DU DIAGNOSTIC POSITIF DE L'AMIBIASE HÉPATIQUE
Il nous reste à préciser maintenant quels sont les moyens d'investigation qui s'offrent au clinicien pour acquérir la notion positive de l’amibiase hépatique. |
Il va sans dire qu’un diagnostic d'élimination des affections pleuro-pulmonaires et de la tuberculose en particulier s’imposera de prime abord. Les signes respiratoires feront l’objet d’un examen scrupuleux après avoir noté les antécédents héréditaires et personnels du sujet on devra s’attacher à préciser la localisation de ses symptômes.
L'analyse des crachats sera pratiquée pendant plusieurs jours consécutifs avec homogénéisation si besoin est, et inoculation au cobaye si le temps le permet.
Si la réponsc est négative et si le doute subsiste à l'égard du foie on aura à sa disposition 6 moyens de diagnostic d’inégale importance :
1° L’étude des antécédents du malade ;
2° La recherche des signes actuels de dysenterie spécifique ;
3° La recherche des kystes ou des amibes dans les selles ou dans le pus ; |
4° La confrontation des symptômes cliniques ; moyens précieux lorsqu'ils existent au complet, mais souvent infidèles ;
bo L'épreuve radioscopique et radiographique de l’hypochondre droit ;
6° L'épreuve thérapeutique. "
Leur résultat positif implique la certitude dans la très grosse majorité des cas.
A) Les antécédents du malade.
L'absence de séjour aux colonies n’est pas suffisante pour éliminer l’idée de contamination. Les enseignements de la guerre ont mis en évidence la réalité de l’amibiase autochtone.
Le contact avec des travailleurs ou des soldats indigènes devra toujours être recherché. RAvauUT el CHARPIN ont trouvé une proportion égale à 20 % desujets contaminés n'ayant jamais quitté la France. C'était précisément le cas de notre malade de Boucicaut.
On recherchera également dans le passé morbide Pexistence de crises dysentériques caractérisées. On fera préciser les symptômes : nombre de selles, aspect, présence de sang, épreinte et ténesme. D’un passé absolument net en l’occurence il ne faudrait pas conclure à l’absence d’amibiase. Nous avons déjà souligné la possibilité de localisation primitive sur le foie,sans atteinte
tes
intestinale antérieure, mise en évidence par plusieurs auteurs.
Nous citons également la formesèche (rectite sèche de CHarpin où la constipation domine.
Enfin les entérites à formes anormales (appendiculaires gastriques, rectales).
B) Recherche des signes actuels de dysenterie spécifiques.
Fonrax et les classiques ont prétendu que dans la majorité des cas l’hépatite survenait au cours d’un épisode intestinal.
Ravaur et CHaRpIN soutiennent au contraire que lapparition de l’hépatite survient en dehors de tout incident intestinal.
Dans certaines observations lPécoulement diarrhéique a cessé lorsque l'hépatite est survenue.
Deux épreuves, l’une radiologique, l'autre endoscopiques, sont indiquées.
La première consiste dans l’examen aux rayons X de la portion terminale du gros après lavement au bismuth, la seconde dans l’exploration instrumentale.
En supposant que des lésions ulcératives ou cicatricielles soient découvertes, leur origine amibienne resterait à démontrer.
C) La constatation des kystes ou des amibes dans les selles ou dans le pus. |
1° dans les selles, On obtiendra de préférence des selles fraîches. La défécation se fera dans un vase de