‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 102 sur 132 · III. Épenthèse: Estatue, esquelelte (statue, squelette · texte numérisé non relu

III. Épenthèse: Estatue, esquelelte (statue, squelette

J'ay ce Testament très estable Faict de dernière voulenlé.

(Fr. Villon, Gr. Test X, pag. 45.)

« Selon notre coutume qui met un e devant les mots qui commencent par un s (l'auteur devrait dire par deux consonnes dont la première est un s) nous disons estude, esprit, espée, Espagne, et ainsi des autres mots, quoique nous nous soyons heureusement défaits tfestalue elà'eslupide, que les Provençaux retiennent encore. » (Sarrazin, opinion du nom et du jeu des eschees, p. .261.)

Tous les mots de formation populaire dont la racine commence par deux consonnes dont la première est un s, ont pris en français l'eépenthétique. Scabeau (Marot. ps.) et scadron (Du Bellay), après une courte lutte, sont devenus définitivement au XVIe siècle escabeau et escadron. Escorpion (J. Mol. p. 194. Le Calendrier) n'a pas survécu. Cf. Cur. inouies, p. 255 et 485.

— L'épenthèse a encore lieu par l'interposition du son e (eu) entre deux consonnes dont la seconde est une des liquides r ou / ; Ex. ; peupelicr, perions, berouette (peuplier, prions, brouette.)

C'est paine pour la chamberiêre De la porter hors de ce lieu.

(Fr. Villon, p. 314.)

« A Tégard des silabes ions dans prions, crions, publions, etc. et des silabes ter dans sanglier, meurtriery etc., l'usage qui veut qu'on en fasse deus paroit bien établi a cause des deux consonnes consécutives dans la même silabe ; ces deus consones font que l'on est forcé de prononcer en trois silabes iisiques perions, lierions, pubelions, etc., et en quatre les mots sanguelier, meurterier, etc., quoique Ye muet n'y soit point écrit. » (Biblioth. desEnf. p. 168.)

On ajoute aussi un r dans renchardissemcnt, subst. du verbe renchardir pour renchérir.

IV. aphérèse. — L'aphérèse est le retranchement d'une aspiration, d'une lettre ou d'une syllabe initiale :

Cotte funesle défaite tYIIuçjuenots.

(Cur. in. p. 124.) Je sors donc de ma chambre, hâté de cette escorte. — Hâté se doit aspirer.

(Not. de Malli. sur Desp.) Très aut et très noble prince.

(Lett. de Rois, I, p. 20G.) Comment les lices et les diaffaulx du champ sont le siège de la croix. (Cérim. des gages de batailles, pag. 20.)

Le crime fait la honte et non pas le chafaud.

(Lettre de Ch Corday; arch. de l'Empire, hôtel Soubise.) Le masle de l'épervier est appelé mouchet.

(H. Est. Précell. p. 131.)

V. syncope. -••- C'est la- suppression d'une syllabe médiale :

Rossignoletz doux et mélodieux

Et chardonnetz d'apprendre estudieux.

(Le Maire, fol. CLXX1. v°) Ou pas a pas le long des buissonuetz A Mois cherchant le nid des chardonnetz.

(CI. Marot, Tom. I. p. 108.) Les Centaures étaient animaux monstreux.

(J. deMontl. p. 693.)

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