‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 69 sur 247 · DU PRÊTRE QUI CÉLÈBRE LE DIVIN SACRIFICE · texte numérisé non relu

DU PRÊTRE QUI CÉLÈBRE LE DIVIN SACRIFICE

Un sacrifice divin, qui a pour victime un Homme- Dieu, doit avoir ausi un Homme-Dieu pour prêtre, soit parce qu'une simple créature ne peut naturellement posséder d'autorité ni exercer de pouvoir que sur des créatures, soit parce qu'un sacrifice ne saurait avoir toute sa valeur, si la victime ne s'offre spontanément, si elle ne se sacrifie elle-même, avec la conscience et le sentiment de son immolation. Aussi est-ce Jésus-Christ même qui s'est offert à son Père sur le Calvaire et qui s'offre encore aujourd'hui sur nos autels : Est victima sacerdotd sui et sacerdos susc vlctlmse ' .

A la croix, les juifs qui avaient obtenu sa condamnation, les juges qui l'avaient livré au supplice, les bourreaux qui le crucifiaient, n'étaient que les instruments de sa providence et les exécuteurs inconscients de ses décrets. Nul d'entre eux ne pensait offrir un sacrifice ; nul ne voyait une victime dans celui qu'ils immolaient ; nul ne pouvait lui faire soulfrir que ce que lui-même avait de son plein gré résolu d'endurer. Il s'était mis entre leurs mains ; et quand il expira, c'est lui-même

l.Ipsecst hoslia siniul et sacerdos : hostia secuudiini carneni, sacerdos aiitem secundum spiritum. (S. Aug.,5erm. clv, 2. App.) Secundum hominem ChrisUis et Rex et Sacerdos effectus est. (Id., Decons. evang. i, 3.)

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qui renonça à la vie et qui remit librement son âme à son Père *. A l'autel, c'est lui encore qui change le pain et le vin en son corps et en son sang, qui s'offre avec tous ses membres à la Majesté divine, qui s'abaisse et qui s'anéantit pour l'adorer. Quel autre qu'un Homme- Dieu pourrait opérer de semblables merveilles, faire au Seigneur une pareille offrande et lui rendre un tel hommage ? Ainsi, comme il n'est qu'une victime digne de Dieu, il n'y a qu'un prêtre capable par lui-même de le lui offrir : le Fils de Dieu fait homme, prêtre éternel, suivant l'oracle de Dieu même : Sacerdos in seternum'^, prêtre catholique, personnifiant dans sa personne l'Église universelle, suivant le mot de Tertullien : CathoUcus Dei sacerdos ^.

Mais Notre-Seigneur ayant voulu que son sacrifice fût reproduit et perpétué dans son Eglise, en ayant fait un rite sacré, le rite principal du culte divin, il fallait que tous les éléments de ce sacrifice fussent rendus visibles, et que lui-même fût représenté aux yeux des fidèles, comme prêtre aussi bien que comme victime. Aussi, après avoir dit au Cénacle en montrant le pain et le vin : « Ceci est mon corps, » « Ceci est mon sang, » ajoute-t-il en s'adressant aux apôtres : « Faites ceci en mémoire de moi. C'est vous qui exercerez désormais mon sacerdoce sur la terre ; c'est vous qui parlerez et qui agirez pour moi à l'autel, comme vous m'avez vu parler et agir. »

1. Nul évangéliste ne dit simplement que Jésus-Christ mourut. Le terme dont chacun se sert indique un trépas volontaire, un sacrifice.

2. Ps. cix, 4. Tanta est dignitas sacerdotalis ut ea subliraari volucrit Filium suum divinus Pater. (Conc. Trid.)

3. Adv. Marcion., 9. Cf. Mat., vil, 24; S. Thom., p. 3, q. G3, a. C.

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