IV*^ PARTIE DE LA MESSE. — DE LA COMMUNION A LA FIN
f . Pax -|- Domini sit -|- semper vobis j- cum ^. rçl . Et cum spiritu tuo.
Haec commixtio et consecratio Corporis et Sanguinis Domini nostri Jesu Christi ^, fiât accipientibus nobis in vitani oeternam. Amen.
Puis s'inclinant profondément et se frappant la poitrine, le prêtre dit :
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi*, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.
Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, doua nobis pacem.
Domine Jesu Cliriste ^, qui dixisti apostolis tuis : Pacem relinquo vobis, pacem meam do vobis, ne respicias peccata mea, sed fidem Ecclesiae tuœ : eamque secundum voluntatem tuam pacificare et coadunare digneris. Qui vivis et régnas Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.
Domine Jesu Christe, Filii Dei vivi, qui ex voluntate Patris, coopérante Spiritu sancto, per mortem tuam mundum vivificasti, libéra me per hoc sacrosanctum Corpus et Sanguinem tuum ab omnibus iniquitatibus meis et univcrsis malis : et fac me tuis semper inhœrere mandatis, et a te nun-
quam separari permittas®. Qui cum eodem Deo Pâtre et Spuitu sancto vivis et rcguas Deus in saicula sœculorum. Amen.
Perceptio Corporis tui, Domine Jesu Christe, quod ego indignas siimere pr.TSumo, non mihi proveniat in judicium et condemnationem ^; sed pro tua pietate prosit mihi ad tutamcntum mentis et corporis, et ad medclam percipiendam : Qui vivis et régnas cum Deo Pâtre in unitate Spiritus sancti Deus, per omnia sa'cula soeculorum. Amen.
1. Le prèlre commence ici sa préparaliou prochaine à la communion. Cette dernière partie de la Messe correspond aux mystères glorieux de la Résurrection et de l'Ascension et aux temps qui ont suivi. Les premières cérémonies et les premières prières rappellent la réunion de l'âme et du corps du Sauveur : la communion rappelle son départ de ce monde et son retour dans le sein de sou Père.
2. Le mot pax a le même sens sur les lèvres du prêtre que sur celles du Sauveur ressuscité. Il suppose le calme de la conscience fondé sur une union parfaite avec Dieu et avec le prochain. En faisant ce souhait aux fidèles, le prêtre fait trois signes de croix avec la particule de l'Hostie, pour dire que nous devons cette triple paix à l'immolation du Sauveur.
3. Coinmixlio et consecratio : ces mots expliquent la cérémonie que fait le prêtre en laissant tomber dans le calice une particule de l'Hostie. Le rite rappelle la réunion qui s'opéra à la Résurrection, de la chair, du sang et de l'àme du Sauveur; car non seulement son âme reprit possession de son corps, mais son sang rentra dans ses veines et se remit en mouvement. IJxc commixlio corporis et .saiiguinis, pour coinmixtio specieritm euchnvislicarum. ,. ; ainsi Xotre-
Seigneur dit qu'une personne l'a touché, quoiqu'elle n'eût touché que son vêlement. — Consecratio corporis, pour corpus consecratum.
4. Paroles du Précurseur, qu'il faudrait dire avec la même humilité, la même religion et la même reconnaissance que lui. Le prêtre les répète trois fois pour s'en pénétrer davantage ; à la troisième, il ne demande pas seulement la miséricorde de Dieu : il demande sa paix, dont la communion est le gage. « Ce fut durant un schisme, dit Innocent III, que l'Eglise de Rome a donné au troisième Agnus Dei cette terminaison particulière. Qui tollit, non qui tulit ut quotidie id tollere intelligatur , Non quotidie crucifige' tur. Unum enim pro peccatis ohtulit saoificium sed semper pev illud nos perficit. (S. Chrys., In Joann.^ Hom. xvii.)
5. Les trois Oraisons qui suivent s'adressent à Notre- Seigneur, considéré au Ciel comme l'Agneau divin, comme la grande victime de la gloire et de la justice de son père. Elles ont jdIus de mille ans d'antiquité et respirent la plus ardente piété. Dans la première, le prêtre prie pour l'Eglise et demande l'union de tous ses membres ; dans les deux autres, il prie pour lui-même : il demande la persévérance dans la grâce, fruit le plus précieux d'une sainte communion.
6. On lit dans la Vie du docte et pieux Lessius qu'il ne récitait jamais à l'autel la seconde de ces oraisons : Domine Jesu Christe, et surtout ces mots : a te nunquam separari permittas, sans un vif sentiment de dévotion. In veritate coviperi nihil esse œque efjtcax ad gratiani promerendam, retinendam, recuperandain^ dit l'auteur de l'Imitation après saint Bernard, quant si inveniaris coram Deo omni tempore non altum sapere, sed timere. (In Cant., liv, 9.)
7. Remarquer l'allusion aux paroles de l'Apôtre sur la communion indigne. (I Cor., xi, 27-30.) Ne serait-ce pas une chose terrible d'abuser du corps et du sang du Sauveur? Et n'aurait-on pas lieu de craindre ce malheur, si
prenant chaque jour une nourriture divine, on s'obstinait à mener une vie terrestre et charnelle ?
Ici lo prêtre, ayant fait la gcuullexion, prend la patène et l'Hostie coiisacrco, et dit :
Panem cœlestein accipiani *, et nonien Domini invocabo ^.
Puis, trois fois, on se frappant la poitrine :
Domine, non sum digiuis ut intres sub tectum nieiim, sed tantum die verbo, et sanabitur anima mea ^.
Et, en faisant le signe de la croix avec l'Hostie :
Corpus Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam *. Amen.
Ensuite, venant à la communion du sang, il dit :
Quid retribuam Domino pro omnibus quœ retribuit niihi ■'' ?
Calicem salutaris aceipiam, et nomen Domini invocabo. Laudans invocabo Dominum, et ab inimicis meis salvus ero ^.
Et, après avoir fait un signe do croix avec le calice :
Sanguis Domini nostri Jesu Christi custodiat animam meam in vitam aeternam ''. Amen.
1. Imité du Psaume cxv, 13. Panem cœlestem aceipiam : expression d'un vif et pieux désir de s'unir à Notre-Seigneur par son sacrement. Pour profiter de cette grâce, il faut l'apprécier et la désirer : Beati qui esiiriunt! (Matth., v, 6.) Edcnt pauperes et saturai untur. (Ps. xxi, 27.)
48i ORDINAIRE DE LA MESSE
2. Et nomen Domiiii invocaho : intention qu'il faut avoir pour profiter de l'Eucharistie. N'y point chercher la consolation de DieUj mais le Dieu des consolations^ et la force dont on a besoin pour le bien servir.
3. Témoignage de foi et d'humilité qui fut l'objet de l'admiration du Sauveur (Matth., viii, 8), et que l'Eglise fait répéter trois fois au prêtre comme au fidèle avant la communion. Origène mentionne déjà cet usage.
4. Le corps du Sauveur nous est donné comme viatique du salut et comme gage de la vie éternelle. Penser, en le recevant, qu'il descend en notre cœur, comme une hostie immolée, mais pour en sortir glorieux et animé d'une vie nouvelle. C'est le froment des élus qui vient mourir en nous pour y croître et y perler des fruits. ( Joan., xii, 24 ; XV, 5. )
5. Le don du Sauveur est le don suprême : il renferme tous les dons : Quoiiiodo non etiam cum illo oninia nohis donavit? (Rom., viu, 32.)
6. Paroles prophétiques du Psaume xv, 13. Caliceui saliitaris : la coupe qui contient le Sauveur et le salut. Le don que nous avons reçu est tel qu'un Dieu seul en peut rendre de dignes actions de grâces. — Invocaho : Saint Augustin dit : Quid est invocare, nisi vocare in sel'
7. Le prêtre répète : Custodiat in vitani êeternam. Que ce sang, mieux que celui, de l'Agneau pascal qui n'était appliqué qu'au dehors, préserve mon âme du glaive exterminateur et me conduise en la terre des vivants : grâce suprême à laquelle il faut tout rapporter.
Après la première ablution, le prêtre dit :
Quod ore sumpsimus, Domine, pura mente caplamus : et cle munere temporall fiât nobis remedium sempiternum i.
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Et on so purifiiint les iloigls dans le calice, il ajoute :
Corpus tiuim, Domine, quocl siimpsi, et Sanguis quem potavi, adh.Ti-eat viscerlbus meis ~ : et pr.npsta ut iu me non remaneat scclcrum macula, quem pura et sancta refecerunt Sacramenta^. Qui vivis et reonas in srecula sneculorum. Amen.
Dominus vobiscum. r). Et cum spiritu tuo ^.
POSTCOIMiMUNION''
Dominus vobiscum. ^. Et cum spiritu tuo. Ite, missa est'', f^. Dco gratias, Placeat tibi, sancta Trinitas obsequium servitutis me.T ^, etc.
Et, après avoir baisé l'autel :
Benedicat vos omnipotens Deus, j Pater, et Filius, et Spiritus Sanctus^. Oj. Amen.
1. Môme vœu en d'autres ternies, le seul qui convienne en cette circonstance. La communion est une grâce passagère, mais qui doit avoir des effets durables. Ces paroles et celles qui suivent se lisent dans tous les Missels, même les plus anciens.
2. Adiucreat. Nombre singulier comme dans le grec, exprimant bien l'unité du composé humain.
3. Conserver avec soin les grâces qu'on a reçues est le moyen d'en mériter de nouvelles. Remarquer le mot sceleriim macula. Plus les saints prêtres sont pénétrés de l'obligation qu'ils ont d'être purs, plus ils sont portés à regarder leurs moindres fautes comme de grands crimes. Ils ne craignent jamais de parler d'eux en termes trop humbles.
4. L'antienne nommée Communion est ordinairement tirée du Psautier, comme l'Offertoire dont elle est la contrepartie. Dans celle-ci, le prêtre se donne à Dieu; dans cellelà il remercie Dieu de s'être donné à lui. Il n'y a plus lieu, après la Communion, qu'à la reconnaissance et à la joie.
5. Ces mots ont un sens plus précis et plus touchant en ce moment où le prêtre vient de recevoir Notre-Seigneur.
6. Oraison pour remercier Dieu des grâces qu'on a reçues et pour demander qu'elles produisent leurs fruits. Tota Missse celebratio in gratiarum actione terminatur. (S. Th., p. 3, q. 83, a. 4.)
7. Formule antique dont on se servait pour congédier les assemblées et à laquelle l'Eglise a donné un sens particulier, en l'appropriant au saint Sacrifice. Aux jours de férié, on la remplace par une simple invitation à louer le Seigneur.
8. Dernière Oraison dans laquelle le prêtre résume toutes les autres. Que son infirmité personnelle ne nuise pas à son ministère et que le Seigneur agrée toutes les prières qu'il lui a faites au nom de son Fils.
9. Après avoir pris lui-même la bénédiction de Notre- Seigneur en baisant l'autel, le célébrant lève les yeux au ciel, comme pour dire qu'il n'appartient qu'au Pontife éternel, assis à la droite de Dieu, de bénir les enfants de Dieu; puis, comme son ministre et son représentant dans le sacerdoce, il prononce les paroles de la bénédiction sur les fidèles présents, en leur appliquant les mérites de la croix du Sauveur et le fruit de ses mystères. (Cf. Lev., ix, 22; Luc, XXIV, 51.)
y . Dominus vobiscum. i^. Et cum spiritu tuo. y . Initium sancti Evangelii secundum Joannem. ]^. Gloriam tibi, Domine.
COMMEXTAIRE ABRÉGK 487
In principio erat Verbum ', etc.
1, Sommaire de l'Evangile do saint Jean. Il rappelle au prêtre ce qu'était avant l'Incarnation le Verbe fait chair qu'il vient de consacrer, d'offrir et de recevoir, ce qu'il sera éternellement au ciel, le but qu'il s'est proposé en venant sur la terre, la grâce qu'il nous a méritée par son Sacrifice, ce qu'il exige de nous pour nous donner part à son royaume et à sa gloire. On ne devrait jamais réciter cet Evangile sans la plus religieuse attention, et il faudrait en avoir médité et approfondi à loisir tous les versets. Rien de plus propre à donner une haute idée des divins Mystères. Rien qui fasse mieux sentir l'obligation de les célébrer saintement et d'en conserver le fruit.
IN OMNIBUS HONORIFICETUR