AVANT-PROPOS
Le diagnostic des maladies des yeux est arrivé aujourd'hui à un remarquable degré de précision. Ce résultat est dû aux nombreuses méthodes d'exploration dont s'est enrichie la science dans ces derniers temps.
Quelques-unes de ces méthodes, empruntées aux sciences physiques et basées sur les principes des lois optiques, présentent des avantages incontestables d'exactitude; d'autres, fondées sur les lois physiologiques de l'œil, quoique moins positives, n'en contribuent par moins à nous faire connaître le véritable état de cet organe.
L'examen ophthalmoscopique se rapporte à la première catégorie de ces méthodes. Au moyen de l'ophthalmoscope nous arrivons à un tel point de précision que, si j'ose m'exprimer ainsi, nous surprenons presque la vie intime de l'organe de la vue, et nous pouvons observer certaines de ces fonctions mystérieuses qui, sans lui, resteraient à jamais ignorées.
A la seconde catégorie des moyens d'investigation nous devons rapporter : V l'examen de l'acuité de la vision; 2° l'exploration du champ visuel périphérique; l'examen
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des phosphènes, si admirablement étudiés et décrits par M. Serre (d'Alais).
Employées séparément, elles ne donnent souvent que des résultats incomplets et incertains; mais réunies ensemble elles fournissent pour le diagnostic des maladies oculaires des données nouvelles d'une telle importance, et éclaircissent si bien les points litigieux, que les doutes disparaissent même sur les questions les plus obscures. C'est ainsi que les recherches ophthalmoscopiques sont contrôlées par les moyens d'investigation du second ordre.
Néanmoins, quelque satisfaisants qu'ils soient, nous avons cru utile d'ajouter encore aux moyens déjà connus d'exploration une nouvelle méthode que nous appelons chromatoscopie rétinienne.
Elle a pour base la loi physiologique en vertu de laquelle notre œil est doué de la faculté de distinguer les couleurs. Aucune altération, soit de la rétine, soit du nerf optique ou du cerveau, ne peut se produire sans amener des désordres dans la perceptivité colorée de l'œil. De là la cécité partielle ou totale des couleurs.
On ne connaissait jusqu'à présent que la cécité des couleurs congénitales : daltonisme ou dyschromatoscopie congénitale.
Nos recherches nous ont permis d'établir que cette faculté peut être plus ou moins compromise par le seul fait de l'altération partielle ou totale d'une des parties de l'organe nerveux visuel.