‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 37 sur 132 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

noncent en traînant sur la prononciation de la voyelle : Pleuus, ne uni , feuus, émiser, heuumble, verleuu. » (Palsgr. p. 7.)

G. du Guez ne parle pas autrement : « Vous prononcez Vu, ditil, comme le font les Ecossais dans le mot gud » (pron. : gueud; c'est le good des Anglais).

Et ceci est tellement vrai que dans une pièce de vers d'Alain Chartier ainsi qu'en diverses autres citations où Palsgrave rapproche la prononciation de l'orthographe, et fait constamment entr' elles une comparaison intra-linéaire en inscrivant sous le texte du poète de Charles VII la manière dont on le lisait sous François Ier, la voyelle u est perpétuellement notée eu; Ex. :

Ceux en vertu tellement abondèrent, Que du pays furent vrays possesseurs El Pont laissé a leurs bons successeurs.

Prononcez :

Seuz an xerteu tellemant aboundéret Ke de pays feure vray possesseurs Et fount laissé a leurs bouns seuksesseurs,. (Palsgr. p. 60 et 61.)

Je signale encore la notation des mots suivants : justes prononcez : jcuslos

durs (leurs

justice jeustice

durèrent deurerent (Palsgr. p. 61 .

seurs (surs) seurs

nature nateuro

un g eun (Id. p. 62. i

imbue imbeuo

prudente preudanlo

vertueuse verteueuze

pupilles peupillos

aventure avanleuro

démesurée

rugueux

cruaulté

nuyt

obscur té

lubricité

cupidité

circumspection

industrie

humble

salut

me humiliant

jugemens

sous la poincture

de sa punition

maintenues

servitude

prudence

v ainqu e u rs vaincus.

demezcuréo

reuineuz

creuauté

neuyt

obskeurtè

leubricité

kcupidité (Id. p. 63. ï

sirkeunspectioun

indeustrie

eumblo (Id. p. 56.)

salent

meumiliaunl

jevgemans

sou la poijntev.ro

de sa peunisioun

mainteneues

servi teudo

prend anso

vagnkeurs vainkeus.

(ïd.p. 57.) Ne faudrait-il pas êlre aveugle en présence de preuves aussi concluantes pour nier l'attribution du son eu à la voyelle u, et estil besoin de recueillir dans les poètes du XVIe siècle, où d'ailleurs elles fourmillent, des citations à l'appui?

C'est dans le Dialogue de Vorlografe et de la prononciation francoese du Manceau Jacques Peletier (1550) qu'il est fait mention pour la première fois de la transformation de la dipthongue eu en u dans les participes : « Incidemment faut dire ici, répond Dauron, l'un des interlocuteurs, que pour la même cause les supins seu, peu, teu, deu, conneu, etc. ont été mis en su, pu, tu, du, connu, etc.; item: asseure, alleure, monteurc, jeûner en assure, allure, monture, juner et beaucoup d'autres. »

J'ai ici plusieurs conclusions à tirer, La première, c'est que c'est

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