Jean., xvi, 33. — 5. Jean., xiv
les protéger et les défendre, quand ils voudront être à moi et travailler pour moi ; mais je serai particulièrement avec mes ministres, quand ils seront fidèles à leur mission et qu'ils se dévoueront à l'œuvre dont je les ai chargés. Je serai avec eux pour les soutenir, pour les consoler, pour les aider. Ils ne seront pas un seul moment privés de ma présence et de ma grâce toute puissante : Ecce ego l'obiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem sasculi^. Ego reficiam vos"^. »
Comment le Fils de Dieu se donne-t-il ainsi spécialement à ses ministres ? De quelle manière veut-il être chaque jour leur appui, leur consolation, leur force ? Par son esprit, sans doute, par sa grâce invisible ; mais aussi, mais surtout par son Sacrement, qui est le gage de tous ses biens, et par son Sacrifice, qui en est la source. C'est à l'autel qu'il s'approche d'eux et qu'il veut se donner particulièrement à eux. C'est là qu'ils le consacrent, qu'ils l'immolent et qu'ils s'en nourrissent. Quand le prêtre se voit dans le péril ou qu'il éprouve le besoin d'une grâce signalée, il sait qu'il a à ses côtés un avocat, un médiateur tout-puissant, toujours prêt à intercéder en sa faveur et à lui obtenir les secours dont il a besoin. Il prend en main la divine Hostie, Certain de tout obtenir de Dieu en le lui demandant au nom de Jésus-Christ ^ , combien plus en est-il assuré en lui oflrant à l'autel Jésus-Christ lui-même ! Quand il rencontre sur sa route un obstacle inattendu, qu'il se sent abattu par la fatigue ou découragé par l'insuccès, qu'il est tenté de renoncer au travail et de s'abandonner à la
1, Matth., xxviu, 20. — 2. Matth., xi, 28.
3. Si quid petioritis patrem in noniine meo, dabit vobis. (Joun., XVI, 23.)
tristesse, il entend une voix du ciel qui lui dit, comme à Elie : Surgc, contede : grandis eriiin tibi restât via '. Il monte à l'autel ; il prend le pain du ciel et le calice du salut ; il invoque le^Seigneur. Le pain qu'il lui est donné de rompre, n'est-ce pas le corps sacré du Sauveur ? Et le calice qu'il bénit, n'est-ce pas son sang, le sang divin qui a été versé pour nous ? Caliv benedictionis cui beitedicinius nonne coniniunicatio sangui/tis C/iristi est ? Et panis queni franginius, nonne participatio corporis Doniini est-? Oui, c'est là le pain de vie, qui fortifie le cœur de l'homme ^. C'est là le vin qui ranime ses forces et qui renouvelle sa jeunesse.
David, malgré sa soif, ne voulait pas boire l'eau que ses soldats lui apportaient au péril de leur vie, de la citerne de Bethléem : « Non, dit-il, je croirais boire le sang de ces braves : Absit ut sanginnem istorvni viroruni blbani *. » Le prêtre boit le sang du Sauveur, parce que le Sauveur même le lui commande : Acciplte et bi~ bite ''.
Ranimé |)ar sa vertu, il se relève avec un courage nouveau. Il sent qu'il est plus fort que le monde, qu'il porte le royaume du ciel en son cœur, que le Seigneur est avec lui ^ , et il se dit comme le Psalmiste : Doniinus
1. III Reg., XIX, 7. Pauis corporis Christi confortât nos in bouo operu quadraginta diebus et quadraginta noctibiis, id est toto tempore praesentis pœnilentia." , usque ad montem Dei , id est quoad usque veaiamus ad altitudiaem securitatis et salietatcm ciclestis gloriic. (S. Th., Opusc, Lvui, 22.)
2. I Cor., X, 16. Le calice de bénédiction était, chez les Juifs, la dernière coupe qu'on vidait à la Cène pascale. Elle rappelait la délivrance de la captivité d'Egypte et annonçait la fin de la tyrannie de Satan.
3. Ps. cm, 15. Cf. Joan., vi, 48, 51. — 4. I Parall., xi, 18, 19. 5. Missal. Major est qui iu vobis qui in mundo. (I Joan,, iv, 4.)