‹ Du diagnostic dans les maladies chirurgicalesChapitre 3 sur 13 · I)U DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

I)U DIAGNOSTIC

qu’ils n’ont pu terminer, ou blesser dans le cours

de la dissection des organes importans qn’ils ne

s’attendaient pas à trouver sous le tranchant de

l’instrument.

En supposant que le chirurgien ait pu nettement reconnaître les limites du mal, les rapports des parties altérées avec les parties saines, qu’il ait en un mot accompli sa tâche en ce qui touche le diagnostic local, il ne devra toutefois se décider à entreprendre une grave opération qu’après avoir porté une inspection attentive sur l’état des principaux viscères, qu’après avoir, en un mot, diagnostiqué leur état normal ou pathologique. C’est une faute impardonnable d’amputer un membre chez un phthisique, de faire l’extirpation d’un sarcocèle chez un sujet qui porte déjà des tumeurs encéphaloïdes dans la région lombaire, de pratiquer une grande opération chez un malade dont le sang est contaminé par le pus exhalé dans une veine enflammée. Cette faute, on s’expose à la commettre, si l’on se borne à un diagnostic local.

C’est un problème épineux de diagnostic et qui réclame un grand tact chirurgical que la détermination des chances de résistance qu’un malade pourrait offrir, dans le cas où une grande opération lui serait pratiquée ; en admettant d’ailleurs que l’opération soit réclamée par la maladie locale et justifiée par l’absence d’altérations organiques graves dans les viscères. On conçoit qu’il est impossible de formuler aucune règle de diagnostic pour de

DANS LES MALADIES CHIRURGICALES. i3 semblables cas , et je me borne à les avoir indiqués.

On voit certaines altérations, trop légères pour être l’occasion d’une opération chirurgicale et cependant assez opiniâtres pour résister aux moyens locaux employés pour les combattre, marcher enfin vers la guérison, sous l’influence d’un traitement approprié, lorsque le chirurgien est parvenu à diagnostiquer le vice général ou la diathèse à laquelle ces altérations sont liées et qui les entretenait. Nous avons ici une nouvelle preuve de l’importance qu’il y a d’étudier chez un malade autre chose que les phénomènes locaux de l’affection pour laquelle il réclame les secours de la chirurgie.

Page 1