QUATRIÈME PARTIE
« Des observateurs attentifs nous disent qu'au Canada les gens du peuple ont coutume de confondre t et h et disent mêkier, et moikié au lieu de métier et moitié. » (M. Mu lier, N"Us leçons, p. 212; voir la page préccd. et la note du traducteur.)
Règle. — %° T se change en c dans le verbe se tapir ; pron. se capir ; en /"dans cotir, pron. cofir.
La se quati; li chien l'outrèrent.
(R. duRenart, vs. 8117.)
Des Guttu.ra.les C, G. GN.
Règle. — 1° C se prononce comme g dans un certain nombre de mots, comme canif, faculté, difficulté, second, seconder, secret et ses composés, rac'moder pour raccommoder, et quelquefois dans cabinet et dans cheval.
Nabugodonosor.
(Rois, p. 432.) Depuis que fu nez en la greche Diex de Marie.
(Rutcbeuf, dansGcrusez, 1, 138.) On donneroitau diable et plumes et ganifs.
(Du Lorens, sat.XH.) Grâce a votre copulatif Qu'a rendu fort imperfeclif Le cruel tranchant d'un ganif.
(Le Péd. joué, act. I. se. 1.) •Tabandonnay Belinde, en miracles féconde, Et pour qui je brulois d'une ardeur sansse{/o/?</r.
(Ménage a Mr Chapelain. Elég. II, p. 244.)
Voir passim dans l'histoire de Sablé par Ménage segond, segret
et leurs composés seconder, segrétaire, écrits constamment par g, et dans Rabelais, Pantagruel V, X, bragmarts pour braquemarts. Remarque. — C'est ainsi que cras, de crassus, est devenu gras, (Cf. acer, macer, devenus aigre, maigre.)
Je voroie que fust plus cras.
(R. duRen. vs. 45671.)
et que nécromancien a conservé jusqu'au XVIIIe siècle la forme nègr om ancien .
Fallaciant comtes, marquis et princes, Sut par son art le Négromancien En imposera plusieurs gens de bien.
(Richer, l'Heureux astrologue dans les Amus. du cœur et de l'esprit, tom. I, pag. 63 ) Et me rend main plus pesant que une engïume. (Les 7 dam. de Rhétor.)
Presque tous les grammairiens du XVIe, du XVIIe et du XVIIIe
siècle ont noté cette prononciation de c en g.
« C a le son du g de goguenard dans second; l'usage est partagé pour segret et ses composés. Plusieurs personnes prononcent de même le c de Claude, mais il vaut mieux prononcer autrement. » (Gr. de Wailly, 1754.)
« C takes the articulation of g in calice, Claude and Claudine, czar, second, secret et leurs composés, and in the second syllable of cicogne, and thethird of difficulté. » (L. Chamb. p. 53, 1775.)
L'autorité du prince en cette matière aurait plus de succès que n'en ut celle de l'empereur Glaude. (Bibiiot. des Enf. p. 208.)
Cf. lat. hemicranium ; gr. mod. («xpavia ; anc. fr. micraine ; fr. mod, migraine.
Règle II. — De même que c, ch prend souvent devant e le son de g : Dimange, prendre sa revenge, ajeter, etc., pour dimanche, prendre sa revanche, acheter.