‹ Du diagnostic différentiel de certains engorgements des testiculesChapitre 16 sur 16 · PRINCIPES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX

1° Engorgement injlammaloire aigu. On le combat par les saignées générales et locales, par les cataplasmes émollients, les bains de siège, la diète, la position horizontale, l’usage d’un, suspensoir, les lavements, les purgatifs. Celui

qui est du à la suppression d’un écoulement urétral se traite de la même manière, et non par les moyens propres à rappeler la blennorrhagie.

2° Engorgement inflammatoire chronique.

Dans le traitement de celui-ci comme dans celui des autres, il faut d’abord s’attacher à faire disparaître la cause. Un régime approprié à l’état général , le repos, un suspensoir conviennent dans tous les cas : les remèdes externes sont pris dans la classe des résolutifs et dans celle des fondants. Dans les cas simples, on expose la tumeur à la vapeur de l’eau vinaigrée, on la couvre de cataplasmes résolutifs; dans les autres, un traitement excitant est quelquefois nécessaire. Ainsi, on peut recourir aux frictions avec le mercure, l’hydriodate de potasse, le liniment ammoniacal. Lorsque l’engorgement résiste , qu’il tend à gagner le cordon et à re\êtir quelque caractère de malignité, on doit en venir à la castration , plutôt que d’abandonner la maladie à la nature.

3° Engorgement vénérien. Les indications à remplir sont peu nombreuses. Si l’engorgement s’accompagne de phénomènes inflammatoires, on fera d’abord cesser ceux-ci à l’aide des anliphloghtiques ; puis on s’occupera de l’affection vénérienne , cause directe de la tuméfaction. Contre elle , on dirigera divers remèdes : le jnercure en frictions, en pilules; le muriated’or

en frictions sur la langue, en boissons; l’oxide d’or en frictions sur la même partie; enfin, on aidera l’action de ces médicaments par l’usage des résolutifs, des fondants.

4° Engorgement scrophuleux. Après avoir fait disparaître les phénomènes inflammatoires, on aura recours, dit Dupuytren, aux mesures hygiéniques qui ont plus d’efficacité que les remèdes. Le malade habitera un lieu élevé, sec, se couvrira de flanelle, se livrera à l’exercice en plein air et au soleil, usera d’un régime fortifiant, enfin mettra en usage les moyens propres à combattre le tempérament lymphatique. Ainsi, l’iode peut être pris à l’intérieur, ou employé en frictions sous forme de teinture ; le muriate d’or peut aussi être usité en frictions sur la langue ou en boissons; quelquefois il sera bon de lui substituer l’oxide d’or comme moins excitant ; enfin, divers toniques pourront être employés avec avantage : les bains avec l’eau de la mer, par exemple (5e Obs .), ou avec des eaux sulfureuses, aromatisées. Si, malgré tout, l’engorgement va son train , que la suppuration devienne trop abondante et que la santé se détériore , on devra recourir sans retard à l’opération.

5° Engorgement cancéreux. Si quelques auteurs ont prétendu avoir guéri de véritables testicules cancéreux, c’est qu’ils avaient regardé comme tels des engorgements de toute autre

nature, ou inflammatoire, ou scrophuleuse , ou vénérienne ; et cela tenait à ce que pour eux toutes ces maladies étaient des sarcocèles , mot si vague et dont l’emploi a été si funeste.

L’engorgement véritablement cancéreux ne peut être guéri par l’usage d’aucun remède , aucun ne peut enrayer sa marche : l’expérience est là. Dès qu’il est bien reconnu , le chirurgien ne doit pas perdre un instant ; l’opération devient indispensable, à moins toutefois que la maladie ne paraisse se prolonger dans l’abdomen au-delà du canal inguinal et hors de la portée des instruments. Dans ce cas de contre-indication , il faut recourir au traitement palliatif général , mis tous les jours en pratique contre les affections cancéreuses.

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