OFFERTOIRE
OBLATIO>' DE L HOSTIE
Suscipe, sancte Pater ^, omnipotens, aîterneDeus, hanc immaculatam Hostiam" quam ego indlgnus lamulus tuus offero tibi Dco mec vivo et vero', pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus, etncgli-
o-entiis meis^, et pro omnibus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis vivis atque defunctis ^ : ut mihi et illis proficiat ad salutem, in vitam aeternam. Amen^'^.
1. Cette partie, où commence la Messe des fidèles, rappelle la Passion du Sauveur, par laquelle se termina sa prédication. Avant de consommer son sacrifice par son immolation, Notre-Seigneur renouvela hautement l'ofïrande qu'il avait faite de lui-même à son Père pour être noti'e victime. Supra, p. 265.
2. Le prêtre invite les fidèles à s'unir à Notre-Seigneur, comme lui-même va le faire dans les prières qui suivent.
3. L'Offertoire est une antienne, destinée d'abord à être chantée par le chœur tandis que le peuple apportait ses offrandes. Quand elle se trouvait trop courte^ on la répétait en partie, comme on fait encore aux Messes des défunts. Par sa signification, cette antienne est d'ordinaire en rapport avec l'Introït. Aux fêtes des saints, elle signale les principales grâces qu'ils ont reçues, avec le désir que nous avons d'y avoir part et de nous attacher à Dieu à leur exemple. Autrefois cet Offertoire était précédé d'une ou de plusieurs oraisons. C'est ce qui explique le mot Oremus après Dominus vobiscum.
4. L'oblation du pain et du vin rappelle celle qui se faisait de la victime à l'entrée du temple, à Jérusalem.
5. Sancte Pater : entendez la sainte Trinité, considérée dans le Père, d'où procèdent les deux autres personnes, comme à l'Oraison dominicale. Cette prière est du huitième siècle.
6. Hostiam : Jésus-Christ, l'Agneau divin, seule hostie digne de Dieu, qu'on considère dès à présent sur l'autel, où il prendra bientôt la place du pain et du vin. S'il n'y est pas encore, il n'en est pas moins, dès à présent, en état de Victime et en esprit de Sacrifice. Il ne cesse pas de s'offrir à
son Père; et comme il s'offre toujours sans aucune réserve, il offre, avec sa nature humaine, tout ce qui lui appartient, à commencer par son Eglise et ses ministres; et il les offre pour toutes les fins, tous les sacrifices et toutes les immolations que la gloire de son Père peut demander. Le prêtre doit entrer dans ces sentiments de Notre-Seigneur; par conséquent s'offrir et se donner lui-même de tout son cœur, sans rien réserver, pas même sa vie ni son sang. Le pain et le vin qu'il a dans les mains doivent l'y faire penser; car étant la base de notre alimentation, ils forment en quelque sorte notre substance et notre vie corporelles. Qu'il joigne donc en esprit son corps et son âme à la matière du Sacrifice. Qu'il demande à Dieu d'être détruit comme le pain et le vin, et changé en une hostie pure et sainte, qui soit animée de l'esprit du Sauveur et qui participe à ses hommages envers son Père.
7. Deo vivo etvero .'par opposition aux idoles et aux fausses divinités : Non colo idola manufacta, sed viventem Deuni, qui crcavit ccelum et terrain. (Dan., xiv, 16.)
8. Peccala, péchés délibérés; offensiones, fautes de surprise et de fragilité ; negligentix, défauts qui se glissent dans nos bonnes œuvres et en diminuent le mérite. Au Suscipe, sanctc Pater, le sacrifice est présenté comme propitiatoire : au Suspice, sancta Trinitas, il le sera comme euchaiùstique.
9. Pro omnibus : la valeur du divin Sacrifice est infinie, et les fruits en sont par eux-mêmes illimités.
10. Le signe de la croix, que le prêtre fait ici avec l'Hostie, représente le Sauveur s'étendant, pour être immolé sur le bois de la croix.