‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 14 sur 84 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

SÉMÉIOTIQUE DES TROUBLES OCULAIRES DANS LES MALADIES DU CERVEAU ET DE LA MOELLE

ËPINIËRE.

• Tout obiUcIe et toute compression du eenreau, de nature à empêcher le sang de r<Bil de rentrer dans le sinus caverneux, déterminent sur la papille et sur la rëiine des troubles de circulation, de sécrétion et de nutrition, dont il faut tenir compte pour le diagnostic des maladies de l'encéphale. »

(E. BOUCHUT.)

< Dans certaines maladiesdu eenreau ou delà moelle, le (p^nd sympathique exerce sur la circnUition de rœil une influence qui se traduit par des lésions trds* étidcnies de la papille et de la rétine. >

(B. BOOCHUT.)

Les maladies du cerveau, de la moelle et des nerfs, exercent ordinairement une action directe ou réflexe sur l'œil dont elles troublent les fonctions circulatoires ou nutritives. Elles exagèrent sa sensibilité générale ou spéciale (photophobie, arablyopie ou amaurose); elles altèrent ses mouvements (nystagmus, alaxie papillaire, mydriase, strabisme); elles en modiGent enfin la cir-

BOUCBITT. i

culalion et la nutrition en augmentant la vascularité du fond de l'œil ou en détruisant les vaisseaux de la papille. Si cette action n'est pas constante, elle est au moins très^ordinaire et elle s'explique par des dispositions anatomiques tellement connues, qu'il n'y a pas lieu de douter du rapport à établir entre la cause et son effet. Dans les maladies aiguës du cerveau, comme je l'ai fait connaître dans mes cours (1), et dans les maladies chroniques, ainsi que l'ont indiqué Desmarres père et fils, de Graefe, Liebreich, Galezowski, Lancereaux, cette action se produit à un mo- . ment ou à un autre de la durée du mal , et le phénomène est si évident qu'on peut conclure de l'un à l'autre. D'une autre part, les expériences que j'ai faites sur les animaux prouvent qu'on peut, en agissant iur le cerveau pour produire des phlegmasies ou des compressions, occasionner dans l'œil des altérations analogues et môme semblables à celles qu'on rencontre sur l'homme atteint des mêmes maladies, d'où résulte qu'on peut remonter de certaines lésions oculaires au diagnostic de quelques maladies du cerveau (3). C'est là une téméiotique nouvelle à faire,

(4) Voy. Gazette den hôpitauw^ 15 mai 1862.

(2) Jadis ou donnait le nom d'ophthalmoscopie à Tart de connaN ire le tempérament d'une personne par Texamen de ses yeux (Dio^ tionnaire de médecine^ par Robin et Littrô). Je lui donnerai une signification plus reslreinlo en me bornant ù faire de Tétude des lésions de !*Œil la base de la séméiotique des maladies du système nerveux.

AU MOYEN DE t'OPHTUALMOSœPIE. «S

et, s'il eu existe quelques éléments dispersés ça et là dans la science (1), elle constitue un vaste champ d'étude que je me suis proposé d'explorer à ce point de vue spécial. Depuis trois ans je n'ai manqué aucune occasion d'examiner directement les troubles visuels des malades atteints de méningite, d'hydro* oéphalie, d'encéphalite partielle chronique, de tumeurs du cerveau , d'hémorrhagie ou de ramollissement cérébral, d'épilepsie, de paralysie générale progressive, de fracture du crâne, de commotion ou de compression du cerveau, de rachitisme cérébral, etc., qui se sont présentés à moi, dans l'hôpital ou dans la ville, j'ai examiné ou fait examiner les yeux à Tophthalmoscope par mes savants confrères Desmarres père, Desmarres fils, Liebreich, Galezowski. Cuinet, etc.; j'ai sacrifié chez moi ou dans le laboratoire de M. Robin qui a eu la bonté de me donner asile, une foule de lapins et de chiens, chez lesquels j'ai produit des fractures du crâne, des commotions ou des compressions du cerveau, des méningites, etc.,

(4) Voici ce que dit M. Liebreich dans son Atlas d^ophikalmo- Koptf, aa sujet des tmnears cérébrales, des exsudations et des •zosUMet à la base da crâne : t H se produit une stagnation de la circulation rétinienne^ une infiltration séreuse, un développement d'éléments de tissu cellulaire et une vascularisalion fine dans la papille du nerf optique. A rophthalmoscope, ces différentes modifications 86 présentent de la manière suivante : toute la papille est trouble et d'un rouge grisâtre ; son contour est mal déterminé et plus éloigné qu'il ne Test à Tétat normal de la limite réelle, ainsi

h DIAGNOSTIC DBS MALADIES DU 5TSTÉWE NERVEUX

et c'est le résultat de mes nombreuses observations pendant trois années que je publie aujourd'hui. J'aurais peut-être encore pu attendre pour le faire, mais mes recherches et mes expériences ayant étii trèssouvent faites en public ou exposées dans mes cours, je ne veux pas différer davantage leur publication. Si malgré le grand nombre d'observations et d'expériences que je rapporte, il reste de l'incertitude sur quelques points, je suis sûr que de nouvelles recherches que j'appelle de tous mes voeux ne tarderont pas à compléter les miennes, et à faire de la céréhroscopie une partie importante de nos moyens de diagnostic.

Dans co travail j'indiquerai d'abord quelle est la nature et ta forme des troubles de la sensibilité, de la circulation, de la motilité et de la nutrition oculaires utiles à considérer pour faire la séméiotique des maladies du cerveau et des névroses. Après avoir ainsi fait connatti-e les phénomènes pi'oduits dans les yeux par les maladies du cerveau et discuté leur impor-

que les difTéranls jeux de lomiëra et d'ombre qui existent sur ia pa-

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anlOricui jusque ij rie. ils [ sur celle l'obsera (R. Litti n'aenoo

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