‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 207 sur 247 · I. — SAIXT PIERRK d'aLCANTARA, FRANCISCAIX · texte numérisé non relu

I. — SAIXT PIERRK d'aLCANTARA, FRANCISCAIX

Au jugement de sainte Thérèse, qui l'a connu et plus d'une fois consulté, peu de saints ont mené une vie aussi intérieure et reçu de si grandes grâces. Son amour pour Notre-Seigneur et sa dévotion au mystère de la Passion étaient ineffables : aussi ne saurait-on imaginer avec quelle piété il célébrait les divins Mystères, et quel recueillement, quelle vivacité de foi, quelle ardeur de charité il portait à l'autel. Les faveurs que ces vertus lui attiraient touchaient tellement les fidèles qu'ils accouraient en foule pour en être témoins dans les églises 011 il devait célébrer.

En allant à la sacristie, il se transportait en esprit au Prétoire, disent ses historiens ; et le souvenir de la Passion le pénétrait tellement que les ornements dont il se revêtait étaient à ses yeux comme les vêtements de la divine Victime. Absorbé par cette idée, il se rendait à l'autel dans les mêmes sentiments qu'au Calvaire; et là, embrassant du regard le monde entier, il offrait le saint Sacrifice en union avec le Sauveur, et il priait Dieu de tout son cœur de recevoir la divine Hostie pour le salut de tous. Dès ses premières paroles, sa dévotion touchait toute l'assistance. Quand il lisait l'Evangile et surtout ((uand il proférait le nom de Jésus, l'ardeur de son cœur était si grande que des soupirs s'échappaient de sa poitrine et des larmes de ses yeux. Au Canon, son visage paraissait tout en feu. Plus il approchait de l'Elévation, plus son émotion était vive. Quelquefois il était forcé de suspendre ses prières et de s'arrêter. Après la Consé-

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cralion, on ne pouvait se lasser de le contempler, le corps immobile, la figure enflammée, les yeux tellement attentifs et animés qu'ils semblaient voir à découvert le mystère adorable caché sous les Espèces sacrées. Souvent il perdait tout sentiment, et, malgré sa résistance, il était ravi et élevé en Tair à la hauteur de plusieurs coudées. Revenu à lui, il poursuivait et récitait le Pater avec beaucoup de soupirs et de larmes. Puis, après la Communion, son ravissement et son immobilité recommençaient.

Rien ne le rendait plus confus que ces faveurs extraordinaires et les témoignages d'admiration qu'elles lui attiraient. Aussi évitait-il autant qu'il pouvait de célébrer en public. Mais Notre-Seigneur se plaisait à manifester l'amour qu'il avait pour lui. Un jour que les Bénédictines d'Avila l'avaient prié de venir dire la Messe dans leur chapelle pour une religieuse malade, toute la communauté le vit élevé de terre et suspendu en l'air devant l'autel pendant trois heures entières ; après quoi il revint à lui et acheva le saint Sacrifice avec le même recueillement qu'auparavant, au milieu de l'assistance qui fondait en larmes. La Messe terminée, il supplia les religieuses de rendre grâce à Dieu des bontés qu'il daignait avoir pour une créature si indigne. D'ordinaire, il se hâtait de quitter ses ornements et de sortir de l'église pour regagner sa cellule. Là, il jouissait en paix du divin Hôte qui l'était venu visiter, et comme il avait toute liberté pour lui rendre ses actions de grâces, on l'entendait exhaler son amour par des soupirs et des cris perçants qui ])énétraient les cœurs.

Ainsi s explique ce qu'ont attesté tous ceux qui lont connu : qu'il fit plus de conversions par la célébration

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du saint Sacrifice que tous les prédicateurs de sa province par leurs sermons, et ce qu'on lit dans sa Vie, qu'un grand nombre de ceux qui l'avaient vu à l'autel demandaient comme une faveur de lui confesser leurs fautes et de recevoir ses avis.

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