PREMIÈRE PARTIE
Voici ce qu'environ dix ans après écrivait, en s'inspirant probablement de H. Estienne, Claude de Saint-Lien (n'allez pas prononcer de Saint-Lian; Lian se disait en 1572; il ne se dit plus en 1 580) : « L'e devant m et n au milieu et à la fin des mots prend une prononciation qui tient le milieu entre l'a et Ye; ainsi pour attentivement on dit presque attentivement. Cette syllabe en se prononce comme elle est écrite , c'est-à-dire par c dans mien, tien , sien, lien , bien. A ces mots je voudrais qu'on joignit tous ceux qui sont terminés en ien, yen, ient, comme il convient, moyen, terrien. » On peut dire que c'est dans les vingt dernières années du XVIe siècle que dans les mots polysyllabes les terminaisons ient, en, ien ont pris le son qu'elles ont aujourd'hui.
Nota. — Nous avons conservé en français le mot pennache,
L'honneur est son pennache.
(Joach. du B. Cf. Régnier, p. 85.)
mais nous en avons modifié l'orthographe pour l'accommoder à notre prononciation, la syllabe penn ne se prononçant plus aujourd'hui comme autrefois. Pennache s'est donc écrit même dans la première moitié du XVIe siècle pannache , et peut-être en trouverait-on des exemples antérieurs :
Le frappant sur la teste Au propre lieu ou le pannache, et creste Sontenl'armet : (H. Salel, VIe liv. p. 98.)
Pannache a conduit tout naturellement à panache , et la nasalisation a disparu. (Voir Cérémonies des gages de bataille, p. 53 : Panons pour pe?mons.) (')
L'e a conservé dans couenne le son de Va. Nous disons couane: les paysans blaisois disent couân-ne, couenne et couéne.
(1) Il y avait une autre forme, pennage fpennaticum) qui a disparu, ou qui s'est modifiée sous l'influence de l'ital. pennachio.
Lequel voyant l'armet et le pennage Horrible et fier, soudain tourne visage. (H. Salel, VI» liv. p. m, v».)
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