CHAPITRE IL
De la. prononciation des Liquides L el B
Règle commune. — Toutes les fois que dans une syllabe qui termine un mot, /ou r se trouvent placés après une consonne et avant un e muet, le dialecte blaisois les supprime complètement dans la prononciation; Ex: table, boucle, sauflle, il étrangle,
peuple; membre, encre, esclandre, il souffre, maigre, pampre, etc., prononcez tabe, banque, souffe, il étrangue, peupe, nombe, enque, etc.
C'est par suite de cette habitude de prononciation qui a régné au moyen-âge et même jusqu'au XVIe siècle, comme on peut le voir par les exemples qui suivent, qu'un grand nombre de mots ont perdu en français 17 de la syllabe muette finale. C'est ainsi que boulicle, Christofle, damaticle, démoniacle, guimple, thériacle, sont devenus boutique, Christophe, dalmatique, démoniaque, guimpe, thériaque.
Traistre, larron, simoniacle, Fol , enragé, démoniacle.
(Ne8U Path. p. 170.) Fille, tu es bien outrageuse Et bien folle demonyacle Bien enragée et malheureuse De voloir tenir tel sinacle.
Tu cuides donc faire miracle...
Mes va ailleurs vendre thrîacle.
(M. du S. d'Orl. vs. 11920.) Se mons me voy a dangereux article C'est que d'ouvrir Test droite ma boulicle. (')
(Les 7 dames de Rhétoriq.) Le seigneur qui sert saint Chrislofle.
(Fr. Villon; cf. du Bart. p. 97. — 1583.) L'oriflamme est une bannière Aucun poi plus forte que guimple (a) De cendal rousoyans et simple.
(Guill. Guyart.) Ils avaient donné pour eux parer guimples et chaperons (St-Palaye.) Venez voir les lauriers environner ses temples.
(Les Dél. de la poés. fr. p. 75.)
(1^ On trouve encore dans Cotgrave bouticle et bouticlier. {% Cl. Lais inéd. p. 11.