CHAPITRE m
DBS TROUBLES DB LA CIRCULATION INTÉRIBURB DB l'oBIL PRODUITS PAR LES MALADIES DU STSTÂMB MBRVfiUX.
Le sang des parties intérieures de l'œil qui a servi à leur nutrition revient au torrent veineux par les divisions choroïdo-rétiniennes de la veine ophthalmique qui passent sur la papille jusqu'au centre, qu'elles traversent pour s'enfoncer dans le nerf. Une fois arrivé à la papille et au nerf optique, le sang veineux rentre dans le sinus caverneux, puis dans le sinus pétreux ou latéral, pour gagner le golfe de la veine jugulaire, et il y arrive sans peine» tant qu'un obstacle ne vient pas engorger les sinus dans une étendue plus ou moins
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grande. Si un obstacle se produit, ce qui arrive trèsfréquemment dans la pblegmasie du cerveau ou des méninges, dans les tumeurs de Tencéphale et des os du crâne, dans la phlébite des sinus de la dure-mère» dans les bémorrbagies cérébrales ou méningées, dans rhydrocéphalie chronique, dans la congestion cérébrale des maladies du cœur ou de Tépilepsie, dans la congeslion cérébrale des fièvres, de Térysipèle de la tète ou enfin dans Peffort hémorrhagique qui n'a pas été assez violent pour occasionner une déchirure du cerveau, il en résulte une stase sanguine des veines et des capillaires de la papille, de la rétine ou de la choroïde, qui produisent des altérations très-variées au fond de l'œil. Parmi ces altérations, qui toutes ont une grande importance pour le diagnostic des maladies cérébrales, je mentionnerai :
1*" La congestion papillaire, ou voile papUlaire,
S"" La congestion péripapillaire.
â"" L^anémie papillaire partielle, ou générale.
le Les flexuosités pblébo-rétiniennes.
5"* Le pouls veineux de la rétine.
ô*" Les phlébectasies rétiniennes.
T Les varices ou varicosités rétiniennes.
8* Les hémostases phlébo-rétiniennes.
O** Les thromboses phlébo-rétiniennes.
10* L'anévrysraephlébo-rétinien.
1 1"* Les bémorrbagies de la rétine et de la choroïde.
4 2* L'infiltration séreuse papillaire ou péripapillaire. là"" L'hydrophthalmie ou Texophthalmie.
ih!" Les exsudations fibrineuses ou graisseuses de la rétine.
iS"" La décoloration choroïdienne.
Ces altérations n'existent jamais toutes à la fois sur le même sujet, et il n'a pas fallu moins de 220 observations de maladies cérébrales différentes, pour les rencontrer sous toutes les formes et à tous les degrés*
Cest en les étudiant jour par jour, et dans tous les cas possibles, que j'en ai saisi le principe et révolution de manière à pouvoir affirmer qu'elles s'enchaînent de la façon la plus intime et que, de la congestion à l'œdèuie papillaire et à l'bydrophthalmie ou à la flexuosité, à la varicosité, à l'hémostase, aux thromboses, aux ruptures des veines rétiniennes et aux hémorrhagies de la rétine suivies d'une transformation graisseuse des caillots, il n'y a que des différences de degré ; que le point de départ des phénomènes est presque toujours l'obstacle au retour du sang de l'œil dans l'intérieur du crâne.
Maintenant, je vais étudier ces altérations en détail, pour indiquer les maladies nerveuses ou cérébro-spinales dans lesquelles on les observe.
§ i. — De la eoBse«llOB papillaire on voile papillaire.
La congestion papillaire n'existe jamais seule et
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s'observe toujours en même temps que la congestion excessive de la choroïde. On dirait une violente choroïdite, mais comme la lésion est la conséquence d'une * maladie aiguë cérébrale, au lieu de se développer au milieu de la santé, il n'y a aucun danger de faire erreur. Tout le fond de l'œil est rouge et la papille, au lieu de se détacher par sa couleur blanche sur la choroïde, ne s'aperçoit plus que couverte d'un voile rougeâtre qui la masque plus ou moins complètement. Dans certains cas, ce voile est si épais qu'on distingue à peine les vaisseaux. (Voy. fig. 15 et 16.)
La congestion et le voile papillaire s'observent dans Vhémarrhagie cérébi'ale très-intense^ dans certains délires de Vérysipèle ou de la fièvre typhoïde.
§ t. — CoBsestlOB péripaplllalrc.
La congestion péripapillaire est caractérisée par une hypérémie de la choroïde et des bords de la papille, assez intense pour en masquer lé contour (voy. fig. 7). Elle existe sur un point, sur la moitié ou sur toute la circonférence du contour papillaire. Quand elle entoure la papille, elle en masque les bords, qui sont rougeâtres, peu visibles, et il n'y a que le centre qui conserve sa couleur blanche.
La congestion péripapillmre générale ou partielle est le signe de la méningite aiguë simple, tuberculeuse ou rhumatismale et de quelques tumeurs du cerveau.
BOVCHUT. 2
§ S. — Anémie MpHlairo-
L'aDémie papillaire est caractérisée par la diminution de volume et de nombre des vaisseaux de la papille, ce qui lui donne une coloration plus blanche que de coutume. Elle peut être partielle, centrale ou générale, et ne s'observe que dans les maladies cérébrales chroniques. C'est un effet secondaire des congestions précédentes ou antérieures, et cet état conduit ordinairement à l'atrophie papillaire et à Tamaurose.
Cette anémie s'observe dans la méningite chronique, dans les paralysies de la convalescence des maladies aiguës qui n'ont pu guérir (voy. chapitre xv) et dans quelques cas de ramollissement cérébral séuile, mais c'est une altération que je n'ai pas assez souvent rencontrée pour en connaître toutes les formes, et elle exige de nouvelles recherches.
La flexuosité des veines de la rétine se reconnaît aisément à la disposition sinueuse des veines du fond de l'œil remplaçant leur direction longitudinale. Elle n'a pas une importance excessive dans le diagnostic des maladies nerveuses et cérébro-spinales, car on l'observe quelquefois dans l'état normal et dans le cours des maladies organiques du cœur^ occasionnant
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uœ gôoe excessive de la circulation. Cepeodaut, il ne faudrait pas considérer cette disposition comme étant sans valeur, car on la voit se produire d'un jour à l'autre pendant un état morbide dont le diagnostic est incertain, ou chez un animal dont le cerveau vient d'être fortement contusionné. Dans ces cas, il est clair qu'elle indique une pblegmasie cérébrale. (Voy. fig. 10 et 21.)
Les flexuosités pblébo-rétiniennes se rencontrent dans la méningite aiguë, simple et tuberculeuse, dans la compression du cerveau après une fracture du crâne, dans rhémorrbagie méningée et dans certains cas d'bémorrhagie du cerveau.
Quand on aThalntude de l'ophthalmoscope» on connaît approximativement le diamètre des veines de la rétine, les variations qu'il peut subir, et Ton peut reconnaître la dilatation anormale de ces vaisseaux. Cette dilatation constitue la phlébectasie phlého -rétinienne. On l'observe dans toutes les phlegmasies un peu intenses des méninges ou du cerveau, dans toutes les congestions cérébrales actives ou passives, dans l'hy*drocépbalie chronique, dans le cas de compression du cerveau par un épancbement séreux ou sanguin^ dans la compression du cerveau et dans quelques fractures du crftne, enfin dans toutes les maladies qui, d une
20 DIAGNOSTIC DES HALADItS DU SVSTÈHE NERVEUX
façon primitive ou secondaire, font ob^acle à la circulalioD veineuse du cerveau et des sinus de ]a duremère, ainsi que le démontre la figure ci-jointe.
Il m*a semblé voir plusieurs fois les veines de la rétine offrir, en outre de leur dllatalion uniforme plus considérable, de petits renflements successifs, comme s'il existait un état variqueux de ces veines. Le contour des vaisseaux, au lieu d'être net et linéaire, était rugueux et renflé comme sur les varices. N'ayant