‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 64 sur 84 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

DES LÉSIOlCS OCULAlftBS A LA SUITE DE l'eMPLOI Dl CULOROFORME ET DE QUFXQUES AUTRES SUBSTANCES Ht- DtCAMENTEUSES, TELLES QUE LE SULFATE DE QUININE, U BELLADONE, LA PAPAVÉRINB; LA CODÉINE , LA IIOR-

Dans Tordre d'idées qui sert dé motif et rie base k ce

OPfiTHALM. A LA SOITB DE L EMPLOI DU CBLOftOPORME. &11

livre , j'ai dû rechercher, parmi les médicaments qui agissent sur le système nerveux, quels pouvaient être ceux dont Taction laisse des traces dans Tencéphale en explorant les altérations qu'ils produisent au fond de rœil.

Le chloroforme paralyse momentanément la sensibilité, il anéantit le mouvement et Tintelligence, cela est incontestable ; mais pourquoi? ces phénomènes ontils une raison d*ètre dans une modification passagère et appréciable de la substance nerveuse? Quelle en est la cause anatomique ? C'est ce que j'ai voulu savoir, et pour cela j'ai eu recours à Tophthalmoscopie, en me disant que si je ne trouvais rien au fond de l'œil, la question restait tout entière à élucider ; mais que si je trouvais une lésion évidente, cela pourrait faire connaître le mode d'action de la merveilleuse substance qui donne à l'homme la puissance de supprimer la douleur.

A ce moment, je traitais la teigne par l'emploi de la caloitej et pour éviter la douleur qui accompagne Venlèvement de Templàtre au moyen duquel on arrache les cheveux, j'avais recours au chloroforme. Soit dit en passant, l'emploi de cet anesthésique dans là teigne enlève au procédé tout ce qu'il a de barbare et permet de l'employer pour aller plus vite que par l'é» pilation. Quoi qu'il en soit, j'avais un grand noaobra

de teigneux^ bien portants d'ailleurs, sur lesquels j'ai appliqué la calotte, et avant d'arracher remplàtre et d'employer le chloroforme, j'ai examiné le fond de rœil pour constater l'état normal. Cela étant fait, le chloroforme étant administré jusqu'à complète ânes* thésie, l'emplâtre du cuir chevelu étant arraché avec tous ses cheveux et Tenfant ayant repris sa connaissance, j'ai examiné le fond de l'œil et j'ai constaté un changement considérable avec ce qu'était Tétai antérieur à l'anesthésie. J'ai vu des lésions variables selon les sujets, peu marquées chez les uns, plus considérables chez les autres, et, à ce qu'il m'a semblé, un peu en rapport avec la durée des inhalations de chloroforme nécessaires à la production du sommeil anesthésique.

Ces lésions sont celles de la choroïdite la plus légère et la plus intense, c'est-à-dire une injection très-pro* noncéedu fond de l'œil avec accroissement du nombre des vaisseaux, distension uniforme de leur cavité par J'hypérémie et, dans quelques cas, une congestion papillaire masquant toute la papille et jetant sur elle un voile, au-dessous de laquelle on en distinguait à peine la place au fond de l'œil. — Dans un cas même, la lésion était si prononcée, que M. le docteur Cuinier. fort expert dans l'usage de l'ophthalmoscope , ne pouvait croire à la réalité de ce qu'il voyait» tant le voile papillaire était considérable et analogue a ce qu'où observe dans la choroïdite syphilitique*

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