‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 23 sur 84 · AU MOYEN DE L*OPHTHALMOSGOPIE · texte numérisé non relu

AU MOYEN DE L*OPHTHALMOSGOPIE

articulaire, on se demande souvent s'il y a ou s'il n'y a pas de méningite, et, selon les idées médicales de robservateur, il répond d'une Façon négative ou affirmative, sans avoir plus de motifs de se prononcer dans un sens que dans Tautre. Eh bien, dans ces cas, rophthalmoscope, qui ne trouve aucune lésion du fond de Tœil, permet de dire qu'il n'y a rien au cerveau; tandis que, au contraire, la congestion péripapillaire, avec œdème d'un côté de la papille et des flexuosités, des varices ou des thromboses phlébo-rétiniennes permettent d'affirmer que les malades ont une forte congestion cérébrale et un commencement de méningite (voy. obs. 53). Partout où des phénomènes cérébraux s'accompagnent de lésions oculaires, il y a en même temps lésion organique de l'encéphale, fait considérable, dont il est impossible de méconnaître l'importance, et qui semble devoir être de la plus grande utilité pour le diagnostic des maladies du cerveau. Cela est si vrai, que, dans la méningite en particulier, je ne manque jamais d'employer l'ophthalmoscope pour donner au diagnostic toute la certitude désirable.

Mais, si une lésion oculaire, coïncidant avec des phénomènes nerveux, indique toujours une maladie cérébrale, en revanche, toute maladie cérébrale s'accompagne-t-elle de lésions oculaires? Non; car dans certains cas rares les maladies organiques de l'encéphale sont tolérées de la façon la plus extraordinaire,

sans donner lieu à un phénomène morbide. Chez ces malades alors une lésion de Tencéphale peut exister sans troubler les fonctions visuelles. Ainsi font quel* quefois les tubercules du cerveau, les bémorrbagies cérébrales récentes, mais peu volumineuses) les hé* morrhagies cérébrales anciennes, qui, après avoir occasionné pendant les premiers jours de l'amaurose, de la berlue, de rhydrophthatmio, du strabisme et de la diplopie, permettent le retour des fonctions visuelles à Tétat normal, sans que le foyer cérébral ait disparu. Malgré ces exceptions fort rares, et que je n'ai encore rencontrées que dix fois sur plus de deux cents ma* lades, le rapport des troubles visuels aux lésions du cerveau est si intime et si habituel, qu'on doit le considérer comme une règle pathologique, et, en conséquence, s'en servir comme d'un élément indispensable à un bon diagnostic des maladies de l'encéphale.

S"" Il n'est pas douteux que le troubles visuels produits par les maladies cérébrales, en s'ajoutant aux autres symptômes de ces maladies, ne leur donnent une précision plus grande. Ainsi, quelle que soit l'habileté d'un médecin , vis-à-vis des phénomènes d'invasion d'une méningite, il reste souvent plusieurs jours dans un état d'incertitude fâcheuse pour la thérapeutique : mais si par l'ophthalmoscopie il découvre des flexuosites, des varices et des thromboses phlébo-rétiniennes avec œdème de la papille, il affirmera qu'il existe un obstacle à la circulation du cerveau, et la certitude de

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cet obstacle sera la preuve d'une phlegmasie méDin* gée avec thrombose du sinus caverneux ou phlébite dei sinus de la dure^^mère. Ailleurs, on ne sait vérità« blement pas si un vieillard qui présente des phéno^ mènes de paralysie subite est atteint de ramollisse^ ment oérébral aigu ou dliémorrhagie cérébrale, et cependant il suffit de regarder à rophthalmoscope pour voir que dans Thémorrhagie il y a une dilata* tion et une hypérémie des vaisseaux du fbnd de l'c^il, quelquefois même des épanchements sanguins qui n'existent jamais dnns le ramollissement aigu du cer** veau.

Sans vouloir donner à aucun des troubles visuels fournis par rophtbalmoseopie au diagnostic des mala*^ dies cérébro-spinales, la préséance sur les autres troubles fonctionnels de ces maladies, il est impossible de ne pas voir que ces phénomènes sont, dans quel^ ques circonstances» d'une précision extraordinaire et jusqu'ici inconnue. Ce sont des symptômes à ajouter à ceux dont la clinique est depuis longtemps en possession.

De plus, le côté où existe la lésion de rœil indique ordinairement le côté du cerveau où se trouve la lésion cérébrale, et Ton peut ainsi, par rophthalmoscope, non-seulement reconnaître une maladie du cerveau, mais dire, à peu de chose près, quelle est ht partie de l'encéphale qui est malade. (Voy. obs. 69*)

8' Les troubles visuels produits par les maladies du

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cerveau et de la moelle sont parfois tellement nets et si bien en rapport avec les lésions organiques cérébrales que leur présence devra toujours être considérée comme un des plus sûrs éléments de diagnostic que possède la science pour déterminer la nature des phénomènes nerveux oiferts par les malades. C'est là une vérité incontestable. Mais si les altérations de motilité, de circulation, de sensibilité et de nutrition de l'œil ont cette importance, il leur manque quelque chose pour avoir toute la signification désirable en séméiotique, car ainsi que nous l'avons déjà dit, elles peuvent faire défaut. Présentes, leur signification est incontestable, mais leur absence peut égarer le médeciu et faire croire à l'existence de troubles nerveux fonction neLs qui seraient au contraire la manifestation d'une lésion organique de l'encéphale. A cet égard, il faut donc être très-réservé et multiplier les recherches pour bien connaître tout ce que renferme cette nouvelle séméiotique du cerveau.

A* Au reste, comme je l'ai déjà dit, aucune des lésions de la sensibilité, de la circulation, de la motilité et de la nutrition oculaires n'est pathognomonique d'une maladie de l'encéphale ou de la moelle. Tous ces phénomènes ont besoin d'être réunis aux autres symptômes de la maladie qu'on observe, et c'est en tenant un compte attentif de la succession des accidents, de leur cause, de leur enchaînement et de l'apparition des lésions oculaires constatées par

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robsenration et Tophlbalmoscope qu'on peut espérer d'arriver à un diagnostic précis. C'est par l'ensemble qu'ils prennent de la valeur, et ici, comme en toutes choses, le morcellement conduit à Timpuissance.

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