‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 201 sur 247 · II Cor., IV · texte numérisé non relu

II Cor., IV

•2. II Cor., I, 5.

3. Dominus régit me, et nihil mihi deerit. Parasti in conspectu meo mensam adversus eos qui tribulant me. (Ps. xxii. G.) Sapientia œdificavit sibi domum; immolavit victimas ; miscuit vinum et proposuit mensam suam ; et insipientibus locuta est : Yenite, comedite panem meum et bibite vinum quod miscui vobis. Ambulate per vias justitiae. (Prov., IX, 2-6.)

FRUITS DU niVIN SACRIFICE 385

mortificarmir tota die ; sed in lus omnibus superamus propter euni qui dilcxit nos * .

Voilà pourquoi il y a toujours eu et il y aura toujours dans l'Eglise, des prêtres, des religieux, des missionnaires, des chrétiens généreux, prêts à tout entreprendre et à tout endurer pour Dieu ; regardant sans envie la fortune des gens du monde, le bien-être de leurs anciens condisciples, leur famille, leurs honneurs, leurs succès, et n'éprouvant au fond du cœur qu'un seul désir et qu'un seul regret : le désir de répondre au dévouement du Sauveur par un dévouement digne de lui, et le regret de ne pouvoir aimer davantage et servir plus parfaitement un Maître qui les honore de tant d'amour et qui les comble de tant de grâces ^.

Ah ! s'ils n'avaient pas le saint autel, la Table eucharistique, le divin Tabernacle, s'ils n'avaient pas sous les yeux au saint Sacrifice leur Sauveur et leur Dieu, s'ils ne sentaient pas en eux sa présence et sa vertu, que leurs sentiments seraient différents ! Combien ils auraient moins d'ardeur dans leurs travaux, moins de confiance dans leur ministère, moins d'énergie et de fermeté dans leurs épreuves ! Qu'ils se trouveraient faibles et isolés au milieu du monde^! Où iraient-ils chercher la lumière et la force dont ils ont besoin ? De quel côté

1. Rom., VIII, 35, 37. Ubi amatur non laboratur ; aut si laboratur, labor amatur. (S. Atig. )

2. Regnum mundi et omnem ornatum saîculi contempsi propter amorem Domini noslri Jesu Christi, quem vidi, qucm amavi, in qucm credidi, qucm diloxi. (Brev., 0/f. SS. MuUerum, Rcsp. ult.)

'A. Nisi quia Dominus erat in nobis, dicat nunc Israël, nisi quia Dominus erat in nobis, cum exsurgorent homines in nos, forte vivos déglutissent nos ; cum irasccretur furor eorum in nos, forsitan aqua absorbuisset nos. (Ps. cxxiii, 1-4.)

tourneraient-ils les yeux quandl'ennemi leur dirait: Où est ton Dieu ? quand il les poursuivrait en criant : Evge ! Evge^ .'.., Mais hélas ! s'il n'y avait plus d'autel, de tabernacle, de table sainte, comment pourrait-il y avoir encore des prêtres sur la terre ?

L'Eucharistie est donc le trésor du prêtre. L'aulel, la sainte Hostie, le divin Sacrifice, voilà l'objet de son amour, les délices de son âme et le centre de sa vie.

Dès sa première jeunesse, c'est là ce qui charmait et attirait son cœur : Introïbo ad altare Dei-, « Je serai prêtre un jour, je monterai au saint autel. » C'est pour mériter cet honneur et obtenir cette grâce qu'il s'appliquait à éviter le péché et à sanctifier son âme ■; car il entendait l'Esprit-Saint lui répéter souvent : Qids as-cendet in montem Domuii, aut quis stahit in loco sancto ejus ? Innocens manibiis et mundo corde. Le désir de la perfection allumait dans son cœur l'ardeur de la prière. Il suppliait le divin Maître de l'animer de son esprit et de faire régner en lui ses vertus. Il demandait à l'Esprit-Saint ses lumières et sa grâce : Emitte lucem tuani et veritateni tuam. Et introïbo ad altare Dei, ad Deutn qui Isetificat juventutem meam^. Dans l'ardeur qu'il avait de monter à l'autel, les jours lui semblaient couler bien lentement. Il eût voulu en hâter le cours et prévenir les années : Quando veniam, se disait-il, et apparebo iisque

J. Ps. XXIV, 21, 23. — 2. Ps. XXIII, . — 3. Ps. XLll, 3, 4.

ad domain Dei ' .'' Mais quand il pensait à la sublimité du sacerdoce et à la sainteté du divin Sacrifice, les jours lui semblaient trop courts et il eût voulu plus de temps pour se former aux vertus dont il sentait le besoin : Videbantur illipauci diesprx amore illcus^^. Aussi quelle joie j)Our son cœur quand l'Eglise lui ouvrit les rangs de ses ministres et les portes de son sanctuaire ! Quels transports lorsque le Pontife, jugeant sa préparation suffisante, l'appela à l'autel et lui dit, en lui mettant dans les mains la matière du Sacrifice : Accipe potestatem sacrificiuin ofjerre Deo ! Combien de fois et avec quelles délices son cœur répéta la parole de Dieu : Calieem salularis accipiam ^ ... Et calix meus inebrlans quant prxclarus est ^ .'

Les joies de la première communion peuvent donner aux fidèles une idée des délices que Dieu a coutume de faire goûter au prêtre la première fois qu'il monte à l'autel ; mais qui dira quelle mesure de grâces vaut à un ministre fidèle l'avantage qu'il a de renouveler cette première Messe chaque matin pendant toute la durée de sa vie ? Car s'il persévère dans sa ferveur, si sa foi conserve son ardeur, s'il ne cesse pas de veiller à la pureté de son âme, Notre-Seigneur ne fera qu'accroître

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