CHAPITRE V
DE l'uMPORTANGE DES SIGNES FOURNIS AU DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX PAR LES TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ, DE LA MOTIUTÉ, DE LA CIRCULA- TION ET DE LA NUTRITION DU GLOBE OCULAIRE.
L'étude que je viens de Faire des lésions de la motilité^ de la circulation, de la sensibilité et de la niUrition de certaines parties de l'œil dans leurs rapports avec les maladies du cerveau a dû en montrer l'importance. Par ses relations anatomiques, ou si Ton veut par ;son intime connexité, l'œil subit de la façon la plus immédiate et la plus prompte le contre-coup des lésions cérébrales, et la circulation ne peut être gravement troublée dans le cerveau sans que les vaisseaux de la rétine ne s'engorgent , et sans que les fonctions
BOUCHUT. 3
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TWieUes Dfl soient modiBées. Un tel rapport hit compreodra le inécaiiisDe de* téskioi oealaires produites pu la mabdiei du «rreta, ce qu'on poomit appe- }er U phystolofifl patboiofiqoe do pbénomèoe, si ces doux BMti oe huriaient pas d'être aeeoapléi eusenble, en aorte qu'il n'y a pat à révoquer l'inlluenee des mabdies de l'orguie de la peoM sur ta production de œrtaint troubles visuels. De « £ul pnodpal, ressort a^Dime consèqueoce ia possibilité de remonter des lésions de l'œil aux lêsioDs céretM^Jes, et de juger l't'Ut du cerveau par celui de l'orbe rtsuel. Par l'œil TOir le cerreau. tel a ete le but de mes études depuis trois ans, et U science médk-ale ne pourra, je pen», que parcourir avec ivaula^e ce nouveau cbamp d'observation ouvert à sou activité.
L£s altérations ocukires dont je viais de parler n'oul [VU uue l'halo îiu^K^rUukv, n'ool pas toutemime origine, et ne>-.^il \vis t*f.UeHienl focîles à constater. Ls unes prviduite» far un di'sordre de sensibilité on de BMtîlité, telles que la plM4<>pbohi«, l'aMaonMe, la diplopie. le stiibisiue, le BTsIafrmus. eto.. suai réTélé«i pu- le malade ou afqn^-it'M f^r un sÎBple ooap d'œil du nériecin. taWis que les aulnes ne peirrent ètn découTwIes qu'au norai 4* l'i^thahaoseope.
AU BiûYBN DB L*OPHTHàUIOflGOPlB. 86
médecin peut, dans certains cas, suivre jour par jour les lésions de circulation du fond de Tœil produites par les maladies du cerveau , ainsi que les lésions de nutrition qui peuvent en être la conséquence. C'est là un résultat considérable, et quel que soit l'avenir de la tentative de séméiotique cérébrale que j'essaye aujourd'hui, il est certain que désormais la diapfuhal^ mascùpie fera partie des éléments de diagnostic à con* sulter dans Tétude des maladies du cerveau.
Quelle est l!importance de l'étude des lésions ocu* laires dans le diagnostic des maladies du cerveau Y Peut-elle donner des signes plus précis que ceux que l'on connaît? Ces lésions sont-*elles assez con* slantes pour être d'un grand secours dans les cas où le diagnostic est incertain? Sont-elles pathognomo* niques d'une maladie plutôt que d'une autre, et n'y a-t-il pas à les réunir aux autres symptômes des maladies cérébrales? Tels sont les problèmes difficiles que J0 me suis imposé le devoir de résoudre pour dé^ montrer l'utilité de oes nouvelles recherches et pour répondre d'avance aux objections qu'elles peuvent faire naître dans l'esprit du lecteur.
1* Par leur mode d'origine et de développement, autant que par leur fMquence dans les maladies du cerveau, certaines altérations de motilité^ de circulation, de sensibilité et de nutrition, observées dans l'œil séparent ces maladies en deux classes, les unes avec et les autres sans lésion matérielle de la substance
cérébrale. Eu effet, là où se produisent les troubles foDCliounels idiopalhiques ou symplomatiques ^ c'est* à-dire pouvant exister seuls ou faire supposer une maladie organique du cerveau , la présence d'une altération oculaire tranche la difficulté, et permet d'afBrmer qu'il existe une maladie organique. Sous ce rapport donc, l'étude des troubles visuels, chez les malades qui présentent des symptômes nerveux, a une grande importance. Ainsi, dans les paralysies avec amaurose consécutive à la diphthérite et à la convalescence des maladies aiguës, s'il n'y a aucune lésion oculaire visible à l'ophthalmoscope, c'est que la maladie est, comme l'a dit Follin, liée à un trouble de l'accommodation, tandis que, s'il y a congestion péripapillaire, œdème de la papille ou hémorrhagie rétinienne, c'est qu'il existe une infiltration séreuse du cerveau ou de ses enveloppes. Dans l'épilepsie, s'il n'y a rien au fond de l'œil, c'est que la maladie est sympathique ; mais s'il y a déformation de la pupille ou seulement angioplanie, c'est-à-dire anomalie ou erreur de distribution dans les vaisseaux de la rétine, ou peut supposer qu'il existe une anomalie semblable à l'intérieur du crâne, et que la maladie est sy Diplomatique d'une lésion cérébrale due à un vice de distribution des vaisseaux veineux.
Dans le délire aigu de la fièvre typhoïde, de l'érysipèle du cuir chevelu, dans le délire des enfants et dans le délire de l'alcoolisme aigu ou du rhumatisme