OPHTHALMOSCOPIB DANS LE SOMNAMBULISME
moralité. Il n'a jamais montré d'exaltation religieuse ; il est au contraire très- indifférent sous ce rapport. Il y a un an, son père se trouva tout à coup dans une situation pécuniaire fâcheuse ; cet événement impressionna beaucoup le jeune homme» qui depuis a envoyé de l'argent à sa famille.
Pendant les premiers mois de son séjour à Paris, ce garçon fut employé dans une maison de commerce, qu'il a dû quitter à cause de la faiblesse de sa vue ; il est myope et il a en outre un strabisme interne de l'œil droit.
Son mattre racx)nte que depuis longtemps ce jeune homme éprouvait souvent la nuit une agitation singulière : il se levait en chemise, parcourait sa chambre d'un air égaré en gesticulant et quelquefois en parlant d'une voix forte.
Le 16 avril au soir, il était occupé à rentrer dans la boutique les divers objets étalés à la porte pendant la journée. Depuis le matin il paraissait triste et rêveur, lorsque tout à coup il monte dans sa chambre, au premier étage. Son mattre, surpris de ce qu'il avait laissé sa besogne inachevée, se mit à sa recherche et le trouva étendu sur son lit, dans une immobilité complète. Ce calme fut de courte durée ; il ne tarda pas à être remplacé par une agitation étrange.
lie fruitier, couché dans la pièce voisine, ne cessa d'observer ce qui se passait.
Plusieurs fois il trouva le jeune homme debout, en
chemise, quelquefois môme tout nu, parlant très-haut ou récitant quelques prières à demi-voix. H débitâtes monologues les plus bizarres, que nous avons en partie recueillis.
L'un d'eux, qui tout d'abord nous paraissait insignifiant, s'adressait aux femmes infidèles.
Nous avons appris depuis que le père du malade s'était trouvé dans la nécessité de quitter sa femme, parce qu'il l'avait récemment surprise en flagrant délit d'adultère. Ce malheur semble avoir eu une influence considérable sur le développement des accidents que nous observons.
Vers deux heures du matin, le jeune homme parut tout à coup sortir d'un long rêve; il se rappela que la veille au soir il avait interrompu son travail, et son premier mouvement fut de vouloir achever la rentrée des marchandises étalées k la porte. On fut obligé de lui assurer que tout était en ordre, et alors il consentit à se coucher.
Replacé dans son lit, il resta dans une immobilité et une insensibilité complètes.
Un médecin appelé deux fois ordonna le transporta l'hôpital.
Dès l'entrée dans la salle, l'interne de garde, trouvant quelques signes de congestion vers l'encéphale, fit une saignée de deux palettes environ, après laquelle le malade ouvrit les yeux et prononça quelques paroles.
Le soir, il est insensible aux piqûres et aux pince-
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ments; il parait plongé dans un sommeil calme et profond. Les yeux sont fermés ; la pupille peu mobile a ses dimensions normales. La circulation et la res* piration sont régulières. De Teau froide est fortement projetée sur le visage et en prolongeant celte excitation pendant quelques secondes, on accélère la respiration qui parait devenir anxieuse et enQn s'arrête après une courte interruption des mouvements respiratoires, le visage se colore et le malade ouvre les yeux. Il fait plusieurs gestes mystérieux, répond incomplètement aux questions qu'on lui adresse, puis retombe dans le même état d'insensibilité.
Le 18 avril au matin, aucune amélioration ne s'est produite. M. Pelletan répète l'aspersion froide, qui reste sansetfet; alors, ce médecin applique un bouton de feu à la face interne des mollets. Pendant l'application du cautère actuel, le malade remue un peu les jambes, il se dresse sur son séant, regarde l'opérateur et retombe aussitôt. Dans le cours de la journée, on peut à peine lui faire prendre quelques cuillerées de vin et de bouillon. On est obligé de lui pratiquer le cathétérisme, une seule fois. Le 21 , le malade répond un peu mieux aux diverses excitations ; son père vient le voir et échange avec lui quelques mots.
Le 23, on ne peut obtenir aucune réponse le matin; le soir, le jeune homme parle un peu ; il essaye même spontanément de se lever, mais il tombe sur le parquet.
m DIAGmSTIC DES MALADIES DU STSTÈIIK NERVEUX.
Chaque jour auiène un léger progrès; on augmente graduellement la dose des aliments. Tous les deux jours le malade prend un bain tiède. Il a pris volontiers les deux premiers bains ; mais à présent on est obligé de le maintenir de force dans la baignoire.
Pendant tout le séjour à ThôpitaK on ne trouve aucun trouble des principales fonctions ; aucun indice de lésion matérielle appréciable.
Le A mai, le jeune homme quitte le service sur la demande de son père, qui désire l'emmener dans sou pa^s. Alors rintelligence est nette, les réponses sont précises, mais encore un peu lentes; la sensibilité est intacte, Tàppétit est bon, le malade n'est plus incommodé que par une faiblesse extrême.
On l'engage à suivre un régime tonique ; tout fait espérer une amélioration complète.
Examen des yeux à l'ophthalmaseope. — Les deux yeux examinés à Tophthalmoscope ne présentèrent rien de particulier. La papille et la rétine étaient dans l'état norn^al.