‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 123 sur 132 · VALOIR. VOULOIR · texte numérisé non relu

VALOIR. VOULOIR

Quej'valle Que j'veule, voule, vouille

Que tu valles Que tu vcules, voules, vouille

(1) Cf. Hug. Capet, vs. 584.

(2) L'impér. n'est usité que dans la locut. : No m'en veux pas, pour: Ne m" en veuille pas. (Cf. Phil. Chastes, Et. sur l'Alkm. au XIX" siècl. Amyot, 18t.il, p. 174.)

Qu'i valle Qu'i veule, voule, vouille

Que j'valiens, valions, vaillons Que j'vouliains, vouillons.

vouillains Qu'vous valiez, vaillez Qu'vous veuillez, vouliez

Qu'i valent, vaillant, valaînt, vailîaînt, Qu'i veulent, voulaînt, vouilvalânt, vaillant. lent , vouillaînt , voulant ,

vouillânt.

1° Les formes valle et vaille qui ont existé toutes deux au moyen-âge expliquent suffisamment la variété de la conjug. du subj . de valoir dans le dialecte blaisois. (V. Burguy, II, 95.)

2° Le subj. veule est constant au moyen âge, surtout dans le dial. picard. Il ne disparut qu'au XVIIe siècle. Benserade est, à ma connoissance , le dernier auteur qui s'en soit servi.

Tâchez d'avoir une moitié Que vous vouliez et qui vous veule, Car c'est une grande pitié Que de vendanger toute seule.

(Ballet des Saisons.)

Voule n'est autre chose qu'une forme dialectale pour veule. La transformation du son eu en ou et réciproquement est fréquente. C'est ainsi qu'on a dit valoureux, puis valeureux, chevaloureiix puis chevaleureux et chevalereux qui ont fini par disparaître devant le mot presque italien chevaleresque.

Vouille est à veuille comme voule à veule. Je n'ai jamais rencontré voule ainsi orthographié au moyen-âge, bien que je suis convaincu qu'on a à certaines époques et dans certains dialectes prononcé ainsi la forme écrite voele, sans quoi on ne s'expliquerait pas le subj. normand que je vouge. Vouille, lui, se rencontre :

Ainsi vous pri je et requier Que vous me vouilliez conseillier.

(Sl-Graal, ap. Burguy, H. 93.)

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