement par l’addition d’une tumeur semblable du côté opposé, et sa dissection faite à la mort du sujet qui eut lieu dans la dix-septième année. (Bennet, Gaz. méd. , 1854 , p. 667 , extrait d'un journal américain. )
Obs. 202 . — Tumeur fibreuse de la cinquième paire ,
simulant un polype du nez. Uïl forgeron, âgé de 23 ans, ressentît tous les symptômes qui dénotent un polype des fosses nasales. L’affection siégeait à gauche, et la joue de ce côté était le siégé d’tiii gonflement. Des tentatives d’extraetiùn dé la tUtnêutf furent faites infructueusement, et à plusieurs repfî* ses par le docteur del Grecô * et paé le professeur MenicL A chaque traction) il semblait aü malade qu’on lui entraînât en même tëmps la joue et l’oreille gauche. Enfin, Une nouvelle tentative aussi inutile fut faite par le professeur Vacfca Berlinghieri et six jours après le malade succomba âvêfi tous les symptômes d’une inflammation cérébrale; A l’autopsie on trouva que le nerf maxillaire supé*rieur immédiatement après sa sortie du crâné donnait naissance à une tumeur , qui paraissait provenir de son névrilème, occupait la profondeur de la fosse zygomatique et dont une division s’insinuait par le trou sphéno-palatin dans les fosses tiâsaies où elle se renflait et formait la tumeur mobîlè qu’on avait prise pour urt polype; { Atehivëè » t. 23 ) p. 431 . )
Obs. 203 . — Anévrisme de l’artère ménihijêe fnoyémê. — A la suite d’un coup violent reçu dans la régiOit temporale gauche, une paysanne vit se développer une tumeur dure-) mobile, arrondie * qui acquit lé volume d’une noix. Le chirurgien Considéra la tumeur comme un kyste, et le docteur Krimer parta* gea son opinion, et conseilla i’ehlèvement. Le chirurgien fendit la peau, puis le muscle temporal
DU DIAGNOSTIC. 21t
dans le sens de ses fibres, et disséqua latühieur qui parut tenir au périoste par tin pédicule du volume d’une jdume à écrire qui fut considéré comme fibreti*, et Coupé près du crâne; à l’instant même uü jet de Sâng artériel parut sortir de l’os , et la malade perdit près d*une livré et demie de sang; la plaie fut tamponnée , mais au bout dé deux heures là malade perdit connaissance et mourut. L’exame. dé là tümèur apprit que c’était Un Sac anévrysmal qüi provenait dé l’artère méningée moyenne et communiquait avec elle par un canal étroit, traversant là sütüre fronto - pariétale. L’artère méningée moyenne avait acquis dans le crâne le Volume du petit doigt, et un épanchement d’unè Once et demie de sang se remarquait à la base du crâne. Journ. des Progrès, t. 10, p. 257.
Obs. 204. — Hernie du poumon dans line plaie prise pour une portion (tépiploon, — Lé domestiqué d’un marinier fut blessé à la partie antérieure et inférieure de la poitrine. Le chirurgien appelé prenant Utté portion de poumon qui sortait par la plaie pour un lambeau de l’épiploon, y fit Utte forte ligature. Ruysch reconnut la méprise , mais laissa les choses telles qu’elles étaient, après la Chute dé l’escarre lé malade guérit. Ruysch. Obs. anat. chirurg. Obs. LUI, p. §0.
Obs. 205 .—Hernie du poumon dans la région du cou. —Une fille de 18 ans se présenta à la consultation dé l’Hôtel-Dieu, portant sur le côté droit du cou une tumeur d’un volume variable qui ne dépassa jamais
celui du poing, s’élève de la clavicule au niveau du cartilage thyroïde, et présente une base large qui semble s’enfoncer sous la clavicule. Cette tumeur indolente, molle, élastique, disparait sous la compression exercée de haut en bas, reparaît quand la pression cesse, et surtout quand la poitrine est serrée par un corset; à l’aide du stéthoscope, on y perçoit nettement le bruit respiratoire. M. Breschet pense avoir affaire à une hernie pulmonaire qu’il attribue à l’usage des corsets trop serrés. ( Journal des progrès , t. XVI ? p. 272. )
Obs. 206. — Il se présenta , à l’Hôtel-Dieu , un jeune homme de 25 ans qui portait sur la circonférence du haut de la cuisse gauche une tumeur sans changemens de couleur à la peau molle, et offrant une apparence de fluctuation. Elle n’offrait aucune espèce de battemens. Pelletan la prit pour un abcès froid ou par congestion, traita d’abord le malade par des remèdes antiscrofuleux, et par l’application de diachylum sur la tumeur. Il lui sembla que la fluctuation augmentait, alors il fit une incision sur un escarre préalablement obtenue par la pierre à cauthère. Il ne sortit que des caillots de sang privés de leur matière colorante, en quantité considérable à chaque pansement par la compression exercée sur la tumeur. Bientôt une suppuration sanieuse et la gangrène vinrent emporter le malade. Une grande quantité de la même substance fibrineuse était épanchée dans les intervalles qui séparent les muscles de la cuisse. Le foyer répondait à l’artère nourricier du
fémur corrodée, dilatée, et irrégulièrement entr’ou verte. ( Pelletan, t. II, p. 40. )
Obs. 207.—Pochard, militaire, âgé de 26 ans, portait au pli du bras une tumeur sans changement de • couleur à la peau, sans battemens, avec une fluctuation sourde. Pelletan la regarda commeune tumeur enkystée, et l’ouvrit avec de la pierre à cautère. Il n’en sortit que des caillots de sang. Le doigt sentit au fond quelques pointes osseuses. Malgré un écoulement de sang en nappe, que réprima la compression, le malade guérit. La maladie se reproduisit bientôt, le même chirurgien fit une opération analogue à la première ; quinze mois après, la maladie récidiva encore. Le malade se confia alors aux soins de Boyer, qui enleva la tumeur par deux incisions elliptiques , et six mois plus tard il fut obligé de faire l’amputation pour une quatrième récidive. Malgré l’opinion de ces chirurgiens, il est à peu près certain qu’il s’agissait d’un cancer cncéphaloïde. (Boyer lui-même avait rèconnu, en dernier lieu , la nature cancreuse de F affection que dans sa première opération il avait pris pour un anévrisme.) (Pelletan, clin, chir., t. II, p. 14 j Boyer, mal. chir . t. II, p. 412, )
Obs . 208.—*-Un homme de 25 ans portait à la partie supérieure externe de la jambe , du côté droit, audessous du genou, une tumeur du volume d’un gros œuf de poule dinde, survenue depuis six mois sans cause connue. Au troisième mois de la maladie, le chirurgien, regardant la tumeur comme un abcès
froid, y plongea un bistouri 5 mais an lieu de pus il ne donna issue qu’à du sang épais , noir qt à demi coagulé. Il se hâta d’arrêter l'évacuation par un pansement convenable. La plaie se cicatrisa sans aocidcns. . •
Pelletan reconnut la nature de la tumeur* et après quelques essais qui curent pour Eut la conservation du inembrej, se décida à d’amputation. La tumeur était formée par du sang provenant, selon lui, de la lésion d’une d es branches de la tibiale antérieure, et qui avait rongé tout le condyle externe du tibia, et fourni le sang dont la masse coagulée formait la tumeur. ( Clin, çliir ., t. II, p. 41,)
Obs. 209.— Exostose dp la première phalange du gros orteil, prise pour une verrue. Cautérisation, —-Une jeune femme de 25 ans portait depuis deux ans sous l’ongle du gros orteil une tumeur qui d’abord fort petite avait soulevé l’ongle et l’avait déformé, La malade consulta alors un maréchal expert qui croyant reconnaître une verrue la cautérisa. Le mal ne fit que s’accroître, l’ongle se recourba fortement en arrière , les douleurs vives que cette malade éprouvait la firent entrer à l’Hôtel-Dieu oh Lupuytren reconnaissant aussitôt une exostose delà première phalange, en fît l’ablation, (Dupuytren,. City, chir., t. III, p. 415,)
Obs. 210,— Hernie musculaire méconnue simulantune hernie. — Un ouvrier âgé de 53 ans, en faisant un essai pour porter contre son ventre une caisse du poids de 150 livres, sentit une douleur accompa-
gnée d’un craquement à la partie interne et supérieure die, la cuisse ; il tomba en syncope et revenu à lui jl ne put se relever et sentit, dit-il, quelque chosp d’embarrassé dans la cuisse. On aperçut alors une tumeur grosse comme une noix, située à la partie interne de la cuisse ; et qui en 4 mois atteignit le volume d’un œuf de poule. Elle gênait un peu le malade en marchant et faisait à 4 pouces audessous du ligament de FaUope, une saillie indolente, pâteuse, mobile , qui semblait s’enfoncer dans les muscles, mais que le malade pouvait faire saillir en portant la cuisse dans la flexion et la rotation en dehors et qu’on pouvait alors saisir facilement. Incertain sur la nature de la maladie; on pratiqua â la peau une incision qui permit d’apercevoir l'aponévrose fascia-lata déchirée et un corps mou et rougeâtre engagé dans l'ouverture, la déchirure du fascia-lata fut agrandie et la tumeur cherchée, et ce ne fut qu’après cette recherche infructueuse qu’on commença à soupçonner que la maladie pourrait bien être une hernie musculaire, ce qui devint certain quand, par suite des mouvemens indiqués, le malade fit engager dans l’ouverture aponévrotique, une portion du muscle premier adducteur. ( Journ . des progrès, 1850, t.Sj, p. 257.)
Obs. 211.—- Luxation de l’épaule en arrière méconnue. -v M. .... âgé de 41 ans eut l’épaule lésée dans un accès desomnambulisme pendant lequel il lutta contre les personnes qui voulaient le réveiller. Le premier médecin sans être sûr de la nature delà lésion,
la traita long-temps comme une fracture de la clavicule. A la suite de ce traitement; les mouvemens restèrent abolis malgré les embrocations et autres remèdes continués pendant 5 mois. A cette époque le malade consulta un grand nombre de chirurgiens dont les uns certifièrent qu’il n’y avait ni fractures ni luxation, et que l’affeclion était inflammatoire , les autres reconnurent une luxation, mais la jugèrent irréductible. Un chirurgien de la garde nationale regarda même la maladie comme simulée. Ce ne fut guère qu’un an après que la maladie fut reconnue bien positivement pour être une luxation dans la fosse sous-épineuse, d’après des signes qui sans doute n’ont pas été appréciés facilement en raison de l’extrême rareté des luxations de cette espèce. La luxation fut réduite malgré ce laps de temps par M. Sédillot. ( Gaz.méd ., 1834, p. 129.)
Obs. 212. — Plaie de l'artère crurale. — Luxation du fémur en haut et en avant méconnue. — Une jeune fille eut les parties molles , qui recouvrent le fémur, divisées par une charrette, depuis l’épine antérieure et inférieure de l’os des iles jusque vers la tubérosité sciatique. L’hémorrhagie qui s’en suivit fut arrêtée par la compression de l’artère sous le ligament de Fallope. La compression fut cessée le lendemain. La chaleur et la sensibilité se conservèrent. Le neuvième jour, hémorrhagie foudroyante. Mort. L’artère crurale, ouverte au niveau de Taine, avait été comprimée entre le ligament de Fallope et la tête du fémur luxée en haut et en avant. Le gonflement
traumatique des premiers jours, en cessant à mesure que la suppuration s’établit, laissa une détente telle, que la crurale devint libre. Miriel, Thèses , 1810, n° 77, p. 16.
Obs. 215. — Tumeur développée dans le médias tin antérieur , contenant un fragment d'os et des dents , prise pour un anévrisme. — Une femme de 21 ans est prise des symptômes de pneumonie, conserve de la toux et une expectoration purulente. Une tumeur arrondie, de la grosseur d’une noix, offrant des pulsations régulières et très-fortes, paraît au voisinage de l’extrémité sternale de la clavicule droite. D’après le siège et les caractères indiqués, tous les médecins consultés diagnostiquent un anévrysme, soit de l’aorte, soit du tronc brachio-céphalique, et la malade est soumise au traitement de Yalsalva. L’autopsie apprit que c’était un kyste placé sur l’aorte.
§. X. Erreurs de diagnostic , provenant de ce quil existe dans la science des opinions erronées.
On peut rapprocher des erreurs qui précèdent celles qui sont le résultat des idées fausses actuellement répandues sur quelques-uns des points de la science. Alors un chirurgien, quoique parfaitement instruit, méconnaîtra cependant la véritable nature de la maladie. Nous n’en pouvons fournir d’exemple plus frappant que celui qui a trait aux fractures de l’extrémité inférieure du radius.
Obs. 2i4- — Fracture de l'extrémité du radius
s?l8 DES ERREURS.
simulant une luxation, du poignet,, n Un maçon, tombé d’nn ljçn tré^-élçvé, fiat apporté, à l’Hôtcl-Dieu avec des plaies nombreuses. Il succomba à une facture du crâne. Il avait présenté au poignet un déplacement ayec, tous les symptômes attribuée à la luxation du carpe en arrière. Pelletan* chirurgien en chef, se prononça pour une luxation, Dupuytren n’y vit qu’une fracture* La nport du blessé offrit un, moyeu de décider la lotte* La luxation, était si bie$ simulée, que, jusqu’au dernier coup de scalpel, Pellet.an se crut triomphant j enfin, les ps étant séparés, qn reconnut une fracture de la partie inférieure de l’avant-bras. L’articulation était intacte. (Malgaigne. méfàç, iSdm p* 790 .) .
Obs, 2i5, — Déçollemmt de. Fëpipkjsçj du radius , pris pour une UmHrn- ^ Un jeune homme, âgé de Ih ans, tombe d’un arbre dans le jardin du Luxembourg ; il se luxe l’avant*bras en arrière ets’endomma# ge assez sérieusement le poignet du même côté. On croit reconnaître une double luxation, l’une au poignet , l’autre aq coude. On fait des efforts pour les réduire. Les parties sont remises à peu près à leur place naturelle. Onappliqueun appareil contentif.Phlegmon interne, gangrène, mort, A- l’autopsie on a reconnu que la prétendue luxation du poignet, n’était qu’un décol* lement de l’épiphyse inférieure du radius. (Rognetia.
Gaz . médic. 1 834* P* 5 » 40
§. XI. — Erreurs de diagnostic provenant de ce que l'exercice d'une fonction amène des change mens anatomiques qui simulent une maladie.
C’est surtout à la grossesse que sont dues de pareilles méprises $ soit que |’on prenne l’utérus distendu par le produit de la conception pour une autre lésion, spit que l’op pommette la méprise inverse. Ç’emploi du stéthoscope rend actuellement l’erreur à peu près impossible, quand il s’agit d’une grossesse arrivée au cinquième mois et que le germe est vivant 5 mais,sauf ce cas, il faut convenir que rien n’est plus facile que de confondre l’état de gestation avec quelqu’affection des organes voisins ou de l’utérus lui-même.
Obs. 216 .—Grossesse prise pour une tumeur cancéreuse. — Morgagni rapporte qu’on le consulta pour une jeune fille dont le ventre avait commencé à se tuméfier, neuf mois après qu’un chirurgien lui eut enlevé Une tumeur de la mamelle, qu’on disait cancéreux On craignait que la tumeur ne se fût reproduite dans l’utérus, et on ne pouvait croire qu’elle fût enceinte. Morgagni ne se prononça pas parce qu’il ne sentit pas de inouvcmens. Ca jeune fille accoucha peu de temps après. (Morg. De sed.et caus. Epist. XLVHI. §. 3.)
Obs. 21 y.— Grossesse simulée par une tumeur du rein. Üne femme de trente-cinq ans se présente à l’hôpital pour faire ses couches. Elle meurt le lendemain. On trouva une tumeur e'norme qui avait de'placé |es intestins et était formée par le rein déplacé.
et altéré dans sa texture. Miriel. Thèses. 1810, n° 77.
Ôbs. 218.—Une dame enceinte fit un chute sur le ventic, au huitième mois de sa grossesse; au terme ordinaire, elle accoucha d’nn fœtus mort et déjà en putréfaction. Quelques mois après, ses règles devinrent moins abondantes, puis Cessèrent entièrement de paraître ; vers cette époque, elle fit une nouvelle chute sur le ventre, qui détermina un léger écoulement sanguin par la vulve et des douleurs abdominales. Néanmoins le ventre continuait à grossir, et l’on sentait au-dessous de l’ombilic une tumeur globuleuse; le col de l’utérus rapproché de la vulve, présentait adroite un léger boursouflement; les seins se tuméfiaient; au bout de quelques mois l’utérus occupait la région épigastrique et figurait absolument une grossesse à terme. La malade éprouva alors des douleurs semblables à celles de l’accouchement, et l’on s’attendait à recevoir un enfant, quand on vit sortir par la vulve une grande quantité d’hydatides arrondies transparentes, plus ou moins volumineuses, et qui étaient grappées à un tissu celluleux et mêlées à des caillots de sang noir et fétide, ïl en sortit ainsi une quantité considérable ; la malade s’affaiblit et succomba. Malheureusement l’autopsie ne put être faite. Archives. T. 24, p. 286.
Obs. 219. — Hydatides prises pour la grossesse. Une femme âgée de 38 ans, mariée depuis six, ayant eu deux faussés couches à trois mois, se croyait au quatrième mois de sa troisième grossesse. Pour la mener à bon port, elle consulta M. Desgranges qui trouva le ventre plus gros qu’il ne l’est ordinairement à cette
DU DIAGNOSTIC, époque : des maux de reins, un poids à l’hypogastre, un suintement sero-sanguin par la vulve firent craindre à ce médecin urte délivrance prématurée. Au sixième mois la perte devint continue. Au septième des efforts expulsifs avaient dilate le col dans l’intérieur duquel lé doigt reconnut un corps charnu qui tendait à s’avancer. Le médecin pensa que c’était le placenta implanté près du museau de tanche. Mais il ne tarda pas à reconnaître que la circonférence de cette masse n’adhérait nulle part comme l’aurait fait le délivre dont elle n’avait ni les dimensions ni la forme. Les douleurs continuant, M. Desgranges dilatait le col avec le doigt, et faisait presser sur la tumeur de l’hypogastre. A l’aide de ces manœuvres il amena un corps alongé, tout hérissé d’hydatides. C’était comme un lacis cellulaire, trèslâche, trèsrveineux (expression de l’auteur), parsemé de nombreuses hydatides, à pédicules grêles, contenant une humeur légèrement visqiieuse.(JbM 77 î«/ de médedecine^ chirurgie et pharmacie. Nov. 1791).
Obs. 220. — La grossesse devient surtout cause d’erreur quand l’absence des parties externes de la génération empêche de la soupçonner. — Alors on attribue les accidens à la rétention des menstrues, c’est ce qui arriva au professeur Rossi , dans un cas où la fécondation s’était opérée par. un petit pertuis fistuleux établissant une communication entre le rectum et le vagin complètement oblitéré à son orifice. Cet orifice incisé, dans le but de donner issue aux menstrues, permit de sentir la tête de l’enfant au passage; l’accouchement fut heureux , et plus tard il
y en eut d’aütr69. J. des Progrès. 1827, t. 3 , p. 117.
06s. 22 n — Cystocèle vaginale survenue brusquement dhez une Jèmme récemment accouchée , et prise pour la tête d’uh deuxième enfant. Hoin rapporte qu’une femme âgée d’environ trente ans^ accouchée depuis sept jours, fit un effort assez violent. A Finstant elle sentit aux parties génitales une douleur si vive qu’elle tomba en syncope pendant un quart* d’heure. Quand elle eut repris connaissance * elle s’aperçut qu’elle avait dans le vagin une tumeur considérable, accompagnée de douleurs aiguës qui s’étendaient jusqu’au nombril. Le chirurgien qui l’avait accouchée prit cette tumeur pour la tète d’uh deuxième énfant, et les douleurs qui se succédaient les unes aux autres pour les signes d’un nouveau travail. Dans l’intention de faciliter la sortie d’un fœtus, il fit pendant long-temps dés manœuvres inconsidérées. Trois jours après, un autre chirurgien reconnut la cystocèle à une tumeur fluctuante sortant du vagin de la longueur de deux pouces, à l’absence de tension de la région hypogastrique, et au commémoratif qui lui apprit que cette femme n’avait pas uriné depuis l’accident , bien que même avant ce moment elle en eût le besoin, et que depuis ce besoin se fût accompagné de douleurs de reins. La cystocèle fut réduite, la malade sondée et guérie. Essai sur les différentes hernies, p. 368 du deuxième volume des OEuvres de Leblanc.
DÜ magnôsïïc.
§. XII. Erreurs de diagnostic provenant de ce que le chirurgien a fait un examen trop superficiel de la maladie.
On hé saurait trop ihsister sür la nécessité de ne se prononcer, danè lé jugement que l’on porte sur la nature dé là maladie qu’après en avoir Fait un examen des plus attentifs. Il arrivé trop souvent que le chirurgien, même le pins instruit ( et peut-être même à cause de sa vaste expérience ), à la vue d’une affection dont les signes lui paraissent évidens, néglige de l’explorer avec soin , ét Commet une méprise que la plus légère attention eût suffi pour lui faire éviter : d’autres fois, c’est parce qti’il examine la maladie avec dés idées préconçues. S’il ne suffisait pâs d’avoir signalé une pareille causé d’erreur pour la faire éviter, les exemples süh vans prouveraient sans réplique l’importance du précepte qüi précédé.
Obs. 222. — Tumeur enkystée des joués prisé pour une tumeur érectile.— Nous avons eu à traiter, dans le courant de mars i833 , un enfant âgé de Six ans ét demi, qüi portait depuis sa naissance une tumcür dans la joue droite. Célte joue avait pris graduellement un volume cinq où six Ibis plus considérable que celui de la joue gauche, et rendait la face excessivement difforme.
L’ehfant avait été présenté à Dupuÿtren , qui, dans une de ses leçons cliniques, déclara que la maladie était un nœvus maternus.
Nous dûmes examiner la tumeur avec le plus grand soin. Nous y reconnûmes de la mollesse et un peu de fluctuation. Sa partie la plus saillante était recouverte d’un réseau vasculaire très fin et très-délié, qui avait porté le célèbre professeur à diagnostiquer un ncevus , Soupçonnant cependant que la tumeur pouvait être aqueuse, et voulant éclaircir nos doutes, nous eûmes recours au moyen dont on se sert pour reconnaître les hydrocèles, c’est-à-dire, à l’examen de la tumeur pla • çée au devant d’une bougie, dont les rayons lumineux qui auraient pu arrivera l’œil étaient interceptés par un corps opaque. La joue étaient parfaitement transparente, mais le peu de fluctuation que nous avions trouvé nous faisant penser que le kyste était multiloculaire, nous eûmes recours à l’extirpation complète du kyste, que nous limes d’une manière particulière, qu’il serait hors de propos de décrire ici. L’enfant guérit parfaitement, malgré quelques accidens.
Obs. 223.— Fracture du crâne méconnue parce que Von n’a pas rasé toute la tête. — Une femme avait reçu deux coups de hache. L’un, du tranchant, avait fait une plaie transversale sur chacun des pariétaux qui furent entamés; le second coup, donné avec la masse de la hache, ne fît aucune plaie apparente. Un des plus grands chirurgiens du temps de J.-L. Petit n'observant que la première blessure qui fournissait beaucoup de sang, la regarda comme l’objet principal, et y appliqua trois couronnes de trépan pour tirer la femme de l’assoupissement léthargique où elle était depuis le moment de la blessure. Huit jours après ce-
pendant, malgré ces moyens et de nombreuses saignées , elle était dans le même état. J.-L. Petit, à qui la malade fut confiée à cette époque, fit raser toute la tête, trouva une forte contusion au niveau de la partie inférieure du pariétal gauche, l’incisa, découvrit une fracture considérable, releva au môyen du trépan plusieurs pièces d’os enfoncées sur la dure-mère. Deux heures après, tous les accidens cessèrent. La malade fut guérie en moins de trois mois. (J.-L. Petit. Mal. chir. , 1.1 , p. 63.)
Obs. 225.—Un homme étant tombé à la renvprse était dans un état léthargique, un élève en chirurgie, n’ayant reconnu qu’une petite plaie au niveau de l’occipital , avait seulement rasé le derrière de la tête et fait plusieurs saignées. Les acoiêfens persistant, il proposa de trépaner au niveau de la plaie. J.-L. Petit appelé fit raser toute la tête, trouva le crotaphite du côté droit, dur, élevé et douloureux. L’incision qui y fut faite , montra une fracture du temporale de l’étendue d’un pouce. L’assoupissement paraissant diminuer, il suspendit le trépan qu’il se proposait d’appliquer; il sortit beaucoup de sang épanché par la fente de l’os; la malade fut encore saignée , et la guérison parfaite eut lieu au bout de cinquante jours. ( Loc . cit ., p. 64. )
Obs. 226.— Tubercule cancéreux sous-cutané; douleurs traitées comme affection rhumatismale; extirpation; guérison. — Une Blanchisseuse avait de vives douleurs qui, parlant du bas de la fesse, s’irradiaient au iombe, au jarret et au devant do la cuisse. Ces douleurs revenaient par crise, et laissaient après
iô
elles un engourdissement continuel. Des médecins regardèrent l’affection comme rhumatismale 4 et employèrent sans succès les moyens usités en pareil cas Elle enti-a à l’Hôtel-Dieu où Dupuytren l’ayant exantî-i née y trouva à la partie postérieure et supérieure dé la cuisse une petite tumeur sous-cutanéè , lenticulaire y duré et sans adhérence à la peau. Une pression légère ramena les crises, et donna des convulsions à la malade. La iùméur, qui était de nature cancéreuse fut etfiépée; les douleurs disparurent. (ClérathbâuR.- Th§sê. p. ai.)
Obs. 227. — Uh cordonnier4 couché à l’Hotel-Dieii pouf une carie de la colonne vertébrale^ avait dan» le dés de vives douleurs qui, Rapides comme l’éclair s’irradiaifent dans la n#i*ié gauche de la poitrine^ revenaient par crises et s’accompagnaient de convulsions^ de sueüts, etc. On attribua ces douleurs à l’affèctiOti de la colonne vertébrale. Dupuytren ayant un jour été témoin de Ses crises, fît des recherches qui lui démontrèrent l’existencé dé deùx petites tuméür» sOU»cütaiiées 4 dont la pression ramenait les Crises L’éXlirpationr de céS tumeurs fit cesser dès l’instant friêriîé et pour toujours les douleurs. Clérambaolt. Thèsë 1829, n. 90, p. 24.
Obs .2^8. — IVëiîralgie soüS - àïbitairè. Tubercule sous-cütanè. Extirpation. GüériSoh. Dafrà un autre cas, une tumeur de même nature^ sittiée SOuS la pommette, était la cause de douleurs qui simulaient! parfaitement une névralgie sous-orbitaire. Àusài le malade fut-il traité par les sangsues, les vésicàtOirës ,
DU DIAGNOSTIC. 3a 7
les moxa, les hareotiqües, et sans le moindre succès. On reconnut enfin la cause de la maladie, elle fut enlevée, et le malade fut guéri. Clérambault, h g. p» a5.
Obs. 329 Un amaigrissement progressif entraîna au tombeau un homme de 62 ans, sans qu’on fit attention à une hernie épiploïque très-volumineuse, qui déplaçait fortement l’estomac sans causer aucun symptôme local. Essais d’Édimbourg , 1.1, p. 35o.
Obs. 23 o. — Luxation du fémur méconnue. — Guycrtot ^apporte qu’on méconnut pendant longtemps une luxation du fémur, en haut et en, dehors, survenue pendant les efforts de l'accouchement chez une jeune femme. L’accouchement avait été heureux, mais là douleur de la hanche, qui n’àvait pas discontinué $ avait été attribuée à un dépôt qui se forma dans l’aine* Au septième mois, malgré les symptômes, l’impossibilité où la malade fut de marcher, son pied étant tourné en dedans et le membre étant raccourci, on ne remonta pas à la cause de la maladie, qu’on ne pouvait trouver dans un effort aussi faible que celui auquel la malade avait été soumise, et on crut à une fausse ankylosé. Ce ne fut qu’a près deux ans, et après l’emploi infructueux des eaux, des douches, etc., qu’on reconnut bien la luxation et qu’elle fut réduite. Mém. acad. chirurg. t. v, p. 8o3.
Obs.ü 31 .~Frdùture de Volèci^âne méconnue faute d’examen. Un maçon, dânS une chute d’un lied élevé, se fit Une blessure grave à la tête, blessure qui attira toute l’attention de Boyer. -Cinquante jours après, sur une observation du malade, le coude fut
examiné, et l’on reconnut une fracture de l’olécrâne, consolidée avec un écartement d’un demi-pouce. Boyer, t. ni, p. 233.
5 XIV. — Erreurs du diagnostic provenant de ce
que la maladie , par la profondeur de son siège ,
échappe aux recherches.
Quand des maladies dont le siège est profond, n’ont pas de symptômes pathognomoniques, à plus forte raison quand leurs symptômes sont obscurs, elles peuvent facilement être prises les unes pour les autres.
Obs. 232. — Amas de matières stercorales pris oourune néphrite, puis pour un abcès. —Un homme ressentait dans la région du flanc droit une douleur très vive qui se propageait jusqu’à la vessie, avec difficulté dans l’émission des urines et constipation qui durait depuis quatre à cinq jours. La maladie fut considérée comme une néphrite aiguë. De l’huile de ricin, administrée par la bouche, fut rejetée par le vomissement. Une tumeur apparut dans le flanc, le ventre demeurant souple dans le reste de son étendue. — Malgré l’application de trentè sangsues, la tumeur augmenta de plus en plus, devint très douloureuse, et présenta un point de fluctuation sur lequel il parut important de pratiquer une incision ; toutefois on proposa d’administrer un laxatif pour s’assurer si le canal intestinal serait libre dans toute son étendue , afin que le liquide purulent prît un libre cours par Vintestin.
Cette potion purgative provoqua des évacuations alvines abondantes, dures et d’une apparence argileuse; le lendemain , la tumeur avait presque complètement disparu; il n’y avait plus de douleur ; le malade guérit en peu de temps.— Celui qui rapporte cette observation dit avoir eu connaissance d’un fait dans lequel les médecins appliquèrent le caustique sur la tumeur, et déterminèrent la formation d’un anus contre nature qui amena la consomption etla mort du malade (Arch., t.XX, p. 581).
Obs. 233 .—Hernie par le trou ovalaire méconnue. — Une dame de 47 ans éprouva tout-à-coup, dans la la nuit, une douleur très vive, étendue de la région lombaire gauche jusque dans l’hypocondre et dans l’aisselle du même coté. La pression sur la région inguinale et la cuisse ne déterminait pas de douleur; on n’y sentait pas de tumeurs; la région lombaire était douloureuse; l’émission des urines très difficile et pénible; le lendemain il survint des nausées et du hoquet. La maladie fut considérée comme une néphrite; ce ne fut qu’au bout de huit jours, quand parurent des vomissemens de matières stercorales, qu’on distingua une hernie, sans pouvoir en établir le siège. La malade ayant succombé, on trouva un sac herniaire du volume d’une noisette, sans relief extérieur, entouré par la membrane obturatrice, et qui contenait une portion d’épiploon et d’intestin totalement étranglée. Le péritoine offrait les traces d’une violente inflammation. ( Journ. des Progrès, t. XVI, p. 256.)
Obs. a34- — Kyste rénal pris pour un anévrisme.
23o DES ERREURS
— J. L. Petjt racqpLe qu’un homme de prqyitppc avaif une tumeur dans la région lombajre; pnla prit d’abord pour une tumeur apévrismale, puis pour pp abcès. Op l’ouvrit, il s’écoula une humepr sanguinolente et fond était unp grosse pierre engagée dans l’urètre pt bassinet. ( Chopart, 1.1, p. 262.)
Obs. 235 .t —Polype du larynx pris pour un asthme suffocant. — Un homme déjà yieu? ; traité à l’Uqtel? Diep popr qne maladie des voies urinaires, éprouvait de temps en temps des accès de suffocation que pop attribuait à up asthme suffocant, à un spasme dp la glotte, L’intégrité des fonctions respiratoires dans les intervalles éloignait toute idée d’upe altération de çes parties; en conséquence, on ne fit aucun traitement, Le malade mourut tout-à-coup au milieu d’une de ces crises. — A l’autopsie, on trouva la glotte fermée par un prolongement cellulo-vasculaire, véritable polype naissant d’un des replisarythéno-épiglottiques. (Dupuytren. Clin, chir y, t. III, p. 602.)
§ XV. — Le diagnostic, ainsi que nous l’avons établi dans le premier chapitre de cette thèse, ne eonsiste pas seulement à reconnaître la nature d’une maladie, il doit encore porter sur les différentes variétés qu’elle présente. Quelques-unes des observations qui suivent sont des exemples d’erreur de diagnostic, relatives seulement à une circonstance importante de la maladie, qui, du reste, a été reconnue par le chirurgien. Nous voyons que dans les unes on n ? a pas soupçonné toute l’étendue du mal, dans d’autres on a
DU DIAGNOSTIC. 2 5 i
ignoré ia cause principale des accidens, le degré d’altération dont la partie malade était le siège, les adhérences qui l’unissaient avec les organes voisins, etc., et l’embarras dans lequel les chirurgiens se sont trouvés, les dangers auxquels ils ont exposé leurs malades, en pratiquant des opérations le plus souvent inutiles ou incomplètes, montrent combien il est important d’avoir reconnu toutes les circonstances de la maladie.
Enfin nous avons terminé ce recueil par des exemples de méprises, dont quelques-unes nous ont paru difficiles à classer, et dont les autres ne peuvent être imputées qu’à l’ignorance.
Obs. a36» — Utérus cancéreux, on ne rcconnçLÎt que le cancer du col. — C’est à une erreur de ce genre que Paletta est redevable d’avoir enlevé avec succès, en ayril i 8 i 3, la totalité d’un utérus cancéreux, pensant avoir affaire seulement au col. (Velp. Méd. op. t. in, p. 636. )
Obs. 287 .—Portion de poumon herniée regardée commegangrenée^ bien qiû elle ne fût que flétrie. Excision . — Loiseau rapporte qu’un homme ayant reçu dans le côté droit de la poitrine, entre la troisième et la quatrième côte, un coup d’épée, une portion de poumon s’échappa au dehors. Etant restée trois jours sans être réduite, cette portion de poumon se flétrit et se dessécha ; on la regarda comme gangrénée, et on en fit l’excision au niveau de la peau. Cette portion excisée ayant été ensuite trempée dans l’eau, reprit sa couleur naturelle, comme elle l’aurait sans doute reprise si on
l’eût réduite au lieu de ia couper. Néanmoins le malade guérit. Boyer, t. vii, p. 271.
Obs. 238.— Etranglement parle collet dusac ; réduction] mort. Une hernie que portait un garçonde i3 ans futréduitedela manière la plus complète.Cependant tous les signes de l’étranglement persistèrent. Après sa mort, on ne pouvait apercevoir dans l’aine à la vue ni au toucher la plus légère apparence de hernie ; mais à l’ouverture du ventre on vit que l’intestin, encore étranglé par le col du sac herniaire , avait été repoussé au-delà de l’anneau, entre les aponévroses de l’abdomen et le péritoine qui se trouvait décollé dans une certaine étendue. Scarpa, des hernies^p. 323.
Obs. 239. — Tumeur adhérente crue libre.
Nous avons entendu raconter par M. le professeur Richerand l’histoire d’une femme qui portait dans l’abdomen une tumeur volumineuse jouissant d’une grande mobilité et pouvant être poussée de l’un et dé l’autre côté de l’abdomen. Cette circonstance avait fait penser que la tumeur n’avait contracté aucune adhérence avec les parties voisines. On entreprit de l’enlever, et l’on reconnut alors seulement qu’elle adhérait aux intestins, et ne formait qu’une masse avec eux : l’opération resta inachevée.
Obs. 240. —Hernie de l’ovaire prise pour un entéro-épiplocèle. Une tumeur de l’aine fut prise pour un entéro-épiplocèle. Elle fut mise à découvert, on reconnut l’ovaire hernié, mais dans un état tel qu’il fallut l’emporter avec le bistouri. La malade guérit. (Deneux, Recherches sur la hernie de l’ovaire 1815.)
Obs.1^1.—Tentative d’extirpation d’un kyste de l’ovaire qui n’existait pas. — Une femme de 27 ans avait l’abdomen aussi développé que si elle avait etc au neuvième mois de la grossesse. Toute la cavité abdominale semblait remplie par une tumeur qui paraissait passer facilement d’un côté à l’autre. Ce fut deux ou trois mois après une fausse couche qu’elle vit son ventre augmenter d’abord du côté gauche; elle eut deux ans après une tumeur dans l’aine, due probablement à un abcès des couches, d’où sortit par l’incision un pus séreux dont l’évacuation, bien qü’en grande quantitéf*ne diminua point le volume de l’abdomen. Elle se plaignait de douleurs bien distinctes, disait-elle, de celles de l’abcès. Elle fut regardée comme enceinte par la plupart des médecins qu’elle consulta; un autre lui fit la ponction pour une hÿdropisie de l’ovaire. Ce fut enfin à l’affection de ce dernier organe que se rallièrent les opinions de la plupart des praticiens d’Edimbourg. Vaincu par les instances de la malade, M. Lizars pratiqua une incision dans le but d’enlever l’organe malade, après avoir agrandi l’ouverture et couvert les intestins d’un linge trempé dans de l’eau à 98° (Farenh.). « Je voulus, dit-il, examiner l’ctat de la tumeur, lorsque à mon étonnement je n’en trouvai point. Je priai les médecins qui m’accomgnaient de voir qu’il n’y avait pas de tumeur....... L’utérus et les ovaires étaient parfaitement sains. Les intestins furent replacés, les plaies réunies à l’aide de la suture, un traitement anti-phlogistique des plus énergiques fut mis en usage; la malade fut guérie en moins
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d’un mais. « Çe qui nous a induis un erreur, dit M, Lizars, c’est le yolume et la distension des intestins* ains* que la sailjjq que formaient en avant, derrière Ip pubis, les vertèbres des lombes. Il était impossible de le reconnaître avant l’opéra tiqp, car ces circonstances auraient frappé quelqmes-mnes des personnes de l’art qui examinèrent la malade; et cp n’est point pendant l’opénatipn que je m’en aperçus ipqi-mème; mais quelque temps après, quand je cherchai à me rendre compte de ce qui avait pu nous tromper d’une manière si singulière. » Arc.kiv. géji. cfe méd. t. yin ,
Obs. 242. mr Tumeur fibreuse des grandes lèvres prise pour une hernie^ un abcès, etc. Une femmp de 3.6 ans , portait depuis quatre ans une tumeur dure do Volume du poing, d'une nature difôs» cile à détcrpiiper. Qn l’avait successivement considé-? rée comme up abcès froid, UO squirrp, une hernie ? Beyer la considéra comme un kyste. Un écoulement de matière floconeuse par le vagin, cpïncidant au raprr port de la malade avec une diminution de la tumeur, semblait confirmer }e diagnostic. La tumeur fut extirs pée; c’est alors que youlant s’assurer de sa nature, on reconnut une masse fibreuse qui se prolongeait fort loin dans le bassin, et qui ne put être extraite qu’avec beaucoup de difficultés. La guérison eut lieu. Boyer, t. x, p. 4op.
Obs. 243. — Adhérences méconnues. — Une femme portait un kyste de l’ovaire, qui avait déjà été ponctionné plusieurs fois. Le docteur Granville en
Dp QIA($0£T{Ç. 235
tcpt3 l’extirpatiop enpyésenppdoMM.Brodie,Keateet Eprlc; mais les adhérences multipliées qui existaient entre la tqmeur, d’une part, et de l’autre les intestins et les parois abdominales, et dont on n’avait soupçonné çpi’une partie avant l’opératipp, s’opposèrent «a ce que la turpeur pût être èpjpyéjs, Qn donc obligé de refera rper la plaie par la suture; et malgré une oqyerturp dp péritoine, le huitième jour Ja malade put se levey. Arch . gén. de méd. t. xiv, p.
Qbs, ?44,rrr- Un jeune homme avait au côté gaqqhe de la poitrine une tumeur considérable, douloureuse qni, inégalement convexe, s’étendait depuis la clayi-. vicule jusqu’à la mamelle dû même opté, Ellq gagnait la clavicule et s’avançait aihdelà, était un ppu mobile, très-dure et epuverte de vaisseaux variqueux, On la regarda comme une loupe enkystée, et on procéda à l’opération dans cettp croyance. On fut très-étpnné, après avoir mis à nu toute la tumeur, et an moment où on se disposait à couper sa base d’un seul coup de bistouri, de vpir que cette base était osseuse, ainsi que le reste de le tumeur. Op fut obligé de remettre l’ppération faute d’instrumen».. Thèsa de HaUer, disp, en- xu,t. y, p. G 53 . Ua cause de cette erreur est dans le siège dp l’exostose sur des os trèsmobiles et peu longs comme la clavicule, alors que la tumeur elle même est très-longue. Un mouvement imprimé à l’extrémité du levier qu’elle représente dans ce cas pourra avoir une assez grande étendue sans que l’os auquel sa base adhère semble se déplacer.
Obs. 245. — Ponction du testicule dans Vhydrocèle. —Un homme, porteur d’une hydrocèle, avait été traité par la ponction dans un des hôpitaux de Paris, mais la ponction fort douloureuse n’avait, donné issue qu’à du sang. Loin de diminuer, la tumeur s’était gonflée, était devenue chaude et douloureuse. Dupuytren l’examinant, reconnut la situation du testicule en avant et fit la ponction en arrière. (Sabatier. Édit. Sanson et Bégin, t. III, p i40
Obs. 246. — Communiquée par M. Maisonneuve.
—Une jeune personne de 17 ans, d’une grande beauté, portait à la tempe droite une petite tumeur. Dupuytren, indécis sur sa nature, prescrivit un traitement mercuriel. Pendant ce traitement, la tumeur disparut. Mais au bout de six semaises elle reparut. ; un nouveau traitement fut employé, la tumeur n’en continua pas moins ses progrès; elle envahit toute la tempe, déforma la face au point de rendre la face hideuse, et finit par amener la mort. A l’autopsie, on trouva une tumeur cancéreuse encéphaloïde.
Obs. 247 .—Hernie congénitale étranglée , contenue dans le canal inguinal , méconnue', mort. — Un jeune homme de 26 ans, au milieu d’efforts de vomissemens aperçut, pour la première fois, dans l’aine une tumeur oblongue, douloureuse au toucher. Un chirurgien , pensant qu’elle était le résultat d’un étranglement de hernie, essaya de la réduire, et crut y être parvenu , la pression ayant suffi pour la faire disparaître. Cependant, comme les symptômes d’étranglement persistaient, le malade fut envoyé à l’hôpital,
où on attribua les accidens à une tout autre cause. L’erreur ne fut reconnue que quelques instans avant la mort. La hernie était formée par une portion de l’intestin. La portion aponévrotique du muscle grand oblique formaitl’eriveloppe extérieure de la tumeur. Le sac herniaire était formé parla tunique vaginale du testicule. Ce dernier organe était lui-même arrêté un peu au-dessus de l’anneau inguinal. L’étranglement avait eu lieu à l’orifice supérieur du canal. (Scarpa. Supplément au traité des hernies, p. 10.)
05 s. 248.— Carie du sternum , méconnue. -—Un homme, âgé de32 ans, éprouvait des symptômes d’affection gastrique, caractérisée surtout par des vomissemens fréquens. Comme il éprouvait aussi des douleurs â la partie antérieure de la poitrine, on appliqua des ventouses à la région sternale. Depuis ce temps, les douleurs augmentèrent; mais, comme on s’occupait surtout de la maladie primitive, ce rie fut que peu de temps avant la mort du malade qu’on aperçût vers le tiers supérieur du sternum une saillie légère,allongée, transversale, élastique, sans changement de couleur à la peau. Plusieurs conjectures furent hasardées sur ce fait ; les uns prirent la tumeur pour une hernie du poumon, d’autres pour une collection de pus communiquant avec un abcès du médiastin. M. Boyer , consulté sur ce point, convint avec M. Lerminier qu’il ne savait pas ce que c’était. Le malade étant mort, on incisa la petite tumeur du sternum qui donna issue à une grande quantité de pus séreux , dont le foyer paraissait siéger dans le lieu même, et provenait de la
DÈS ëMèèès
carie de l’os. Le tissu cellulaire sous-sternal et la portion anterieure du poumoh droit qui lui adhère sont parfaitemènt sains. Il existe au tiers supérieur du sternum Une fracture transversale complète qui parait récente. Lfos n’a point subi de changement dan3 son épaisseur, niais la surface extérieure, aux environs de la fracture, est noirâtre, rugueuse et suppurante; la surface est sâtne près de la fracture, mais â un pouce au-dessous la substance de l’os est noirâtre et comme ramollie, sans suppuràtîon. (Archives , t. 'tilt, p. 546. )
Obs. 24 .—Communiquée par M. Maisohneuve.
Ün homme èe donne un coup de rasoir au niveau du pli du coude, une hémorrhagie abondante a lieu , le chirurgien appelé relève la manette et vbit un jet de sang considérable qu’une corftpression même assez forte arrête à peine; il diagnostiqué une lésion de l’artère et tamponne la plaie : l’hémorrhagie continue. Â l’hôpital , on enlève les vêtemens et le bandàge, et l’hémorrhagie s’arrête, U’était une hémorrhagie veineuse entretenue par ia compression des vêtemens.
Obs. 2Ôo. — Blessure de la veine crurale prise pour une blessure de l'artère. Compression. Mort. Üh jeune orfèvre sè lit, avec un emporte pièce aigu , ùné petite plaie a la partie supérieure et interné de la cuisse, près de l’arcade crurale. Un chirurgien emploie vainement la compression tant au-dessus que sur là plaie elle-même; l’hémorrhagie n’en était que plus active. Au bout de deux heufés, porté a l’Hôtèl-Dieù , il mourut avant qu*oh ait pu rien tenter pouf son salut.
DU DIAëtfÔSTiÜ. â 3$
Âtr GOtmflémoi'atif ét à M situation delà plaië, Dupuytrein reconnut là blessure de la veine crurale. L’autopsie montra que la veine Setile était eh effet blësséë. (Sabatier. Med. op. T. II. I76. Edit. Sahsoti et Èêgin.)
Obs. —- J.-L. Petit à observé une hernie ven¬
trale située entre leS faussés côtes et là crête dé foS des îtéS, et qui avait acquis la gfosseur de la tète d’ün érifairf. Là tumeur rentrait quand la malade était couchée et qu’oh la cëfïïprimâit convenablement. Un joiir rl ne fut plus possible de là réduire. Le lieu qü’èlte occupait et le peu d’incommodité qu’elle causait àvàièrtt empêché d ? ëh connaître la nature : on l’aurait prise jusque-là pour un dépôt laiteux. Les nausées, lés défaillances et lfes vomisseriiens dë matière fécale qoi survinrent ne permirent pas dé douter que ce ne fut une hernie. (Mal. chir. T. //, p. Û 3 j. Hèistèr rapporté des cas analogues.)
Ùbs. û 3 ±— Tumeur fonguèuêe Sanguine prise polir itnè tumeur enkystée. Un enfant vint au mondé avec deux tumeurs fongueuses sanguines, l’une à la partré supérieure gauche de la poitrine, l’autre à là partie interne du bras. La première,àÿàht fait des progrès assez considérables, tth des chirurgiens consultés cfUÈ Voir Une tumeur enkÿStée* ét appliqua Sur sa partie moyenne un morceau de potasse caustique. A fa chute de l’escàrre, on vit sortir un fonguS qui saignait att moindre attouchement, et qu’on s’efforçait en vain 1 de réprimer par des styptiques. Boyer appelé reconnut la maladie, mais trouvant le malade trop jeune pour
a4o DES ERREURS
subir l’ablation du mal, conseilla la ligature du fongus. Il tomba en effet, mais se reproduisit à diverses reprises, et l’enfant mourut d’épuisement ( Boyer, t. II.
Obs. 253. — Etroitesse extrême du prépuce méconnue , domiant lieu à des lésions prises pour une tumeur cancéreuse. —Un enfant de deux mois et demi n’avait aucune apparence de verge ni de testicules; il lui survint après sa naissance, au-dessous du pubis, une tumeur ovalaire grosse comme un œuf de poule , dont la surface était ulcérée, rouge et très humide à la partie moyenne. On sentait une sorte d’ondulation.à la pression, et quelques gouttes de liquide s’échappaient de la surface ulcérée. On avait regardé la tumeur comme un cancer incurable qui avait rongé les organes de la génération. Un examen plus attentif fit reconnaître que les accidens dépendaient d’une extyême étroitesse de l’ouverture du prépuce. Une incision convenable fit sortir une bouillie claire, et fit reconnaître au fond de la poche le gland ulcéré. Les accidens cessèrent, et la guérison fut complète au bout d’un mois. (Boyer, t. X, p. 826; Chopârd, Traité des voies urinaires. )
Obs. 254. — Cystocele méconnue pendant 3o ans et traitée pour un engorgement du col de la vessie. — Un individu, âgé de 58 ans, éprouve, depuis 3o ans environ , une difficulté d’uriner presque continuelle, qui ne lui permet de vider sa vessie qu’en deux ou trois reprises à quelques minutes d’intervalle. Jamais il n’a souffert des reins ni rendu de graviers ;
seulement il se rappelle que les accidens, du côté des voies urinaires, ont commencé à paraître au müment où il fut guéri d’une dartre qu’il portait à la jambe. Il portait en outre une hernie inguinale dont la gauche était congénitale et la droite fort ancienne. Une consultation eut lieu entre plusieurs médecins qui pensèrent que la vessie ne contenait aucun corps étranger, que l’urètre était parsemé de rétrécissemens , que les rétrécissemens et la difficulté d’uriner étaient dus à la rétrocession de la dartre, qui exerçait ses ravages sur l’urètre et le col de la vessie. Quant aux hernies , ils conseillèrent de les maintenir avec un suspensoir. Ce ne Fut que a5 ans après cette consultation , qü’à l’occasion d’une rétention d’urine , le malade eût recduî's à M. Ribell, de Perpignan. Celui-ci, prévenu par le récit du malade,; fit à peine attention aux hernies; mais, voulant s’assurer des rétrécissemens, il trouva que l’urètre était libre et Pavait probablement toujours été} cherchant alors ailleurs la cause de la difficulté dans l’émission des urines, il en vint à l’examen deshernies; et ne tarda pas à se convaincre qu’il avait affaire à Une cystocèle inguinale; car i° la difficulté dans l’émission des urines augmenta avec lé volume de la tumeur; 2° pour uriner plus facilement, le malade soulève la hernie de manière à ce que le col en soit la partie la plus déclive; 3° une injection d’eau dans la vessie augmente le volume de la hernie inguinale gauche et la rend fluctuante. (Archives, t. XXI, p. 38i .)
Obs. 255 . — Abcès 'venant d’une carie des ver* tèbres dorsales, pris pour un abcès froid. — Un
homme affecté de langueur avait éprouvé une douleur habituelle au milieu du dos. On reconnut dans le fond de la région ombilicale une tumeur circonscrite, avec fluctuation manifeste, surtout quand le malade se couchait sur les côtés. Moreau, chirurgien'de l’Hôtel-Dieu, prit le parti d’y plonger un trois-quarts pour savoir, dit-il, ce qu’elle renfermait. Il en sortit une pinte et demie de pus. Le malade mourut le quatrième jour. Il s’agissait d’une carie des sixième, septième et huitième vertèbres du dos à divers degrés, qui avait suivi l’aorte à son passage à travers le diaphragme et se terminait dans le tissu cellulaire de la partie postérieure du péritoine. (Pelletan , Clin, chir., t. III, p. 262.)
Obs. 256. — Abcès sous l’omoplate ouvert dans la poitrine et simulant une phthisie pulmonaire. —* Une femme de 26 ans, ayant négligé de se faire saigner comme çlle en avait l’habitude, fut prise d’une maladie que les médecins qualifièrent de peumonie et condamnée , au bout de six mois, comme phthisique. Elle était amaigrie, toussait par quintes, crachait une matière abondante et épaisse, purulente, avait perdu le sommeil. Le docteur Balzac, qui la vit alors pour la première fois, fut frappé par la disposition de l’omoplate du côté droit. Cet os était soulevé par une tumeur profonde débordant du côté de la colonne vertébrale et dans laquelle on sentait la fluctuation; le côté droit de la poitrine était mat, mais la Respiration s’y faisait entendre. Une incision fut faite lé long du bord vertical de l’omoplate et permit de sentir la fluctuation ; un bistouri fut alor« plongé dans la tumeur
et par l’ouverture il s’écoula une matière analogue a celle qui était expectorée. Ses crachats disparurent entièrement , le foyer purulent se vida, l’omoplate reprit sa place et la malade recouvra la santé. ( Journ . des Progrès , t. XIII, p. 225.)
Obs. 257 .—Rétroversion delà matrice prise pour un fongus de la vessie. — Levret rapporte qu’un femme de 5o ans avait dans le bas-ventre des douleurs sourdes soit en allant à la selle, soit en rendant des urines souvent chargées de gravier; ce qu’elle faisait du reste avec difficulté. Toutefois l’urine coulait plus falement quand la malade était couchée. Lorsqu’elle était debout elle sentait tomber un corps dur dans la vessie; ce qui produisait le besoin d’uriner avec impossibilité de le faire. Un chirurgien pensa d’abord que c’était un calcul, puis l’ayant soudé, il crut reconnaître un fongus de la vessie. Levret appelé reconnut une antéversion de la matrice qui fut réduite et maintenue dans sa situation naturelle par un pessaire. Dès lors la maladie de vessie disparut pour toujours.
Le même auteur rapporte une autre observation semblable. Une fille de 45 ans croyant avoir la pierre se fit sonder. On ne sentit qu’un corps dur et rond qui n’était pas naturel à ce lieu. Les mêmes recherches et le même moyen que dans le cas précédent obtinrent le même résultat. {Journ. de méd ., an 1773 cité par Lassus, Méd. opérât. , 1 . 1, p. 316.)
Obs. 258.— Plaies de tête , signes de compression. Acéphalocjstes. — Un homme fait une chute, point de signe de commotion ni de compression au moment
de l’accident. On emploie un traitement antiphlogistique très actif. Pendant plusieurs jours, le malade va bien,il mange,il se lève. Dix jours après l’accident enr gourdissement dans le coté droit du corps; à cet engourdissement succède une hémiplégie ; le malade meurt.— Au lieu de l’épanchement ou du pus que les chirurgiens de l’Hôtel-Dieu croyaient trouver on ne rencontre qu’un acéphalocyste dans l’épaisseur de l’hémisphère droit. (Clérambault,Thèse 1829,n.90,p. i4«)
Obs . 25g. — M. P. Dalmas a rapporté, dans te tome i* r du Journal des Progrès , année i83o, l’histoire d’un individu tourmenté de douleurs dans l’abdomen , de constipation , de vomissemens, et surtout de souffrances aiguës au fondement r déterminées par l’évacuation des matières fécales, souffrances que le malade rapportait à des tumeurs hémorrhoïdales. Plusieurs médecins, consultés pendant une période de dix années, rapportèrent la maladie, les uns a une affection organique des poumons, les autres à une lésion profonde du foie ou de l’estomac; aucun d’eux, chose vraiment extraordinaire, n’eut l’idée d’examiner l’anus et les hémorrhoïdes dont se plaignait le malade. Quand il se présenta à M. Dalmas, celui-ci (e trouva dans un état extrême d’affaiblissement. N’ayant rencontré dans la poitrine et l’abdomen aucun signe qui justifiât ce diagnostic des premiers médecins, il explora l’anus, et reconnut un bourrelet formé par la muqueuse du rectum renversée ; il pensa que ce pouvait bien être là la cause des accidens. En effet, la tumeur
ayant été réduite en plusieurs fois, la santé ne tarda pas à se rétablir.
Obs. 260. — En rapportant une observation de fistule stercorale dont l’ouverture était située à un pouce et demi au-dessus du niveau du pli de la fesse et en dehors, M. Rigal, de Gayac, dit que les médecins qui avaient vu le malade n’ayant jamais songé à sonder la fistule, l’avaient considérée comme entretenue par une nécrose du fémur, et avaient envoyé pendant deux saisons le malade aux eaux thermales des Pyrénées. Journal des Progrès , i 83 o, t. 1, p. 248.
Obs. 261. — Tumeur du mésentère prise pour un abcès. — Ouverture de l’intestin. — Mort. — Une demoiselle portait une tumeur qui parut à Lamotte âvoir son siège dans le bas-ventre; la paroi abdominale ne lui sembla point intérêssée. Cette tumeur s’enfonçàit quand on la comprimait, sans qu’on y ressentît de fluctuation. Lamotte jugea que le siège était le mésentère , proche de l’intestin grêle; sa dureté et son, insensibilité lui firent présumer qu’elle était squirrheuse. Les consultans, malgré çette opinion, voulurent l’ouvrir; cè qu’ils firent après avoir en vain essayé de la ramollir à l’aide de remèdes suppuratifs. Au cinquième jour, ils mirent de la pierre à cautère, puis incisèrent sur l’escharre. L’intestin fut ouvert. D’abord les opérateurs prirent pour du pus la matière qui en Sortit; mais bientôt ils reconnurent leur erreur. La malade mourut au troisième jour. Lamotte, t. 1, in-8°, p. 485 .
Obs. 262 .—Hernie de la ligne blanche méconnue.
Un jeune chirurgien sentit en dansant un craquement dans le creux de l’estomac, à la suite duquel il eut des tiraillemens, de la constipation et des vomissemens dont on méconnut la cause, en raison d’un voyage sur mer qu’il fut obligé de faire. A son retour en France, les plus célèbres médecins et chirurgiens de Paris méconnurent encore sa maladie qui jusqu’alors n’avait pas été décrite. Us le tourmentèrent longtemps de leurs remèdes jusqu’au moment où, assistant au cours de Garengeot, il reconnut la cause des accidens qu’il éprouvait en entendant le professeur décrire la hernie de la ligne blanche à laquelle il donna le nom de hernie de l’estomac. Un bandage que le malade construisit aussitôt fit disparaître tous les accidens. ( Garengeot. Mém. acad. chir ., t. I, p. 703. ) Obs. 263 .—Jet saccadé du sang dans la saignée , pris pour une lésion de Vartère brachiale. — Dupuytren rapporte qu’il fut appelé un jour, en toute hâte, par un médecin distingué qui, voyant le sang sortir par saccade d’une saignée qu’il venait de faire, croyait avoir intéressé l’artère brachiale. Dupuytren reconnut aussitôt qu’il n’en était rien, et que cela tenait à la position immédiate de la veine sur l’artère qui lui communiquait ses battemens. (Dupuytren, clin. t. I, p. 269. )
Obs. 264 —Coxarthrocace méconnue .—U n maçon âgé de 19 ans éprouva des douleurs vives dans la hanche gauche et le long de la partie interne de la cuisse et de la jambe; ces douleurs devinrent moins vives; mais, au bout de cinq mois, les douleurs, la claudication
DU DIAGNOSTIC. a4 7
et l’alongement du membre qui était alors d’un pouce et demi, au dire du malade, le forcèrent d’appeler un chirurgien qui, méconnaissant la maladie, ordonna des remèdes internes qui ne firent qu’aggraver les accidens. Un mois après, le membre se raccourcit subitement, des abcès se montrèrent autour de l’articulation et le malade vint mourir à la Charité. (Boyer, t. IY, p. 34 o.)
Obs. 26Ô. — Coxarthrocace méconnue. ^Une fille de six ans éprouvait dans la hanche gauche une douleur sourde qui la faisait boiter. Le médecin ordinaire, attribuant cette douleur à la croissance, ne conseilla aucun remède. Six mois après l’invasion de la maladie, M. Boyer constata de l’allongement dans le membre malade, et prescrivit le traitement de la luxation spontanée. Les accidens augmentèrent pendant huit mois. Alors la luxation eut lieu, et la guérison se fit par ankylosé. Boyer, t. iv, page 33 *].
Obs. 266. — Distension de la vessie prise pour une tumeur , — Sabatier dit avoir été consulté pour une femme que l’on se proposait d’envoyer aux eaux dans la vue de fondre une tumeur survenue à la suite d’un accouchement laborieux, et que l’on croyait avoir son siège dans la matrice. La tumeur disparut par l’introduction d’une sonde. On avait méconnu la nature de cette tumeur, parce que les urines sortaient à volonté et en quantité raisonnable. — Un homme, d’une assez bonne constitution, portait depuis long-temps une tumeur au ventre, tumeur que l’on disait squirrheuse, et quç l’on traitait par des bains et des dou-
ches sulfureuses. Le malade urinait à volonté; cependant Sabatier introduisit une sonde dans la vessie, et cette introduction eut son effet ordinaire. Sabatier, édit. suiv. Bégin, t. n, p. 356 .
Obs. 267. — Anévrisme des corps caverneux pris pour un abcès. ■— Âlbinus rapporte qu’un jeune homme ayant eu la verge fortement courbée au moment où elle était en érection, il y survint une tumeur sans ehahgement de couleur à la peau, disparaissant incomplètement par la pression, plus volumineuse pendant l’érection ; On appliqua sur la tumeür des émolliens et des maturatifs, puis on l’incisa largement, malgré les retnontrancés d’Albinus. Il en résulta une hémorrhagie abondante qui fit périr le malade en peu de jours. Albinus trouva le corps caverneux dilaté, et formant une tumeur remplie de sang comme dans les artères. — Albinus Annotationes academicœ , lib. III, chap. v. Boyer, t. X, p. 373.
§. XVI. — Maladies simulées.
Une dernière source d’incertitude et d’erreurs dans le diagnostic est la mauvaise foi des malades qui, dans un but d’intérêt, simulent les symptômes d’une maladie qu’ils n’ont pas.
Toutes les maladies në sont pas également faciles à simuler,; il en est dont les symptômes nets et précis peuvent être facilement appréciés par le sens du chirurgien, et ne permettent pas d’erreur , tandis que d’autres, dont le diagnostic repose en grande partie
sur les sensations du malade ou sur des symptômes vagues et communs à plusieurs lésions, se prêtent merveilleusement à la simulation.
Au premier rang des maladies simulées, nous pouvons donc placer les névralgies , les douleurs rhumatismales, syphilitiques; les paralysies du sentiment, soit du tact, soit de la vue, ou de l’ouie; puisque tous les renseignemens qui doivent éclairer le diagnostic doivent être fournis par le maladelui-même.Cependant, comme il y a dans ces affections autre chose que l’exagération ou la diminution de sensibilité; comme, tantôt la douleur suit exactement le trajet d’un nerf, tantôt la paralysie est accompagnée de quelques autres phénomènes, le chirurgien pourra souvent, par des questions captieuses, par l’examen attentif de quelques organes en relation avec l’organe prétendu malade, découvrir la fraude et prononcer sur l’existence de la maladie.
Un second ordre de maladies simulées comprend celles dont les symptômes les plus saillans peuvent être imités par le malade, telles sont ; l’incontinence d’urine simulée fréquemment par les jeun es conscrits, qui s’exercent long-temps à uriner goutte à ,goutté; la rétraction des doigts simulée par la rétraction volontaire aidée même d’une cautérisation superficielle de la peau, afin de faire croire à une cicatrice vicieuse; les ecchymoses simulées par le suc dé certaines plantes; les hémorrhoïdes, le renversement du rectum simulés par l’introduction dans* l’anus de. vésicules ou
sâo DES ERREURS
d’intestin rempli de sang; l’ozène, simulé par l’introduction dans le nez de matièrespuriformes, fétides, de vieux fromage pourri, etc.
Mais ces maladies ne supportent pas pour la plupart l’examen attentif du chirurgien ; on peut éprouver cependant quelque difficulté à reconnaître la fraude dans les câs d’incontinence d’urine. Le fait suivant montrera à la fois l’embarras et le moyen d’en sortir.
Un jeune conscrit était à l’hôpital de Nantes pour une prétendue incontinence d’urine; il était habitué à uriner goutte à goutte, de sorte que pendant plusieurs jours le chirurgien en chef fut indécis sur la réalité de la maladie : un jour cependant il fit venir le jeune conscrit, et, s’asseyant devant lui, l’examinait avec attention. L’examen durait depuis plusieurs minutes : le jeune homme, qui était obligé de faire des efforts violens pour ne laisser échapper l’urine que goutte à goutte, perdant courage, lâcha tout à coup ses urines et inonda le visage du chirurgien.
Un troisième ordre comprend les maladies dont on peut produire à volonté les symptômes principaux. Tels sont : l’œdème que l’on peut facilement produire par la ligature d’un membre , une compression long-temps exercée sur le trajet des veines principales; l’otorrhée que l’on peut simuler, en introduisant dans le fond du conduit auditif des corps irritans qui déterminent de la suppuration ; la fistule à l’anus que l’on simule d’une manière à peu près analogue ; la teigne que l’on a vu simuler par une aspersion d’acide nitrique sur la tête; il se forme alors des croûtes jaunes
DU DIAGNOSTIC. s5î
qui ont plus ou moins l’aspect de celles de la teigne* enfin les ulcères. Cette dernière maladie est déterminée facilement par des substances âcres, irritantes, appliquées sur la peau; et, quand le sujet est en même temps affecté de varices ou de dartres, il devient quelquefois difficile de distinguer si la maladie est due à la fraude ou à la nature.
Cependant, un chirurgien expérimenté qui, avant de se prononcer, aura cherché avec soin à reconnaître les circonstances où se trouve le malade, les intérêts divers qui peuvent le porter à tromper, qui saura multiplier adroitement les questions, et surtout qui ne négligera aucun des moyens fournis par la saine chirurgie pour l’examen de la partie affectée, parviendra presque toujours à découvrir la vérité.
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