OU DIABÈTE SUCRÉ
Pendant longtemps on a cru que le diabète était une maladie des reins; depuis lors on l'a considéré suit comme une maladie de l'estomac, produisant un principe analogue à la diastase et susceptible de changer les féculents en matière sucrée» soit comme la conséquence d'une altération du sang dépourvue d'alcalinilé devenue neutre ou acide, soit enfin comme une maladie du foie dont la matière glycogène se trouverait trèsaugmentée, ce qui augmenterait le sucre du sang de la veine sus-hépatique ; mais au delà de ces phénomènes secondaires il y a une cause primitive qui est le point de départ de tous les accidents, et cette cause a pour siège un point du système nerveux voisin de la racine du nerf pneumogastrique. ^
Sans doute, comme le dit Bouchardat, les féculents introduits dans Testomac se changent en sucre de glycosè qui passe dans les urines, et il est certain aue le foie, chez les diabétiques, jette dans le sang de la veine cave inférieure, puis dans les urines, une quaft*
OPHTHALMOSCOPIB DANS LA GLYCOSURIE. kk^
tilé considérable de glycose, mais ce ne sont là que les eiïets d'une lésion spéciale de la moelle allongée. — En effet; l'homme devient souvent diabétique après une chute sur la région occipitale ayant contusionné le cervelet ou la protubérance, et, comme l'a fait connaître Cl. Bernard, on produit à volonté le diabète chez les animaux en piquant un point de la moelle aU longée dans la partie du quatrième ventricule qui correspond à la naissance des nerfs pneumogastriques. Peu après cette opération, l'animal pisse du sucre pendant quelques heures, si la blessure a été légère, pendant longtemps, si l'on a intéressé profondément ia substance nerveuse.
De ces expériences ressort cette conclusion que le diabète sucré ou glycosurie est la conséquence d'une lésion de la moelle allongée ou des pneumogastriques^ produisant l'augmentation de la quantité de glycose jetée par la foie dans le sang et empêchant la destruction de cette matière dans les poumons par l'hématose. Ces faits sont aujourd'hui hors de contestation, et la médecine a complètement accepté les doctrines physiologiques de Claude Bernard sur la fonction glycogénique du foie et sur la glycosurie. — Sans m'avancer davantage dans l'histoire du diabète, et pour m'en tenir au sujet plus restreint qui m'occupe, c'est-à-dire le diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophtkalmoscopie^ je dirai qu'ici encore, ce moyen d'exploration donne des résultats de
A&& DIAGNOSTIC DES MALADIES DU STSTàHE NERVEUX.
la plus haute importance, et que très-souvent c'est en examinant le fond de l'œil chez d^ sujets qu'un affiiiblissement visuel avait amenés chez l'oculiste qu'on a reconnu l'existence de lésions indiquant le diabète ou glycosurie. En effets avant tout autre symptôme appréciable, certains diabétiques ont comme dans l'albuminurie un commencement d'amaurose, c'est-à-dire d'affaiblissement de la vision. Chez quelques-uns même la glycosurie détermine la cataracte.
Lorsqu'il n'y a qu'un commencement d'amaurose et qu'on examine les yeux à Tophthalmoscope, on y découvre des lésions très-analogues comme forme et comme nature à celle de Talbuminurie. — C'est une rétino-choroïdite plus ou moins caractérisée. — U y a de l'infiltration séreuse de la papille ou de quelques points de la rétine, — des hémorrhagies rétiniennes miliaires^ et des granulations ou plaques blanches graisseuses de la rétine.
Ces lésions sont infiniment plus rares dans le diabto que dans la néphrite albumineuse, mais elles ont été constatées par tous les observateurs. — C'en est assez pour que le médecin doive en tenir compte. — Quand on les observera^ il n'y aura peut-être pas lieu de se prononcer immédiatement pour affirmer l'existence d'une glycosurie plutôt que d'une albuminurie, mais cela obligera le médecin désireux de donner au diagnostic toute la précision nécessaire, à faire l'analyse des urines. — Si ce n'est pas le diagnostic du diabète
OPHT&AUiOSGOPlE DANS LA GLYCOSURIE. &&5
fait à la première vue et d'emblée» c'est ime incitation à des recherches qui peuvent y conduire. D'une autre part, en tenant compte de Tamaurose commençante observée chez les malades, il est évident que ce phénomène acquiert une très-grande importance. En effet; consulté pour un affaiblissement de la vision, le médecin devra» avant de considérer le mal comme uue affection des yeux, examiner le fond de l'œil à l'ophthalmoscope et faire l'analyse des urines* — De cette façon, le commencement d'amaurose et la rétinochoroïdite deviendront pour lui des symptômes de glycosurie aussi précieux que sont la soif, la sécheresse du pharynx, la perte des forces, l'amaigrissement et l'abondance de la sécrétion urinaire. ^^ Ils seront peutêtre même plus importants, s'ils existent au début de la glycosurie, avant l'apparition desautres symptômes, car ils mettront plus vite le médecin sur le chemin d'un bon diagnostic; ils lui permettront d'instituer le traitement aune époque où il a plus de chances de réussite.
CONCLUSIONS
tXX
L'infiltration séreuse de la papille ou de quelques points de la rétine, de petites hémorrhagies miliaires et des granulations blanches albuniino-graisseuses de
lih^ DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTEME NERVEUX.
la rétine, chez un sujet dont la vue s'aflaiblitt révèlent Texistence d'un diabète sucré ou d*une albuniinurie.