‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 17 sur 247 · Gen., ii · texte numérisé non relu

Gen., ii

relativement à Jésus-Christ et à son Eglise, in Christo et in Ecclesia ^ , ne s'expliquerait pas, selon saint Thomas^, si Adam n'avait pas connu dès lors l'Incarnation du Verbe et la formation de l'Eglise. Dès ce moment donc, le premier homme sut que le Fils de Dieu descendrait un jour sur la terre. Sans apercevoir encore toutes les circonstances et tous les résultats de sa venue, il connut et il annonça que le Sauveur donnerait naissance à une société religieuse à laquelle il s'unirait, comme un époux à son épouse, et qu'après avoir quitté son Père pour s'attacher à elle, il la rendrait mère d'une postérité nombreuse qui participerait à sa vie et hériterait de tous ses biens. Dès ce moment aussi, mais bien plus clairement après sa chute, il eut une certaine notion du sacrifice que le Verbe fait chair devait offrir à la gloire de son Père. Il sut que l'Homme-Dieu serait lui-même le prêtre et la victime de ce sacrifice, et

1. Eph., V, 31. Extasia ad hoc in Adam immissa est, ut et ipsius mens parliceps fieret tanquam angelicœ curise, et intrans in sanctuarium Dci intelligeret in novissima. Denique evigilans tanquam prophetiae plenus eructavit continuo quod magnum sacramentum commendat Apostolus : Hoc nunc os, etc. Qna; verba cum primi hominis fuisse Scriptuia testatur, Dominas tamen in Evangelio Deum dixisse declaravit, ut intclligercmus propter extasim qujo praecesserat in Adam hoc eum divinilus tanquam prophetam diccrc potuisse. (S. Aug., De Gen. ad Ult., IX, 3G. )

2. Nam antc statum peccati homo habuit cxplicitam fldem de Christi incarnatione secundum quod ordinabatur ad consummationcm gloriae, non autcm secundum quod ordinabatur ad liberationem a peccato per Passionem et Resurrectionem, quia homo non fuit praescius peccati futuri. Vidotur auteni praescius fuisse Incarnationis Christi per hoc quod dicit : Propter hoc relinquet homo patrem et matrem, et adhaerebit uxori suae, ut habetur in Genesi, ii, 24. Et hoc ApostoUis dicit ad Eph., V, 82, sacramentum magnum esse in Christo et in Ecclesia ; quod quidcm sacramentum non est credibile primum hominem ignorasse. (2-^ 2'-, q. 2, a. -.)Cf. q. 27, a. 11, ad 'i.

que la rédemption du monde et le salut de ceux qui croiraient en lui en seraient le fruit.

C'est ainsi que l'attente du Sauveur et la foi au divin Sacrifice devinrent un des points principaux de la religion primitive, la grande espérance et la consolation suprême du genre humain. Car ceux qui attendaient l'arrivée du Messie et qui soupiraient si ardemment après sa venue ne le regardaient pas seulement comme devant opérer le salut des générations à venir : les plus éclairés du moins voyaient en lui le Sauveur du monde entier, de toute la postérité d'Adam ^ , le leur, par conséquent. Sclo quod redemptor meus vivit, disait Job dans ses épreuves -. Jamais, à aucune époque, les hommes de foi n'ont cru que les portes du ciel leur étaient absolument fermées, et qu'ils devaient renoncer à toute espérance. Au contraire, ils ont toujours été persuadés que le divin libérateur devait faire part de sa gloire à tous ceux qui auraient mis en lui leur confiance et leur amour. Salutare tuum expectaho. Domine ! s'écriait Jacob, au moment même où il se préparait à quitter la terre et oîi il faisait à sa famille ses derniers adieux 3.

C'est pour perpétuer la foi au Rédempteur et l'attente du divin Sacrifice, auquel le salut du monde était attaché, que le Seigneur imposa à nos premiers parents

1. Ipsi audivimus et scimus quia hic est vere Salvator muudi. (Joan., IV, 42.)

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