‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 3 sur 247 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Ce ne serait pas avoir une juste idée du sacrifice du Sauveur, ni être en état d'en ap[)récier la valeur, que de le considérer comme un simple élément du culte divin, comme un rite religieux qui ne se distinguerait des autres rites que par une plus grande solennité, ou comme un genre de sacrifice, supérieur sans doute à tout autre en dignité et en vertu^ mais au fond semblable à ceux qui ont été de tout temps en usage parmi les hommes, afin de rendre à Dieu certains devoirs ou d'en obtenir certaines grâces.

Pour en comprendre l'excellence, il faut voir dans ce Sacriûce une institution hors ligne, l'abrégé de toute la religion, la forme capitale et essentielle du culte positif, le vrai lien qui unit d'une manière assurée la terre au ciel et le ciel à la terre, le principe de toute gloire j)Our Dieu, la source de toute bénédiction pour l'homme. Il faut le regarder, non seulement comme le plus excellent des sacrifices, mais comme le sacrifice unique, seul parfait, seul efficace, seul digne de la grandeur et de la sainteté suprême : sacrifice permanent, qui

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a commencé à l'origine du monde et qui se perpétue dans la suite des siècles, sacrifice universel, par lequel tous les enfants de Dieu offrent à leur Père commun l'hommage de leurs adorations, de leurs actions de grâces, de leurs expiations et de leurs prières. Ayant pour prêtre et pour victime le Fils de Dieu fait homme, ce sacrifice participe à toutes les prérogatives de cette divine personne. Comme il n'y a qu'un Homme-Dieu, égal à Dieu, il ne peut y avoir qu'un sacrifice divin en proportion avec Dieu. Comme le Verbe fait chair est l'objet de toutes les complaisances de son Père, son sacrifice est l'objet de toutes les bénédictions. Comme Jésus-Christ est le chef du genre humain régénéré, que nul ne peut ni honorer, ni invoquer dignement le Seigneur que par lui, aucun homme ne saurait intercéder efficacement auprès de la Majesté divine que par le mérite de son sacrifice et par la vertu de son sang. Enfin, comme il n'y a aucun autre nom, au ciel ni sur la terre, capable de nous justifier et de nous faire parvenir au salut, il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'autre sacrifice ni d'autre acte religieux, qui ait eu ou qui puisse avoir, en soi-même et en dehors de lui, la vertu de sanctifier qui que ce soit ou de le rendre digne de la vie éternelle * .

Quand nous disons que ce sacrifice a commencé dès l'origine du monde, nous n'entendons pas qu'il ait été célébré dès lors comme il l'est aujourd'hui. Désigné à la foi de nos premiers parents et représenté d'abord

1. Quemadniodum statutum est hominibus semel mori, sic et Christus semel oblalus est ad multorum exhaurienda peccata. (Heb., ix, 27, 28.) Una enim oblalionc consummavit in sempiternuin sanctifîcatos. (X, 14.)

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par de grossières ébauches, figuré ensuite d'une manière authentique, et avec plus de netteté dans le culte mosaïque, il s'est réalisé visiblement dans la vie de rilomme-Dieu, pour se perpétuer ici-bas dans le mystère eucharistique et se consommer à jamais dans la gloire du ciel. Nous pouvons donc distinguer dans le sacrifice du Sauveur, comme dans son existence et dans son règne, trois phases ou états successifs : le temps de l'attente et du présage, l'heure de l'événement ou de la réalité, l'âge de l'achèvement ou de la consommation.

Ainsi l'influence du divin Sacrifice a devancé son accomplissement, et ses effets sont de tous les temps, comme de tous les lieux.

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