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DES TROUBLES OCULAIRES PRODUITS PAR LA FOLIE

Diverses tentatives de diagnostic de la folie, par Texamcn de l'œil , ont été faites en Allemagne et en

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France, mais jusqu'ici elles n'ont donné aucun résultat. Sauf une certaine conjonctivite dans la manie aiguë (1), YinégcUité des pupilles et Vataœie papillaire qu'on observe dans la paralysie générale progressive dont j*ai parlé précédemment (voyez chapitre XI), les autres formes de la folie (2) ne produisent dans Tœil aucun désordre capable de donner plus de précision au diagnostic. Néanmoins je me reprocherais de ne pas dire ce qui a été fait à cet égard, et si ces faits n'ont pas une grande importance, ils serviront au moins à compléter les recherches que j'ai entreprises.

Le docteur Coccius de Leipsick est le premier qui ait eu l'idée d'appliquer l'ophthalmoscope au diagnostic de la folie (2), et il a été suivi par Ludwig de Ho£fbeim, parQualieno dePavie, par Wendt de Tasile de Halles, etc. Voici le résumé de leurs observations.

Le docteur G. Ludwig (3) a aussi examiné un grand nombre de cas d'aliénation mentale aiguë, chronique ou périodique. Chez deux malades atteints d'une

(4) (kmianetivite des aliénas. — Dana oortaina caa d^atiénaUon mentale, et principalement dans la manie aiguë ou dans les exacerbaUons de la manie chronique, la conjonctive offta presque toujours an état d*hypérémie accompagné de sérétion moqoeuie plus oo moin<^ considérable. Chez quelques malades, il n*y a que de la congestion oculaire; mais chez d*aulres, la sécrétion muco-purulente est telle, quMl en ré-^ulte chaque matin une a^sez forte agglutination du bord des paupières.

(2) Archives généraks de médecine ^ septembre] 4856.

(3) AUgemeine ZeiUchrift pir Psychiatrie, Xfll, 4, 4 856.

k^h DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTEME NERVEUX.

stupeur périodique qui débutait chaque fois par une exaltation maniaque durant quelques jours et se ter* minant assez subitement par la guérison, il pouvait constater au début du paroxysme le développement d'une hypérémie croissante qui était surtout caractérisée par une injection capillaire dans la partie supérieure et interne de la papille. L'extérieur des yeux n'offrait rien qui aurait fait soupçonner cette altération de l'état normal.

Pour apprécier le degré delà dilatation des vaisseaux rétiniens, M. Ludwig recommande de Gxer son attention sur les traits brillants qui sont occasionnés par le reflet de la lumière surtout sur les artères. — Un jeune ouvrier fut atteint subitement de manie, qui peu à peu prit un caractère périodique, de sorte que la maladie changeait cinq fois depuis le 8 septembre jusqu'au 13 janvier 1855. Examinés pendant une intermission complète, ses yeux n'offraient rien d'anormal que la pupille gauche d'une forme un peu ovale et avec une petite tache à la partie inférieure interne de sa périphérie et un peu en dehors de là une petite tache foncée de pigmentum. M. Ludwig réexaminait le malade dans l'accès maniaque et il trouvait alors les signes d'une hypérémie forte qui n'avait pas été accusée par l'état extérieur des yeux. Ce qu'il y avait de plus frappant, c'était que les traits de reflet s'étaient étendus sur les vaisseaux vers la périphérie, plus loin qu'au premier examen, et qu'on les trouvait même sur des

artères qui alors ne Tavaient pas offert du tout. — Depuis le 13 janvier rimage est restée la même que dans les intermissions de la maladie, seulement la tache pigmenteuse est devenue de plus en plus pâle et elle a disparu un peu plus tard. C'était donc un petit épanchement qui s'était métamorphosé et enfin résorbé.

Entratné par Texemple, le docteur Deimanu Wendt j médecin adjoint de Tasile de Halles, a examiné les yeux d'environ 1 50 aliénés. Malheureusement, le succès a médiocrement répondu à son attente. Plusieurs fois, il a trouvé de légères irrégularités dans le contour du nerf optique, mais ce phénomène est si commun qu'il n'a pas d'importance. Une autre fois, une portion du disque était nettement limitée par une ligne de pigment. Des excavations partielles ont aussi été remarquées treize fois dans un seul œil et vingt-neuf fois dans les deux yeux. Un malade offrait une turgescence des vaisseaux rétiniens, dépendant sans doute d'une congestion apoplectique ancienne. La rétinite pigmenteuse, a-t-on dit, serait fréquente chez les imbéciles, les idiots et les sourds-muets. Néanmoins, sur quatre idiots, compris parmi les sujets explorés, M. Wendt n'a rien observé de semblable. La scléroïdo-choroïdite postérieure existait d'un côté, dans seize cas (dont treize à gauche) et des deux côtés, dans quinze cas (1).

(4) Delasiamre, /otimal 4$ médecine mentale, 4 863.

 Milan, le docteur Qualieno, professeur d'ophtbalmologie de Pavie, a examiné des Fous tranquilles» (uionomanies erotiques, pellagreuses, etc.) et sur une quinzaine de cas, il m'a dit avoir constaté une énorme dilatation des veines de la rétine. Malheureusement il n'a jamais fait d'autopsies.

Le docteur Baumier d'Erlangen a vu quelques cas analogues, et il en est un particulièrement curieux dont il m'a laissé l'observation.

Ob8. CCXy. — Aliénation mentale. — Monomanie suicide* ~ OpbthalmoseoiHe. — Dégénérescence athéromateuse d*«ne artère de la rétine. — Plaque blanche de la rétine, -^ Foyer sangnio miliaire. — Ecchymose de la rétine. — Plusieurs noyaox de ramollissement cérébral.

Homme de cinquante-six ans. — La papille est parfaitement nette, les veines nombreuses, et en bas il y a à côté d'une veine, à quelques millimètres, an foyer sanguin gros comme une tète d^épingle. Du côté opposé du vaisseau, existe une plaque de oongestioD très-prononcée, et un peu plus en dehors une plaque ovalaire de la dimension d'une graine de melon qui est tout à fait blancbe. — 11 y a également en bns, une artère, tout à fait blancbe dans toute sa longueur, et qui est le siège d'une dégénérescence atbéromaleuse.

Le malade s'est suicidé ; à Tautopsie, on a trouvé plusieurs noyaux de ramollissement cérébral grisâtre, mais il n'a pas été possible de prendre les yeux.

OraTHALMOSCOPIB DAffS LA FOLIE. &27

Je D6 me suis pas trouvé en position d^étudier par moi-même les altérations du fond de Toeil dans toutes les formes de la folie, et je ne puis apprécier ce qu'il y a de vraiment utile dans ce qui a été dit par les médecins que je viens de citer. — Il serait bien désirable qu'un observateur habile et laborieux veuille entreprendre ces recherches sur un grand nombre de malades, mais il faut pour cela beaucoup de temps, beaucoup de malades, et une grande expérience de rophthalmoscope, ce qui sera diflBcile à rencontrer.

En attendant, voici le résumé d'une observation faite à Bicètre chez un halluciné du service de M. Léger. C'est la seule que j'ai recueillie, et elle me servira à clore ce chapitre.

Obb. GCXVI. — Halludnatxms. — Hémostases. — Irrégniarité des vaisseaux de la papille. — Atrophie papiUaire.

Bacbelet, fils du concierge de Bicôtre, entre le 5 septembre 1862 à l'infirmerie de la maison, pour des hallucinations fréquentes de l'ouïe.

Son intelligence est conservée, et toutes ses fonctions sont régulières. — La vue est affaiblie, mais plus de l'œil gauche que de l'œil droit ; — à gauche, atrophie de la papille, irrégularité des vaisseauœ, qui sonl tortueux. — Hémostases sur quelques points.

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