OPHTUALM. A LA SUITE DR L EMPLOI DU CHLOROFORME
Chose curieuse, ces lésions oculaires, même portées au degré que je viens d'indiquer, ne nuisaient pas à l'exercice de la \ision, et après le réveil duraient plusieurs jours et quelquefois deux semaines. — Cette persistance du désordre circulatoire produit par l'action hyposthénisante du chloroforme sur l'encéphale est extrêmement importante, et montre qu'il n'y a peutêtre pas lieu de recourir très-souvent sur le même sujet à l'emploi de cet agent. Elle m'a effrayé et m'a fait renoncer au traitement de la teigne par l'emploi de la calotte enlevée au moyen de l'anesthésie. Quand j'ai vu qu'il fallait appliquer plusieurs fois l'emplâtre chez le même enfant, et que chaque fois il fallait recourir au chloroforme, ce qui se fait rapidement la première fois, plus lentement la seconde, très-lentement la troisième et surtout la quatrième, à cause de l'accoutumance, j'ai eu peur que des séances de chloroforme prolongées une demi-heure ne soient suivies d'accident ; or, la teigne ne permettant pas qu'on s'expose à de pareils dangers, j'ai repris les pratiques de Vépilation avec les pinces à épiler.
Quoi qu'il en soit des applications du chloroforme au traitement de la teigne, mes observations sur les effets de l'anesthésie chloroformique sur les différentes parties du fond de l'œil prouvent que cet agent détermine une fortç congestion cérébrale qui se manifeste également sur la papille et dans les vaisseaux delà rétine ou de la choroïde ; que ce soit une congestioa
ftl& DIAGNOSTIC DES MALADIES 00 SYSTÈME NEBVfiUX.
active produisant la stase sanguine des sinus cérébraux des veines de l'encéphale, et secondairement des veinules ou des capillaires de la rétine et de la cboroîdey ou au contraire une paralysie des capillaires par byposlbénie vasculaire, peu importe à Tintelligence du phénomène que je rapporte. On comprend le Tait sans son explication, et il est certain, à en juger par Tophthalmoscopie, que le chloroforme ne produit Thypérémie rétinienne qu'après avoir déterminé Thypérémie cérébrale, bypérémie cérébrale excessive et passagère qui est la cause de ranéantissement temporaire de rinteUigencOi du mouvement et de la sensibilité.
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Quelle est l'action de l'opium et de ses alcaloïdes sur le cerveau 7 II est presque ridicule de songera dire pourquoi l'opium faitdormir» puisque tout Français un peu fier de sa littérature nationale a une réponse prête à cette question, mais il ne Test pas de rechercher quelle peut être rinfluence de Topium, delà morphine, de la narcoline^ de la codéine^ de la thébaïne et de la papavérine sur la substance cérébrale. Or, en ne cherchant à résoudre ce problème que par l'ophthaluioscopie, destinée à voir dans le cerveau au travers de l'œil» on constate ce qui a été dit par un grand nombre de médecins, que l'opium a pour effet de congestion*
OPHTUAUi. A LA SUITE DE l' EMPLOI DES NABCOTIQUES. &i5
ner pi-ofondénienl le cerveau et d'y produire une stase sanguine assez considérable.
En effet, sous l'influence de l'opium, les yeux sont témulents comme dans l'ivresse, la conjonctive et Tiris sont plus rouges que de coutume, par suite de TinjectioQ de leur réseau capillaire et au fond de Tœil, il y a unebypérémie très-grande, bornée aux gros vaisseaux , n'existant pas sur les capillaires, et n'occupant point / la papille, qui reste blanchâtre, rosée, distinctCi comme dans Télat normal.
Les alcaloïdes de l'opium ont des effets semblables, car m'étant trouvé à plusieurs reprises dans le laboratoire de Claude Bernard au moment où cet illustre physiologiste découvrait les propriétés physiologiques distinctes de ces alcaloïdes injectés dans le tissu cellulaire du chien, j'ai examiné à Tophtbalmoscope les yeux de ces animaux pour apprécier les désordres qui pourraient se produire au fond de l'œil. — J'ai vu que malgré les différences d'intensité de narcotique et d'excitabilité nerveuse produites par ces alcaloïdes, le fond de Tœil était, à peu de chose près, semblable dans tous les cas. Partout la papille restait distincte et il n'y avait d'évident qu'une excessive dilatation des veines rétiniennes.
En cons(^quence, l'opium et ses alcaloïdes congestionnent profondément l'encéphale et secondairement le fond de rœil* Cest à cette cause anatomique passagère qu'il ikut mpporter las phénomènes d'excitation,
de somnolence, de subdelirium et de coma qui suivent son emploi.
L'action du sulfate de quinine sur les centres ner^ veux est bien connue, et chacun sait à quel d^ré d'intensité peuvent aller les bourdonnements et les bruits d'oreilles, ainsi que la surdité, Tamaurose, le délire et la paralysie incomplète du cœur observes à la suite de l'emploi de celle substance à haute dose ou à dose modérée prise pendant très-longtemps. Chez quelques malades, la surdité et Tamaurose ne sont que temporaires; mais, chez d'autres, la perte de la vue et de l'ouïe sont définitives, et Von se demande quelle peut être la cause de pareils désordres du système nerveux. Sont-ce là des accidents dus à une action inappréciable du médicament sur l'encéphale ou, au contraire, faut-il les attribuer à une modification particulière de cet organe? C'est ce qu'il m'a semblé très-utile de rechercher.
On a dit que le sulfate de quinine décongestionnait le cerveau, et produisait une sorte d'anémie cérébrale à laquelle il fallait attribuer l'apparition des désordres du système nerveux observés apràs l'emploi de cîelte substance. Cette anémie, due à une sorte d'hyperestbésie ou de contractilité vasculaire exagérée de l'encéphale, serait, dans celte hypothèse, la lésion passagère et fugitive capable d'occasionner l'amaurose et la su^
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dite. Un instant j'ai cru qu'on trouvait au fond de Tœil, sur la papille et dans la choroïde, la démonstration du fait, car après l'emploi du sulfate de quinine à deux et trois grammes chez des enfants atteints de rhumatisme articulaire aigu, j'avais constaté une véritable anémie du fond deTœil, caractérisée par une décoloration très-prononcée de la choroïde. Le fait s'est vérifié sur plusieurs autres enfants, mais ils étaient de constitution faible et avaient de la chlorose ; or, dans ces cas, le fond de l'œil est toujours plus ou moins décoloré. Ailleurs, au contraire, chez les enfants vigoureux, le sulfate de quinine n'a rien produit de pareil et ne semble pas avoir modifié la teinte du fond de l'œil, ni la coloration du sang des veines rétiniennes. Dans celte occurrence, je crois prudent de m'abstenir et sans résoudre la question, il me semble convenable d'en appeler à de nouvelles observations.
La belladone exerce sur le fond de Tœil une actiou coDgestive presque semblable à celle de ropium, mais elle a une action toute différente sur Tiris, qu'elle relâche en dilatant la pupille. Dans rempoisonnemeut par Topium, au contraire, la pupille est fort contractée.
 haute dose, et lorsqu'il y a empoisonnement, il y a dans le fond de l'œil une stase sanguine très-considé^ rable, une énorme dilatation des veines rétiniennes.
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liiS DIAGNOSTIC ni:S MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.