‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 168 sur 247 · Apoc, IV, 8, '.I. — 2. Cf. Exod., xx, 18, l'J · texte numérisé non relu

Apoc, IV, 8, '.I. — 2. Cf. Exod., xx, 18, l'J

3. « Par visite au Saint-Sacrement, dit saint Liguori, je n'entends pas une courte prière que l'on vient, en courant, avec mille distractions, réciter devant le Tabernacle ; j'entends un véritable entretien durant un temps notable avec Notre- Seigneur. Qui doit s'y sentir plus attiré que les prêtres qui célèbrent tous les jours les saints Mystères ? »

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Du reste toutes les actions du prêtre dans le cours du jour, ses œuvres sacerdotales surtout et ses fonctions sacrées doivent être, comme sa visite au Saint- Sacrement, un prolongement à l'action de grâces. Il doit les faire en union avec le Sauveur et dans la dépendance de son Esprit. C'est de cette union que dépend leur mérite devant Dieu : Si radix sancta, et rami.

L'union sacramentelle que nous contractons avec Notre-Seigneur par la consommation du Sacrifice eucharistique dure peu, et elle ne saurait ni s'accroître, ni se renouveler dans le jour; mais cette union, ce contact de la chair du Fils de Dieu avec la nôtre n'est qu'une condition et un moyen pour établir entre lui et nous une union spirituelle plus intime et plus précieuse. Celle-ci ne cesse pas quand les Espèces sacrées disparaissent. Si elle est sujette à s'affaiblir et à se rompre, elle peut aussi se renouer et devenir plus étroite. En d'autres termes, quand Notre-Seigneur, après s'être offert à son Père par nos mains, nous donne son corps et son sang en nourriture, c'est dans l'intention de nous communiquer son Es|)rit; et quand il nous communique son Esprit, c'est dans le dessein de le faire régner sur nous d'une manière durable, alin qu'il devienne, pour ainsi dire, l'âme de notre âme et la vie de notre vie : Sicut niisit me vivens Paler et ego vivo propter Patrem, et qui manducat me et ipse vivct propter me ^. Comme la vie du

1. Joan., VI, 51, 58, 04 ; xv, 5, 8. Spiritus vivificans est caro Domini, (luoniam de Spiritu vivificante concepta est. Quod enim nascitur ex Spiritu, Spiritus est. (S. .Itlian., De huniana natur. Christi.)

Père est la vie du Fils, qu'ils agissent en commun, et que leurs actions appartiennent à l'un comme à l'autre, ainsi par la divine grâce, et surtout par l'efFet de la communion, la vie de Jésus-Christ devient la nôtre. L'Esprit du Sauveur nous éclaire, nous dirige et nous anime de telle sorte, que notre vie devient toute chrétienne, comme la sienne est toute divine, vu quMl fait avec nous et par nous toutes les fonctions que nous exerçons comme prêtres, et aussi, quoique d'une manière différente, toutes les œuvres de salut que nous faisons comme chrétiens. Quand nous disons à un fidèle : Dominus te absolvat, nous ajoutons : Et ego te absolvode même, quand nous faisons une œuvre surnaturelle et méritoire, nous pouvons dire comme Notre-Seigneur : Non ego solus, sed Pater meus mecuni '. Pater meus operatur et ego operor -. Sicut auclio judico^ .

« Vie divine du Père dans le Christ, vie divine du Christ dans les chrétiens : même vie à deux degrés ou sous une double forme. Dans le Christ, par la puissance et l'action d'une personne divine, indissolublement unie à son humanité dans le chrétien par la présence et la vertu d'une grâce que l'Homme-Dieu nous apporte et qu'il désire maintenir, aussi bien que son règne en notre âme*. »

Qu'avons-nous donc à faire pour recueillir le fruit de la grâce que nous recevons à l'autel? C'est de nous tenir dans cette union que Notre-Seigneur veut bien contracter avec nous, et de la rendre aussi intime et aussi active que possible : Manete in me, nous dit-il, et ego in vobis. Sicut palma non potest ferre fructuni nisi

1. Joan., vin, 4-C. — 2. Joan., v, 17. — 3. Joan., v, 30. — 4. M. Olier, Mémoires.

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manserit in iùlc, sec nec l'us nisi in me manseritis. Qui nianet in me et ego in eo, hic fert fritctum multum '. Notre pratique habituelle doit donc être de rentrer en nousmêraes avant chacune de nos actions, d'appeler à notre aide Cehii que nous avons reçu à l'autel et dont l'Esprit réside en nous, de demander son secours, comme l'Eglise nous le fait demander chaque matin à Prime, pour tout le cours du jour-. Par ce moyen surtout, et grâce à cette fidélité, nos communions nous seront salutaires. Après s'être fait notre aliment, notre divin Sauveur se fera notre vie, et nous pourrons dire, dans une certaine mesure, ce que dit le chrétien parfait dont parle l'Apôtre, que c'est lui qui vit, qui parle et qui agit en nous ^. Jam non nustram vltam, sed C/iristi vilani. sed Christum ipsum vivenms^.

Cette règle s'applique surtout aux fonctions du sacerdoce et du saint ministère : pourquoi ? Parce que ces fonctions sont surnaturelles de leur nature, et qu'il y a pour nous une obligation spéciale de les faire sainte-

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