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CHAPITRE IV

DES TROUBLES DE NUTRITION DU FOND DE L*0E1L PRODUITS PAR LES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.

Les troubles de la circulation de i'œil, produits par les affections cérébrales, entraînent souvent à la longue ou immédiatement, des altérations de nutrition de la rétine, de la choroïde, du nerf optique et de la papille qui produisent TinQUration de pigment sous la rétine, l'atrophie choroïdienne, le rétrécissement, l'excavation, la déformation et Tatrophie de la papille, mais toutes ces lésions n'ont pas une importance égale au point de vue du diagnostic des maladies du cerveau, et il n'y en a que trois ou quatre dont il faille tenir compte.

§ t. — •• la réttaMe pifueatlre.

Chez les adultes et chez les vieillards, la présence d'un excès de pigment dans la choroïde n'a pas d'importance et est compatible avec l'état normal, mais chez les enfants où le pigment est très-rare, la pré* sence de cet élément a une signification toute diffé*

30 DUGNOSTIG D£S MALADIES l>U SYSTÈME NERVEUX

rente. Ainsi, d'après M. Liebreicb, cette disposition serait particulière à une grave maladie cérébrale qu'on appelle l'idiotie (voy. fig. 22). Toutefois, cette allération, si fréquente qu'elle soit, n'ayant rien de constant, ne saurait avoir rien de pathognomonique. J'en reparlerai plus loin, ainsi que de la pigmentation papillaire observée une fois par hasard dans un cas d'encéphalite chronique partielle vieille de douze ans.

§ t. — Be ralropliie eboreldlemie.

On observe souvent ratfophie choroïdienne et la rétinite pigraentaire réunies ensemble chez les vieillards atteints de ramollissement cérébral, mais l'atrophie de la choroïde étant très-commune chez l'adulte, il est difficile de savoir si la lésion est ancienne ou nouvelle, et si elle est le résultat de l'atrophie sénile du cerveau, du nerf optique et des parties constitutives de l'œil.

§ t* — B« réiré^lMemeni de 1* p«plll«.

La papille dont les dimensions ne sont pas trèsétendues, peut s'amoindrir d'une façon régulière et paraître plus petite que de coutume^ sans se déformer, ou sans que les vaisseaux soient altérés. C'est une forme d'atrophie de la papille, altérant beaucoup moins la vision que l'atrophie vasculo-papillaire. Le rétrécissement ou la petitesse de la papille s observe

Al] MOYEN DE L OPUTUALMOSGOPIE. 31

dans les maladies chroniques du cerveau et dans le ramollissement cérébral chronique datant déjà d'une époque éloignée.

§ 4. — lle« excATatloiM de la pai^Ue.

L'excavation de la papille s'observe quelquefois dans les maladies chroniques du cerveau, mais elle ne peut en aucune manière aider à les recounatlre, à moins qu'elle ne soit compliquée d'atrophie (voyez le chapitre Tumeurs du cerveau). C'est une lésion compatible avec l'exercice normal de la vision, et qu'on observe très-fréquemment dans l'état physiologique. On ne sait pas si elle est ancienne ou récente, et je ne fais que l'indiquer dans l'espoir qu'on pourra quelque jour en tirer un meilleur parti que je n'ai pu le faire.

§ ft. — Weu défonnaltoiui de la lapine.

Si la petitesse et l'excavation de la papille du nerf optique ne sont pas d'une grande utilité pour le diagnostic des maladies nerveuses et cérébro-spinales, il n'en est pas de même des déformations de la papille. Cette altération caractérisée par l'aplatissement latéral ou transversal, par la saillie excessive d'un côté de la papille ou par l'inégalité du bord papillaire, offre, au contraire, une importance excessive et indique la compression du nerf optique. (Voy. obs. 7 et 45.)

Les déformations et les irrégularités de la papille

sont le signe d'une tumeur de la couche optique ou d'une tumeur de la base du crâne, quelqu'en soit roriginc et pouvant produire l'aplatissement du nerf.

§••—•• l-alr«plile papUlaire.

L'atrophie de la papille du nerf optique est la plus commune, en même temps qu'elle est la plus grave des altérations de l'œil produite par les maladies du cerveau et de la moelle (voy. fig. 19). Elle est caractérisée par la décoloration et la blancheur de la papille dues ù la disparition progressive des vaisseaux capillaires, par Taltération et la destruction consécutive des tubes nerveux qui sont entremêlés de tissu conjonctif, et par l'amaurose. Elle résulte de Fétat phlegmasique primitif de l'encéphale et des couches optiques dans la méningo-encéphalite terminée par guérison, de la compression du nerf par une tumeur ou par une hydrocéphalie chronique ; de la phlegmasie consécutive aux congestions actives et passives de la papille, par le délire des fièvres graves ou l'action réflexe de la moelle et du grand sympathique ; enfin de l'altération lente du mouvement nutritif qui succède à Toblitération des petits vaisseaux de la papille. Cette atrophie se produit par degrés. D'abord incomplète, elle augmente tous les jours, et il est rare qu'elle succède d'emblée à un état aigu dans lequel le malade privé de sens et de raison sortirait de son

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