‹ Du diagnostic différentiel des grands kystes du maxillaire inférieur et du sarcomeChapitre 13 sur 17 · SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC

Les kystes appendiculaires n’offrent aucune importance clinique, ils ne sont guère diagnostiqués que

quand on arrache la dent à laquelle ils sont appendus : leur développement est marqué par des douleurs dentaires souvent très intenses.

La notion étiologique est d’une grande importance dans le diagnostic des kystes plus volumineux, dent cariée, douleurs dentaires, tuméfaction s’étant développée lentement en dehors des poussées fluxionnaires, tels sont les antécédents d’un kyste uniloculaire.

S’il s’agit d’un kyste dentifère, le sujet est jeune, il a vu sa tumeur grossir progressivement depuis l’époque de la deuxième dentition; souvent il n’a pas souffert des dents qui peuvent être saines, mais on a constaté une irrégularité dans leur développement.

Ajoutons à ces renseignements, et cela dans les deux variétés de kystes, le siège de la tumeur, souvent la fluctuation, parfois la crépitation parcheminée, les petits varicosités de la muqueuse à son niveau, l’adhé-

rence de la tumeur aux plans osseux, le glissement facile des parties molles sur elle, pour avoir le cadre habituel de la symptomatologie de ces kystes. Le diagnostic est confirmé par l’absence de douleurs, parce

que les ganglions ne sont pas pris et au besoin par la ponction.

D’autrefois le diagnostic est plus difficile par suite de

l’absence d’un des symptômes importants ; la fluctuation peut manquer et les kystes dentaires peuvent être confondus avec les tumeurs solides, et le chirurgien peut être conduit à une intervention opératoire injustifiée (résection du maxillaire). Ces erreurs ont été commises surtout dans les kystes en rapport avec la dent de sagesse et occupant la branche montante du maxillaire : il faudra alors recourir à la ponction exploratrice, qui parfois ne donne rien lorsque le contenu est mou.

La douleur peut faire égarer le diagnostic; lorsqu’elle existe elle est due à des compressions nerveuses par le kyste dentaire ou à des accidents fïuxionnaires et surajoutés au kyste. Il faudra méthodiquement explorer la région par des pressions répétées en des endroits différents et interroger le malade sur le point de départ. Savoir s’il n’y a pas eu auparavant une tumeur antérieure indolente, s’il n’y a pas eu une cause traumatique (opération pratiquée sur les dents) pour expliquer les accidents inflammatoires actuels: douleur vive, empâtement œdémateux et si en même temps on cons-

tate une fluctuation répondant à toute l’étendue de la poche, on sera en droit d’affirmer un kyste dentaire

suppuré. S’il y a deux poches communiquant, on a un * abcès surajouté au kyste.

Le kyste multiloculaire a comme caractères les suivants : tumeur ayant acquis un volume considérable, la moitié de la branche horizontale du maxillaire inférieur et parfois la branche montante elle-même dans toute son étendue jusqu'au-dessous du condyle, plus rarement la presque totalité de l’os est envahie. Le début se fait dans le centre même de Los, détruit en se développant

le tissu spongieux et écarte les deux tables de l'os,

pénètre même dans l’apophyse coronoïde et jusque dans le col du condyle; les dents sont repoussées, déviées, souvent elles tombent partiellement, ou si la tumeur débute dans le jeune âge, elles sont arrêtées dans leur développement.

Ordinairement le malade est un adulte, de 20 à 30 ans, quoique l'on trouve des kystes chez les gens de tout âge. La tumeur se présente sous un aspect irrégulier, bosselée, et d’une consistance irrégulière. Allures bénignes, pas de ganglions, l’état général est bon, parfois se produit une fistule à ouverture buccale ou cutanée, par laquelle s’échappe un liquide de couleur et d’odeur variables. En somme tous les caractères d’une tumeur bénigne, la tumeur ne peut gêner que par son volume rendant la mastication et la déglutition difficiles.

Parmi les autres tumeurs de la mâchoire inférieure, une seule pourrait être confondue avec un kyste : le sarcome central du maxillaire pendant la première période de son développement. En effet les caractères

communs sont les suivants : l’âge, l’absence de douleurs, l’intégrité ganglionnaire, l’absence de fluctuation. Mais à mesure que la tumeur se développe elle acquiert tous les caractères de la malignité, accroissement rapide, engorgement ganglionnaire, altération de la santé, destruction de la muqueuse gingivale, qui devient saignante et sanieuse, destruction égale delà paroi interne et de la paroi externe du maxillaire. Autant de symptômes qui, nous l’avons montré, manquent dans l’évo - #

lution des kystes. Néanmoins le diagnostic différentiel sera bien souvent difficile à faire surtout si la ponction rencontrant un contenu mou donne un résultat négatif. Ainsi s’expliquent les erreurs fréquentes des chirurgiens qui se trouvent en présence d’un kyste ou d’un sarcome du maxillaire inférieur.

Un élément nouveau vient d’être mis en lumière pour trancher le diagnostic dans les cas difficiles : c’est la radiographie. La tumeur kystique apparaît alors transparente, limitée par une enveloppe ou sac du kyste. Le sarcome au contraire donne de l’opacité. Ce procédé nous paraît très précieux et facilitera pour le chirurgien la détermination à prendre.

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