‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 89 sur 132 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De l'article.

Règle I. — Ve de l'article masculin ne se prononce jamais , même quand le substantif suivant commence par une consonne ; Ex.:

Ya lïeu a Conkeuriée (').

Rends lli (4) l'iiveurr' qu'y t'a peurtc (2).

Remarque. — Quand le est précédé d'un mot, terminé par un e muet, la métathèse de Ve se produit et l'article se prononce eul ; Ex.:

L'viau, la vache, eul boeu, tout ha brculc (3). Faut lli (4) prende eul chian (5).

Règle II. — L'article la s'emploie souvent, comme en italien, pour désigner la femme, devant le nom de famille du mari: Ex. : La Roussiau, la Roussiaute (la femme de Rousseau); la Bârbançon, laBarbançonncoulaBrebançon, la Brebançonne (la femme de Brabançon).

(1) Il y a le feu à Concriers.

(2) Rends lui le livre qu'il t'a prêté.

(3) Le veau, la vache, le bœuf, tout a brùlt'.

(4) Ces deux II sonnent mouillés comme l'italien gli.

(5) Il faut lui prendre le cliien.

24â DU DIALECTE BLÀISOIS.

« Les hommes et les femmes qu'on ne peut qualifier de moindre litre, comme les paysans et les paysannes, ne se peuvent appeler que par leur surnom, ajoutant aux femmes seulement l'article 7a;Boibereau, la Botherelle; Roberdeau , la RoberdeUe. » (Les plus belles lettres des meill. aut. franc., par P. îlichelet, augmentées de tous les titres dont on qualifie toutes sortes de personnes par le sieur de Milleran, Paris, 1696.)

« Il se trouve souvent chez la Aubry. (G) (Recueil, tom. IV. K, p. 95.) Par quoy fort elle asseure A la Faifeue et bien fort la requiert. (Ch. Bourd. p. 32.)

Je serais assez porté à croire que ce la fût non pas l'article comme en italien, mais l'ancien pronom possessif le, la, les, employé pour celui de, celle de, ceux de. (Voir Burguy, Gr. de la lang. d'oil, p. 57, IV.)

Règle III. — L'article pluriel se met souvent devant les noms propres de famille pour désigner la famille tout entière; Ex.:

Léc Baggeroun dîneu s'souéere cheux îée Deularte C).

Cet usage , très commun dans certaines provinces , a souvent été signalé par les romanciers modernes. V. Champfleury, les Bourg, de Molinchart, passim. Cf. Furii et Valerii.

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