‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 76 sur 84 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

EXPÉEIElfCBS SUR LES LÉSIONS DU FOND DE l'oEIL CHEZ LES CHIENS ET CHEZ LES LAPINS ATTEINTS DE COMMOTION OC DE CONTUSION DU CERVEAU , DE FRACTURE DU CRANl, DE MÉNINGITE ET d'hÉMORRHAGIE MÉNINGÉE.

Après avoir constaté pendant la vie et après la mort, sur des enfants, sur des adultes et sur des vieillards, les lésions matérielles du fond de l'œil qui accoiopagnent souvent la compression du cerveau, Thémorrbagie cérébrale, l'hydrocéphalie chronique , l'encéphalite, les tumeurs du cerveau, la méningite aiguë et chronique, j'ai voulu voir, par des expériences faites sur les animaux, variées à volonté et suivies d'heure en heure, si dans les mêmes maladies on retrouvait dans l'œil des lésions analogues ou semblables à celles que j*avais rencontrées chez l'homme. Cela m'a paru être un excellent procédé de contrôle et, de plus, le moyen de donner à chacun la faculté de vérifier mes observations. J'ai donc fait des fractures du crâne et des contusions ou des blessures du cerveau à des lapins. J'ai trépané ôvs chiens pour leur injecter de 1 acide sulfurique dans les méninges, afin d'occasionner des

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méoingites, et j'ai pu voir sur le chien, d'une façon évidente, que les maladies du cerveau ont une grande influence sur la circulation du fond de Tœil.

A cette occasion, je remercierai mon ancien condisciple et ami, le professeur Ch. Robin, de la bonté qu'il a eue de mettre son laboratoire à ma disposition pour faciliter l'exécution de ces expériences.

Chez les chiens qu'on a trépanés pour irriter les méninges avec des substances caustiques et dont on a examiné le fond de l'œil avant Texpérience, on voit d'heure en heure la rétine et ses vaisseaux changer d'apparence. Les veines apparaissent en grand nombre^ deviennent tlexueuses et se dilatent comme dans la méningite aiguë chez les enfants, ce qu'on pourra voir sur la Qgure 23. — Chez les lapins il en est à peu près de même, mais le fond de l'œil étant plus clair, les phénomènes sont moins évidents. Au surplus, voici le résumé de quelques-unes de ces expériences.

0»s. CCXXVI. — Commotion du cerveau. — Hémcrrhagie méningée. — Ophthalmoscopîe. — Dilatation des vaisseaux, — Hyrdropbthalmie. — Glaucome traumatique instantané.

Un lapin frappé d'un coup de marteau sur le côté droit de la tète, chez lequel se produisit une commotion du cerveau avec un faible épanchement sanguin de la pie-mère, tomba aussitôt dans un étatd'étourdissement avec insensibilité presque complète. — Ronfl,einent et

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paralysie passagère des muscles de la face à droite, contraction très-grande des pupilles. — Au bout de quelques heures, il était remis, pouvait marcher, manger, mais il resta triste et parut très*souffrant.

A droite, la papille, très-pâle et très-nette avant l'expérience, devint difficile à limiter; elle offrit une congestion rosée sur l'anneau qui Tentoure et devint diffuse. Les vaisseaux devinrent plus apparents et plus gros. Ceux qu'on voyait à peine ou qu'on ne voyait pas apparurent distinctement. Le centre, qui n'avait pas de vaisseaux, parut en avoir un extrêmement petit, et cette partie devint saillante, brillante et verdâtre, de sorte que la papille avait l'apparence d'une coquille nacrée, convexe, verdâtre^ glaucomtUeuse, entourée d'un cercle rose peu distinct. Le globe de l'œil était plus gros et plus dur que l'autre.

Réflexions, — Sur ce) animal , dans l'œil correspondant à l'hémisphère du cerveau blessé par un violent traumatisme, on put voir se former immédiatement une hydrophlhalmie irès-prononcée, un glaucome aigu et une hypérémie veineuse analogue à celle qu'on observe chez les sujets atteints d'encéphalite. — Ici, l'expérience a reproduit en partie ce qui s'observe sur les blessés de nos hôpitaux.

A gauche, la papille était également congestionnée à la circonférence, mais moins verdâtre au centre, et Tœil était moins saillant.

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