‹ Du Divorce dans la synagogueChapitre 22 sur 22 · FACE · texte numérisé non relu

FACE

Les jeunes juifs nobles emmenés captifs à Babylone , que Nabuchodonosor destina au service de son palais , reçurent tous des noms cbaldécns. C’ est ainsi que Daniel , Ananias, Misaèl et Azarias furent appelés : Baltassar , Sidrach , Misach) Abdenago (a) . Dès lors un très-grand nombre de Juifs , uniquement pour complaire au Prince , échangèrent leurs noms hébreux contre des noms chaldéens.

Napoléon qui rêvait la fusion des juifs avec les autres Français de son Empire , leur prescrivit, par le fameux décret de 1806 , de prendre des noms de famille. Auparavant la plupart d’entr’eux, selon r usage de la synagogue du rit allemand , joignaient chacun son prénom à celui de. son père: Isaac-Abraham; Jacob-lsaac, etc. Le motif apparent de cette disposition du décret impérial, était de pré-

(a) Daii. 17.-'

<4^.DtgiIizcK]<k^oog1c

Notes

ai3

venir les fraudes que les juifs commettaient au moyen de la confusion qui naissait de ces noms, dont un grand nombre se ressemblaient en T absence de tout nom de famille.

Note P.

Cet accident devrait être plutôt un motif de gar* der sa femme. C* est ce qu’ observe judicieusement le célèbre et docte Théologien Licbermann , Vicaire-Général de Strasbourg «.

Item , si uxor usum linguae amisisset ; quod certè^magis retinendi causa fuisset ».

Institutiones thcologicac T. 5. p. 384* Moguntiae i836.

Note Q.

Dans le Synode juif de Worms , tenu en io3o sous la présidence de Rabbi Ghcrschon et dont je parlerai plus bas , troisième partie , la polygamie fut interdite aux Israélites, sous peine d’excommunication.

Ifoies

La célébration de ce synode précéda de centncuf ans la naissance de Maïmonidcs ; mais ses constitutions ne furent pas reçues en Orient oii ce rabbin a écrit la plus grande partie de ses commentaires sur la miscbna . Voyez la somme ihéologique de Joseph-Karo , quatrième partie , art. I. §. 10 . Voyez aussi la note de la page i8. de ma dissertation sur 1’ invocation des Saints dans la synagogue , article premier ; et les Annales de philosophie chrétienne, de M. Bonnctty, tome XIV.

En occident même , les juifs ne regardent pas cette irfterdictiou de la polygamie comme absolue et sans remède* Dans. le livre Col-ho , 13 b , sur lequel ils règlent leur conduite religieuse, on lit le passage suivant , fol. i34* col. i. num. ii6. « Et la „ défense, sous peine d’excommunication, de pren- ,, dre deux femmes , prononcée par R. Gherschon, ,, ne doit être levée que par une réunion de cent ,, hommes (a) pris dans trois communes juives de ,, trois pays différens ; comme par exemple , de ,, TAragon, de la Lombardie et de la France. Enco- ,, rc CCS hommes ne doivent-ils donner leur con- ,, sentement à cette' bigamie simultanée sans s’ê- „ tre convaincus qu* il y a un motif clair pour

(a) C. à d. rabbins.

Notes a I S

,, r autoriser ; et il faut de plus qu* ils soient ,, sûrs que le public en jugera de même :

Ce moyen est indiqué par d’autres théologiens de la synagogue. Voyez les annotations de Rabbi Samuel , sous le titre het-schemuel , sur la somme théol. de R. Jos. Karo , IV partie , art. i. $. lo. art. 119. §. 6. Mais au lieu de cent hommes ^ ils disent cent rahlins , ce qui est visiblement aussi r intention du Col-ho.

'■ Ici se dresse devant nous , comme un spectrè hideux , T infâme consultation de Luther par la~ quelle cet hérésiarque, ainsi que ses dignes confrères , Mélancton , Bucer ^ etc. accordèrent en i 53 y à Philippe , Landgrave de Hesse , une chose dit Bussuet , dont il n y avait point dC exemple parmi les chrétiens', ce fut d ’ avoir deux femmes à la fois (d). lis permirent à ce prince , marié légitimement à Christine de Saxe , de surépouser sa maîtresse , Catherine de Saal.

Cette pièce ne gagne pas à être mise en parallèle, meme avec la doctrine des rabbins.

(a) Hist des var. T. Vl. §. i.

Notes

1 . Les rabbins exigent au moins cent docteurs de la loi , qu’ il faut appeler de trois pays differens , ayant chacun un gouvernement séparé . De cette manière , ils comptent que ce tribunal d’ hommes graves offrira la garantie d’ une assemblée imposante et dont il sera difficile de corrompre la majorité.

La consultation de Vitemberg n’ était T oeuvre que de trois personnages d’une moralité violemment suspecte , et plus que suspecte , intéressés à retenir Philippe dans le parti de leur révolte religieuse* Ce prince dans son instruction à Buccr , avait insinué adroitement qu’il pouvait bien recourir au Pape , par l’entremise de 1’ Empereur. Voltaire (a), après un lire sérieux dont il accompagne la naïveté avec laquelle Philippe confesse son inconduite dans cette pièce, ajoute: « mais ce qui n’est pas si naïf , il fait sentir adroitement à ses docteurs que, s’ils be veulent pas lui donner la dispense dont il a besoin , il pourrait bien la demander au Pape ».

Outre cela , Philippe mettait sous leurs yeux un appas bien tentant pour des gens de leur caractère. « Mam quidquld me jusserint , dit-il , quod

(a) Essai sur les moeurs , cbap. i3o.

Noies 217

cliristianum et rectum sit (a) sive moMasterïorum BONÂ , seu alla concernant , ïbi me promptum reperient. ' ^

II. Les rabbins exigent des raisons graves , claires et incontestables , au point qu* on puisse présu* mer que le public approuvera la sentence des juges.

Les acteurs de la scandaleuse comédie de Vitemberg savaient si bien d’ avance que leur décision deviendrait T objet du blâme public , qu* ils en recommandèrent le secret/ « Judicamus id seeretô faciendum » {h).

« Ainsi , s’écrie Bossuet , le crime devient permis en. le cachant ! »

•Mais qu’ est-il besoin de citer ce grand Evêque de r église de France ? La décision de l’audacieux réformateur est si monstrueuse que meme le philosophe de Ferney la regardait comme passant les bornes de tout ce que la loi naturelle (c) pourrait permetti^. Apres avoir à V endroit déjà cité

(a) A la bonne heure ! Son Altesse les connaissait de force à demander ce qui n’ est ni cliristianum , ni rectum. (à) Consult. num. XXI.

(c) Bien entendu la loi naturelle selon Voltaire.

Noiet

avancé cette doctrine impie : « Il est des cas où r intérêt même des familles , et surtout T intérêt de r état , demandent qu* on épouse une seconde femme du vivant de la première , quand cette pre> mière ne peut donner un héritier nécessaire. La loi naturelle alors se joint au bien public Quelques lignes plus bas il ajoute : « Luther alla heau- ,, coup plus loin . . . Philippe-lc-Magnanime voulut, „ du vivant de sa femme , qui n^était point infirme^ ,, et dont il avait des enfans, épouser une jeune de- , , moiselle dont il était amoureux. Ce qui est peut- ,, être plus étrange , c* est qu* il paraît , par les ,, pièces originales concernant cette affaire , qu'il „ entrait de la délicatesse de conscience {a) dans le „ dessein de ce prince. C’est un des grands exem-

„ pics de la faiblesse de T esprit humain ,, (é).'

Quand les reproches venaient troubler le prince .adultère et ses complaisans docteurs , ils cherchaient encore à donner le change sur leur honteuse conduite , en recourant à des équivoques indignes d’un homme qui se respecte tant soit peu (c).

III. Si les rabbins , après ce grand appareil de cent docteurs convoqués de plusieurs pays, permet-

{n) C. à. d. une grossière hypocrisie.

(è) Dites plutôt : de la perversité de l’esprit humain, (c) Vojes Bossuet Uist. des variations liv. VI. §. lo.

'Notes

ai9

tent à un juif , s’ il y a motif clair ^ d’épouser une deuxième femme du yivant de la première , c* est qu’ au fond là polygamie simultanée est permise par

leur loi divine , à eux. On sait qu’ ils la réduisent à l’ancien testament où 1’ on en trouve un grand nombre d’ exemples. La polygamie n’ est défendue que par les canons d’ un synode juif du onzième siècle.' Ces canons n’ont pas même été reçus de la synagogue universelle. . > < .

Mais les hérésiarques du seizième siècle , qui se posaient tn docteurs de V Evangile , heurtèrent de front la loi divine des chrétiens. Car il est incontes» table aux yeux de tout homme de bonne foi que N. S. J. C. a proscrit irrévocablement la polygamie (a) D’ ailleurs la tradition constante de l’ JBglL se nç permet aucun doute quant k l’ intention du Divin Législateur dans sa réponse aux Pharisiens.

Voyez Perrdné, tract, de Matrim. Cap. II. Prop. I. tome VII ( première édition de Kome ) de ses admirable praelectiones

Note

t vt.

Le nom de ce. rabbin, devenu. célèbre parmi les chrétiens pour son livre ; Hisioria de' Siii hehraici^

(a) S, Mattb. XIX. 4- seqq.

220 J[çies

n* est par Léon de Modène en italien Leon da Modena , comme on T appelle communément , mais simplement comme je le nomme ici, Léon Modène JïeX est le nom qu* offre le titre de son ouvrage dans l’édition faite à Venise en 1 63 8 . sous les yeux de r auteur. La dédicace que le rabbin mit à la tête de cette édition , adressée au Président d’Houssay , Ambassadeur de France à Venise , porte la signature : Leon Madena.

Léon , d’une famille juive de Ferrare , naquit et mourut à Venise où il a été premier grand rabbin. Ce fut un des plus sa vans rabbins que la synagogue ait produits ; mais il était un des adversaires les plus animés de notre sainte religion. Les juifs le prônaient comme un controversiste redoutable aux théologiens catholiques. Il est auteur d’un ouvrage fort impie, intitulé ^ bou-

clier et T épée , dans lequel il combat avec auharnement et opiniâtreté, et un grand deploîment d’ érudition, toutes les vérités qu’enseigne notre sainte Mère l’Eglise.

Tant il est vrai que la science sans la grâce , bien loin de conduire au salut , est le plus souvent une cause de perdition. Pourquoi notre malheureux rabbin , si fier de son savoir , n’a-t-il pas médité ces paroles du prophète , si belles dans le texte hébreu ? « Hacc dicit Domlnus : Non glorietur sapiens ^in sapientia suâ , et non glorictur

Notes 221

fortis in fortitadinc suâ , et non glorietur dives in divitlis suis : sed in hoc glorietur qui gloriatur, scire (a) et nosce me , quia ego sum Dominus qui facio misericordiam , et judicium et justitiam in tcrrâ. ffaec enim placent müii , ait Dominus.

Jérémie IX, 23 seqq.

Le livre de Léon Modène , dont je viens de parler , n* est connu parmi les juifs que par des extraits. Ils croient T original perdu , car il n’ a jamais pu être imprimé à cause de ses attaques violentes contre les dogmes chrétiens. J' étais aussi dans cette persuasion lorsque j’ ai vu dans le catalogue des manuscrits hébreux du. célèbre orientaliste De-Rossi de Parme , qu’il l’a trouvé à Venise après des recherches pénibles , et 1’ a classé dans sa précieuse et riche bibliothèque sous le num. ii4i. Voyez Mss.Cüdiccs hebraici Biblioth. J. B. De-Rossi etc. Parme i 8 o 3 - vol. III. page 76. num. ii 4 **

La veuve de Napoléon , Marie-Louise , a fait r acquisition de la collection de De-Rossi, qui est restée à Parme. Elle n* est donc pas dans la Bibliothèque du Vatican (où elle serait d’ailleurs mieux à sa place ) comme je l’ ai dit , d’ après des renseignemens inexacts, page 2^81 de ma seconde lettre

(a) Ilcbr. intelligere.

Notes

aux Israélites , composée et publiée à Paris de 1826

S. Augustin, de Gons. Evang. L. L G. 2. num. 4 * dit : Marcus , eum ( sc- Matt]}aeum ) subsccutus , tanquam pedisscquus et hreviator ejus videtur.

Plusieurs modernes , dont la majorité se compose de protestans , soutiennent que S. Marc ne saurait être r abréviateur de S. Matthieu , et quelques uns d’entr* eux prétendent même prouver que S. Marc ne connaissait pas l'Evangile de S.Matthicu. lis se fondent sur les différences qu’on remarque entre les deux Evangiles, différences indiquées dans les préfaces mises à la tête de S. Matthieu et de S. Mai’c , dans mon édition de la Bible. Voyez aussi la première note de Koscnmüller sur S. Marc.

Si ces critiques hardis ne respectent pas en S. Augustin un des plus grands Pères de 1 ' Eglise , ils devraient au moins rendre hommage à la profonde connaissance des divines écritures , qu’ on admire presque à chaque page de ses oeuvres. Gomment peut'on supposer un instant que 1' auteur du savant livre de consensu Evangelistarum , n'ait pas remarqué ces différences qui n’ ont pas échappé

Notes aaS

- à MM. Lardner , MichacUs , Kopp , Storry et autres Crompires ?

Je ne puis donc que répéter 1’ opinion énoncée dans la préface sur S.Marc , que je viens d’indiquer , opinion adoptée aussi par les savane auteurs de la traduction italienne de ma Bible.

S. Marc, écrivant à Rome , et pour les Romains , ne perdait pas de vue pour qui il écrivait. Il avait sous les yeux l’Evangile de S* Matthieu , composé principalement pour les juifs , et rédigé originairement en Syro-jérusalemite (a) ; il 1’ abrégeait autant que cela convenait à ses vues , et en reproduisait quelquefois jusqu’ aux expuressions . Sa manière de rapporter la dispute touchant le divorce , en est une preuve. Cf. S. Marc X. a seqq. avec S. Matlh. XIX. 3. seqq. Il élaguait ce qu’ il ne jugeait pas nécessaire à dire , et a]outait tout ce qui pouvait compléter son récit. Souvent il explique ce que les Romains n’ auraient pas compris aussi bien que les juifs , auxquels S. Matthieu a effectivement épargne ces explications. Ainsi, il le3 avertit au chap. VU. a. que manger communïbus

{a) Voyez mon explication de la double généalogie de Jésus-Christ , Matth. I. I. etma dissertation sur l’inscription hébraïque de la sainte Croix , pages a5 et suivantes.

224 Notes

TTtanihiis , xotvarç yjptri veut dire : sans se laver les mains auparavant : toûT «^tv ùvinTotç. Gbap. XII. 42. il les prévient que le lépton , Xer-rév,, petite monnaie de la Judée , valait un quadrans romain. Chap. XV. 42 il leur explique ce que les Hébreux entendaient par le mot parasceve» O’ est , dit-il , la veille de leur sabbat. Kpoaûppoirov. etc.

Si r on ne veut pas regarder S. Marc comme V ahréviatcur de S. Matthieu , il restera toujours constant qu’ il n’ avait pas besoin de répéter ce parasite quâcumque ex causa aux Komains qui a ayalent pas à s’occuper de ce que pensaient et pratiquaient les pharisiens.

Note T.

On veut aussi prouver que Philippe vivait erîcore , par le raisonnement suivant. Saint Jean-Baptiste reprenait Antipas de ses relations illégitimes avec Hérodiade. Dicebat enim üli Joannes : Non liect tibi habereeara. Or, le Saint Précurseur commença à prêcher dès la quinzième année du règne de Tibère , ainsi que nous P apprend S. Luc dans le chap. III. de son évangile ; et Philippe ne mourut que la vingtième année du même règne , ce que nous voyons par les antiquités judaïques de Jo-

Notes

sèphe li. XVIII. C. IV. num. 6. Donc les reproches de S. Jacques eurent lieu plusieurs années avant la mort du premier mari.

Ainsi raisonnent Cornélius à Lapide , et beaucoup d* autres commentateurs qui se mettent derrière lui à cheval sur cet argument , comme^ autant de fils Haymon, Mais ils oublient une petite circonstance qui fait crouler leur beau syllogisme. Peu importe que S. Jean-Baptiste ait commencé sa prédication en telle ou telle année, il fallait établir quand elle a fini ; en d'autres termes , que le Saint Précurseur n’ a pas pu reprendre le Tétrarque .après Tan XX- du règne de Tibère.

Je consigne ici celte remarque pour faire voir comment les plus doctes personnages, et C. à Lapide est certainement de ce nombre , raisonnent souvent à coté de la question.

PAGje 94.

Admirons encore ici comme la synagogue don^ ne la main'à la vérité évangélique. Les juifs do cette époque-là regardaient Jean-Baptiste comme un saint . « G’ était un homme pieux , dit Jq*

Notes

sèphe , (<t) « qui exhortait les juifs à embrasser la ,, vertu , à exercer la justice (Z») et à recevoir le ,, baptême après s* être rendus agréables à Dieu (c). ,, Car ce baptême, Jisait-il , plairait à Dieu , en le ,, prenant non pour V expiation des péchés^ puisqu'on ,, avait déjà purifié 1' esprit par la justice , mais ,, pqur la pureté du corps. » {d).

Les juifs étaient persuadés que la défaite de 1* armée d* Antipas dans la bataille rangée qu'eU le livra aux forces du roi A rétas , fut la vengeance que Dieu voulut tirer de la mort de Jean surnommé le Baptiste (e). - .

Or , la connexion entre ces deux évènemens ré-

suite de 1* accord de la synagogue avec V Eglise.

(a) Antiq. L. XVIlI. C. Y. num. 2. Haverc.

{b) Justice veut dire , conduite selon Dieu.

* (c) C* est ce que i’ Evangile appelle Baptismum poeniteutiae.

{d) S. Thomas 3 . 9. 68. a. 6. ad i. dit ; in haptismo Joannis non remittehantur peccata^ sed erat baptismus poenitenliae. Billuart dans sa Summa Summae S.Thomae, dit , en traitant du Baptême de S. Jean : Quoad effectuniy non erat nisi mundatio corporis , et erat ab homine^ nec - à Deo nisi inquantum Deus opérât tir in homine, . de mj* steriis Dissert. V. p. 1472. Rome i 834 * 4 - ^e) Iwâwa Toô crrtxocXovpévow Baffrt7ov.

Notes

Celle-ci nous présente la page de V Evangile où il est dit que le glorieux martyre du Saint Précurseur fut une suite de la coupable union d’ Hérodiade avec son beau-frère , et la première nous apprend que cette bataille eut également pour cause la même union ; car Antipas pour attirer Ilérodiade chez lui , lui avait accordé le renvoi de sa femme qui était fille d’ Arétas , roi de Pétra , en Arabie (a).

Je ferai remarquer , avant de terminer cette note , que Josèphe qui explique longuement le baptême de S. Jean , qui ne remettait pas les péchés y ne dit pas un mot du baptême venu après , et qui remettait les péchés yComme il les remet encore. C’est que dans mon opinion Josèphe se conformait au système de la plupart des docteurs de sa secte , de ne jamais faire mention de N. S. J. G* à qui , dans leur déplorable aveuglement ils appliquent ce précepte de 1’ Exode XXIIl. i3. Et nominis aliorum deorum ne mentioném quidem facietis , et ne audîatuf ex ore tuo{h). Mais je parlerai de cela ailleurs, Dieu aidant, à l’occasion du fameux passage de Josèphe, concernant Jésus-Christ.

(a) Voyez Josèphe Anl. Jud. 1. XVllI. G. \, num. t.2. pages 882. 883. t. de T éd. d’ Haverc.

[b) Ainsi porte T hébreu.

Nota

Note X.

Cette bienheureuse vierge appartient plutôt aux saints Confesseurs qu’aux saints Martyrs, au moins ceux dont le martyre a été consommé. Exposée nue dans 1’ amphithéâtre , les lions , les léopards et les tigres , dont les rugissemens glaçaient d’ effroi les spectateurs , oubliant tout-à-coup leur férocité naturelle , vinrent se coucher à ses pieds et les léchèrent ; comme si ces redoutables animaux avaient voulu lui témoigner publiquement leur respect. Une autre fois , on croit à Rome , sainte Thècle n’ éprouva point les effets du feu dans lequel elle avait été condamnée à périr. S. Grégoire de Nazianze (a) S. Méthode , et d’autres auteurs qui rapportent ce prodige, ajoutent que la sainte fut délivrée de plusieurs autres dangers auxquels la l'âge de ses persécuteurs T avait exposée. Bède dit dans son martyrologe que sainte Thècle mourut en • paix. Tel est aussi le sentiment de plusieurs auteurs graves {h).

{a) L. de Yirg. el in ps. CiV. neenon ep. a5.

• (i) Voyez Tilleinont t. II. num. 3 . p. 4^9* * Papehroch t. 1 . Maji p. 43 . et la vie des Saints imprimée à Lille chez Lefort s3. Septembre. , - . - ,

Ho1e,5

Note Y.

Le fiancé désigne par le terme Aruss , est bien difTércnt du fiancé juif des temps modernes', qu' on appelle Hhatan^ 'jrin* Celui-ci n’ est engagé que par une simple promesse de mariage. Il la peut retirer moyennant une petite amende à titre de dommages-intérêts. Encore le plus souvent cette amende ne s’ acquitte-t-elle pas , n’étant pas exigible , et aussi pareeque la partie blessée dédaigne de recevoir cette indemnité.

L acte moderne qu on appelle improprement jwn-

çailles , et qui n’ est accompagné d’ aucune cérémonie religieuse, sans la présence du rabbin, s’appelle en hébreu Kenass ^3^ , ce qui veut dire amende , pareeque chacune des deux parties , non pas conlractantes , mais promettantes , s’ engage à payer r amende déterminée dans l’acte , si elle retire sa parole. * . r ' * .

Les fiançailles de la synagogue ancienne produisaient un véritable lien aux yeux de la religion . Ce lien était sous la sauve-gardc de 1-aulorité publique. Si la fiancée manquait à V honneur, au préjudice de celui à qui elle avait engagé sa foi , la

a3o ^otes

loi ordonnait de la lapider publiquement. Douter. XII. a3. 34 .

Si le Aniss , fiancé , ne voulait pas épouser son Aruça , fiancée , il était obligé de la répudier en

règle.

C* est de cette manière que la T. S. Vierge était desponsata à Saint Joseph. Quand celui-ci résolut de la répudier ( dimittere ) $ animé comme il était de la charité au dégré héroïque , pour ne pas la dénoncer en déclarant la raison de ce divorce , il voulut lui remettre le libelle de séparation sansl intervention des autorités de la synagogue , {clàm). Nous avons vu plus haut qu’ à la rigueur le ministère du rabbin n’est pas nécessaire dans cet acte. Voye* plus haut pages a 5. 26 .

Homulus ne permet pas au mari de répudier sa femme quâcumque ex causâ» Il ne donne celte faculté que pour trois causes. La première pour empoisonnement des enfans , ou tentative d* empoi-

sonnement sur le mari , èri yappaxcca. La troisième pour adultère , ptot^^eu^eiffav . La seconde . . • A.h 1 ici , les pauvres savans suent sang et eau. Car ils

Noies a3t

trouvent que le texte de Plutarque a été maltraité par les copistes . On lit dans les exemplaires ordinaires , fl uVo(3o>ÿ y ou pour substitution (ou

falsification) de clefs. Ces Messieurs trouvent mauvais qu’ on chasse de la maison un pauvre sexe pour un si léger méfait. II y a plus , la remise des clefs de la maison était précisément la cérémonie de r installation de la nouvelle épouse comme mère de famille. De là vient que le célèbre jurisconsulte Heineccius dit : « Quemadmodum novae niiptae , ingressae domum mariti , claves in signum com-inunicati cum eâ dorainii tradebantur , ità clavibus ademptis dirimebantur connubia » (a).

Or , on ne commet pas de faux contre soi-même.

Mais il y a à remarquer que chez les premiers Romains , Ie8*maris réservaient par devers eux les clefs de la cella vinaria , comme la Barbe-bleu retenait la clef du terrible cabinet. Parceque les femmes romaines ne pouvaient pas boire de vin , et cela sous la bagatelle de peine de mort.

C*- est ce que nous apprend Pline ; a Non lice- ,, bat , dit-il , id ( sc. vinum) feminis Romae bibe- „ re. Invenimus inter exempla , Egnatii Mecenii ,, uxorem , quod vinum bibisset è dolio , inter-

na) Antiqq. rom. App.l. i. c. i.par.

332 TioUs

,, fectam fusti h marito , eumque cacdis à Romu. ,, lo ahsolutum, Fahius Pictor în Annalibus suis ,, scripsit : Matronam, quùd loculos^ in quihus ermt y, cîaves vinariae cellae resignavisset , à suis iuediâ ,, XDorî coactam ,, (a).

Voilà tout juste mon affaire. Les clefs de la ceZla vînaria ^ étaient les clefs par exeellence yltiSti «otr iÇoxiv. Celles qui étaient exceptées du trousseau confié à la femme. Ainsi quand Plutarque disait : ou pour fausses clefs^ « jc>£«<î<wv tout le mon-

de , hors les savans , voit qu’ il entendait parler des clefs du vin ; comme s* il avait dit en toutes lettres, n twv tow oeeôveç xXt«^»v vno^o'Xç.

Si donc une femme était répudiée pour ce fait, et je ne le pense pus , elle pouvait se vanter d' en être quitte h bon marché ; et à coup sur, elle ne demandait pas son reste.

Note A a.

Tèv MTro^éjAevov yuvaîxa 6to7c (^)«

(a) N. H, lib. XIV. C. pages Sag. 53o. t. V. de l’édit, de Turin.

{b} Plutarque , là-méme, ^

Notes îi33

Dacler traduit: a et si quelqu'un répudie sa fem« me pour quelqu' autre raison , il ordonne ( Romulus ) • . qu* il soit dévoué aux dieux infernaux.

Ce traducteur mériterait d’étre dévoué lui-même à la critique impitoyable des hellénistes.

f . 11 fond en une loi deux lois bien distinctes dans le texte, qui porte, après les trois causes de répudia* tion que je viens de citer : «« â' «Uwç t«; à7ro7r«p]<airo y rie oüffîa; aOrov ro pèv r^ç yuvatxoç tlvut , rô AÿuTQrpoç ttjjov xsXtvuv. rov iitoSôyLtvov yuvccêxa âvttrQut j(âoviotç âioiç.

Version de Xylandre: Sin aliâ de causa domo exegerit cam , partem Cereri consecravit • Qui répudiasset uxorem , deos mânes placaret (a).

Il y a ici deux disposition bien distinctes :

a. Si le mari renvoie sa femme sans qu'il y ait une de ces trois causes , ses biens seront confisqués au profit de la femme et de Gérés.

h. S' il la répudie , même pour une de ces trois causes considérées comme légitimes , il faut toujours qu* il appaise les dieux infernaux (B) par un

(«) Plut, grec-lalin in fol. Paris i6q4* P- 3a.

(B) Ou de la terre car , signifie 1’ un et

r autre.

9 34 Noies

sacrifice , sacrifice qu' il ne pourrait pas faire si tout son avoir était confisqué y comme prescrit la première disposition.

9. âxisaâxt ;^5oviotç 5 éo?c, signifie sacrifier aux àieux infernaux , et uon être dévoué aux dieux infernaux»

Note B a.

PIGB 119.

Les érudits, qui ne sont pas volontiers d’ accord entr’ eux , se partagent en deux camps , au sujet de cette réponse accompagnée de 1’ exhibition d’ une chaussure. Les uns la mettent dans la bouche du quidam romain , ce qui semble être l’intention du texte. Les autres T attribuent à Paul-Emile . Le sens le plus naturel du texte n’est pas pour eux ; par contre , ils ont pour eux le plaisir de n’ être pas de r avis des premiers.

IJn savant du siètle dernier , célèbre autant par 1’ extravagance de ses paradoxes que par sa vaste érudition , disait : esUce que je me lève tous les jours à quatre heures du matin , pour penser comme tout le monde ?

Ceci me rappelle une explication dans le même goût , que r on donne dans les écoles rabbini-

Noies

ques. Il y a dans le talmud (a) une grave discussion; à savoir , s* il est permis de manger un oeuf pondu un jour de fête qui tomberait immédiatement après le sabbat hebdomadaire ? Car il n’ est pas dans T ordre que le très-saint jour du sabbat, pendant lequel Toeuf s'est formé , prépare des alimens pour un jour de fête simple. Autant faire cirer les bottes du capitaine par son colonel ! L'académie de Scliammai décide qu* on peut le manger , et r académie de Hillel décide qu' on ne peut pas le manger. Là-dessus la ghemara établit une longue et subtile discussion pour trouver quel est le motif du sentiment de l'académie de Schammai. Or , dans les écoles on demande : Pourquoi la ghemara ne recherche-t-elle pas plutôt le motif de V academie de Hillel dont V opinion fait loi dans la sjna* gogue ? {h) Réponse : La raison de 1 ' académie de Hillel est toute trouvée. Elle défendit de manger r oeuf en question , pareeque 1’ autre académie avait permis de le manger. Mais l'académie de Schammaï qui a opiné la première , et ne savait pas encore comment devait dire sa rivale , quelle raison avait-elle de se prononcer plutôt pour r affirmative ?

Gèci donne la clef de bien des opinions qui font demi^tour à gauche.

(a) Trajté^^^/za , fol. i. sqq.

[b) Voyez plus haut page 70.

Hiotes

Note C a.

FACE ri 5.

Cette Julie avait eu pour dernier mari M. Agrippa à qui Auguste avait fait répudier sa femme Marcella pour lui donner sa fille. Mais Agrippine, appelée aussi Vipsania (a) , n* était pas issue de ce dernier mariage; autrement, on aurait fait épouser à Tibère la mère de sa première femme.

Dion Cassius (&) dit : lit celui-là ( Tibère ) ayant renvoyé son épouse , bien que fille d’ Agrippa , mais par une autre femme » (c) c. à. d. une autre que Julie.

Et effet , notre Agrippine devait le jour à Pomponia Attica , première des trois femmes d’ Agrippa , et fille d* Atticus. G’ est ainsi qu* elle était neptis C. Altici , comme dit Suétone.

(rt) D’ un (les prénoms de son père , T^psanitis.

(b) I-iivre 54- page 543. de l’édit, de Hanau in fol. i6o6.

(c) K«< 7 rpo«KO<yn(i(TUç xcù sxsivov Tflv yuvaîxa, xccItoc T 9 Û T« K^pirenoM 3'oyccTépa t% aXkoç rtvoç yapîrâç «uaav.

Hioiet.

iV 0 r ic, D a.

PAGE laS.

Dans les provinces protestantes du Royaume de Prusse , on compte entre deux et trois mille divorces par an. Les demandes sont consldéraidement. plus nombreuses. Ce nombre va d’ordinaire en augmentant. Les autres pays enveloppés dans 1’ hé-, résie , ne sont pas en arrière de ce progrès.

Dans une ville de 1’ Allemagne rhénane deux officiers prussiens , T un de garnison et 1’ autre de passage, se rencontrèrent, accompagnés de leurs femmes . Les deux amis convinrent de divorcer chacun de son côlé pour échanger leurs épouses» L' affaire réussit parfaitement , le diable merci ; et quand , voyageant en Allemagne , je vins dans la ville où se trouvait encore un de ces militaires on me montrait sur la promenade un des deux mé« nages remaniés de cette sorte.

Parmi les protestans,rien n’est plus commun que ces arrangemens domestiques , dont le public n’ a pas toujours le mot ; mais aussi, rien n’est plus propre à ramener les coeurs droits vers la religion catholique.

Voyez aussi la note (a) du num. du traité de Matriin. du R. P. Perroné.

iVo/tfj

iV O r Jt • £ a.

PAGE i44*

Après avoir fondé à Jérusalem la première Egli> se , dans T ordre du temps , S. Pierre , à qui N.

S. Jésus-Christ a commis le gouvernement de V £• glise universelle , alla fixer sa résidence à Home la deuxième année du règne de Claude , 4^ ^os de r ère vulgaire. La suprême autorité , inhérente au Prince des Apôtres , le stiivit dans la capitale du monde. Depuis cette époque c’est Rome qui est la Jérusalem du christianisme , le centre • de l’unité catholique. Petrus, dit S Léon-le Grand (o) Princeps Àpostolici ordinis , ad arcem romani destina • tur imperii , ut lux veritatis efficaciùs se ah ipso ca~ pile per iotum mundi corpus efjunderet.

Déjà au second siècle nous voyons S. Irénée citer aux hérétiques la tradition de V Eglise de Rome , la succession de ses Evêques , qui remonte à S. Pier- % re , la prééminence de cette Eglise sur les autres:

« à laquelle , dit-il , il , toute l’Eglise , c’est-à-di- *5, re , les fidèles qui sont de toutes parts doivent „ déférér ,, (b).

(a) Sermo I. dePelro el Paulo.

(à) Ad banc Eccleiiam ( sc. romanam ) tpropter poteatio*

Votes

Il serait trop long de citer les autorités des siècles suiyans , qui prouvent la primauté du Pontife romain. Je renvoie le lecteur au traité de verâ religione du R.P. Perrone (a) , et à la dissertation sur le voyage de S. Pierre à Rome du Dictionnaire de Théologie de Bergier.

Je consignerai seulement ici cette remarque.

L* Apôtre qui a fondé T Eglise de Jérusalem , est précisément celui à qui était échue d’ une ma» nière plus particulière la mission de convertir les juifs. Nous lisons dans T Epitre de S. Paul aux Galates {h) :

n Gùm vidissent quod creditum est mihi'Evan»

PAGE l4S.

S} Epîphane ét Eosèi^ hons ont conservé Tordre et la succession des premiers Evêques de Jérusalem.

rem principalitatem necesse est^omnem conTenire Ecclesiam , et eos qui suhtuhdique lideleà. '' ‘i v-''.'

Contra haereses, lib.lILf cap.Si et seqq. -

(a) Pars altéra , proposiüo V.

(à) Gai. II. 7. O. > V

a 4 o Notes.

1. S. Jacques-le-Mineur , que S. Paul dans^son Epîlre aux Galates I. 19. appelle frère du Seigneur^ fratrem DominI , parcequ* il était son cousin. Il était . fils de Marie femme d’Alphée. Cet Evêque a obtenu la couronne du martyre. Le Sadduçéen Ananus , grand-prêtre , fiU d’Ananus, également grandprêtre, profitant de V interrègne entre la mort de Eestus «r T «rivée d* Albinus , nouveau gouverneuf, de la~* Judée , fit comparaître devant un con* ^ seil de justice a le frère de Jésus , dit le Christ , » qui avait nom Jacques » (a) , et le fit condamner à être lapidé.

9. S. Simon ou Siméon , frère utérin de son prédécesseur • Sous son gouvernement spirituel Jérusalem fut assiégée et ruinée par les Romains . Averti d’ avance de ces énènemens ou par une inspiration surnaturelle , ou , comme le rapporte S. Epiphane (&) , par le ministère d* un ange , il fit sortir de la ville , avant la guerre , tous les chrétiens qui se retirèrent à Pella , au-delà du Jourdain , où fut transporté, provisoirement le siège épiscopal.

{a) Tèv à(î«>yôu 'Iqffov Toû Xjîtç'ou , ’lctzwpoç

ovo|Aa auT6i«

Josèphe Ant. liv. XX. ch. IX. nura. 1» éd. d’ Haverc. (If) De Pond. C. XY> et Haeres.' Nazar. C. Vll. '

Notes . p4i

* S. Simon reçut également la palme du martyre. Il fut crucifie âgé , dit'On , de six*vingts ans.

Les autres Evêques furent : 3 Juste ; 4 Zachée ; S Tobie ; 6 Benjamin ; 7 Jean ; S Mathias ; 9 Philippe ; 10 Sénèque ; ii* Juste II ; 12 Levi ; i3 Ephras ; i4 Joseph ; i5 Jude.

Lorsque , après la révolte des juifs sous la conduite de rimposteur Barcochébas , Adrien leur eut défendu V aecès de la nouvelle ville de Jérusalem , appelée Aelia CapiloUna , les chrétiens choisirent pour la première fois un Evêque du nombre des Gentils convertis. C’ est Marc , qui était proprement le premier Evêque d’ Aelia. Car la ville , qui au reste n’ était plus sur îfe même emplacement , ne recouvra son nom de Jérusalem , que sous le premier Empereur chrétien.

Note Ga.

" - ' page i4^^

Les rahbins prétendent que leur loi orale , c’està-dire , talmudique , a été révélée à Moïse sur le mont Sinaï. Il la mettent au-dessus de la Bible.

, Le talmud (a) dit :

(a) Traite JSa^a-Metsigna fol. 55. recto.

Notes

« Etudier V Ecriture , ce n’ est pas un grand mérite ( Glose : parceque la mischna et la ghemara (a) valent mieux ), Etudier la mischna , c* est déjà un mérite véritable , et V on en sera récompensé ; mais il n’y a pas de mérite au-dessus de celui attaché à T étude’ de la ghemara „ (&).

Voyez ma première lettre aux Israélites page y 4 , et toute la note trente-deuxième , commençant page 72.

Note Ha.

PAGE i48.

Le decret du synode de Worms ne s’ applique pas au cas où une femme abandonnerait le judaïsme pour un autre culte. Celle-ci , non seulelement peut être répudiée malgré elle , mais encore , si elle a quitté le pays , son mari peut lui

(a) La mischna et la ghemara constituent ensemble le Ulmud. La première en est comme le texte ; la seconde » le développement , et la discussion.

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'miQ “jb iiN N-iaa na;» iibiaiaT

ita

• Notes

constituer d’ autorité un procureur (a) pour recevoir au nom de V absente le libelle de répudiation (i).

On verra le motif de cette exception dans T Appendice du présent traite.

Note la.

PAGE iSo.

Il faut dire aussi que si un mari juif sans égard pour ces diverses ordonnances des rabbins , passe outre et répudie sa femme, dès que la répudiation est un fait consommé , la synagogue ne T oblige point à reprendre la pauvre expulsée.

Voyez r abrégé des décisions -doctrinales du Rabbin Asclieri , chapitre dernier du traité ^hittin , num. i 5 . •

Il n* en serait pas de même dans les deux cas prévus au Deutéronome XXII. 1 3 seqq. et 28 seqq.,

(a) Voyez plus haut page 9 , et la noie a.

(b) Somme théologique de Rabbi Joseph-Karo, quatrième partie , art. I. îo. art. CXL„ §. 5. et Cf. art. CXV. avec les annotations de Rabbi Samuel-beu-Uri-Scheraga , sous le litre Bet-Schetyiuel.

]\^Ot€S

OÙ le mari serait obligé de reprendre sa femme s’il r avait répudiée.

Ces cas sont :

I®. Le viol , en réparation duquel il a été condamné à épouser la personne outragée.

a”. S’ il a accusé faussement sa femme de ne lui avoir pas apporté sa virginité.

Mr. Salvador , avec qui j’aurai un grand compte à régler dans la seconde partie de ma troisième lettre aux Israélites , fournit encorc^;a 1’ occasion de ce passage du Deutéronome une preuve qu’ il est peu Versé dans la Bible, et qu’il ignore complètement la la théologie rabbinique. Ne connaissant pas 1’ hébreu , il ne cite les livres des rabbins que d’après 'les versions latines , souvent si inexactes , que

nous en possédons.

« Deux cas particuliers , di— il , faisaient perdre » à r époux tout droit de répudiation : lorsqu’ il » avait séduit sa femme avant de l’épouser*,lorsque,

» après r avoir épousée , il l’avait accusée calom- )> nieusement devant les juges ».

Institutions de Moïse T. 2 . 1. jr. C. 2 .

. C’ est de 1’ homme coupable de viol , et non de celui coupable de séduction que le texte du

Notés a45

Deutéronome ( ubi suprà ) dît : Non poterit dîmit^ tere eam cunctis diehus vitae suae»

La loi qui traite du séducteur , c* est celle de • r Exode XXII. lü. ; et elle ne prononce point du tout cette peine contre lui.

Les commentateurs chrétiens , que Mr. Salvador aurait pu consulter , s* accordent avec les rabbins en ce point que la loi de F Exode concerne la séduction : Si seduxerit quis virginem ; (a) et celle du Deutéronome , le viol : et appréhendons concubucrit cum illâ (b).

Le rabbin Aben-Ezra dit sûr ce dernier passage :

)) Celle-ci est forcée , non abusée » (c),

Sur le passage de T Exode , il fait ce commentaire :

(a) Hérbeu :

• nns' ’si

Grec : aTrurien ttç 7r«js0«vov.

(&) Hébreu :

• nw 33^'! ns pnnm ,

Grec : pteca«fjiîvoç xotnijOç fttr «ÙtJîç.

(«) nmDQ noijN nm

Üotet

» Le texte ayant épuisé la matière concernant le vol d’argent, passe maintenant au vol de coeur qui est la séduction » (a).

La misclma , traité Ketuhot , chap.ül. 4 » et le talmud , même traité fol. 89, disent : « Celui qui >» a employé la violence , est obligé de hoire tou- » jours dans le même verre {h) , tandis que celui qui J) n’a employé que des moyens de séduction , peut » renvoyer sa femme , s’ il lui prend fantaisie de » la répudier. Que veut dire: est ohligé de hoire tou- » jours dans son verre ? Il est obligé de vivre avec » sa femme, quand même elle serait bancale, aveugl® > galeuse » (c).

Les rabbins décisionnaires , tels que Maïmonides , Josepb-Karo , etc. font tous la même distinction entre le séducteur et celui qui viole.

(«) b)} nan' nnyï na’sj bv

(b) Il y a dans le texte terme signifie, un vase

qui «’ eit pas de jour. Je n’ai osé mettre dans la traduction le mot propre ou plutôt mal propre.

{c) nna^m rinw

nni'ü

* nna^an n^rr rû’>3a

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