OPHTHALMOSCOPIE DANS L ATAXIE LOCOMOTRICE
quatre ont offert du strabisme et de la diplopie ; mais au point de vue de Tamaurose, sur seize cas il y en a treize dans lesquels on a constaté une amaurose complète, et trois où il n'existait qu'un affaiblissement de la Tue, ce qui fait treize cas d^atrophie complète de la papille du nerf oplique^ et trois cas d*atrophie incomplète.
Cette lésion oculaire est en effet produite d'une façon réflexe, par l'altération des cordons antérieurs de la moelle épinière. Maintenant que les expériences de Cl. Bernard sur la section des racines antérieures des deux premières paires dorsales ont permis de loc^aliser, dans la partie supérieure de la région dorsale de la moelle, le point de départ de l'action sur la pupille et sur la vision, on comprend mieux comment la désorganisation de ce cordon nerveux, qui est la cause de l'ataxie locomotrice, peut engendrer l'amaurose. En effet» la section du grand sympathique à la région cervicale ne produit dans l'œil des phénomènes oculaires caractérisés par la contraction de la pupille, et la congestion, de tout le côté correspondant de la face que par suite de son anastomose avec les racines antérieures des deux premières paires dorsales. Ce fait explique l'action oculo-pupillaire des lésions de certaines parties de la moelle sur la circulation du nerf optique, et secondairement sur sa nutrition, qui peut avoir à souffrir de l'afflux du sang dont il a été un instant le siège. Il est impossible en effet qu'une hypéréuiie pro-
BOUCIUT. 23
lougée du nerf et de la papille optique ne produisent pas dans ces parties un état de phlegniasie chronique, dont la persistance puisse amener Tatrophie et Tamaurose.
Oiii CLIY. ^ Alatle klcoÉwirfwh ^ àirO|ibie d« la pqiUe.
Le a? juin 1869, je fus à l'hôpital Saint-AotoiDe, dans le service de mon collègue M. Boucher, de la Villd-Jossy, pour y voir un homme de treote-âx ans, atteint d'ataxie locomotrice bien caractérisée.
U n*y avait aucun doute sur le diagnostic de la maladie. Cet homme était amaurotiquoi et TexameD ophlhalmoscopique me permit de ooDstatar une double atrophie de la papille.
Oit. CLV. — Ataxie locomolrice. — Auophie de la papille optique.
M. Moreau^deTours^apUblié dans Tt/nion médicale du 16 octobre 1862, une observation d*ataxie locomotrice, améliorée rapidement par le nitrate d'argent, et dans laquelle il y avait, comme d'habitude, des troubles considérables de la vision. Le traitement qui avait fait disparaître le défaut de coordination des muscles n'avait rieû fkit sur Tamaurose. Au reste, voici quel a été l'état des yeux dans cette observation :
« La vue est complètement abolie à droite, tfès-aflkibile à gauche. — L'œil droit est It-gèreineot dévié en dehors; la pupille do o? côté esl très-dilalée, peu bgu-
OPHTHALMOSCOPIE DANS l'aTAXIE LOCOMOTRICE. 355
sible à Taction de la lumière; — à l'aide de Toeil gauche, la malade peut distinguer les objets et même les couleurs, bien qu'assez vaguement; — il n'y a point de diplopie. — Les phosphènes, nuls à droite, existent encore à gauche. — À Texamen ophthalmoscopique, CD constate que les papilles optiques sont des deux côtés dépourvues des trois cercles conceutriques de Tétat Doruiali qu'elles ont une coloration d'un blanc crayeux et un reflet nacré (atrophie des nerfs optiques). »
0b8. CLYI — Âtaxie locomotrice. — Pas d'atrophie de la papille.
Un malade atteint d'ataxie locomotrice dans les membres inférieurs, et soigné par M. Vidal au moyen du nitrate d'argent, d'après la formule de Wunderlich, professeur de Stultgard, n'avait rien qu'un nystagmus depuis l'âge de trois ans (1 ). Sa vision n'était pas troublée, et l'examen ophthalmoscopique ne révéla aucune altération de la rétine.
IÉkiadMlkBi^*hM«MMriUi*i
CONCLUSIONS
LTUI
Dans presque tous les cas d'ataxie locomotrice, il se produit des troubles visuels d'obnubilation, de berlue,
(4) GaseUed$i hôpitaux^ 4S6S.
de Strabisme, de diplopie et d'amaurose qui sont en rapport avec la lésion des cordons antérieurs de la moelle, et qui révèlent rexislencc de cette altération.
L'action des cordons antérieurs de la moelle sur le grand sympbatique au cou par l'intermédiaire des racines antérieures des deux premières paires dorsales, est la cause des phénomènes oculo-pu pillai res et des troubles visuels d'amaurose observés dans Tataxie locomotrice.