‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 208 sur 247 · II. — S.\INT LOUIS BERTRAND, DOMIMC^UN · texte numérisé non relu

II. — S.\INT LOUIS BERTRAND, DOMIMC^UN

Saint Louis Bertrand, arrière-neveu de saint Vincent Ferrier, et célèbre comme lui par ses prédications, estimait infiniment la faveur que Dieu lui avait faite en l'appelant au sacerdoce. Il regardait la fête de Noël comme la plus belle de Tannée, parce qu'il lui était donné ce jour-là de dire la Messe trois fois. Tous les matins, il se confessait, afin de porter au saint Sacrifice une conscience plus pure. Jamais il ne levait l'hostie ni le calice, après la Consécration, sans demander à Notre-Seigneur de verser son sang pour son service et pour le salut des pécheurs. « Seigneur, disait-il, faites-moi la grâce de mourir pour vous, comme vous êtes mort pour moi. » Rien ne touchait plus vivement les fidèles que les larmes qu'ils voyaient couler de ses yeux depuis l'Elévation jusqu'à la Communion; car il ne pouvait cacher sa dévotion, et la ferveur qu'excitait dans son âme la vue des saints Mystères rejaillissait sur son extérieur. Souvent on l'a vu, pendant qu'il tenait la sainte Hostie, environné d'une lumière surnaturelle, resplendissant comme le soleil et remplissant l'église d'une céleste clarté. Notre-Seigneur montrait ainsi qu'il faisait pour lui ce qu'il dit avoir fait pour ses apôtres, à la dernière Cène : Claritatcin (juani dedistl mi/ii, dedi eis. La divine Hostie

était la joie de son cœur comme la gloire de sa vie. Dans ses dernières années, les médecins voulant le guérir de sa surdité lui avaient ordonné de prendre une potion chaque jour de grand matin. Il se conformait à leur prescription, mais après avoir offert le saint Sacrifice. Et comme on lui représentait que le remède, n'étant pas pris à jeun, ne produirait pas son effet : « Ne vaut-il pas mieux, répondait-il, laisser périr le corps que d'enlever à l'âme l'aliment qui la fait vivre pour l'éternité ? » Une petite amélioration étant survenue dans sa dernière maladie, il voulut en profiter pour monter encore une fois à l'autel. L'iniirmier, pour l'en dissuader, lui représenta que ce serait exposer sa vie; mais le saint lui répondit : « Ne craignez rien, mon frère : les sacrements de l'Eglise ne donnent la mort à personne. »

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