I Joan., IV, U. — 2. Jac, i
SES OEVOIKS ATKKS LA MESSE X'?
I/aprcs-midi, les Vêpres nous reportent au divin Sacridce, non seulement corarae aux Petites Heures par le capitule et l'oraison qui sont empruntés à la Messe, mais encore et surtout par le premier psaume : Dixit Dominus Domino meo, où sont célébrés, avec la dignité inlinie du Fils de Dieu, son sacerdoce éternel et les fruits glorieux de son immolation : Juravit Dominus : Ta es sacerdos in xterniini secundum ordineni Melcliisedech... Jndicabit in nntionibus, implcbit ruinas... Quoi de plus propre à donner au prêtre une haute idée du ministère qu'il exerce, et à nourrir en son cœur la reconnaissance dont il doit être animé envers la divine Bonté ! Sous ce rapport, le Magnificat et le Nunc dimittis peuvent surtout servir d'expression aux sentiments de son âme.
Quant aux Matines et aux Laudes, qu'il est d'usage de réciter dès la veille dans la soirée, elles ne conviendraient pas pour action de grâces, mais elles sont une préparation naturelle à la Messe du lendemain. Ulnvitatoirc en indique le caractère et l'objet particulier. Les Leçons font connaître le mystère ou le saint qu'on doit honorer; l'IIoraélic explique d'avance l'Evangile de la Messe, et l'Oraison indique la grâce dont on devra faire la demande. L'Eglise attache une telle importance à ce que ses prêtres soient préparés au saint Sacrifice par la récitation de ces Heures, qu'elle leur défend de monter à l'autel sans les avoir dites. Bien plus, de peur qu'on les récite trop tard ou peu de temps avant la Messe, elle fait souvent commencer son Office aux Vêpres du soir l)récédent, ou du moins au Ca])itule des Vêpres; et si cela n'est pas possible, à cause de la solennité du jour, elle ne manque pas au moins de faire mémoire de l'Office du lendemain.
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On voit par là de quelle manière la Messe et l'Office sont unis et combien de liens les rattachent l'une à l'autre. Le saint Sacrifice est le principal élément du culte et la fonction la plus auguste du prêtre; l'Oflice en est le complément et l'accessoire naturel. 11 ne faut pas séparer ces deux choses qui s'appellent mutuellement et que Dieu et l'Eglise ont jointes.
Un autre exercice, qui n'est prescrit par aucune loi, mais qui a une place réservée dans la journée de tous les bons ecclésiastiques, fournit au prêtre un excellent moyen de compléter son action de grâces et de satisfaire sa piété envers Notre-Seigneur ; c'est la visite du Saint- Sacrement. Nous avons toutes sortes de motifs pour n'y pas manquer.
D'abord un motif d'édification. On ne saurait dire combien les fidèles sont édifiés de la fidélité des ecclésiastiques à cette sainte pratique. Rien n'est plus efficace pour les convaincre de la sincérité de notre foi à la présence réelle du Sauveur; rien n'a plus de force pour les pénétrer eux-mêmes de la pensée des divins Mystères, pour les attirer au pied des autels, pour leur inspirer une vraie dévotion envers Notre-Seigneur au saint Tabernacle et à la sainte Table. « Jésus-Christ a établi son Église par la prédication et par les miracles, dit M. Olier; mais c'est par la dévotion au Saint-Sacrement qu'il veut la sanctifier et l'entretenir dans la ferveur. Le prêtre qui sera assidu à l'honorer et à l'invoquer dans l'Eucharistie peut être assuré qu'il touchera
le Cd'ur lies fidèles et qu'il obtiendra peu à peu la conversion des pécheurs'. »
Ensuite un motif de cliaritc et de reconnaissance. C'est par annour pour nous que Notre-Seigneur réside en son Eglise. Comme il est notre chef, il voudrait nous voir sans cesse auprès de lui, afin d'agir davantage sur nous et de se communiquer à nous plus pleinement. Volo ut ubi sum ego, et ilii sint mecum -, dit-il toujours dans son sacrement. Le désir qu'il a de nous être utile fait qu'il trouve ses délices à demeurer au saint Tabernacle, à nous y attendre, pour s'entretenir avec nous, comme il attendait la Samaritaine auprès du puits de Jacob. Comment les chrétiens peuvent-ils rester insensibles à son amour et répondre si mal à ses désirs? N'est-ce pas le cœur qui décide de la conduite, et notre cœur peut-il ne pas se porter là où est notre trésor? Anior meus pondus meum, disait saint Augustin : amnre feror quocumque feror^. Mais ce sont ses ministres surtout que Notre- Seigneur désire attirer à lui, et qui doivent se trouver heureu.K de se tenir en sa présence. Ils n'ont pas à le chercher bien loin, comme ont fait les Mages, comme font parfois les lidèles. Ils n'ont pas à demander où il réside, comme ses ])remiers disciples : Domine, ubi habitas^? Ils ne peuvent dire comme Madeleine qu'ils ne savent où il repose : Xescio ubi posuerunt eum ^. C'est à leurs côtés qu'il demeure. C'est à eux-mêmes qu'il a demandé le lieu de son repos. Quem mundus capere non
1. Exemplum verbo efficac'uis ost. Dabis voci lu;» vocem virtutis, si quod suadcs, prius tibi cognosceris porsuasisse. (S. Bcin. In Caiit , Serm. l, 3.) Olier, Mémoires.
2. Joan., XVII, 24. — 3. S. .■^ug.. r„iif., xiii, 9. — 4. Joan. , i, 31. — 5. Joan., XX, 13.
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potest, captivus noster est, dit saint Bonaventure. Ce sont eux qui l'ont renfermé dans son Tabernacle et qui en gardent la clef. Comment ne se feraient-ils pas un devoir de visiter ce divin Captif et de l'honorer au nom de leurs frères? Comment ne serait-ce pas pour eux une joie de lui ouvrir leur cœur, de lui offrir leurs adorations, de lui témoigner leur reconnaissance? Comment ne lui diraient-ils pas avec sincérité et de toute leur âme : Domine, si tu vis esse meciim, ego volo lihenter esse tecum ^ ?
Enfin un motif (V intérêt spirituel. Un bon nombre d'ecclésiastiques ne sont pas moins affectionnés à cet exercice qu'à l'oraison du matin, parce qu'ils y trouvent les mêmes avantages et souvent plus de consolations. C'est au pied de l'autel qu'ils prient avec le plus de confiance et que Notre-Seigneur leur paraît être plus attentif à leur prière.
Nous voyons dans l'Ecriture quelle était la conduite de Moïse quand il avait à prendre une résolution importante, quand il rencontrait des difficultés dans le gouvernement de son peuple ou dans les dispositions des nations voisines. Il se rendait dans le tabernacle, et là, prosterné devant l'arche, il suppliait le Seigneur de l'éclairer et de lui faire connaître la voie qu'il devait suivre : Cum ingrederetur Moyses tahernaculum fœderis, ut consuleret oraculum, audiehat vocem loquentis ad se de propitiatorio qnod erat super arcam ^. Telle est encore aujourd'hui la ressource du pasteur dans les embarras et les ennuis du ministère. Le Saint-Sacrement est son propitiatoire; ou plutôt le propitiatoire de l'ancienne