CHAPITRE XIX
DES TROUBLES OCULAIRES DANS LE DÉLIRE ESSENTIEL DES FIÈVRES ET DES MALADIES INFLAMMATOIRES, COMPARÉS AUX TROUBLES OCULAIRES PRODUITS PAR LES LÉSIONS CÉRÉBRO-SPINALES.
Ce n'est pas assez de rechercher les lésions oculaires produites par les maladies nerveuses et par les altérations organiques du cerveau ou de la moelle. Il faut pour que l'importance séméiotique de ces lésions soit réelle, qu'on établisse d'une part leur rapport avec les altérations matérielles du cerveau, et de l'autre qu'on démontre que, dans les troubles fonctionnels du cerveau, tels que les hallucinations, le délire et les convulsions essentielles, il n'y a aucune lésion du fond de Toeil appréciable à l'ophthalmoscope. — Si j'établis que, dans lej délire ou dans le coma d'une fièvre typhoïde ou d'un érysipèle de la tète, il n'y a pas de lésions oculaires semblables à celles de la méningite aiguë, ou de l'encéphalite, j'aurai fourni la preuve que les altérations constatées à l'aide de
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39i!i DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.
ropbthalaioscope dans la méningite sont à la fois tellement relatives et tellement particulières a celte phl^masie, qu'il faut les considérer comme un des pria* cipaux symptômes de la maladie. Cest ce que je vais essayer de faire dans ce chapitre, en déclarant de suite que, dans le délire des fièvres assez fort pour faire craindre une méningite aiguë, rophthalmoscope ne fait découvrir aucune autre lésion de la méningite aiguë que Thypérémie générale du fond de Fœil, lésion qui n'a rien de caractéristique, et que la congestion péripapiUaire, Fœdème de la papille, les hémostases, les thromboses, les varices phlébo-rétiniennes ainsi que les épanchements sanguins de la choroïde ne s*y observent jamais. — Une telle différence doit frapper Tattention du lecteur et justifie ce que je disais, il n'y a qu'un instant, savoir : que le coma et le délire des fièvres ne produisent jamais dans l'œil les mêmes lésions qu'engendre la méningite. Voici maintenant quelques-unes de mes observations : les unes sont relatives à des sujets atteints de fièvre typhoïde avec délire ; les autres concernent un délire d'érysipèle de latète^ d'empoisonnement parla belladone, et la dernière a été recueillie sur une enfant qui mourait de convulsions après une opération de croup.
Obs. CCV. — Fièvre typhoïde avec délire. — OphUialmoeoopie.
Leloyer, âgée de cinq ans, entrée le 26 septembre
OPHTHAUiOSCOPIE DANS LE DÉLIÉE ESSENTIEL. 395
i862 à l'hôpital Sainte-Eugénie, pour une fièvre typhoïde délirante au neuvième jour. — Il y avait une forte fièvre, du ballonnement du ventre, pas de taches lenticulaires et une diarrhée abondante.
Les yeux sont un peu congestionnés; mais de chaque côté, la papille est nette, il n'y a pas de dilatation variqueuse des veines ni d'infiltration péripapillaire.
Obb. CCYI. — Fièvre typhoïde ayee délire. -- Opbthalmoeoopie.
Mannesschmidt (SL), âgée de dix ans, entre à l'hôpital des Enfants malades, le 31 août 1865, au n"" 6 de la salle Sainte-Catherine. Elle est malade depuis quatre jours, et afiectée de fièvre typhoïde avec délire assez intense.
Examiné à Tophthalmoscope, le fond de l'œil présente de la congestion des veines qui sont dilatées ; mais la papille est nette et ses bords distincts ne sont nullement embrouillés par la congestion ou par l'œdème péripapillaire.
Obs. CCVII. — Fièvre typhoïde oomateose. — Diagnostic incertain. Ophtbalmoscopie montrant que le coma était essentiel au lien d'ôtre lié à une maladie da cerrean.
Le docteur y ignal me fit appeler le 13 octobre 1863, près de M. F...., âgé de trente-huit ans, marchand de ferraille, rue Louis-Philippe, et arrivé au dix-neu-
vième jour d'une flèvre typhoïde qui s'était le matin compliquée de coma.
Ce malade avait eu, six mois avant, une petite hémorrbagie cérébrale suivie d'hémiplégie gauche complètement guérie. II avait depuis son enfance une maladie du cœur qui lui rendait le pouls intermittent.
Au moment de mon examen, je lui trouvai la plupart des symplôme^s de la flèvre typhoïde, y compris des taches rosées lenticulaires sur le ventre ; mais en raison du coma, et Tintermittence du pouls, M. Vigoal et moi, nous hésitions pour savoirs! l'ancienne maladie du cerveau ne reparaissait pas, si le diagnostic était exact, si Ton ne s'était pas trompé, et enfin si au lieu d'une fièvre typhoïde ataxique, il n'y avait pas seulement une méningo-encéphalite ayant donné lieu à des accidents analogues à ceux de la fièvre typhoïde et entrant dans la troisième période de coma et de convulsions.
Le pouls intermittent et inégal eût tranché la question en faveur d'une méningo-encéphalite, si Ton ne nous eût dit qu'une maladie du cœur lui donnait habituellement ce caractère.
L'existence d'un foyer hémorrhagique ancien nous faisait craindre une affection cérébrale.
Je n'avais pas trouvé d*épistaxis, ni de bronchite ; il y avait de la diarrhée, de la douleur au ventre, un peu plus forte à droite, du ballonnement; mais le malade avait été purgé, et ces symptômes n'avaient plus