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CHAPITRE II

DES TROUBLES DE LÀ MOTILITÉ OCULAIRE PRODUITS PAR LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.

§ t. — Be la ■lydrlMie.

La paralysie des fibres circulaires de l'iris qui entraîne la dilatation de la pupille et l'impossibilité d'accommoder l'œil à la vision des objets trop éclairés, produit toujours un affaiblissement notable de la vision. C'est la mydriase. On l'observe dans les maladies d'iris, dans les empoisonnements par la belladone et la plupart des solanées, dans la méningite, mais dans ce cas elle a un caractère particulier qui sert à en faire reconnaître la cause ; elle n'est pas la même dans les deux yeux et il y a toujours une pupille qui est plus dilatée que l'autre.

La vision ne s'exerce que par suite des efforts du mus-

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cle ciliaire pour accomrtioder l'œil aux formes variées qu*il est obligé de prendre pour voir aux différeutes distances où il se trouve des objets. Ainsi'la contractilité régulière du muscle ciliaire, change la convexité de la cornée y et de cette manière approprie l'œil aux nécessités de la vision à des distances variables. Quand cette contractilité est troublée, et que les muscles ciliaires fonctionnent mal ou ne fonctionnent plus il en résulte^ d'abord une difficulté devoir les objets rapprochés, puis une amaurose complète. C'est ce qu'on observe dans certaines maladies du cerveau, consécutives à la diphthérite (Follin) et à la convalescence des maladies aiguës ainsi que j'en ai rapporté des exemples.

Le nystagmus est un mouvement transversal involontaire des yeux qui vont sans cesse de droite à gauche, et de gauche à droite, avec une rapidité considérable. C'est un phénomène de convulsion clonique permanente qui s'observe dans Thydrocéphalie chronique,dans certaines méningo-encéphalites chroniques, dans la chorée, dans l'épilepsie symptomatique, et dans l'albinisme accompagné d'absence de pigment sur la choroïde.

Le resserrement de la pupille qui est le symptôme de quelques maladies de l'œil, et particulièrement de

riritis, est aussi le symptôme de l'empoisonnement par Topium ou d'un état particulier de congestion ce* rébrale. Ainsi on observe le resserrement des deux pupilles chez tous les individus dont le système nerveux est fatigué par le travail du jour, et qui, le soir, commencent à s'endormir et sont endormis. C'est Tétat des pupilles pendant le sommeil, et, d'après ce phénomène, on peut aisément reconnaître qu'un individu est vraiment endormi. En effet, si Ton s'approche d'une personne qui dort et qu'on lui soulève les paupières avec précaution, on voit que ses deux pupilles sont très-contractées, et au moment du réveil elles se dilatent énormément pour osciller pendant quelques secondes et s'accommoder à la vision des objets. Pendant le sommeil, l'iris ajoute par son occlusion et par l'obstacle qu'il apporte au passage des rayons lumineux à la protection déjà fournie à l'œil sous ce rapport par l'occlusion des paupières. Alors la pupille agit sous l'influence de l'obscurité en sens contraire de la veille, et au lieu de se dilater quand elle est à l'ombre, et couverte par les paupières, elle est contractée ; c'est là un phénomène important qu'il importe de signaler (1 ). Le resserrement de la pupille est aussi le symptôme des maladies de la cinquième paire et du grand sympathique au cou, par suite de la lésion des deux pre-

(0 Voy. E. Bouchut, Traité dei êignei île ta mort, 1848; Dt la dilatation des pupilles^ page 128.

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mières paires cervicales. On sait en effet que d'aprè» Pourfour du Petit, Cl. Bernard et Schiff, la lésion du grand sympathique au cou pn)duit dans le côté correspondant des phénomènes oculo-pupillaires caractérisés par Taplatissement de la cornée, par la congestion sanguine de la conjonctive et par une contraction trèfl-marquée de la pupille.

Le resserrement de la pupille existe également dans l'état grave du système nerveux qui précède la mort et qu'on appelle l'agonie. Aux approches de la mort, les pupilles sont contractées, et si l'on assiste au dénoûment, on voit qu'avec le dernier soupir il se fait une dilatation énorme de la pupille en même temps qu'une dilatotion de tous les autres sphincters.

§ ft. — »e Tatavle •enlAlre.

Che?. quelques personnes, l'œil ne peut rester en place et fixe sur un point donné. Une contraction involontaire plus ou moins prononcée le dérange sans cesse, de sorte qu'il y a une véritable instabilité du globe oculaire que Ton retrouve sur la papille, et qui gêne beaucoup lorsqu'on veut Texplorer par l'ophthalmoscope. C'est une véritable ataxie, comparable à l'ataxie musculaire das membres, et caractérisée par la difficulté de diriger complètement l'œil par les caprices de la volonté. Les mouvements n'ont rien de désordonné ni de violent, ils sont même peu appréciables, mais si faibles qu'ils soient, ils nuisent beau-

coup à TexameD ophthalmoscopique de rœil. Cette lésion de la motilité oculaire s'observe dans la paralysie générale progressive, comme le tremblement de la langue avec lequel elle a beaucoup d'analogie , et c'est un signe de folie prochaine.

§•.—»« riBésallIé des papUlM.

L'inégalité des pupilles tient à une altération de la contractilité des fibres circulaires et radiées de l'iris, fibres à demi paralysées dans un œil, tandis qu'elles restent à peu près normales sur Tautre. De cette force contractile inégale des fibres dans chaque iris, produite par la maladie, résulte l'inégalité des pupilles constatée par Baillarger (l), Moreau (2), Dagonet, Âustin (â), Billod, dans la paralysie générale progressive. Si le phénomène n'est pas constant, il existe dans la majorité des cas, ainsi que je le démontrerai plus loin, et cela suffit pour lui donner une grande importance.

§ 9. — Do mtemhêmwÊe,

Le strabisme et la diplopie sont des phénomènes intimement liés l'un à l'autre, et bien que le strabisme qui date de l'enfance ne soit pas accompagné de

(1) Baillarger, Gazette det hôpitaux, U mai 4 850, p. 225.

(2) Docteur Moreau, Canton médicale, 2 juillet 4 853.

(3) Docteur Ausliu, Annales médico'psychologiques, avril 4 862.

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diplopie, celui qui se développe accidentellement chez l'aduite ou dans une maladie aiguë produit toujours la vision double. Quoi qu'il en soit, si le strabisme congénital ou acquis peut être le résultat d'une contracture des muscles de l'œil indépendante d'une maladie des centres nerveux, il est souvent, à une époque avancée de la vie, selon les accointances avec d'autres symptômes dont il faut savoir tenir compte, le signe de la méningite aiguë et tuberculeuse , des tubercules cérébraux, de Thémorrhagie cérébrale, de la paralysie du moteur oculaire externe ou du moteur oculaire commun, qui annonce la syphilis, soit l'hydrocéphalie chronique, soit une tumeur du cerveau, soit enfin le début d'une paralysie générale progressive.

Aussi, en laissant de côté le strabisme qui dépend

d'une lésion localisée aux muscles de l'œil, pour ne

s'occuper que du strabisme produit par la lésion du

cerveau et des nerfs, on voit que ce symptôme, s'il est

convenablement étudié, peut servir au diagnostic des

maladies cérébrales. Il a même une telle importance

que, dans quelques cas, son apparition, au milieu d'un

concours de symptômes, peut, à lui seul, devenir la

confirmation d'un diagnostic jusqu'alors incertain.

Amsi, chez les enfants, après quelques jours de fièvre

continue, on ne sait souvent pas encore s'il s'agit

d une affection typhoïde ou d'une méningite, mais dès

qu il se montre un peu de strabisme et de prolapsus

i& DIAGNOSTIC DBS MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

de la paupière supérieure, on peut être certain d^avoir affaire à une pblegmasie des méninges. Chez Tadulte, de violentes douleurs de tète avec strabisme externe et diplopie annoncent, soit une affection syphilitique de la troisième paire (nerf moteur oculaire commun), soit une névrite de cette racine nerveuse et un com* mencement probable, quoique éloigné, de paralysie générale progressive. Il en est de môme du strabisme interne dû à la paralysie du moteur oculaire externe, mais les conséquences en sont ordinairement beaucoup moins graves.

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