QUATRIÈME PARTIE
dation à'cur en eux, et celle de nos jours en eur ouvert une prononciation intermédiaire en eur bref, prononciation attestée par le P. Bufïïer, et qui s'est conservée à la Comédie Française. Ainsi l'on disait une /leur en donnant à la diphthongue eu le son sourd et fermé que nous lui donnons dans queue, une fleuc-re, du bonheue-re. Je tenais à faire celte remarque, car dans les substantifs en eur où nos paysans font sentir IV, c'est toujours ainsi qu'ils prononcent la diphthongue, et jamais en eur ouvert.
Des liquides M et N.
Règle I. — M se change en b (') dans flamme, pron. flambe, Ex. :
Il faisoit feu et voire flambe.
(Villon, Monol. du Fr. Archier de Baignolet.)
Le moyen âge changeait Y m de fï anima en b, non seulement dans flamme, mais encore dans enflammer, oriflamme; Ex. :
Dune veissïez flambe voler.
(R. de Rou, vs. 16223.) Gefreid d'Anjou portet l'orie flambe.
(Ch. de Roland, CCXIX, vs. 3093.) Et que vous ayez l'oriflambe.
(Mist. du S. d'Orl. vs. 6651.) Comme un feu qui met toul en flambe Une forest, et qui en flambe Des grands monts la cime hautaine.
(Ps. deMarot, LXXXIII. B.) Flambe, flamma, phlox. — Jetter flambe par la bouche. — Flambeau ; ce qu'on porte de nuit jetant flambe pour éclairer. (Nicot, 1606.)
(1) Cf. Bforif.
228 DU DIALECTE BIAISOIS.
Vexilluni B. Dionysii quod gallice clicitur oriflambe. (Gesta Ludov. VII, Du Chesnc, IV. p 398, C.) Une selle couverte de vcloux vermeil pour Y oli flambe. (Ch. de pièc. inéd. relat, au règn. de Ch. VI, par Bouet d'Arcq. 11. 394.)
Règle II. — Toutes les fois que me final est précédé d'un s, Y m par attraction se change en s. Ainsi Ton dira cataplasse, catéchissc, rhumatisse pour cataplasme , catéchisme, etc.
Ici Ton vend des caléchisses
A bon marché et a peu de bénéfice.
(Enseigne de Desruds, poète marchand de bric a brac, a Pont-Levoy, Loir-et-Cher, 1818.)
Catéchisme se prononce également catéchîme.
3° M ne sonne pas dans combien, pron. coben ou couben. (V. lre partie, ch. IV. De la prononc. de la voyelle o, p. 28.)
Ex. : Coben qiïcée? Locution commune pour combien que c'est? combien est-ce?
Règle I. — N se change en l dans venin ei ses composés, trombone, lanse, pour nanse qui est lui-même pour nasse.
Serpens envelimès en leurs oreilles estoient.
(Le Déb. du corps, p. 62. Cf. même p. vélins.) Au lieu de dire veneno, ils ont dit et escrit veleno (ainsi qu'en ceste ville mesmement une grande partie du peuple prononce velin.) (H. Est. Précell. p. 296.)
C'est ainsi que orphenin est devenu orphelin.
Règle IL — N a le son de gn, toutes les fois qu'il est suivi de deux voyelles dont la première est un i. Ainsi renier, panier, fainiant pour fainéant, opinion sonneront regnier, pagnier, faignant, opignon.
Les bonnes mœurs sont en peinture , Et les bourgeois en grands tableaux