INTRODUCTION
Pendant les dix-huit mois que nous avons passés à l’hôpital Lariboisière dans le service de M. Sébileau, nous avons entendu discuter souvent par notre excellent maître, le diagnostic différentiel des sarcomes du
maxillaire inférieur, avec les grands kystes qui siègent ' ^ , sur cette mâchoire. Après avoir reçu de lui les explications les plus utiles sur le malade qu i! a opéré dans son service, il nous a autorisé à publier avec cette observation, celle analogue d’une malade qu’il a rencontrée à l’hôpital Cochin, dans le service de M. Quénu. Malheureusement, cette dernière n’est que fort incomplète. Dans les deux cas le diagnostic de sarcome avait été posé.
Les bons conseils et les encouragements si précieux qu’il nous a prodigués nous ont permis de mener à bonne fin cette étude. Qu’il veuille bien accepter ici l’expression de nos plus sincères remerciements et agréer l’hommage de notre plus profonde gratitude.
Nous n’avons pas dans les limites de ce modeste travail la prétention de faire une étude complète de la
question ; après une révision sommaire des phases qu'a traversées l’intéressant sujet des kystes de la mâchoire, nous résumerons les différentes opinions qui ont été émises sur leur pathogénie ; notre étude principale portera sur les symptômes et le diagnostic des variétés de kystes et nous ferons ressortir les difficultés qui font hésiter le chirurgien entre un grand kyste du maxillaire et un sarcome. Nous reproduirons deux observations, types de kyste du maxillaire inférieur.
DÉFINITION ET ÉTIOLOGIE
De tous les os du squelette, ceux des maxillaires sont le plus souvent atteints de kystes. Les dénominations sont multiples : kystes des mâchoires, maladie kystique ou kystome des mâchoires, adénokystome de la mâchoire, kyste folliculaire, kyste périostal, kyste dentifère ou dentigerous cyst des Anglais, kyste radiculodentaire, kyste para-dentaire.
Quelle que soit la dénomination qu’on leur accorde, ces kystes ont tous une origine dentaire ; ceux-ci sont des sacs ou cavités membraneuses à contenu variable, qui se développent dans l’épaisseur des maxillaires. Développement variable suivant qu’ils siègent au supérieur ou à l’inférieur. Dans le premier cas l’évolution peut se faire dans le sinus qu’à un moment ils distendent ; dans le deuxième, seule variété qui nous intéresse, ils ne rencontrent aucune cavité analogue. Mais ils ont la ressource d’élargir la gouttière ouverte en haut que représente la mâchoire inférieure, c’est ce qu’ils font aux dépens surtout de la face externe et du bord inférieur.
En sorte que, durant une période plus ou moins longue, l’aspect de ces tumeurs centrales est, à vrai dire, celui d’un maxillaire anormal seulement, sur tout ou partie de sa longeur, par épaississement de son bord inférieur et par bascule en dehors de la face externe.