‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 98 sur 132 · XI. TRANSFORMATION D'UNE VOYELLE EN CONSONNE · texte numérisé non relu

XI. TRANSFORMATION D'UNE VOYELLE EN CONSONNE

Cette transformation est rare dans les substantifs. Je ne connais que brégemcnt pour breicment (broiement), nom dérivé de bréger, plus usité que breyer ( broyer). Néger, (') usité quelquefois en place de néier (noyer) n'a pas laissé de substantifs dans le dialecte, où l'on emploie néiade, équivalent au fr. noyade et néie, ou mieux nèye, fosse d'un jeu de boule où les boules vont se perdre, se noyer. Quelques autres verbes, employés surtout dans les parties du Blaisois qui touchent au Berry ou au Maine, comme éméger, séger pour èméier ( èmoyer), séier (soycr-scicr) n'ont pas de substantifs dérivés de la forme en ger, bien que je n'oserais pas affirmer n'avoir pas entendu émégement pour émoi.

C'est ainsi que brayette diminutif de braie, tend à devenir ou plutôt est devenu de nos jours braguette. En revanche, nous avons

(1) Cf. le Péd. joué, p. 49 : C'est ly qui s'alit néger à la grand mare.

une tendance très marquée à transformer baguette en bayette, ce qui semblerait attester que la métamorphose de l'y en g dur dans brayette est provoquée par la présence de IV dans la syllabe immédiatement précédente. Cf. sur la prononciation du g allem. en i, Jans-Ganz, Phil. Chasles, Et. sur l'Ail, p. 21.

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