‹ Du Diagnostic Différentiel Entre Les Hépatites Amibiennes Et Les Affections Pleuro-PulmonairesChapitre 7 sur 25 · DRE · texte numérisé non relu

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nel sous le nom de forme respiratoire, ce qui exprime que la congestion plus ou moins prononcée de l’organe survenant par poussées successives, s'accompagne de signes de périhépatite parmi lesquels les réactions pleuro-pulmonaires dominent, en même temps que des phénomènes névralgiques intéressant le phrénique droit. Tres souvent les signes hépatiques proprement dits cèdent le pas à ces réactions de voisinage.

Ces deux premières variétés atlireront spécialement notre attention et nous ne ferons que mentionner pour mémoire les formes fibreuses, les formes amyloïdes associées à la sclérose et à des collections multiples (étudiées par MénéTRIER et BroDix l'hépatite nodulaire gommeuse d’ACHARD et Foix, la cirrhose amibienne de RoGrrs.

Les formes aiguës ont un tableau clinique plus bruyant et qui évolue plus rapidement. Dans leurs variétés les plus bénignes la congestion du foie met plusieurs mois pour aboutir à la suppuration. Parallèlement à cet acheminement, l’état général-fléchit.

Ailleurs c’est l’abcès rapidement constitué dit tropical à progression violente et qui commande une intervention urgente, enfin le groupe plus rare des hépatites suraiguës considérées généralement comme étant audessus des ressources thérapeutiques.

A. — Les hépatites subaiguës

Un fait essentiel les caractérise, leur évolution sournoise, la facilité avec laquelle les symptômes hépatiques se masquent derrière les réactions secondaires. Encore

appelées hépatites non suppurées par Boidin ou hépatites simples par Ravaur et Cnarrix elles traduisent la congestion simple du foie rarement accompagnée de périhépatite.

Le début en est extrêmement variable. Chez tel malade, les signes digestifs prédominent : diarrhée, météorisme, état saburral, cet ensemble pouvant mettre sur la voie d’un état dysentérique latent, chez d’autres on constate un amaigrissement progressif que rien ne justifie apparemment accompagné d’asthénie. Plus rare est le début par un syndrome hépatique aigu avec congestion douloureuse de la glande et l’on peut dire avec PAISSEAU que dans la majorité des cas le fléchissement de l’état général domire la scène.

Enoncer de tels faits, c'est dans le domaine des affections respiratoires et dans la tuberculose en particulier souligner les incertitudes du diagnostic au début. On ne trouve pas toujours en effet chez les bacillaires au commencement de leur affection, un signe suffisamment démonstratif pour mériter selon lPexpression de Küss le rôle d’épisode révélateur, mais l'allure demeure insidieuse. Ce que Sergent appelle la prétuberculose ou encore la préphtisie, c'est-à-dire l’état de germination bacillaire englobe précisément des symptômes d’anémie, d’amaigrissement du sujet chez lequel le tube digestif, sensible aux toxines bacillaires exprime son irritation par lanorexie, la dyspepsie, fonctions elles-mêmes de lhyperacidité stomacale. Chez des gens venus les consulter pour entérite, les gastro-entérologues découvrent une bacillose.

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À l’anorexie, au météorisme abdominal des hépatites se joignent pour certains la diarrhée, pour d’autres la constipation.

Dans la bacillose incipiente les fonctions intestinales restent ordinairement normales, la diarrhée survenant plutôt à une époque avancée, mais il faut toutefois tenir compte pour certains sujets de l’instabilité gastro-intestinale qui se traduit par des altérnatives de diarrhée et de constipation.

Born a signalé plusieurs observations avec douleur de Phypochondre droit et sensation de tension irradiée vers l’épaule du même côté. Ceci peut encore porter à confusion pour peu que notre bacillaire présente comme le cas est fréquent des douleurs musculaires localisées, des névralgies fugaces, imputables à l’irritation pleurale et dont le signe du clou phtisique n’est qu’une variélé.

On signale bien aussi dans l'hépatite un foie sensible et modérément hypertrophié pouvant même dessiner une saillie localisée, le foie bosselé amibien décrit par RavauT, mais RavauT et Cnarpin l’ont fréquemment trouvé intact. D'autre part chez les tuberculeux la glande hépatique peut être le siège de réactions précoces. Nous l'avons souvent trouvée augmentée de volume et surtout sensible, Mais ce sont surtout les frottements ou râles d'atélectasie, les signes de pleurésie droite signalés par CASTAIGNE en particulier qui peuvent en imposer pour une affection respiratoire chronique.

La difficulté de différenciation augmente encore lorsque chez l’amibien la fièvre joint ses montées vespé-

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rales relativement légères sans doute puisqu'elles oscillent entre 38 et 39 mais néanmoins évidentes. Cest encore une ressemblance de plus avec la tuberculose” dont l’ascension thermique au début demande à être soigneusement recherchée mais qui ne manque point d'être dépistée lorsqu'on impose au suspect une fatigue ou un exercice physique prolongé.

Morin atrouvé dans les urines des amibiens des traces d’albumine, et constamment de lurobiline, indice de déficience hépatique. Faut-il rappeler la présence précoce d’albumine chez les bacillaires dont Teissier fait un symptôme prémonitoire.

L'aspect général de lamibien va révéler une fonte musculaire souvent très marquée surtout au thorax dont les reliefs osseux s’accusent; le teint est chlorotique, blafard, parfois bistré. C’est là tout le tableau du bacillaire.

Dans la pratique courante on cite de nombreuses observations où la confusion fut faite. Celle que nous empruntons à la voix autorisée de M. J. CAsTaIGxE vient éloquemment illustrer notre thèse.

Obs. II. — Amibiase hépatique simulant la tuberculose aiquë.

ll s’agit d'un homme de 35 ans que j'ai hospitalisé dans mon service du lycée de Vanves au moment de l'armistice, Il avait fait la campagne des Dardanelles et il avait à ce moment là ure dysenterie amibienne des mieux caractérisée au double point de vue clinique et bactériologique, le traïtement à l'émétine fut institué et quand il sortit du service, ses selles examinées à six reprises différentes dans les conditions les plus ingénieuses ne contenaient plus d'amibes de

même cliniquement il n'avait plus aucun signe de dysenterie et son état général était parfait.

I y a 3 mois alors que le malade était revenu depuis longtemps à la vie civile je fus appelé auprès de lui en consultation, par un médecin traitant qui me le présenta comme atteint de tuberculose aiguë.

En fait la maladie pour laquelle on me consultait avait paru débuter 2 mois auparavant sous forme de fièvre continue qui avait fait songer tout d'abord à la dothiénenterie, mais les recherches biologiques (séro-réaction et cultures de sang) avaient été constamment négatives et l'évolution de la maladie qui s'était compliquée de pleurésie de la base droite, de dyspnée accentuée, de douleurs thoraciques très vives et qui durait déjà depuis 3 mois permettait de songer à la tuberculose aiguë. J'ajoute pour montrer combien le médecin traitant avait consciencieusement examiné son malade, que l'examen des selles avait été plusieurs fois pra-

tiqué, en vue de dépister le retour offensif de l’amibiase et que jamais rien de suspect n'avait été constaté.

Au moment où je fus appelé auprès du malade, la fièvre n'était plus continue mais à grandes oscillations (41° le soir, 37° ou 38 le malin) et le malade était cachectique. L'aspect général était bien celui d'une tuberculose arrivée à la dernière période, l'examen clinique que je fis immédiatement ne me permet de constater aucun symptôme qui püt confirmer ce diagnostic à part la pleurésie de là base droite, je ne trouvais en effet aucun signe pulmonaire de tuberculose et à l'examen des autres organes, je fus frappé simplement par le volume considérable du foie qui, dur et douloureux à la palpation, était augmenté d'une façon régulière et descendait très nettement de plusieurs centimètres au dessous de la ligne ombilicale.

Je ne pus m empêcher de songer à l'amibiase hépatique en me rappelant surtout que 3 ans auparavant j'avais soigné ce malade pour une dysenterie aiguë : je fis pratiquer de nou-

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