CHAPITRE XV
DES TROUBLES OCULAIRES PRODUITS PAR LA CONVALES- CENCE DE LA DIPHTIIÉRITE ET DES MALADIES AIGUËS.
J'ai démontré, dans mon Traité de VéicA nerveux et dans mon livre sur les Maladies de Venfancej que les paralysies sensoriales et musculaires observées dans la convalescence des maladies aiguës (fièvre typhoïde, pneumonie, scarlatine, variole, etc.) étaient toutes de nature chloro-anémique. Ce n'est pas le moment d'y revenir. J'ai établi, en outre, d'après les observations de Marquez (de Colmar) et de Gubler, que Tanginc simple produisait la paralysie du voile du palais, aussi bien que l'angine couenneuse^ et qu'il n'y avait, en
OPHTUALM. DANS i/aMAUROSE DE CONVALESCENCE. 357
réalité, de différence eutre ces deux maladies, sur leur influence dans le développement des paralysies, que lorsque avec Tangine couenneuse il avait existé de l'aibuminurie. Ce sont des faits acquis à la science.
Dans ce chapitre, il ne sera question que des troubles oculaires produits par les paralysies consécutives a la dipbtbériteou aux maladies aiguëâ, et des conditions anatomiques de leur développement.
Parlons d'abord des paralysies dipbthéritiques avec amaurose.
Ici, on doit établir une différence entre les cas d*umaurose consécutive aux angines couenneuses accompagnées d'albuminurie et ceux où, avant l'amaurose, les urines étaient restées dans leur état normal. En effet, Talbuminurie de la diphthérite peut produire Tamaurose et des altérations profondes de l'œil, telles que des infiltrations le long des vaisseaux, des hémorrhagies et des granulations graisseuses de la rétine qu'on ne doit pas attribuer à l'angine couenneuse, car elles peuvent dépendre de Talbuminurie elle-même. Quant à l'angine couenneuse sans albuminurie, produit-elle l'amaurose, et quelle en est la cause anatomique? C'est ce qu'il est plus difQcile de dire; mais on a essayé de résoudre ce problème, et je vais dire où nous en sommes à cet égard.
La paralysie et l'amaurose des angines malignes et gangreneuses ont été signalées au siècle dernier par Ghisi et Samuel Bard, et le phénomène avait passé
358 DIAGNOSTIC PES MALADIE OU SYSl^MK HEKYEUX.
ipaperçM, lorsque en oe siècle il a été retrouvé par Gnimier, de Vouvray, en 1828; par Le^pine, en 1830; parOrillard, de Poitjers*, en î&ôfi; par Herpin, en 1855, et depuis, par toi^s les médeeips qui ont assisté à la désai^treuse épid^nûe qui ravajfe la France depuis vingt-cinq an*. — Quelle est la pâture de cette paralysieçt de cette aipauroseî Oqt«elles une cause cérébrale ou seulement opulajre? Sopt-elies le résultat de Vanérpie? Telles sont le* questions poulçvées par Taffaiblissement visuel qui se montre souvent dans la con« valescepce d^* augines ploéreuses, gangreneuses ou couepneuses, c'est^-dirç de la dipbtbérite.
Jusqu'ici on avait cru que cette paralysie «cpsoriale AVftit pour *iége le nerf optique, la r^ti09 et Iç cerveau, sous ripQueqce d'up état anémique ou toj^ique i^péoial k la (jiphtliérite* Pour piQJ, c'çstle résultat d*un oedème cblorotique du nerf optique et de la base du cerveau. Mais, depHi? quelque tewpsi upç autre opipiop s'est produite, MM, Follip, Grisolle et U)uJ)et opt pensé qu'elle était produite par upe paralysie des m\^ck$ c^ioim dits muscles intrins^ue^ de \çb\\, qui présidept \
raocpmpjodation, D'aprè§ oes wédecips, le^ malades
ne voient poipt les objets rapprochés, mais ils voient à distance et avec de^ verres l^icpnve^çes du p* 15 au n* 20, ils voient très-bien les objets les plus petits. Ils n'ont point d'amaurose, pi de maladie d^? Ift rétine, ils n'opt qu'une paralysie du muscle ciliairç pu de Bruke. M, l^ubet, qui partage celte opinion, ajoute
OPBTHAUf. PAN8 |,'aMAUBOSB ^ CÛNTA|.^CENCQ« 359
que catie amaprose na ^'^ficoïï^ne d'auc^iç lésion du foqd de l'œil, appréc^l^ Vopbthfilboacopgj il est vmi qu'il ^ cuntrsfut lui-même quellK^e$ \i plus loin, i"* en diiaot ; « tout 9^ plus y A«trjfl qi^ue» fois une anémie de h papille di narf optioue^ut ei( un |)eu (it^u^e «ur le^ bords^ maiy^elyflbbsewe souvent chez les anémiques, sani aucif^ t/oiu)le ^\p^/lfjvi , et 2"* en publiant à la fin de soi^iraYail uM^bserva* tioQ de M, Cusco, où Ton signtle rinjecKon des vais* seaux de Vœil gauebe, rabsence de Q0Ctet^^^^n« touP9 de la papille et den plaque3 blanebAtrei^d^diHa
teusea de la rétine,
I] y a ici des réserves à faire sur cette affirmation d'absence d'altérations au fond de TœiK lorsqu'on y
voit une papille diffuse sur les bords, ce qui signifie une
infiltration séreuse partiella, et lonque, d'après les observations mêmes de l'auteur, on voit Tamaurose
diphlbéritique en rapport avee des lésions évidentes du fond de Vœil,
Je me garderai bien de prononcer entre ces e^ipbcations opposées: mon eipérience ne m'y autorise pas. car, depuis plusieurs années que je m'uoQupe de çéré-* broscopie, je n'ai eu que rarement l'ooeasion d'esa» miner à rophtbalmoscope des yeun atteints d'amAH<« rose dipbtbéritique au début; et dans ees oas, qui ont guéri en quelques jours par I9S toniques, il y avait une
(0 TbôSS, p. 4S,
suffusion -séreuse des de^x papilles pouvant expliquer raiïaiblissement de fdSyuè. — Sans contredire les honoFâl)les^D frères dont je vTens de citer les noms, et qui font de Tamauroseiliphthéritique une conséquence de lapaimlysie des musbles de raccommodation Jedois déclarer flfte je sii^s plus disposé à l'envisager comme TeffeiM u«e congestion séreuse anémique rétinienne avec infiuV^tion sét^se de la papille. Cela me parait d'autant jplu? probable que cet affaiblissement de la vue peut idler jusqu'à une amaurose complète qui peut deM|ir i^éfinitive, et je ne crois pas qu'un simple trou-
le%^
ble d'acKmmodation puisse conduire à ce résultat.
Obs. GLVn. — Amaurose incomplète eonsécatîTe à une angioo diphthéritîque. — Nasonnement de la voix. -— Traitement tonique et stimulant. — Guérison prompte.
Mademoiselle D..., âgée de neuf ans, est envoyée à M. le docteur Fano, le & août 1865, par M. le docteur Vincenot.
Le 27 juin dernier, elle avait été prise d'une angine couenneuse qui dura une quinzaine de jours, sans présenter beaucoup de gravité, et qui céda à remploi du chlorate de potasse à Tintérieur, du jus de citron et d'un gargarisme au tannin. L'enfant était rétablie dans les premiers jours de juillet. Avant la dipbtbérite, elle éprouvait des maux de tète.
Quelques jours après la guérison de l'angine, l'en-