QUATRIÈME PARTIE
Dans les terminaisons de cette nature, les / et les /* ou ne sonnaient pas, ou ne se prononçaient que d'une manière à peine sensible, comme on peut en juger par les exemples suivants :
Je ferai proier en chapitre Que diex ses péchiez li acquite.
(Le Département des livres, Bull, du Bouq. I. 44.) Maistre Jehan de Meun ce rommant Parfîst aussi comme je treuve, Et ainsi commence son œuvre.
(R. de la Rose, vs. 4153.) Comment en la Beausse se treuve. . .
Afin y faire une belle œuvre.
(M. du S. d'Orl. vs. 8121.) Ce que demandrez, vous Tarez, Et plus grant chose, ce me semble, Que vous êtes son ori flambe.
(Id. vs. 18801.) Orde vieille, putain, truande, Veci pour moy trop grant esclandre.
(F. du Mun. p. 247.) Pourtant que on se donne garde; Y ne faut qu'un coup pour tout perdre.
(M. du S. d'Orl. vs. 19987.) Braire, crier, mon bec n'arreste ; Celuy qui a trop de langage En lieu de bien ne peut poiut eslrc.
(Lesdictsdes oiseaux.) Son rollet, plein de point en point, Tire aux dents pour le faire croistre ; Sa prinse eschappe et ne tient point ; Au pilier s'est heurté la tête.
(P. Gromel.)
Ces lettres se prononçaient si peu que souvent même on les supprimait complètement dans récriture ; Ex. :
Mais en peut, venir grant esclande A moy et à toute ma bende.
(M. du S. d'Orl. vs. 7486.) Menteur, traite. larron et sodomite encore,
(Du Bart. p. 434. — 1011.) Car si j'ai voyagé, ce n'est que dans la carte, El je n'allai jamais de Paris à Montmarte.
(Du Lorens, sa t. IX.) Aurois-je pas mauvaise grâce De prendre marie pour renard.
(Le lit d'hostelerie.) (J) Ça serait malhounèete , Si j'alliouns en saligau Visiter noute méete.
(Glk' Bibl. desNoeis, p. 306.)
Esplingues que je rencontre pour la dernière fois dans Gaultier- Garguille, ce Un cent d' esplingues , » est devenu par métathèse épingle en français , et par suppression de 17, épingue, en blaisois.
Tartre comme bouticle a perdu sa liquide : tarte, boutique. Je trouve encore au XVIIe siècle dans la Fleur des chansons (p. 198) :
L'autre jour ma femme fit Une tartre de fromage (2)
De même pour arbalétre, et tourtre, et fisiclc, auj. physique. Canons, ars et arbalestres Trop doubtoint avoir nouveaulx mestres.
(Liv. du bon Jeh. p. 516.) Ne de lui (du fromage), talent ne me prend , Car fisicle le me défend.
(R.duRenart. vs. 7315.)
(L) Cette pièce se trouve dans un manuscrit du XVIIe siècle en mu possession. Quicherat en son Dit!"* fr.-lat. admet martre et marte. .') V. Gaultier-Garguille LUI, note, éd. Delahays.