tmit., IV, 13. — 2. Phil., i, 21. — ;i. Gai., n
300 DU PRETRE A LAUTEL
agréables à Dieu. Ils supposent en nous plus d'humilité, sans témoigner pour lui moins d'amour; car avec quelle confiance le prierait-on si l'on n'avait une haute idée de sa bonté ? et avec quelle ardeur demanderait-on ses grâces, si elles ne devaient pas avoir pour effet de nous attacher à lui dans ce monde et dans l'autre ? Rien donc de mieux que de nous abandonner à l'esprit de prière et de suivre ses ins|)irations. Quel moment plus Javorable d'ailleurs pour obtenir les grâces du ciel que celui où l'on est uni si étroitement au Fils de Dieu, où il est encore présent à notre cœur sous les espèces sacrées, où vivant et agissant en nous d'une manière presque sensible, il semble exprimer lui-même ses désirs par nos lèvres? Et pour un prêtre, pour un homme consacré au culte de Dieu et au ministère des âmes, que de grâces à obtenir du ciel, à demander par conséquent du fond du cœur ! Sa sanctification, celle des âmes dont il est chargé, celle du clergé, la conversion des pécheurs, la persévérance et le progrès des justes, le succès des œuvres dont il a le soin ou que le désir du bien inspire à son zèle ! Combien d'autres encore qu'il doit sentir le besoin de recommander à la divine grâce : les vocations sacerdotales et religieuses, l'éducation de la jeunesse, le choix des pasteurs, la multiplication des apôtres, des docteurs, des prédicateurs et des saints !
« N'oublions pas de prier pour l'Église, disait un saint religieux du dix-septième siècle ^ : prions de tout
1. César de Bus, instituteur de la Cono;régation de la Doctrine chrétienne ("l- 1607).
notre cœur pour celle qui ne cesse de prier pour nous, pour laquelle Jésus-Clirist a tant prié. Demandons que cette Eglise qui est son royaume ne cesse pas de croître et d'étendre ses conquêtes, que les infidèles et les incrédules ouvrent les yeux à la lumière de la loi, que les schismatiques cessent de déchirer la robe sans couture du Sauveur, que les hérésies prennent lin et que la divine grâce forme partout des chrétiens fervents et des saints pour la consoler et la soutenir. »
Voici la prière que faisait au siècle suivant un jeune prêtre dont le zèle devait faire tant de prodiges, et que le Souverain Pontife vient de mettre au nombre des Bienheureux * :
« Seigneur, disait-il, souvenez-vous de la société que
vous avez fondée Memnr esto congre '^atlonis tuse
quam possedisti ah initia -. Accomplissez en sa faveur les desseins de votre miséricorde. Suscitez pour la servir des hommes de votre droite, ceux que vous avez fait entrevoir dans des vues prophétiques à plusieurs de vos serviteurs, à saint François de Paule, à saint Vincent Ferrier, à sainte Catherine de Sienne et à d'autres grandes âmes dans ces derniers temps.
« 0 grand Dieu, qui pouvez faire d'une pierre brute un enfant d'Abraham, dites une parole ; envoyez des ouvriers à votre moisson; donnez à votre Eglise les ministres que ses besoins réclament! Envoyez votre Esprit sur la terre pour y créer de nouveaux Apôtres et renouveler la face du monde.
« Memor es^o... Dieu de bonté, souvenez-vous de vos anciennes bontés; souvenez-vous des promesses que